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LES SUDS

janvier 02
by Catherine Bertin 2. janvier 2012 18:06

Il s’agit d’une fiche résumé sur les contrastes de développement des Suds

Problématique : Faut-il parler d'un Sud ou bien des Suds aujourd'hui ?

1/ LES SUD , QUELLE UNITE ?

Une pauvreté omniprésente
Le PIB cumulé des 49 PMA équivaut à celui de l'Autriche.
Les écarts se creusent car le revenu moyen par habitant continuent à baisser dans les pays les plus pauvres.
Chômage et sous emploi sont des problèmes chroniques.
Problème de sous nutrition pour 800 millions de personnes

peu d'accès à l'éducation, aux soins , au logement et à l'eau potable.
Les inégalités sont aussi internes puisque des bidonvilles jouxtent des quartiers extrêmement riches. Une élite très riche possède l’essentiel des richesses d’un pays.

Une économie basée sur l’agriculture.
L’agriculture fournit l’essentiel des emplois mais cette agriculture n’est pas toujours rentable.
Les pays qui ont agrandit leurs surfaces cultivées, qui ont fait des aménagements hydrauliques notamment de l’irrigation, qui ont amélioré leurs semences, ont amélioré leur agriculture grâce à la Révolution verte ( pays asiatiques par exemple)
Les pays d’Afrique garde une agriculture arriérée, extensive à faibles rendements, utilisant des techniques très rudimentaires.

Parallèlement à cela les cultures commerciales destinées au marché mondial ( fruits, agrumes, café, thé, cacao canne à sucre) forment un secteur moderne mais ils entrent en concurrence avec les cultures vivrières.

Des pays endettés et donc dépendants
Dépendance commerciale: les PED sont menacés par l'instabilité des cours des produits primaires qu'ils ne maîtrisent pas + ils sont soumis aux investissements des FMN qui délocalisent + ils se heurtent aux barrières douanières des PID et à la concurrence des agricultures subventionnées des PID. è les termes de l'échange sont défavorables.

Dépendance financière: faute de capitaux nationaux pour investir, les PED empruntent sur des marchés financiers et s'endettent. Par exemple l'Afrique subsaharienne a une dette extérieure de 73% de son PNB.

Ce sont des pays en pleine transition démographique
Les sud représentent 5 milliards d’habitants et assurent la croissance démographique mondiale.
Population féconde, au fort taux de natalité et avec un taux de mortalité en forte baisse è fort accroissement naturel et jeunesse de la population.
Les problèmes de santé restent déterminants : l’épidémie du Sida en particulier.
Une population mal scolarisée et éduquée : retard pris dans la scolarisation des filles + la nécessité du travail des enfants pour faire vivre les familles.

Pourquoi ces difficultés restent-elles d’actualité ?
le poids des contraintes naturelles ( aridité, cyclones etc…) qui touche davantage des populations fragiles qui ne savent pas se protéger ( un cyclone tue à Madagascar et pas à la Réunion).
La pauvreté entretient les tensions entre ethnies qui n’ont toujours pas réussi à vivre ensemble depuis la décolonisation.
La responsabilité des gouvernements en place : dictature, guerres civiles, corruption. C'est là que les refugiés sont les plus nombreux ( 20 millions). La radicalisation religieuse dans le monde islamique provoque aussi des rébellions.

2 : LES SUDS, QUELLE DIVERSITE ?

Une diversité croissante

1) Les Etats continents

Chine qui possède le 2e PNB derrière les Etats Unis. Le marché de consommation et de main d'œuvre est considérable. Son IDH est encore modeste (94e rang) mais son espérance de vie est correcte (70 ans)+ progrès de l'alphabétisation. Un problème apparaît tout de même . Cependant cette forte croissance démographique a accentué les inégalités socio- spatiales entre le littoral et l'intérieur. Par contre se pose un problème de démocratie.

L'Union indienne a un PNB modeste mais a fait d'immenses progrès dans l'agriculture ( révolution verte) et dans l'industrie (informatique à Bangalore). Cependant beaucoup d'Indiens vivent encore sous le seuil de pauvreté.

2) Les pays émergents

Les NPI et les pays ateliers d'Asie insérés dans la mondialisation mais fortement dépendants de l'étranger.
Les pays exportateurs de pétrole bénéficient de revenus importants mais il reste un problème du développement pour les populations. Au Vénézuela, en Algérie, une fraction importante de la population connaît toujours la pauvreté et le chômage.

Le Brésil et le Mexique constituent des puissances régionales, notamment par leur poids démographique. Ces pays avaient développé leur industrie en étant protectionniste et s'ouvrent aujourd'hui aux patrons étrangers. Ils sont capables d'être dynamiques dans leur alliance avec le MERCOSUR

L'Afrique ne compte aucun NPI sauf l'île Maurice. D'autres pays émergents st proches des NPI mais ils manquent parfois d'ouverture, de stabilité ou de croissance économique (Turquie, Afrique du Sud).

3) les pays les moins avancés( PMA)

49 PMA furent recensés en 2003,surtout en Afrique noire, où la paupérisation est absolue. Mais aussi en Asie (Afghanistan, Laos, Népal) et en Amérique (Haïti). Ces pays ont un PIB /hab inférieur à 500 dollars, une part de l'industrie dans le PIB inférieure à 10%, et un taux d'alphabétisation inférieur à 20 %. Il faut ajouter la dépendance alimentaire, les ravages du SIDA et d'autres maladies, les guerres civiles, la faible insertion dans les flux éco mondiaux. Ces pays exportent des produits agricoles et importent des produits manufacturés.

4) les pays intermédiaires

Ils sont mieux que les PMA mais ne connaissent pas vraiment de décollage économique. Ce sont les PVD les plus nombreux. Leur unité tient à une intégration incomplète à la mondialisation et à des rapports de dépendance avec les pays du Nord.Ils exportent leurs produits agricoles et leurs ressources énergétiques (Ghana, Nigéria) . Les investissements étrangers sont sélectifs.

Quelles sont les voies pour sortir du sous-développement ?

Toutes les voies de développement ont placé l'industrialisation au centre de leurs objectifs.

Industrialisation par substitutions aux importations comme en Argentine. Cela valorise les ressources nationales, assure la formation d'un marché intérieur. Il s'agit de produire ce qui était auparavant importé.

Industrialisation orientée vers l'exportation : succès indéniable de ce modèle qui a anticipé en quelque sorte les impératifs de la mondialisation actuelle. Modèle des NPIA, Chili, Ile Maurice, Tunisie. Remontée de filières.

Voie autocentrée : inspiration du modèle soviétique de développement. C'est l'exemple de l'Algérie, de la Corée du nord mais qui est globalement un échec. Même la Chine s’en est sortie en s’ouvrant aux capitaux étrangers et en développant une économie socialiste de marché.

Conclusion : Jusqu’en 1980 la période fut profitable aux Suds avec le développement des bébés tigres et de tous les pays ateliers. Puis la crise et la hausse du cours du dollar ont augmenté l’endettement de ces pays et l’aide publique du FMI a eu tendance à diminuer. Leur entrée dans la mondialisation semble bien compromise.

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Cours de géographie de terminale

LE BRESIL

janvier 02
by Catherine Bertin 2. janvier 2012 18:02

Introduction

Le Brésil est désormais la 9 ème puissance économique du monde , ce qui en fait un pays émergent sur lequel il faut compter dans le cadre de la mondialisation. C’est une république fédérale de 26 états et une république présidentielle depuis 1988 dont la présidente actuelle, Dilma Rousseff ,est le meilleur symbole. Il est le symbole d’un pays démocratique qui vit avec excès parfois cette liberté politique puisque le pays compte au moins 40 partis politiques différents. Depuis 1960 la capitale est Brasilia mais la capitale économique du pays est Sao Paulo.

Problématique : En quoi ce pays émergent reste-il malgré tout un exemple de pays inégalitaire ? Comment les disparités économiques s’accompagnent –elles de disparités régionales ? Quel rôle jouent les villes dans ces inégalités ?

1 : LE BRESIL EST EN PLEIN DEVELOPPEMENT

Ce pays a des atouts naturels :

C’est un pays de plateaux qui est draîné par un vaste bassin hydrographique, celui de l’Amazone. C’est un immense pays , deux fois plus étendu que l’Union européenne. Son ouverture sur la côte atlantique est importante et justifie la concentration de la population sur cette côte ; une concentration atteignant même la surpopulation. Une ville comme Sao Paulo fait 10 millions d’habitants.

Il possède « les poumons de la terre », la plus grande réserve forestière mondiale avec la forêt amazonienne.

Les richesses du sous-sol sont énormes et variées : or, mercure, charbon, pétrole, fer. Le bassin de Santos est le bassin des réserves pétrolières et a connu une forte croissance industrielle depuis 1970. La région de Sao Paulo est la première région industrielle d’Amérique latine. Le Brésil est un pays exportateur d’avions comme d’armements. Le grand territoire a été assez bien maîtrisé par la construction de grandes infrastructures de transport : aéroports et routes y compris en Amazonie.

Ce pays est le pilier du Mercosur qui est un marché commun au même autre que l’Alena. Le Mercosur fonctionne comme une zone de libre-échange depuis 1991 et le Brésil le complète par des accords préférentiels comme avec l’Argentine depuis le 1 février 2006. Cela implique une politique protectionniste quand il s’agit des relations avec d’autres pays.

Ce pays qui est une grande puissance agricole reste un pays fragile. ¼ de la production de café du monde est exporté par le Brésil et il reste un grand pays producteur d’agrumes, de cacao et de canne à sucre. C’est aussi le 2 ème exportateur mondial de soja et de viandes. Mais depuis 1998, le Brésil souffre beaucoup au niveau économique et a dû emprunter 47 milliards au FMI. Pour obtenir ces prêts, le Brésil a du réduire son déficit public , ce qui s’est fait au détriment de l’éducation de sa population notamment.

Le Brésil n’est pas un pays pauvre mais c’est paradoxalement un pays qui a beaucoup de pauvres. Plus de 22% des 190 millions de brésiliens vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Le contraste est donc très fort entre des brésiliens extrêmement riches et une population urbaine et rurale de prêts paysans qui vivent difficilement. Par exemple, 20% des brésiliens les plus riches représentent une richesse 32 fois supérieure à celle des 20% des plus pauvres. Les femmes ont d’autre part un salaire en moyenne de moitié inférieur à celui des hommes. L’espérance de vie d’un homme de couleur est moindre de 6 ans par rapport à celle d’un blanc. Depuis 2003, la situation sociale semble s’améliorer grâce au plan « faim zéro » du président Lula qui concerne 11 millions de familles. Ce plan intègre 4 axes principaux : l’accès à l’alimentation pour tous, le renforcement de l’agriculture familiale, la promotion d’une « bourse de famille » , les aides sociales touchant la scolarisation , la vaccination et la santé. Depuis 1994 une nouvelle monnaie , le réal fut mise en place et vise à la baisse de l’inflation.

2 : LA QUESTION AGRAIRE RESTE LA QUESTION FONDAMENTALE DES INEGALITES

Les ressources agricoles ne manquent pas mais le problème est celui de la concentration foncière excessive. 1% des propriétaires ont des lafundios, de gigantesques propriétés, et détient 46% donc presque la moitié des terres cultivées. Ils les exploitent en plus, souvent de manière extensive. Des millions de paysans sont propriétaires de minifundios, de minuscules exploitations et passent facilement au seuil des paysans « sans terre » qui louent leurs services ou leurs parcelles. La réforme agraire est la seule solution. Les diverses tentatives ont échoué et il n’y a pas eu d’expropriation des grands propriétaires. Ce sont des fronts mettant en valeur de nouvelles terres qui se sont ouverts mais ils détruisent la forêt amazonienne. Le mouvement des sans terre tente aujourd’hui d’occuper les terres sous-exploitées et de faire pression sur le président Lula.

Le sous-développement se retrouve aussi dans les inégalités régionales : le Nord du Brésil reste rural et pauvre tandis que le Sud est urbain et plus riche. En effet le Nordeste abrite la moitié des pauvres. C’est aussi la terre des sécheresses. Cela explique les flux migratoires du Nordeste ou du Minas Gerais vers le Sudeste, le Mato Grosso et le Rondonia. Le Mato Grosso Est s’est converti au soja.Le gouvernement a tenté des opérations routières de désenclavement en construisant la transamazonienne ou en créant des agences régionales de développement près des gisements. Mais les résultats ne sont pas probants puisque le Nordeste connue à se vider.

3 : LES VILLES DU BRESIL SONT LE REFLET DE LA SEGREGATION :

82% des Brésiliens vivent en ville ce qui fait du Brésil, le pays d’Amérique latine le plus urbanisé. Toutes les villes attirent les ruraux trop pauvres, les chômeurs etc…. Ce sont les grandes villes qui dominent , celles des mégalopoles comme Rio de Janeiro et Sao Paulo qui a elle seule représente 20 millions d’habitants. La mégalopole connue de s’étendre de plus de 60km² par an grâce à l’exode rural et à l’accroissement démographique interne.

Le niveau de vie est très inégalitaire selon les villes. Dans les villes du Nordeste, le niveau de vie est deux fois inférieur à celui de Rio. La ségrégation sociale est très marquée dans les villes avec des quartiers centraux très bien équipés, de maisons individuelles gardées par des vigiles et des périphéries où les habitants construisent leurs maisons, n’ont ni eau courante ni égout. Les favelas sont des bidonvilles qui se développent partout . Le long des routes, près des foyers industriels, dans les zones à risques, dans les immeubles abandonnés…. Sao Paulo est passé de 73 000 habitants de favelas en 1973 à 2 millions aujourd’hui. La ségrégation sociale se double d’une ségrégation raciale qui conduit à une vraie violence. Au plus bas de l’échelle sociale se trouvent les indiens qui sont considérés comme des mineurs assistés. L’urbanisation se fait en délaissant les périphéries dont les habitants se marginalisent. Les centre villes n’hésitent pas à afficher leur richesse. La violence est exceptionnelle puisque si on compte le nombre annuel de meurtres et d’enlèvements , on peut considérer que Sao Paulo est la ville la plus dangereuse du monde.

Conclusion

Le Brésil est un pays qui continue à évoluer car la croissance économique est forte, les villes se développent jusque dans l’intérieur du pays, et le front pionnier progresse au Mato Grosso et en Amazonie. Le Brésil a connu une nouvelle situation politique et une vraie ouverture avec l’élection et la réélection du président Lula da Silva.

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Cours de géographie de terminale

LA FACADE ATLANTIQUE DES ETATS-UNIS

décembre 28
by Catherine Bertin 28. décembre 2011 10:25

INTRODUCTION

La façade nord-atlantique s'étend officiellement du St Laurent au Golfe du Mexique . Elle est l'espace majeur de l'aire de puissance de l'Amérique du nord et cette prédominance trouve ses racines dans l'histoire des Etats-Unis et n'a pas été remise en cause par le développement de la côte Pacifique . Cette façade permet de retrouver les trois phénomènes désormais classiques de la géographie mondiale: le rôle des activités littorales, celui des frontières et pour finir celui des métropoles.

1/ LA DOMINATION DE LA FACADE ATLANTIQUE

                   1.1: Une domination historique

Toute l'histoire des Etats-Unis débute à l'Est de l'espace dans les 13 colonies anglaises. Les premiers colons fondent Boston ( 1631) , Philadelphie ( 1681) puis Washington en 1790 et c'est à Boston qu'éclatera la révolte et la guerre d'indépendance. C'est aussi là que plus tard les américains devront affronter leurs contradictions internes et se diviseront avec la guerre de Sécession.

La façade atlantique présente au départ de nombreux atouts naturels pour les colons qui arrivent: les caractères physiques et climatiques sont favorables. Les excès climatiques existent comme les coups de chaud et les vagues de froid mais ils sont rares.

La façade est pleine de profonds estuaires pouvant recevoir les navires et offrant des ouvertures vers l'extérieur. Ce sont eux aussi qui permettent la conquête du territoire puisque les américains vont remonter les fleuves aux 17è et 18ème siècles. Depuis les fleuves ont été reliés par des canaux ce qui amplifie leur intérêt de voie de communication.

La partie sud de la façade est la moins naturellement favorable et a été plus tardivement occupée: les côtes sont basses , sableuses ou marécageuses; les hurricanes y font de graves dégâts.

Historiquement le premier développement est né de la pêche ( conserveries) et de l'industrialisation de la Fall Line, cette ligne de faille qui borde les Appalaches. Même la puissance de l'eau permet d'y développer l'hydroélectricité. Les Appalaches ont des réserves de houille. Les grand Lacs ont des réserves de fer.

Avec une telle activité industrielle en plein développement on comprend vite que le problème fut rapidement la main-d'oeuvre. Dès le début de son histoire, la façade atlantique fut donc la porte d'entrée des immigrants. Entre 1850 et 1920 ce sont 35 millions d'Européens qui sont arrivés par vagues successives. Même si aujourd'hui l'immigration ne vient plus d'Europe, la façade continue à remplir ce rôle.

     1.2/Une domination qui résiste aux crises économiques:

En 1970 la façade atlantique connaît la crise économique comme le reste du pays. C'est une crise des industries traditionnelles et des villes. La région devient un " rust belt' avec une diminution des emplois industriels, des centre-villes qui meurent. La crise touche le nord de la façade comme le sud même si les raisons sont différentes au sud: l'économie du sud est basée sur le coton qui est en crise.

La tendance s'est inversée depuis les années 90: les activités portuaires de fond d'estuaires se sont déplacées sur le littoral. Les activités tertiaires et les nouvelles technologies se sont développées dans les technopoles.

De vrais efforts de réhabilitation des friches industrielles ont permis de rendre l'aspect plus attractif aux villes. parfois on en a fait des musées et parfois des centres commerciaux comme à Baltimore ou à Philadelphie.

La façade atlantique résiste bien à la concurrence de la façade pacifique. Elle reste la plus productive et au premier rang de la capacité financière et culturelle. Elle concentre toujours les principaux sièges sociaux et les investissements étrangers.

La seule vraie ville mondiale ou globale se trouve sur la façade atlantique: c'est New York. Ce n'est pas une question de taille mais c'est la seule ville complètement intégrée à l'économie mondiale. Ajoutons quand même la capitale fédérale , siège du Pentagone , du FMI et de la Banque mondiale: Washington.

2/ UN MODELE DE LA SUPERPUISSANCE AMERICAINE:

          2.1:Un fonctionnement d'interface:

Les activités de la façade atlantique se déplacent vers les littoraux afin de limiter les coûts. Cela n'empêche pas la façade d'être reliée à l'intérieur, à l'arrière-pays et de compléter son trafic maritime par du cabotage.

Il faut que le commerce en Amérique soit le moins onéreux possible. En déplaçant les activités sur le littoral , elles se rapprochent des sources d'approvisionnement et coûtent moins cher. Notamment le fer arrive du Brésil pour être utilisé dans la sidérurgie sur l'eau près de Baltimore. New York utilise aussi le pétrole vénézuélien pour ses industries pétrochimiques.

La façade reste reliée à l'arrière-pays par ses voies navigables. Le Mississipi est l'un des fleuves aménagé et le canal de l'Illinois le relie aux grands lacs. Les grands lacs de leur côté sont reliés à la façade atlantique par la voie du Saint Laurent. Le pont continental relie les deux océans au niveau de l'isthme de Panama qui reste une liaison stratégique. Des camions placés sur des trains à double étage traversent plus rapidement les Etats-Unis pour une liaison Europe-Asie; Le canal de Panama garde cependant son importance stratégique.

En dehors des trafics transatlantiques , le cabotage représente 55% du trafic de New York et 75% de celui de la Nouvelle-Orléans. Ce cabotage est une navigation le long des côtes sur de courtes distances. De plus, la côte est doublée par des canaux qui permettent de naviguer à l'abri de la mer en reliant des morceaux de lagune.

Les flux de population du nord au sud contribuent à l'unité de façade.

        2.2:La façade est contenue dans ses villes:

C'est sur la façade atlantique et plus particulièrement dans la Mégalopolis que sont apparus à l'aube du 20ème siècle les premiers gratte-ciels et les premiers parcs urbains dans des villes comme New York et Chicago. Ils sont le symbole de l'Amérique conquérante. Après la crise des centres-villes a commencé ici la gentrification , c'est à dire le retour des classes aisées dans ses centres-villes réhabilités et rénovés.

Les banlieues par contre sont plutôt laides: lotissements monotones aux maisons préfabriquées.

A la périphérie des villes s'opèrent une changement: les edge cities sont des noyaux urbains périphériques dont la fonction essentielle est le secteur tertiaire. C'est ainsi que les bureaux sont dispersés un peu partout.

       2.3: Les régions transfrontalières sont déterminantes

Les frontières ne sont plus des no man's land peu peuplés. Ce sont des lieux de croissance démographique et des lieux globalement où la croissance démographique y est plus forte qu'ailleurs. Cela contribue à renforcer le phénomène des villes jumelles . Cela s'accompagne aussi de colonias c'est à dire des communautés sans municipalités installées dans des lieux isolés, vivant dans la pauvreté et dans de véritables bidonvilles. 400 000 personnes y vivant du côté texan.

Les flux économiques se multiplient entre les Etats-Unis et les pays limitrophes. Canada et Mexique réalisent 70% de leur commerce avec les Etats-Unis. Ces flux sont encouragés comme les maquiladoras car la région semble mieux se porter avec les maquiladoras. Ce sont des zones franches. Par contre les migrations humaines sont contrôlées. Ainsi la clandestinité existe toujours et la carte de séjour est de plus en plus difficile pour les mexicains.

3/ LES DYNAMIQUES SPATIALES DE LA FACADE

       3.1: Le Nord-Est est toujours prospère

Le Nord-est reste le coeur de l'Amérique car il tire son prestige des grandes villes . Il est toujours aussi puissant au niveau industriel ,technologique. Les principaux centres de décision s'y trouvent. La reconversion de cette région est accomplie.

Le nord-est est l'interface majeure des Etats-Unis par ses ports et par le Saint Laurent qui est accessible aux navires de haute mer. C'est la porte de la région transfrontalière des grands lacs.

Le Nord-Est n'est pas parfait: les quartiers anciens sont dégradés; les finances des principales villes sont mal équilibrées; certaines industries sont toujours en danger; les voies de communications et les transports sont saturés; les eaux sont polluées et le smog sévit, ce brouillard de pollution urbaine.

Au Nord de Boston, on retrouve une Amérique plus classique de la Nouvelle-Angleterre avec un côté rural , des petits ports de plaisance , du tourisme. Par contre la frontière entre la nouvelle-Angleterre et les Provinces atlantiques est peu active avec quelques flux ponctuels. Du côté de Montréal et du Québec c'est plus dynamique car c'est le contact avec le Main Street qui est le coeur économique du Canada.

       3.2: Les Suds de la façade:

Entre Norfolk et la Floride la population est moins dense. L'activité est surtout militaires avec des bases navales et touristique. L'axe majeur, la Métrolina s'éloigne de la côte. L'image historique de ce Sud est la culture du coton et la ségrégation raciale jusqu'en 1965. La tradition reste l'élevage avicole et l'industrie automobile. Comme la main d'oeuvre est traditionnellement non syndiquée , la zone est attractive pour les investisseurs et Atlanta est l'exemple de ce renouveau.

La Floride est l'interface majeure avec les Caraïbes et l'Amérique latine et Miami est le second centre financier des USA. Les plages, les parcs d'attraction, les croisières attirent toujours les retraités riches.

Le Golfe du Mexique se caractérise par ses industries pétrolières. Le Texas est particulièrement dynamique avec ses hautes technologies et sa population progresse continuellement. L'axe principal est San Antonio- Austin- Dallas.Le littoral mexicain est attractif pour les délocalisations, le tourisme et même l'exploitation du pétrole off-shore.

Conclusion

Etudier la façade atlantique des Etats-Unis revient à travailler sur l’un des principaux lieux de la mondialisation et sur l’une des principales interfaces.

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Cours de géographie de terminale

LES PLANNINGS DE REVISIONS

décembre 26
by Catherine Bertin 26. décembre 2011 08:30

Noël est passé…. la nouvelle année se rapproche et vous avez encore quelques jours pour vous reposer, au moins en ce qui concerne l’histoire-géographie. Je vous souhaite d’ores et déjà une excellente nouvelle année 2012 avec des très bonnes notes au baccalauréat pour chacun d’entre vous!!
Comme la bonne note d’Histoire-Géo ne viendra malheureusement pas toute seule et qu’un bac blanc est prévu pour la fin février, il faut profiter de cette longue période de vacances pour apprendre les cours mal sus et pour réviser déjà la première partie du programme.

PLANNING DES 1S

2 janvier : Croissance et mondialisation

3 janvier : Croissance et mondialisation

4 janvier : La crise de 29 et la croissance des trente glorieuses

5 janvier : Mutations des sociétés depuis 1850

6 janvier : Mutations des sociétés depuis 1850

7 janvier : Mutations du monde ouvrier + L’immigration maghrébine

9 janvier : Territoires de proximité

10 janvier : Territoires de proximité

11 janvier : La nouvelle route du littoral

12 janvier : La première guerre mondiale

13 janvier : La seconde guerre mondiale

14 janvier : Les relations internationales de 45 à 90

16 janvier : Les tranchées+ les camps de concentration

17 janvier : La SDN et l’ONU

18 janvier : L’espace français

19 janvier : L’espace français

20 janvier : croquis de géographie

21 janvier : carte sur l’aménagement de la France + Potentialités et contraintes du territoire (P.103)

En italique vous avez reconnu vos sujets d’étude

Planning des TL

2 janvier : Le bilan de 1945

3 janvier : L’ONU + Première partie du cours sur la Réunion

4 janvier : La Réunion

5 janvier : les mémoires de la seconde guerre mondiale

6 janvier : La mondialisation- les lieux- + les croquis sur la mondialisation

7 janvier : La mondialisation- les acteurs- + croquis sur les Etats-Unis

9 janvier : Les Suds.

10 janvier : Le Brésil

11 janvier : cartes sur la mondialisation : les territoires de la mondialisation
les migrations humaines, reflet de la fracture N/S

12 janvier : La guerre froide

13 janvier : La détente et l’effondrement du communisme

14 janvier : les autres logiques de l’espace mondial : les N/ les Suds

16 janvier : les autres logiques de l’espace mondial : les autres acteurs

17 janvier : La superpuissance des Etats-Unis avec une carte sur l’organisation du territoire

18 janvier : La superpuissance des Etats-Unis

19 janvier : La façade atlantique des Etats-Unis

20 janvier : Carte sur la façade

21 janvier : Carte sur le Brésil

Bon courage à tous!!

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AMENAGER ET DEVELOPPER LE TERRITOIRE FRANCAIS

décembre 18
by Catherine Bertin 18. décembre 2011 14:18

Dans ce premier chapitre consacré au deuxième thème de géographie du nouveau programme de première, nous allons essayer de comprendre comment les milieux évoluent entre nature et sociétés.

1: Les atouts du territoire français

         1.1: Un hexagone européen

Quand on parle de l’hexagone français on désigne la France métropolitaine avec sa forme massive qui lui donne une superficie totale de 551 OOOkm². C’est une forme équilibrée puisqu’il y a pratiquement 1000km du Nord au sud et 950km de l’Est à l’Ouest.

La France est aussi considérée comme le finistère de l’Europe: elle se trouve à l’occident de l’Europe géographique. Elle est aussi l’isthme de l’Europe puisqu’elle est un noeud de communications et d’échanges entre les pays de la CEE, les pays frontaliers (la Belgique, le Luxembourg, l’Italie, l’Espagne), le Royaume-Uni  grâce au tunnel sous la Manche et les Etats-Unis par l’Océan Atlantique.

C’est un pays de taille moyenne , 48ème rang mondial mais le deuxième plus vaste d’Europe après l’Ukraine. C’est un pays bien ouvert avec ses 3 façades maritimes: mer du Nord et Manche, Atlantique et Mer Méditerranée. L’ouverture méditerranéenne lui a apporté la culture gréco-latine; l’ouverture océanique lui a ouvert les portes de l’Amérique, du Canada et des Antilles, l’ouverture de la Manche et de la Mer du Nord lui ont ouvert la première route maritime du globe. Donc la France est dans une position géostratégique et est un carrefour de multiples influences culturelles et s’insère dans l’Europe mais aussi dans le Monde.

              1.2: Entre l’Europe des plaines et l’Europe des montagnes

La France métropolitaine dispose de reliefs variés dont l’organisation tient en grande partie à la tectonique.

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Au sud et à l’Est se sont des montagnes de formation récente donc hautes  comme les Alpes, la Corse et les Pyrénées et plus moyennes comme le Jura. Elles sont nées de la rencontre entre la plaque africaine et la plaque eurasiatique. D’ailleurs elles ont relevé les massifs anciens comme le Massif Central et les Vosges.  Des volcans ont surgi dans le Massif Central. Ces montagnes encadrent des fossés d’effondrement comme le couloir du Rhône ou la Plaine d’Alsace.

Mais la plus grande partie de la France est composée de plaines, de collines et de bas-plateaux comme le Massif Armoricain . L’essentiel est même des bassins sédimentaires comme le Bassin Parisien et le Bassin Aquitain au sol très riche.

Les montagnes constituent de véritables châteaux d’eau, d’où diverge le réseau hydrographique . Par ailleurs, le Massif Central apparaît comme le seul obstacle que les échanges contournent  car toutes les reliefs sont franchissables par des seuils qui permettent de passer d’un bassin à l’autre ( ex: le seuil du Poitou).

2: Des milieux naturels en danger?

                 2.1: Des paysages de plus en plus humanisés:

La diversité des climats et des reliefs est à l’origine d’une grande variété des sols et de végétation. Cela nous donne nos paysages qui pour chacun ont leurs milieux naturels.
Ex: un paysage méditerranéen se caractérise par des sols rouges, très fragiles et une végétation qui a besoin de moins d’eau.

L’homme a donc transformé la nature par ses activités qui ont plus sieurs millénaires. Les milieux naturels , au sens strict, n’existent plus en France. Ce sont des milieux où le degré d’anthropisation (transformation des milieux par les sociétés) varie.
 
Ex: les plus hauts sommets des Alpes
       la forêt guyanaise
       la forêt landaise est même le résultat d’une création entièrement humaine, de forêt de pins plantée au 19ème siècle.

Cette anthropisation a modifié la physionomie des paysages.
Ex: les pentes des versants méditerranéens sont cultivées grâce à des cultures en terrasses.
      Des terres ont été gagnées sur la mer avec la poldérisation du Nord de la France ou des marais ont été asséchés comme en Vendée.

Les paysages agraires ont été façonné en bocage ou openfield. Le remembrement du bocage avec le développement de la mécanisation a fait disparaître les haies . C’est la désenbocagisation.

La France dispose aussi d’une grande diversité de littoraux. Des côtes rocheuses ou à falaises qui prolongent les montagnes ou les plateaux qui sont au contact de la mer. Il y a aussi les côtes sableuses basses, où des marais maritimes prolongent les plaines.
ex: La Camargue.

La ville a pendant longtemps été perçue comme l’opposition même de la nature mais aujourd’hui la nature revient dans les villes par le biais des espaces verts, des parcs et jardins.
Ex: les parcs forestiers dans les villes mais aussi l’aménagement des berges des fleuves pour des promenades.

                          2.2: Ressources et contraintes de l’environnement

La France dispose de nombreuses ressources mais qui ont été largement exploitées.
La variété des sols
a été largement mise en valeur par l’agriculture française très diversifiée . Et même les sols pauvres peuvent être utilisés en les fertilisant. Ex: En Champagne, les sols crayeux portent un vignoble particulièrement célèbre.
La France a d’importantes ressources en eau qui servent à l’agriculture, aux industries, à produire de l’énergie et à la consommation domestique.
La neige est devenue un “or blanc” pour le tourisme et les sports d’hiver.
Les forêts couvrent 1/4 de la superficie du territoire métropolitain et elles servent pour le chauffage, la fabrication de papier et les meubles. Elles sont bien protégées et représentent des ressources en gibier et en ressources floristiques comme les champignons et les baies.
Les littoraux fournissent des ressources importantes pour la pêche, l’aquaculture, l’industrie et le tourisme.
Le sous-sol par contre n’est pas très riche.
Les minerais des massifs anciens, le fer à l’est du bassin Parisien, le charbon du Nord et de la Lorraine ont permis l’urbanisation et l’industrialisation du 19ème siècle. Même s’il y a les gisements de pétrole et de gaz de Lacq dans le sud-ouest, ils sont très faibles et en voie d’extinction.

Les risques naturels existent sur ce territoire pourtant accueillant. Le volcanisme est actif dans les 3 DOM ( Réunion- la Montagne Pelée en Martinique et la Soufrière en Guadeloupe) . Il s’accompagne de risques sismiques  qui sont beaucoup plus limités en métropole.
Le milieu montagnard est assez fragile: avalanches, glissements de terrain, crues torrentielles.
Le climat est tempéré mais les aléas climatiques sont toujours là: tempêtes fréquentes le long des côtes de la Manche et de l’Atlantique, inondations dans les vallées fluviales, étés de sècheresse comme en 1976 ou canicule de 2003. En automne, les crues sont torrentielles dans le midi de la France et l’été, la sècheresse engendre de gros incendies de forêts. Les DOM connaissent le phénomène des cyclones.
L’anthropisation augmente les risques naturels. Par exemple l’urbanisation a imperméabilisé les sols et augmente le ruissellement des eaux  ce qui provoque des inondations. L’agriculture et l’industrie sont à l’origine de pollutions multiples . Les villes en s’étendant ont banalisé les paysages.

         2.3: La gestion et la protection de l’environnement

La France a pendant longtemps juste pris des mesures de protection contre les risques : des digues, des barrages, des pare-avalanches  sont des infrastructures techniques de sécurité. 
A cela s’ajoutent les systèmes de prévision qui permettent de déclencher les alertes  et mettre à l’abri les populations comme avec les cyclones. Les services de Météo France sont très importants dans ce domaine.

Depuis 1995, la loi sur les PPR ( plans de prévention des risques) ajoute la prévention à la protection. Ils sont de la responsabilité de l’Etat. L’Etat assure une cartographie des risques, impose des zones où la construction est limitée voire interdite et informe les populations.

La protection de l’environnement a commencé dès le 19ème siècle avec les premières lois sur la restauration des terrains de montagne. En 1963 a été créé le premier parc national et aujourd’hui on a 44 parcs régionaux, 156 réserves naturelles et 70 000ha de terrains du Conservatoire du Littoral. En 1985 la loi Montagne a concilié les intérêts économiques des stations de ski et la protection de la montagne et la Loi Littoral en 1986 a concilié celle des stations balnéaires et la nature du bord de mer sans urbanisation à outrance. La loi sur l’eau de 1992 a instauré des schémas d’aménagement des bassins, de gestion de la ressource d’eau.

Les politiques de protection s’inscrivent dans un cadre européen: Natura 2000 met en place un réseau de sites à protéger désignés par les états membres en application des directives européennes dites “oiseaux” et “habitats de 1979 et 1992.

Une charte de l’environnement a été votée, a donc une valeur constitutionnelle depuis 2005. Elle est guidée par le principe de développement durable  c’est à dire un développement économique, social et culturel qui tienne compte de la préservation du patrimoine naturel.

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Cours de Géographie de première

LA SUPERPUISSANCE DES ETATS-UNIS

novembre 26
by Catherine Bertin 26. novembre 2011 10:32

Introduction

Avec 9, 3 millions de km² les Etats-Unis ont la quatrième superficie du monde, ce qui égale le continent européen, représente 17 fois la France,et certains états comme le Texas sont à eux seuls plus grands que la France. Il y a 7,8 millions de km² d'un seul tenant , le Main land,et 1,5 million de km² pour l'Alaska. Les USA ont relevé le défi de la maîtrise d'un tel espace, grâce à un immense réseau de circulation, à la mise en valeur de tout le potentiel agricole, minier et énergétique. La puissance américaine qui se voit à travers son rang de première puissance économique mondiale, repose en grande partie sur la maîtrise de cet espace qui même s'il a des contraintes, offre une nature plutôt généreuse. Les USA sont au premier rang de nombreux secteurs agricoles et industriels et semblent être les champions incontestés de la production des biens et des services. Cependant la première puissance économique mondiale voit de plus en plus son hégémonie contestée par le Japon, l'Union Européenne et même les NPI et son commandement politique et militaire sur le monde est de plus en plus contesté. La place des USA dans le système monde a obligatoirement évolué et les américains ont du faire évoluer leur système économique pour s'y adapter. Donc,  comment les américains ont-ils maîtrisé leur territoire? Quels sont les domaines marquants de leur superpuissance ? Quelles sont les limites de cette superpuissance?

1 : UN IMMENSE TERRITOIRE BIEN MAITRISE

1.1 Une nature généreuse mais surexploitée :

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Du Nord au Sud, les USA s'étendent sur 25OO kms, ce qui met la frontière canadienne à la même latitude que Paris et la frontière mexicaine à la même latitude que le Sahara central. D'Est en Ouest par contre, nous avons 45OO kms ce qui représentent 4 fuseaux horaires différents.

==> cet espace étalé en latitude offre une grande variété géologique, climatique et forestière. La panoplie agricole sera très diversifiée.

  • L'espace américain est massif mais ouvert quand même sur deux océans qui concentrent les échanges mondiaux. Cela représente 2O OOO kms de côtes.

==> les espaces maritimes sont bien exploitables avec les échancrures du littoral nord-ouest et nord-est qui offrent des sites propices à l'implantation des ports

exemples : New York, Philadelphie, Baltimore, Seattle, San Francisco.

Les activités de pêche sont très riches aussi.

La conquête du territoire s’est faite de l’Est vers l’ouest et a repoussé ainsi la «  frontière ». Les colons se sont partagés les terres selon le principe du township c'est-à-dire un mode d’arpentage basé sur un carré de 6 miles donc de 10kms de côté. Cela donne un damier régulier que l’on voit encore dans le paysage. Cela a donné aux américains une mentalité de pionniers qui a façonné leur société. Photo des champs de céréales dans l’Arizona.

Les grands ensembles du relief n'offrent aucune barrière à l'installation des hommes.

Les paysages ont une direction méridienne c'est à dire qu'ils ont deux versants montagneux : l'un au voisinage de l'Atlantique et l'autre de Pacifique. Au centre, on a la gouttière du Pacifique.

1) à l'Est, étirées sur 2000kms, la montagne ancienne et érodée des Appalaches ne dépasse pas 2000m et présentent plutôt un ensemble de plateaux de direction Nord-Sud. Les Appalaches forment un vaste potentiel énergétique avec d'énormes gisements charbonniers qui ont développé dès le 19ème siècle le « manufacturing belt » dans la région des grands lacs. L'Hydroélectricité est tout aussi importante avec les multiples barrages , les centrales de la vallée du Tennessee.

2) au centre, les Grandes Plaines correspondent à un grand bassin sédimentaire , draîné par le Mississipi, la plus longue voie fluviale du monde qui se jette dans le golfe du Mexique. Les grandes plaines sont d'excellentes terres de culture, véritable grenier des Etats-Unis. En plus le bassin est riche en minerais de fer et en deux grands gisements d'hydrocarbures.

3) à l'ouest, un haut relief large de 2000kms est constitué de la Sierra Nevada et des Rocheuses qui dépassent les 4000m. Les plateaux centraux sont sciés par des fleuves en gorges vertigineuses comme le canyon du Colorado. Ce haut relief encadre plus à l'Est la grande vallée californienne aux riches activités agricoles et touristiques. L'ouest américain est riche en minerais rares et précieux comme l'argent, l'or et l'uranium. Il faut ajouter les hydrocarbures de la Californie et de l'Alaska et l'hydroélectricité des bassins du Colorado et de la Columbia.

è les Etats-Unis disposent d’exceptionnelles réserves naturelles puisque en dehors des ressources des sols et de la forêt, de celles des fleuves et des lacs, le sous-sol disposent du quart des réserves mondiales de charbon, d’importants gisements d’uranium et ils sont le 3ème producteur mondial d’hydrocarbures.

Les USA sont situés dans la zone tempérée, aux latitudes moyennes. Mais le climat des USA est bien souvent excessif avec des vagues de froid et des vagues de chaleur qui font souvent des victimes. C'est lié à la disposition du relief qui limite les influences océaniques car les montagnes de l'ouest forment une barrière aux vents humides du Pacifique, alors que les masses d'air polaire ou les masses d'air tropical s'engouffrent dans la grande plaine centrale . Les cyclones tropicaux viennent ravager les côtes du golfe du Mexique et de la Floride.

==> comme le relief, le climat se dispose en zones méridiennes.

  • Les grandes plaines ont un climat continental marqué par la rigueur hivernale avec plus de gel au nord qu'au sud où l'on peut même cultiver le coton.
  • Sur la façade atlantique, on passe au nord d'un climat océanique plus froid que la normale en raison du courant froid du Labrador, à un climat subtropical au sud au passage des eaux chaudes du Gulf Stream permettant la culture de la canne à sucre et du riz.
  • Sur la façade pacifique, on passe d'un climat océanique au nord à un climat méditerranéen au sud. Les pluies sont plus abondantes.
  • Il existe d'autre part une opposition fondamentale entre une certaine aridité à l'ouest limitant l'activité agricole au « ranching » et une humidité suffisante à une activité agricole intense à l'est . La limite correspond tout simplement au 100ème méridien.

C'est un territoire à risques

  • Les risques naturels sont réels aux USA et sont le résultat de cette nature excessive et de la surexploitation de certains espaces.
  • Il y a des risques de séismes et du volcanisme à l'ouest , en Californie avec la faille de San Andreas et la chaîne des cascades.
  • Les climats sont parfois excessifs avec notamment des chutes de neige abondantes qui paralysent les grandes villes de l'est, des coups de froid inattendus et même du blizzard, ce vent violent du Canada dans les grandes plaines. Les hurricanes c'est à dire les cyclones tropicaux ne sont pas négligeables sur le Golfe du Mexique et la Floride.
  • Globalement les sols souffrent de l'érosion éolienne et de l'érosion torrentielle.

C’est un territoire surexploité

· L’abondance des ressources a souvent justifié le gaspillage : l’agriculture intensive a érodé les sols et la consommation d’eau est 2 fois plus forte que celle d’un français, ce qui appauvrit les richesses et ne satisfait même pas les besoins.

· Le patrimoine est désormais protégé et les premiers parcs naturels furent créés dès le 19ème siècle et sont devenus des espaces touristiques majeurs . Ex : Yellowstone ; le canyon du Colorado qui reçoit 4 millions de visiteurs par an.

· Les politiques gouvernementales encouragent aux énergies propres , aux biocarburants mais les écologistes américains ne sont pas satisfaits car ils notent que le développement du biocarburants alimente un nouveau secteur économique et que l’agribusiness garde toute sa place . L’agriculture produisant pour l’énergie réduit les productions pour l’alimentation et font grimper les prix.

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Des communications planétaires

  • Les transports sont indissociables du développement économique des USA car la taille du territoire, la dispersion de la population, des ressources, des activités ont nécessité la mise en place d'un réseau de transports performant employant 3 millions d'actifs. L'économie des USA s'appuie sur le premier réseau routier, autoroutier, ferroviaire, aérien et téléphonique du monde. Malgré tout la densité des voies de communication est inégale car à l'ouest du 100ème méridien le réseau devient plus lâche.
  • En dehors des transports traditionnels, le trafic par tubes assure un trafic de marchandises deux fois plus important que les voies d'eau intérieures. Les pipe-lines représentent 3OO OOOkms et les gazoducs font 55O OOOkms . On a même construit dans l'ouest des carboducs, qui sont des conduites où circule une boue de charbon qui arrivée est séchée et brûlée dans les centrales thermiques.
  • Les Etats-Unis grâce à leurs hubs ou plateformes multimodales servent de pont continental entre les deux rives du pays mais aussi entre les Etats-Unis et l’Europe et les Etats-Unis et l’Asie.
  • A cela s'ajoutent des flux d'informations intenses et rapides avec le téléphone, la télévision câblée, internet,les micro-ordinateurs personnels, la télé-conférence etc….

     1.2 Une société américaine mobile

population

· 300 millions d’habitants ce qui est le 3ème rang mondial..

· Plus d’un américain sur deux vit à l’est du Mississipi en vertu des conditions naturelles et de l’histoire.

· La façade pacifique est l’exception avec la Californie qui est l’état le plus peuplé des Etats-Unis ( 37 millions).

· Les américains sont très mobiles car ils déménagent en moyenne tous les 6 ans et les flux migratoires internes comme externes profitent aux états du sud et de l’ouest.

caricaturediversiteethnique

· Le peuplement américain repose sur l’immigration qui assure encore aujourd’hui 1/3 de la croissance des états-unis.

· Les WASP descendants des colons sont toujours majoritaires mais le poids des minorités se renforcent. Elles représentent 34% de la population et vivent en particulier dans les villes. Elles constituent une grande partie des pauvres.

· La minorité dominante est celle des hispaniques qui sont très nombreux dans les états du sud. Les afro-américains ont migré du sud-est au nord-est et forment 70% de la population de Washington. Les asiatiques vivent sur la côte sud-ouest et dans les grandes villes du Nord-Est.

histoire

· Les Etats-Unis continuent à accueillir la moitié de l’immigration mondiale qui constitue un apport de main d’œuvre qualifiée mais également une population jeune. Cela rend la société multiculturelle et ces immigrés gardant des liens avec leurs pays d’origine, facilitent les relations commerciales des Etats-Unis.

· Le solde naturel plus le solde migratoire font que la croissance démographique américaine reste plus forte que celle des autres pays industrialisés. La fécondité des minorités contrebalance la baisse de la natalité. L’augmentation de l’espérance de vie provoque quand même un vieillissement de la population et a des conséquences sur le financement des retraites.

· La population américaine est dynamique marquée par une féminisation et une tertiarisation croissantes. Le taux de chômage est limité ( 4,5%) mais tout le monde n’est pas déclaré.

· Les inégalités sociales sont fortes : 39 millions d’américains vivent sous le seuil de la pauvreté et les minorités sont plus touchées surtout dans les états du sud qui constituent la Poverty belt. Les mutations de l’emploi avec le déclin des régions industrielles , la faiblesse de la protection sociale expliquent ces inégalités. Le melting-pot est abandonné au profit du communautarisme et la ségrégation socio-spatiale dans les villes est poussée à l’extrême avec le phénomène des ghettos et des « gated communities » ou vient 54 millions d’américains. Ce sont des communautés résidentielles fermées dans une logique sécuritaire et qui sont de grand standing.

1.3 Une puissance qui se reflète dans l’organisation du territoire

carteindustrieshightech

· Les régions maritimes et transfrontalières sont essentielles pour l’économie américaine dans le cadre de la mondialisation. Les interfaces maritimes et terrestres sont la Puget Sound, la Mexamerique, le Main Street america et elles polarisent les hommes, les flux et les capitaux.

· Les villes américaines accueillent 4 américains sur 5 et sont des lieux majeurs de la mondialisation. Ce sont des mégapoles comme Los Angeles, New York ayant un rayonnement mondial. Elles sont au cœur des réseaux majeurs de la mondialisation.

· Les villes ont une organisation radioconcentrique : le CBD, lieu des affaires, des gratte-ciel est le lieu du pouvoir. Autour de lui, les quartiers industriels et résidentiels sont abandonnés aux catégories défavorisées et sont dégradés. Ce sont des ghettos. Les classes moyennes sont parties dans d’immenses banlieues, les suburbs. Cette suburbanisation oblige le déplacement des activités dans de nouveaux centres périphériques : les edge cities. Les populations les plus riches retournent vers les centres-villes ou s’enferment dans les « gated communities ».

On peut faire un croquis simplifié du découpage régional

· Le nord-est reste le cœur des Etats-Unis . C’est le manufacturing belt avec les fortes densités, les réseaux de transport, la proximité des matières premièes et l’ouverture sur les Grands Lacs, sur la façade atlantique. Il y a deux pôles importants dans le Nord-est : la Mégalopolis de Boston à Washington qui rayonne mondialement avec ses métropoles, ses grandes universités comme Yale ou Harvard et est un espace de haute technologie ( MIT)/ Les Grands Lacs devenus une rust belt se sont reconvertis dans la haute technologie mais la situation sociale est fragile.

· Le croissant périphérique est l’espace dynamique des Etats-unis mais est hétérogène : les noyaux de richesse sont isolés comme la Californie, le Texas, la Floride, et sont séparés par des zones moins bien intégrées. Ce croissant a une forte croissance démographique, une agriculture capitaliste, une industrie de haute technologie, le tourisme, des conditions climatiques exceptionnelles ( la sun belt), des ressources en hydrocarbures et des qualités géostratégiques avec l’ouverture sur le Pacifique et la région transfrontalière. Mais la sun belt est aussi par endroit la poverty belt…..

· L’intérieur du territoire est faiblement peuplé et est trop éloigné des centres de décision et de production. Les conditions naturelles sont plus difficiles. Par contre les Rocheuses ont d’abondantes ressources en fer et charbon et offre «  l’or blanc » donc un tourisme montagnard au pays. Les Grandes Plaines forment le grenier céréalier du pays.

· L’Alaska offre des réserves pétrolières supplémentaires aux Etats-Unis . Hawaï apporte les cultures tropicales et le tourisme.

2 : UNE HYPERPUISSANCE PLANETAIRE

1.1 Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale

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L'agriculture américaine est une agriculture productive. C'est de l'agribusiness.Tous les moyens sont bons pour augmenter les rendements : la mécanisation, l'utilisation massive d'engrais et de pesticides, la sélection des plantes et la préférence donnée aux plantes hybrides et transgéniques, l'élevage des feed-lots, la vulgarisation rapide des découvertes agronomiques par les services fédéraux et des méthodes de gestion modernes même dans les entreprises familiales.

  • C'est une agriculture intensive rendue possible par l'irrigation massive de l'Ouest et du Sud-ouest puisque 20 millions d'hectares sont irrigués de manière sophistiquée avec des arroseurs géants, une irrigation fertilisante et une irrigation automatique réglée par un ordinateur central. Les investissements coûteux qui ont du être faits sont rentables finalement mais cela a conduit à une concentration des entreprises agricoles car les petites exploitations trop endettées ont disparu.
  • La typologie des exploitations est la suivante :

- les petites exploitations marginales peu rentables.

· - les exploitations moyennes , celles des « farmers » qui produisent encore 40% de la production totale. Les exploitations nombreuses sont réduites mais se maintiennent grâce aux farm bills c'est-à-dire aux mesures politiques d’aides financières du gouvernement pour garantir la compétitivité des produits agricoles.

- les grandes exploitations capitalistes qui appartiennent à des firmes industrielles ou agro-alimentaires.

==> cette agriculture n'emploie plus que 2,7 % des actifs.

  • L'agriculture américaine est aussi une agriculture intégrée. Elle n'est qu'un maillon d'une vaste chaîne agroalimentaire appelée « agri-business ». En amont, on y trouve le machinisme, les produits chimiques et l'énergie et en aval, on y trouve le conditionnement, le transport et la distribution des produits. Cet agri-business est dominé par les multinationales comme Philipp Moris, Conagra, Pepsico et Mac Donald's. Ces multinationales constituent un lobby c'est-à-dire un groupe de pression politique qui entraine une dépendance culturelle voire alimentaire des clients.

Une agriculture qui se diversifie:

  • La modernisation de l'agriculture conduit à une nouvelle géographie de l'agriculture car autrefois on distinguait de grandes régions spécialisées dans une monoculture que l'on appelait les « belts ». Les belts se sont diversifiés et les ¾ de la viande de bovin et de mouton viennent des « feed-lots » ces véritables usines à viandes de plusieurs milliers de bêtes.
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  • Dans le Nord-est l'agriculture est transformée par la poussée urbaine et les agriculteurs font à la fois de l'élevage laitier et de l'élevage avicole, du maraîchage et de l'horticulture. Dans les plaines centrales, le climat oblige à se limiter au blé, au maïs dans le « corn belt » qui devient de plus en plus le « corn-soy-belt » car on y ajoute le soja.
  • L'ouest montagneux est un domaine pastoral avec des surfaces irriguées dans les vallées qui sont de véritables oasis.
  • Au sud-ouest, près du Pacifique, le coton est cultivé de plus en plus loin grâce aussi à l'irrigation .

La Floride récolte plus du tiers de la production mondiale d'agrumes. Les îles Hawaï tirent leurs ressources agricoles de produits tropicaux comme l'ananas et la canne à sucre.

Mais attention, l'agriculture américaine dégage des excédents considérables donc elle est totalement dépendante des exportations. Les agriculteurs risquent sans cesse la surproduction et la chute des cours. Cela oblige l'Etat à intervenir en permanence pour soutenir les agriculteurs par des aides directes même si le gouvernement avait annoncé la fin de ces aides pour la fin de l'année 2OO2. Il faut donc mener une politique de gel des terres et une politique d'exportation agressive face à l'Union européenne.

C’est une immense puissance industrielle qui devient une puissance post-industrielle

Nous avons facilement l’impression que les USA souffrent de désindustrialisation. La puissance industrielle subit la concurrence japonaise, européenne et celle des pays NPI asiatiques. Par exemple entre 1950 et 1990 les USA sont passés de 50% à 20% de la production industrielle mondiale. De la même façon les effectifs industriels ont baissé de 45 à 25% .

· Cependant il faut relativiser ce déclin puisque la production a augmenté de 50% grâce aux gains de productivité, et l’industrie américaine produit encore 1/5ème de la production industrielle mondiale.

==> l’industrie s’est reconvertie

· Toutes les industries ne sont pas sorties également de la crise industrielle.

Exemples : les vieilles industries comme la sidérurgie, le textile n’ont pas trouvé de reconversion.

· D’autres industries traditionnelles comme l’automobile et la chimie ont redressé la barre.

Les plus belles réussites industrielles sont celles des industries nouvelles qui ont besoin d’une recherche poussée telles l’aéronautique, l’informatique, l’aérospatiale, les biotechnologies, l’agro-alimentaire.

La localisation industrielle a évolué ainsi :

- les industries traditionnelles se situent au carrefour de la main d’œuvre, des marchés et des ressources naturelles.

- les industries nouvelles se situent au carrefour des communications, des capitaux et de la recherche.

· La Manufacturing Belt est au Nord-Est mais est devenue une « Rust Belt » c’est à dire une région de friches industrielles. Pourtant elle conserve la moitié des emplois industriels.

Les industries liées au monde militaire sont dans les régions de l’ouest pour des raisons stratégiques puisque avec la seconde guerre mondiale le Pacifique a été la zone cruciale. La politique fédérale a choisi d'y implanter les industries d'armement: la gunbelt. Les raisons sont aussi économiques car la main d’œuvre est moins chère et moins agitée syndicalement puisque ce sont surtout des immigrés.

· Les industries lourdes se déplacent dans les ports car elles ont de plus en plus besoin des importations de pétrole.

· Les industries nouvelles sont dans la Sun Belt du fait de l’attrait naturel de cette région, de la présence des capitaux étrangers et des possibilités liées aux Maquiladoras mexicaines.

· Les grands complexes industriels sont les plus efficaces car ils associent l’industrie , la recherche et l’innovation . Le meilleur exemple étant la Silicon Valley.

Ce qui est nouveau c’est le poids des services

Le secteur des services occupe 3 actifs sur 4 et c’est celui qui créé le plus d’emplois. C’est grâce à lui que le taux du chômage a diminué aux USA.

· Le secteur des services est internationalisé et développe tout un secteur mondial des échanges. C’est le cas des firmes comme Mc Donald’s, Walt Disney, l’American Express ou les chaînes hôtelières comme l’hôtel Sheraton.

· Le secteur tertiaire est indispensable désormais aux secteurs agricole et industriel car c’est lui qui conçoit les produits et qui les distribue . Nous sommes à l’heure de la publicité, du marketing , du consulting ….

· Le tertiaire est un secteur très diversifié et très hétérogène. Certains emplois sont de très haut niveau exigeant des qualifications pointues pour les ingénieurs, les cadres, les universitaires mais en bas de l’échelle il y a les « Mac Jobs » qui sont des emplois sans aucune qualification .

· Le tertiaire structure le territoire car les transports et les communications ont permis les délocalisations industrielles. La concentration des sièges sociaux au sein des CBD des grandes villes donnent un rayonnement mondial économique et financier à des villes comme Chicago. Les CBD d’ailleurs ne font qu’augmenter et ont besoin de plus de surface pour les bureaux.

· Le tourisme occupe une place particulière dans le secteur tertiaire et occupe un actif sur 1O. Les activités sont contrastées et sont vraiment tournées vers la nature comme avec le parc de Yellowstone. Le tourisme américain c’est aussi l’industrie du rêve et cela marche avec les parcs de loisirs comme Disneyworld en Floride qui sont des parcs gigantesques et qui s’exportent. Mais il faut y ajouter le tourisme de jeux avec Las Vegas qui voit le nombre des visiteurs augmenter chaque année.

2.2 Les Etats-Unis sont la première puissance militaire et spatiale

· Ils ont la première force de frappe mondiale puisqu’ils disposent de 45% des têtes nucléaires mondiales et qu’ils ont la majorité des armes conventionnelles. Le budget de la défense représente 48% des dépenses militaires mondiales et elles ont beaucoup augmenté depuis les attentats du 11 septembre 2001.

· Les entreprises du complexe militaro-industriel comme Boeing , Lockheed emploient 2 millions de personnes et dépendent étroitement du Pentagone.

· Le déploiement des forces militaires américaines est planétaire car ils veulent protéger leur territoire contre le terrorisme, et protéger leurs intérêts économiques et stratégiques. Depuis 1991, et la fin de l’URSS, les Etats-Unis sont les seuls gendarmes du monde et ils multiplient les alliances et disposent de forces permanentes sur tous les continents et dans tous les océans. En 1980 on parlait de « guerre des étoiles » mais depuis le bouclier antimissiles n’a pas diminué.

· Les vols de navettes spatiales, et la flotte des satellites de la NASA assurent la maîtrise de l’espace . Le dispositif Echelon garantit un contrôle efficace d’écoute des communications mis au service de l’espionnage économique ou stratégique. C’est le Hard Power

C’est la superpuissance du capitalisme mondial

  • La domination des grands groupes capitalistes américains est l'image même des USA avec ces « géants » que l'on appelle les conglomérats. Leur chiffre d'affaires, le nombre de leurs employés, la diversité de leur production symbolisent la puissance économique américaine. Dans le classement des principaux trusts nous trouvons en tête General Motors et Exxon. Finalement 43 entreprises américaines figurent parmi les 100 premières mondiales. La force des conglomérats est étroitement liée à l'organisation bancaire. Dans tous les CBD on trouve des banques qui sont les moteurs des activités. Elles sont nombreuses et imposantes avec leurs sièges dans les gratte-ciel de Wall Street à New York. Les bourses complètent le dispositif.
  • La puissance financière est aussi celle du dollar, monnaie internationale et qui est la seule monnaie de référence des produits comme le pétrole.
  • Les places boursières américaines ( NYSE, New York stock exchange , la bourse de valeurs de Wall Street) dominent largement les transactions mondiales (indices Dow Jones et Nasdaq pour les NTIC)

Les Etats-Unis c'est une immense puissance commerciale

  • Les USA sont la première puissance commerciale du monde puisqu'ils assurent 13% des exportations et 15% des importations mondiales. Depuis 1945 dans le cadre du GATT( de la réduction des droits de douane) puis de l'OMC ( l'organisation mondiale du commerce) les relations avec ses partenaires privilégiés ( Canada, Mexique et Asie) n'ont cessé de s'accroître . Les échanges avec l'Union européenne ont été dépassés par ces nouveaux partenaires. Le président Clinton avait été le premier à s'inquiéter du déficit chronique de la balance commerciale et il avait relancé les exportations et lutté contre les importations agricoles européennes, les importations industrielles japonaises et cherché de nouveaux marchés en Chine et en Afrique .

On peut cependant établir dans l'espace économique américain plusieurs sphères de domination.

1 ) le marché intérieur car les américains sont nombreux , ont de hauts revenus et sont de grands consommateurs.

2) les zones frontalières qui prolongent le marché intérieur. Le meilleur exemple étant les Maquiladoras de la frontière mexicaine. les usines en question sont américaines, n'ont pas de charges pratiquement car elles sont sur la frontière et emploient une main d'œuvre à bon marché, la population mexicaine.

3) l'ALENA ( l'association Nord américaine de Libre Echange) qui est un marché commun avec le Canada et le Mexique

4) la sphère des partenaires privilégiés pour des raisons stratégiques comme Israël, l'Arabie Saoudite, la Turquie, le Koweit.

5) la sphère des firmes multinationales qui prolongent la puissance américaine partout dans le monde.

2.3 : un modèle attractif mais contesté

Les Etats-Unis ont une réussite étonnante puisque le PNB par habitant est supérieur à 20 000 dollars ce qui en fait l'un des plus élevés du monde . C’est le mythe du self made man à la Rockefeller ou Gates.

  • Le modèle américain , « l'american way of life » s'est répandu partout dans le monde et l'industrie cinématographique ainsi que les séries télévisées ont servi à transporter ce modèle. Les chaînes d’informations comme CNN ou cinématographiques comme Wall Disney représentent la forme médiatique du soft power. Internet créé à des fins militaires est toujours sous le contrôle américain car le moteur de recherche Google assure la moitié des recherches sur la toile.
  • L'expansionnisme des USA s'appuie sur la domination de l'anglais-américain devenu la langue du commerce international. Les universités et les centres de recherche draînent des chercheurs et des intellectuels du monde entier. 1/3 des étudiants chercheurs faisant leurs études à l’étranger le font aux USA.

==> cette domination est donc technique et culturelle et tend à uniformiser les cultures sur l'ensemble de la planète.

Mais l’hyperpuissance américaine provoque des réactions de rejet, parfois extrêmes

· L’unilatéralisme des E.U qui refusent de se plier aux institutions internationales.

· Les ambitions américaines sont freinées par la contestation politique de certains pays comme le Vénézuela. Une association de coopération entre le Vénézuela, Cuba et la Bolivie (ALBA)a été créée en 2005 par le président Hugo Chavez

· La question environnementale est aussi source de polémiques intérieures et extérieures car la population américaine représente 5% de la population mondiale et émet ¼ des gaz à effet de serre. Ils n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto.

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Cours de géographie de terminale

LA NOUVELLE ROUTE DU LITTORAL

novembre 26
by Catherine Bertin 26. novembre 2011 06:43

Dans le cadre des études de cas concernant les territoires de proximité, j’avais demandé à toute la classe de PS5 d’étudier la future route du littoral et de réaliser une présentation sous forme de diaporama. Le dossier devait être argumenté, illustré et devait comporter deux schémas et un sondage personnel.

De très beaux diaporamas ont été présentés, faisant la démonstration d’un vrai investissement de la part des groupes d’élèves et une belle maîtrise de l’outil informatique, méritant d’ailleurs que le B2I soit validé. J’ai choisi d’intégrer au site trois diaporamas: celui d’Anaïs, Cynthia, Estelle et Frédéric, uniquement parce que tout en étant joliment présenté, il contenait un texte complet et une démarche argumentative intéressante . Celui de Pierre, Xavier, Marion et maxime car dans  sa partie schémas et frise chronologique en particulier qui sont plus intéressants que dans le premier dossier. Et finalement j’ai ajouté quelques diapositives du superbe dossier animé d’Arjune, Loïc, Emmanuel et Nicolas qui ont bien mis en évidence les acteurs et les problèmes liés à l’environnement. Pour les groupes ayant un travail de documentation un peu moins complet, il est possible d’apprendre la fiche-résumé du groupe de Maelle, de Yanis, d’Alexandre  et de Julien l’un de ces dossiers pour le baccalauréat. Mais encore une fois, bravo à la majeure partie de la classe !!

 

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environnement

projet

La nouvelle route du Littoral est un projet d'aménagement de l'actuelle route du Littoral à La Réunion. Le projet est resté en suspens depuis bien des années mais il devient aujourd'hui une nécessité pour sécuriser cet axe routier qui relie le Nord et l'Ouest et ainsi sécuriser les usagers mais aussi pour éviter toute paralysie du transport de marchandises lorsque la route doit être fermée. Un projet ambitieux mais tout à fait réalisable qui combine plusieurs enjeux à la fois. En effet, plusieurs solutions sont envisagées où la notion de développement durable s'intègre parfaitement à celle du développement économique afin d'améliorer considérablement certains aspect de l'île. Un axe gratuit, sécurisé et moderne sera donc construit avec un budget de 1.6 millions d'euros garanti pas les nouveaux accords de Matignon du 14 octobre 2010. Le chantier démarrera en 2013 et sera livré entièrement en 2020. Il s'agit d'un ouvrage maritime divisé en plusieurs sections, en digues et en viaduc en mer incluant le passage d'un Transport en Commun ,en Site Propre qui est une emprise pour la circulation des transports en commun.

Une nouvelle route du Littoral

L'actuelle route du littoral est située en bas d'une falaise, d'où tombent des blocs rocheux pouvant provoquer des accidents, et en bord de mer. C'est donc un axe routier particulièrement exposé aux risques naturels. Éboulis et houles font que les usagers ne peuvent pas être en sécurité lorsqu'ils empruntent cette route même si d'autres axes routiers, comme la Route de La Montagne, existent afin de permettre aux usagers de se déplacer entre le Nord et l'Ouest même en cas de fermeture de la route du Littoral.

Elle est souvent « basculée », et cela a un réel impact la vie économique de l'île.

En effet, cette route est empruntée par plus de 55 000 véhicules par jour. Parmi ces véhicules, il y a les poids lourds qui transportent des marchandises, ou des matières dangereuses comme le kérosène en direction de Roland Garros par exemple. Les chutes de blocs rocheux et les houles nuisent beaucoup à ces transports. Des systèmes de sécurisation ont été mis en place, mais il s'avère aujourd'hui qu'ils ne sont plus assez efficaces et que les usagers de la route du Littoral sont de plus en plus en danger. C'est pourquoi, la Région a décidé de mettre en place un nouvel axe routier plus sécurisé, afin de sécuriser cette route et d'éviter les basculements et fermetures.

Des acteurs et des débats

Pour ce nouveau projet, beaucoup d'acteurs entrent en jeu et interviennent dans plusieurs domaines et notamment dans l'économie, l'environnement et la construction. Au niveau économique, on retrouve les principaux acteurs de ce projet : l'État et la Région par le biais du CPER. L'union Européenne fait partie des acteurs économique car elle finance en partie le projet. Ensuite, d'autres acteurs secondaires comme La CINOR viennent s'ajouter à la liste. Le domaine environnemental est celui qui réunit le plus d'acteurs pour le projet de la Nouvelle route du Littoral. En effet, plusieurs associations et organismes locaux s'y intéressent afin de garantir une protection environnementale pendant et même après les travaux comme le Conservatoire Botanique National des Mascareignes, l'Association Recherche Valorisation Marine (ARVAM), la Société Réunionnaise pour l'Étude et la Protection de l'Environnement (SREPEN) ou encore l'Observatoire des tortues marines de Kélonia … Enfin pour la construction interviennent essentiellement des architectes, des ingénieurs , des entreprises …

De nombreux débats ont vu le jour avec ce projet de nouvelle route. Le plus récurent est celui concernant le péage. L'ancienne majorité dirigée par Paul Vergès avait en effet prévu d'instaurer un péage pour les utilisateurs de cet axe routier qui auraient du payer à chaque passage sur la nouvelle route du Littoral. Mais ce système fût très vite abandonné avec le changement de majorité et Didier Robert comme nouveau président de la Région. Officiellement, l'abandon du péage a lieu la 14 janvier 2010. Mais la nouvelle route du Littoral est un projet pharaonique qui demande un budget plus qu'important. Au départ, il était évalué à 930 millions d'euros. Mais avec les derniers accords de Matignon, il fixé à 1.6 millions d'euros depuis le 14 octobre 2010. Le prix de ce nouvel axe n'a pas fini d'évoluer et même d'augmenter. Le système du péage pourrait bien réapparaître.

Un autre débat a vu le jour notamment sur la nature du projet . 2 solutions ont été trouvées : Un tunnel/digue ou la solution digue/viaduc. Mais finalement, c'est la solution digue/viaduc qui sera privilégiée.

Le programme et des perspectives

Un programme a été mis en place afin de pouvoir livrer le chantier dans les temps, c'est-à-dire en 2020.

Les premières études datent de 1994.

De nombreuses idées sont dégagées en matière de sécurisation de la route actuelle, autres modes de transports

tunnels, nouvelle voie maritime.

Plusieurs concertations publiques et débats sont organisés afin de trouver la meilleure solution.

Le 24 Août 2006, l’État, choisi la solution d’un aménagement littoral Digue + Tunnel à l’entrée de Saint-Denis

Mais à l’issue d’une nouvelle phase de concertation, La Région s’oriente fin 2008 vers un tracé maritime, composé de sections en digue et en viaduc.

Le 24 juin 2010 ,l’assemblée plénière présidée par Didier robert abandonne le système de péage dégagé par l'ancienne majorité . Le programme d’opération est modifié par l’intégration d’une emprise destinée aux transports en commun. Le budget pour ce nouveau projet est évalué à 1,6 milliard d’euros.

1er avril – 31 mai 2011 : phase de concertation publique dans les 2 mairies concernées, à la région et sur le site internet

Septembre 2011 : Début des études opérationnelles et signature du marché de maîtrise d’oeuvre

Septembre - octobre 2011 : lancement de l’enquête publique

Janvier 2012 : signature de l’arrêté de Déclaration d’Utilité publique (Dup)

Fin 2012 : réalisation des études projet

2013 : Début des travaux

2018 : livraison de la première tranche

2020 : livraison de la seconde tranche

Des prolongement éventuels sont à prévoir au niveau de l'aménagement. Un réseau d'échangeurs est donc prévu au niveau de Saint-Denis , à la Possession et à la Grande-Chaloupe.

A Saint-Denis :

La solution proposée est un échangeur orienté vers la RN6 (situation actuelle), avec :

une 2x2 voies + 1 voie BUS pour les bretelles vers le front de mer ;

une 2x2 voies + 1 BAU pour la continuité de la NRL vers le boulevard Sud (RN6), afin de préserver

l’avenir et les éventuelles mises à 2x2 voies du Front de mer ou du boulevard Sud.

Le site propre pour les TC peut être prolongé côté mer

A la Possession :

La solution proposée est un échangeur complet avec :

Une voie pour la sortie Saint-Paul – La Possession et pour l’entrée La Possession – Saint-Denis

Une voie pour la sortie Saint-Denis – La Possession et pour l’entrée La Possession – Saint-Paul

Le site propre pour les TC pourrait être prolongé en contournant l’échangeur côté mer

A la Grande-Chaloupe :

Différents types d'échangeurs sont évoqués pour la Grande-Chaloupe.

Mais la solution retenue est celle de l'échangeur complet.

Une voie pour la sortie Saint-Denis – Possession et pour l'entrée La Possession - Saint-Paul

Une voie de sortie Saint-Paul – La Possession et pour l'entrée La Possession – Saint-Denis

Le Trans Eco Express

La nouvelle route du littoral prévoit une emprise pour l'éventuel passage d'un Transport en Commun en Site Propre. Le TEE a pour objectif de faciliter la circulation des bus et promouvoir le transport en commun avec un réseau de bus à haut niveau de service grâce à un maillage complet de l'île.

Conclusion :

Un projet d'aménagement longtemps resté dans les cartons qui combine tous les domaines économiques et environnementaux par exemple. Une nécessité à cause des risques naturels , basculements etc.. Plusieurs acteurs , 3 domaines . Des débats politiques . Selon un calendrier bien précis plus des perspectives d'aménagement .

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CROQUIS DE SYNTHESE SUR LA MONDIALISATION

novembre 08
by Catherine Bertin 8. novembre 2011 13:16

Un premier petit croquis pour présenter les acteurs de la mondialisation

mondialisation

La mondialisation a des acteurs, mais il faut évoquer aussi les flux et les lieux. Voici le deuxième croquis possible….

mondialisationbis

Et vous pouvez donner un peu plus de mouvement à votre croquis de la manière suivante….

croquismondialisation

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Cartographie

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

novembre 07
by Catherine Bertin 7. novembre 2011 07:35

Voici une présentation détaillée des phases de la guerre. Désormais dans le nouveau programme de 1ere, ce cours doit être condensé en une première partie qui résume les grandes phases de la seconde guerre mondiale…..  Votre manuel le fait très bien….
Pour ceux qui veulent les détails supplémentaires voilà mon cours initial…

Le 1 septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Deux ans plus tard, l’Italie nazie domine l’Europe continentale. L’invasion de l’URSS par l’armée allemande en juin 1941, puis l’attaque du Japon contre les USA en décembre 1941 font de ce conflit la seconde guerre mondiale du 20ème siècle. C’est une guerre totale puisqu’elle mettra en jeu pendant 4 ans les ressources des deux camps et n’épargnera pas les civils. Elle mobilisera les idéologies.

Cette guerre a des causes profondes : · La coexistence en Europe de pays aux régimes politiques très différents et antagonistes dans les points de vue. Par exemple l’Italie nazie est une dictature expansionniste alors que la Italie ou le Italie sont des démocraties qui défendent le droit des peuples. · La présence à la tête de l’Italie d’Adolf Hitler. Du point de vue territorial, il suit un projet précis qui est la conquête de l’espace vital européen pour construire une Europe allemande. Il veut aussi effacer toute trace du traité de Versailles de 1919. · L’absence de réactions des démocraties face aux manœuvres d’Hitler et à ses alliances : alliance avec le Japon dès 1935, avec l’Italie de Mussolini par l’Axe Rome-Berlin en 1936, avec l’URSS de Staline par un pacte de non-agression qui est le Pacte Germano-Soviétique d’août 1939.

1/ LES PREMIERES VICTOIRES DE L’AXE

1.1: L'escalade des agressions:

· En mars 1938, Hitler réalise l'Anschluss en annexant l'Autriche.

La France et le Royaume-Uni n'ayant pas réagi à la remilitarisation de la Rhénanie, l'escalade des agressions d'Hitler mène progressivement à la guerre.

· Puis il revendique les Sudètes, région du nord de la Tchécoslovaquie parce que c'est une région de langue allemande. Les démocraties (Daladier pour la France et Chamberlain pour la G.B) rencontrent Hitler à la Conférence de Munich (30 septembre 1938)et signent un traité pour sauver la paix. Hitler obtient d'annexer les Sudètes Winston Churchill dira des 4 interlocuteurs de Munich « Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur. Et ils auront la guerre ». Rassuré par la faiblesse des démocraties, Hitler annexe à l'Allemagne l'ensemble de la Tchécoslovaquie en mars 1939.

· Dans l'été 1939, Hitler réclame le corridor de Dantzig, ville peuplée d'Allemands et comme il a signé le 23 août avec Staline, le pacte germano-soviétique, il a désormais les mains libres en Pologne.

Le 1 septembre 1939, les armées allemandes envahissent la Pologne et le 3 septembre la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne.

En quelques jours le front polonais est enfoncé avec la nouvelle stratégie du général Gudérian , la « blitzkrieg » ou guerre-éclair. Les avions démodés et les cavaliers polonais ne peuvent rien contre les divisions blindées, les chars et l'aviation moderne allemande. Cette blitzkrieg consiste à défoncer par surprise et le plus vite possible les défenses ennemies en utilisant les bombardements de l'aviation, les parachutages, en exploitant la brèche effectuée par les divisions blindées qui pénètrent profondément en territoire ennemi. Les blindés sont suivis par l'intervention de l'infanterie motorisée puis par l'infanterie à pied qui attaquent les poches de résistance encerclées par les blindés alors que l'aviation continue de pilonner l'avant empêchant ainsi les réserves de l'ennemi d'intervenir. Cette stratégie servira ensuite en Scandinavie, en France et en URSS. A l'issue des combats, la Pologne est partagée en deux entre l'Allemagne et l'URSS. En mars et avril 1940 Hitler se tourne vers la Scandinavie. Son but est de protéger la route du fer suédois que les alliés souhaitent couper. L'attaque alliée à Narvik, au nord de la Norvège est un échec et Hitler envahit le Danemark et la Norvège protégeant ainsi parfaitement l'approvisionnement en fer de l'Allemagne. De leur côté les soviétiques occupent la Finlande.

1.2 : La bataille de France

Que s'est-il passé entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940 ? Rien. C'est la « drôle de guerre ». C'est une guerre de position où les armées franco-anglaises et les armées allemandes restent face à face derrière leurs lignes de front, ce qui mine le moral des français. La ligne de défense française s'appelle la ligne Maginot mais l'invasion de la France se fait par la conquête de la Hollande, puis la Belgique et le Luxembourg qui capitulent.

Les panzers allemands foncent à travers les Ardennes , forêt réputée intraversable, et pénètrent sur le territoire français à Sedan. Ils prennent ensuite les troupes franco-anglaises à revers au sud et au nord. Les Français et les Anglais, coincés dans la poche de Dunkerque tentent de quitter la France ; certains passent en Angleterre et les autres sont faits prisonniers. La campagne de France peut continuer sans encombre pour les armées nazies et c'est une véritable débâcle française : Paris est menacé, le gouvernement français quitte la capitale pour se réfugier à Bordeaux. C'est le moment que choisit Mussolini pour entrer en guerre le 10 juin 1940 créant donc un deuxième front menaçant le sud de la France.

A Bordeaux, c'est l'affrontement politique entre ceux qui veulent poursuivre la guerre avec les colonies (thèse de Charles de Gaulle) et ceux qui veulent signer l'armistice (thèse de Philippe Pétain). Le vieux maréchal Pétain est appelé au gouvernement le 16 juin 1940 et il signe l'armistice à Rethondes le 22 juin.

Le 18, le Général De Gaulle avait appelé à la résistance depuis les ondes de la BBC mais peu de français l'ont entendu. En 5 semaines de combat, la France est battue ; 92000 soldats ont été tués dans une bataille qui demeure la pire défaite française.

L'armistice prévoit deux modifications territoriales importantes : · L'Alsace-lorraine est rattachée à l'Allemagne. · La France est divisée en deux : la France du nord est directement occupée par les allemands avec Paris comme capitale et la France du sud devient la « France libre » avec Vichy comme capitale. Entre les deux passe la ligne de démarcation.

1.3 : La bataille d’Angleterre

Hitler envisage un débarquement au Royaume-Uni, c’est l’opération Seelöwen ; mais les britanniques dominent très largement les mers. Leur seule crainte est que l’Allemagne n’utilise la flotte française mais celle-ci se saborde à Mers-El Kébir. Hitler comte donc sur la Luftwaffe. Mais d’août à octobre 1940 la Royal Air Force repousse les assauts allemands sur les ports, les aéroports et les villes du sud grâce au guidage de ses premiers radars. De plus les britanniques possèdent deux bombardiers supérieurs au Stuka allemand. Les allemands perdent 1733 appareils contre 915 pour les britanniques. Malgré les nombreuses destructions et les 30 000 morts, le Royaume-Uni résiste et n’est pas envahi. C’est le premier échec stratégique d’Hitler. Hitler tente donc de modifier sa stratégie en asphyxiant le Royaume-Uni par une guerre sous-marine à outrance. Les sous-marins de l’amiral Dönitz attaquent dans l’Atlantique, en Méditerranée et dans l’océan Indien. Mais là aussi, les britanniques évitent le blocus grâce au sonar que ne possèdent pas les allemands. ==> Hitler décide donc d’abandonner la bataille d’Angleterre et d’étendre le conflit.

1.4 : La mondialisation du conflit

La mondialisation du conflit se fait d’abord par l’ouverture du front russe : Hitler attaque l’URSS le 22 juin 1941 ; c’est l’opération Barbarossa qui peut paraître surprenante compte-tenu du pacte de non-agression. En réalité ce pacte était contre nature et une fois débarrassé du front de l’ouest, Hitler peut se tourner vers son ancien ennemi. Les moyens utilisés sont énormes : 5 millions de soldats allemands partent assiéger Léningrad puis menacent Moscou. En septembre 1942, c’est tout un symbole, les troupes allemandes commandées par le général Von Paulus atteignent Stalingrad. La mondialisation s’amplifie encore en décembre 1941 avec l’entrée en guerre des USA. Les Etats-Unis n’étaient pas intervenus militairement. Ils soutenaient diplomatiquement et financièrement les démocraties. Cette politique est celle du président Franklin Delano Roosevelt qui est hostile aux nazis et qui l’exprime clairement en signant la charte de l’Atlantique avec Churchill en août 41. Roosevelt s’inquiète également de l’impérialisme japonais. Il agit contre le Japon en gelant les capitaux japonais aux USA et en mettant l’embargo sur le pétrole en direction du Japon. Le général Tojo devenu premier ministre du Japon prend ceci comme une agression et sans déclaration de guerre préalable bombarde Pearl Harbour, le 7 décembre 1941. Pear Harbour est un port où se trouvait une partie de la flotte américaine dans le Pacifique. Les USA se trouvent donc impliqués dans la guerre. Le Japon n’attend pas pour se lancer dans la conquête de Hong-Kong, des Philippines, de la Malaisie, de la Birmanie, de Singapour et menace l’Australie.

La guerre se poursuit en même temps en Afrique : depuis mars-avril 1941, l’AfrikaKorps de Rommel, intervenu pour aider les Italiens , a dépassé les frontières de la Libye et a envahi l’Egypte.

La bataille fait rage aussi sur les mers et les océans : dans le Pacifique, entre les américains et les Japonais ; dans l’Atlantique où se déroule une vraie guerre sous-marine. ==> 1942 marque l’apogée de la domination des puissances de l’Axe mais aussi le tournant de la guerre.

2 : UNE GUERRE TOTALE JUSQU'A LA CAPITULATION

2.1 : Les victoires changent de camp

La première victoire s’effectue sur le front est en Europe. La stratégie d’Hitler en URSS est trop ambitieuse car il veut tenir les positions conquises mais aussi s’approprier le pétrole du Caucase, couper l’approvisionnement en produits américains qui passent par l’Iran et veut absolument prendre Moscou. En 1942, la prise de Stalingrad qui doit ouvrir la route vers Moscou n’est pas totale puisque l’armée de Von Paulus est encerclée par les troupes russes et que l’armée de Von Paulus sera forcée de capituler le 2 février 1943 après un hiver désastreux pour l’armée nazie. Stalingrad est donc la première défaite nazie. 90 000 soldats allemands sont faits prisonniers et le reste de l’armée est en repli. · Dans le Pacifique ce sont des victoires aéronavales qui permettent aux Etats-Unis de prendre le dessus face aux japonais : celle de Midway en juin 1942 et à partir d’août le débarquement à Guadalcanal débute la reconquête du pacifique. · En Afrique les troupes de l’Afrikakorps de Rommel avaient dominé mais en octobre 1942 le général britannique Montgoméry lance une contre-offensive alliée qui se conclut par la victoire en Egypte d’El Alamein. Le 8 novembre débute l’opération « Torch » où les troupes américaines et britanniques débarquent ensemble en Afrique du Nord et combattent sous le commandement unique d’Eisenhower. Elles s’attaquent aux ports marocains et algériens. Cette attaque a deux conséquences : en France la « zone sud » dite libre est envahie par les Allemands et Hitler envoie des renforts en Tunisie commandés par Rommel mais qui seront rappelés en mars 1943 faute de succès. Les troupes alliées reçoivent en plus le renfort des troupes françaises libres commandées par le général Leclerc et les troupes de l’Axe doivent capituler en Tunisie en mai 1943. C’est une date importante car plus aucun soldat de l’Axe ne demeure en Afrique après cette date.

2.2 : La mobilisation des hommes et des énergies :

La mobilisation est totale puisque le bombardement des villes et des usines ne distingue plus « le front » de « l’arrière ». Les civils sont plongés au cœur de la bataille et les populations participent à l’effort de guerre puisque les femmes sont enrôlées dans les services auxiliaires de l’armée et que les civils paient la guerre par l’augmentation des impôts et la souscription d’emprunts de guerre. La radio et le cinéma jouent un rôle croissant : partout bandes d’actualités, chansons ou affiches exaltent le patriotisme. Des cinéastes filment les opérations militaires et des acteurs connus comme Marlène Diétrich qui avait quitté son pays natal, l’Allemagne en 1933, s’engagent dans l’armée américaine. James Stewart deviendra aussi colonel dans l’aviation américaine. La guerre prend une dimension idéologique : les allemands veulent conquérir l’espace vital et abattre le communisme ; les alliés veulent supprimer le fascisme et le militarisme, ils mènent un combat pour la démocratie. C’est pourquoi le 1 janvier 1942, les 26 pays en guerre contre l’Axe signent la Déclaration des Nations-Unies qui proclame l’union jusqu’à la victoire totale et refuse toute paix séparée. La mobilisation économique est énorme : les britanniques sont les premiers à mettre en place une économie de guerre avec 2 millions de travailleurs supplémentaires dans les usines d’armement. L’URSS développe ses usines dans l’Oural et en Sibérie. Les USA lance le « Victory Program » en janvier 1942 qui produira en 3 ans, 275 OOO avions+ 634 000 véhicules légers (la jeep) + 90 000 chars + 65 millions de tonnes de navires. La standardisation permet de fabriquer en série des cargos au rythme d’un « liberty ship » tous les 12 jours, donc plus vite que la capacité de destruction des sous-marins allemands. En Allemagne la production a triplé entre 1942 et 1944, elle a pillé les pays vaincus, elle a utilisé 7 millions de travailleurs étrangers déportés ou envoyés au titre du Service du Travail Obligatoire . C’est le Japon qui s’esst organisé le plus difficilement car sa marine marchande avait été coulée à 95% par les américains.

La mobilisation est aussi scientifique : · De nouveaux moyens de détection comme le radar et l’ASDIC (utilisation des ultra-sons pour détecter les sous-marins en plongée). Les américains inventent de nouvelles armes comme le bazooka qui tire des roquettes antichars et ils mettent au point la bombe atomique. Les allemands ont mis au point les mines magnétiques, les avions à réaction , les fusées V1 et V2 mais ils n’accordent pas la priorité à ces armes nouvelles et les utiliseront trop tard dans les combats. · Les combats se transforment : certaines batailles deviennent très spécialisées en blindés notamment. Sur mer, l’aéronavale joue un rôle important pour protéger les convois ou permettre les opérations amphibies mêlant porte-avions, navires de guerre et transports de troupes. · Les bombardements stratégiques cherchent à détruire le potentiel économique de l’ennemi comme à partir de 1941 quand les américains disposeront de la « forteresse volante B.17 », bombardier lourd plongeant les civils allemands au cœur des combats. La mobilisation et la coordination des forces armées : C’est surtout au bénéfice des alliés qui se rencontrent et fixent une stratégie commune. Un haut commandement se met en place dès 1943 avec Eisenhower qui est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front occidental.

3 : LA VICTOIRE DES ALLIES

3.1 : La reconquête de l’Europe

L’élimination de l’Italie : A la suite de leur victoire en Afrique du Nord, les troupes alliées débarquent en Sicile le 10 juillet 1943 et les italiens se divisent politiquement. Mussolini est destitué et emprisonné. Un nouveau gouvernement est mis en place mais Mussolini est libéré par un commando nazi et prend le contrôle de l’Italie du Nord. Dans ce contexte, les alliés débarquent en Italie et au prix de combats violents reconquièrent peu pà peu l’Italie. En juin 1944 ils ont atteint Rome mais il faudra attendre le 28 avril 1945 pour que Mussolini soit arrêté par des partisans communistes et soit exécuté.

La libération de la France : le 6 juin 1944, les Anglo-américains débarquent en Normandie sous le commandement d’Eisenhower. C’est le début de l’opération Overlord , le débarquement de Normandie. Le 1( août l’armée française commandée par le Général De Lattre de Tassigny débarque en Provence. Aidés par la résistance française, les alliés entrent dans Paris le 25 août 1944 et poursuivent la libération de la France. La jonction entre les troupes de Normandie et de Provence étant réalisée en Septembre. On peut considérer qu’en décembre 44 tout le territoire français est libéré et les troupes peuvent pénétrer en territoire allemand.

· La libération de l’Europe de l’Est : ce sont les soviétiques qui reprennent la Pologne et qui obligent les alliés de l’Allemagne à capituler ( la Finlande, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie). La Yougoslavie se libère seule car les troupes communistes de Tito viennent à bout des troupes allemandes. ==> les alliés franchissent le Rhin en mars 1945 mais Hitler souhaite poursuivre la lutte en mobilisant de nouvelles troupes mais le Reich s’effondre en quelques semaines et en avril 45, soviétiques et alliés sont dans Berlin. Hitler se suicide le 30 avril 1945 dans son bunker et la capitale tombe le 2 mai. Les allemands signent une capitulation sans condition devant Eisenhower le 7 mai à Reims et devant Joukov le 8 mai à Berlin.

3.2 : La capitulation japonaise :

Depuis l’été 1943, les Japonais ne sont plus en état de mener des attaques massives car leur marine a été massivement détruite. Ils résistent dans leur archipel en menant des attaques désespérées avec les kamikazes. Le général Mac Arthur pense que les combats sont victorieux mais au prix de milliers de morts et que la résistance nippone risque de se prolonger. Pour épargner la vie de ses soldats, Harry Truman, nouveau président des USA depuis le 2 avril, mort de Roosevelt, décide d’utiliser une arme nouvelle : la bombe atomique. Deux bombardements atomiques se produisent à trois jours d’intervalle : sur Hiroshima le 6 août 1945 et sur Nagasaki le 9 août 1945. Parallèlement l’URSS déclare la guerre au Japon et envahit la Mandchourie . Le 15 août 1945 l’empereur du Japon Hirohito annonce la reddition du Japon et capitule le 2 septembre , dans la baie de Tokyo à bord du navire Missouri en présence du général Mac Arthur.

La capitulation japonaise intervient quasiment 6 ans après le début de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne. En six ans trois guerres se sont déroulées : elles étaient juxtaposées plus qu’imbriquées : · En Europe où les armées sont les plus nombreuses et les batailles les plus meurtrières. On doit lui rattacher la guerre en Afrique. · La guerre dans le Pacifique avec des batailles surtout aéronavales. · La guerre opposant les populations des pays occupés, les résistances, aux armées d’occupation.

2: LA SECONDE GUERRE ET L’UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE

       2.1: Les camps de concentration

Lors de sa plus grande extension en 1942, l’Allemagne nazie domine l’Europe.
Depuis la conquête de la Pologne en 1939 et l’invasion de l’URSS en 1941, l’Europe orientale est devenue une vaste zone de colonisation. Pour laisser la place à des colons allemands, les populations polonaises et soviétiques sont déportées vers l’Est ou assassinées. La guerre menée par les nazis a comme objectif de “liquider” ceux qu’ils nomment “judeo-bolchéviques”, de germaniser leurs territoires pour récupérer “ l’espace vital” nécessaire aux surhommes du IIIème Reich. Ces territoires servent de champ d’expérience aux théories racistes des nazis. En 1943, Eric Koch, commissaire du Reich en Ukraine déclarait “ nous sommes une race de seigneurs qui doit toujours se souvenir que le plus humble ouvrier allemand a socialement et biologiquement mille fois plus de valeur que la population d’ici”…..

L’organisation des camps de concentration s’inscrit au coeur du projet nazi. Ils forment le rouage essentiel du système rêvé par Hitler, dans sa logique de domination et d’élimination de tout opposant.
Dès 1933 les Allemands anti-nazis( sociaux démocrates, chrétiens militants, communistes) ou les asociaux (homosexuels, témoins de Jéhovah, criminels de droit commun, handicapés) sont enfermés à Dachau et à orianienburg pour y être soi-disant rééduqués. Les camps dépendent d’Heinrich Himmler, chef des SS.
A partir de 1939, l’univers concentrationnaire s’européanise avec l’arrivée des déportés en provenance de tous les pays dominés.
Jusqu’en 1942, le système est avant tout disciplinaire; ensuite les déportés sont utilisés comme main d’oeuvre pour le reich et on peut dire que les camps deviennent des camps de travail forcé.

Après leur arrestation les détenus sont d’abord regroupés dans des prisons et des camps d’internement ou de transit comme Compiègne? des trains les emmènent ensuite vers les camps de concentration proprement dits qui sont tous situés sur le territoire du grand reich. Prisonniers politques, syndicalistes, membres de communautés religieuses, résistants, otages, victimes de rafles, délinquants, criminels ou homosexuels punis pour “crimes contre la race” sont ainsi déportés et rejoignent les camps de prisonniers de guerre soviétiques. Ils font plusieurs jours de voyage entassés dans des wagons de marchandise, sans eau ni nourriture et ils découvrent un système où tout est mis en oeuvre pour dégrader leur personnalité.

Un détenu est un stück” c’est à dire un morceau. Il n’a plus de nom et devient un numéro. Il porte un uniforme rayé qui tombe vite en loque, sur lequel est cousu l’insigne qui désigne son “crime”. Ses cheveux sont rasés et il partage sa paillasse pleine de poux dans une baraque non chauffée avec 3 ou 4 camarades.
D’interminables séances d’appel ont lieu dans la boue, le gel ou en été en plein soleil, sans bouger pendant des heures sous peine d’être battu à mort ou privé de soupe, ce qui équivaut à mourir. La nourriture de ces déportés qui travaillaient 16 heures par jour consiste en un bol de bouillon et un peu de pain. Les plus faibles et les malades n’ont aucune chance de survie. Les privations , les maladies, la soif, le manque d’hygiène, les brutalités, le travail jusqu’à l’épuisement ainsi que les tortures physiques et morales conduisent à la mort lente. Les cadavres sont brulés dans les fours crématoires.

Une hérarchie est instaurée parmi les détenus: les Kapos sont des détenus de droit commun allemands, autrichiens ou polonais et ils ont tous les droits sur les détenus. Les SS les chargent de faire régner la discipline comme ils l’entendent, y compris par la terreur. La devise “ le travail rend libre” inscrite au-dessus de l’entrée du camp exprime ce délire disciplinaire. le but du travail dans les camps est d’obtenir un rendement maximum en éliminant au fur et à mesure les improductifs. Mais la folie punitive l’emporte sur toute autre considération.

On évalue à 1650000 le nombre total de déportés. Selon les camps le taux de mortalité varie mais atteint facilement 60%. La plupart des survivants ont parlé de miracle et ont connu après la guerre une “re-naissance”….

          2.2: Les camps d’extermination

En Europe de l’Ouest et du Nord-ouest, les peuples vaincus sont traités en fonction d’une hiérarchie raciale allant des germains aux Slaves en passant par les Latins. Certains, comme les Luxembourgeois, les Néerlandais et les Scandinaves sont considérés comme assimilables. L’Alsace-Lorraine, annexée de fait, se trouve dans la même situation et connait une brutale germanisation. Ses hommes jeunes sont enrôlés de force dans la wehrmacht ; on les appelle les “malgré-nous”. Ces territoires occupés militairement refusent la collaboration politique donc l’occupation militaire ca se doubler d’un encadrement administratif. Ils sont placés sous l’administration directe des allemands qui nomment un commissaire du reich. En plus ces pays sont considérés comme des peuples assez proches des germains et pourront donc être assimilés, une fois nettoyés de leurs éléments jugés impurs: les juifs.

De 1933 à 1939, Hitler a mis les juifs allemands au ban de  la société. Au nom de la pureté raciale exposée par Hitler dans mein Kampf, les nazis engagent dès 1938 le programme secret d’euthanasie ainsi que l’extermination des allemands “dégénérés” (handicapés physiques et mentaux) et asociaux.
Avec la conquête de la Pologne et l’invasion de l’URSS, les nazis occupent des territoires où de nombreuses communautés juives sont installées depuis des siècles. Les juifs polonais sont d’abord installés dans des ghettos, des quartiers où ils sont regroupés avant de partir pour les camps. Ils sont sans ravitaillement, dans des conditions d’entassement d’effroyables et des dizaines de milliers de familles vont être décimées par la faim, les épidémies et les brutalités. Les nazis obligent les responsables juifs des ghettos à collaborer en leur faisant croire à une possible amélioration de leur sort mais les déportations et les massacres mettent vite fin à tout espoir. En 1943, le ghetto de Varsovie se révolte dans un ultime sursaut de désespoir.

Lors de l’invasion de l’URSS, Hitler décide de faire fusiller sur place les cadres communistes et les juifs par les Einsatzgruppen qui sont de petites unités de police SS qui suivent l’armée régulière et qui sont chargées des assassinats. Elles sont assistées par la werhrmaht et ainsi des milliers de soldats allemands ordinaires vont participer à l’extermination des juifs. A Babi Yar, près de Kiev, 33 771 juifs sont exécutés les 29 et 30 septembre 1941.

Alors que 600 000 juifs soviétiques ont été déjà assassinés à l’automne 1941, les nazis cherchent des solutions plus efficaces pour se débarrasser de tous les  juifs d’Europe. Sur ordre d’Himmler “la solution finale au problème juif” est organisée dans le plus grand secret. Le 20 janvier 1942, lors de la conférence de Wannsee, la déportation systématique des juifs vers des camps d’extermination situés sur le territoire polonais est décidée. Dans un premier temps les bourreaux utilisant des camions: les juifs y sont enfermés et au bout de 20 minutes meurent asphyxiés par les gazs d’échappement dirigés vers l’intérieur. Les premières chambres à gaz sont construites à Belzec et Chelmno dès novembre 1941.

C’est à Auschwitz que le principal camp d’extermination est organisé à la manière d’une “véritable usine de la mort”. Dès l’arrivée des convois, les juifs sont triés. Ceux que les SS jugent aptes au travail sont dirigés vers le camp de concentration ou vers l’usine IG Farben. Les autres sont directement conduits vers les chambres à gaz et les crématoires de Birkenau. Le gaz utilisé est le zyklon B, employé à l’origine par l’armée pour l’élimination des parasites. De 1941 à 1944, 2,7 millions d’êtres humains ont été gazés dans ce camp.

Au total entre 5,5 et 6 millions de juifs européens ont péri. On parle de génocide, les anglo-saxons parlent d’holocauste qui désigne un sacrifice où la victime est immolée par le feu et les historiens français parlent de “shoah” qui signifie catastrophe en hébreu pour montrer le caractère unique de l’extermination des juifs par rapport à l’autres génocides de l’histoire.

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Cours d'Histoire de première

LA PLACE DU NUCLEAIRE DANS LA GUERRE FROIDE

novembre 07
by Catherine Bertin 7. novembre 2011 07:17

 

Ce sujet difficile est à éviter le jour du bac. Mais pour ceux que cela intéresse, je vous propose quelques pistes supplémentaires sur ce sujet relativement pointu.

Quelques remarques préalables compte tenu des documents qui vous sont généralement proposés.

1) La course aux armements par la croissance des arsenaux dans les deux camps est évidente. On remarque l’avance prise par les Etats-Unis jusque dans les années 70 puis l’effort soviétique est remarquable puisque l’URSS passe au 1 er rang des arsenaux nucléaires Les ICBM : missiles intercontinentaux, ayant une portée supérieure à 5500km. Ils peuvent être tirés soit du sol, soit d’un sous- marin nucléaire lanceur d’engins. Les SLBM : missiles intercontinentaux lancés par un sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Le tableau pour être complet aurait pu ajouter les bombardiers stratégiques qui sont des avions ayant un rayon d’action suffisant pour atteindre des cibles en territoire ennemi.

2) l’appel de Stockholm du 19 mars 1950 montre que l’opinion publique a été très marquée par les deux bombes atomiques de 45 au Japon. En 49 les soviétiques expérimentent cette arme pour la première fois. On essaye donc d'intimider l'adversaire. D'abord par la course aux armements. En 1951, les Etats-Unis mettent au point la bombe H, une arme atomique thermonucléaire encore plus meurtrière que la bombe A. Mais l'URSS qui possédait aussi la bombe A se dote de la bombe H en 1953. Aucun affrontement direct n'est désormais possible entre les grands sans provoquer " l'holocauste nucléaire". Chacune des deux grandes puissances ne souhaitant pas employer l’arme nucléaire si dangereuse, l’utilise pour menacer et faire reculer. Cette force de dissuasion n’est pas une garantie de la paix pour l’opinion publique qui réclame par cet appel (remarquons qu’il est parti des militants communistes) l’interdiction de l’arme atomique, l’établissement d’un rigoureux contrôle international pour assurer l’application de l’interdiction, la reconnaissance de crime contre l’humanité l’utilisation de l’arme atomique. Des publicités à la même époque pour des abris anti-atomiques existent aux Etats-Unis.

3) La stratégie russe repose sur la simultanéité de deux actions: la défaite des forces armées (conventionnelles) et la destruction ( par les armes nucléaires) des objectifs intérieurs. Le pays complètement désorganisé capitule. Le Maréchal Sokolovski rappelle la nécessité d’accumuler en temps de paix les armes nucléaires qui serviront dans les premières minutes de la guerre . Des deux côtés la stratégie a évolué : après la course à la bombe de la période 1950-60, et la stratégie des représailles massives de John F. Dulles (Toute agression de l'URSS ou de ses alliés entraînerait une riposte immédiate par tous les moyens, y compris nucléaires) , les E.U dispersent surtout leurs bases militaires à travers le monde pendant que les soviétiques raccourcissent le temps de préavis d’attaque de leurs missiles. Puis la période de la détente ( 63-75) permet les accords Salt et la limitation des armements nucléaires, puis leur non prolifération.

4) La crise de Cuba est associée à une crise majeure de la guerre froide liée aux missiles soviétiques installés à Cuba et qui fit vraiment craindre une guerre nucléaire.

5) La clause essentielle est que pour renforcer la paix mondiale, les E.U et l’URSS s’engagent à écarter le danger d’une guerre nucléaire en n’utilisant pas d’armes nucléaires. La paix n’est pas assurée de manière définitive puisque les accords de Salt 1( Stratégic Arms Limitations Talks) signés en 1972 par Brejnev et Nixon, ne font que reconnaître l'égalité en capacité de destruction réciproque et gèle en partie les armements stratégiques. Mais il s’agit d’un tournant caractéristique d’une détente dans les relations entre les deux Grands et qu’ils permettront la venue des accords suivants qui iront plus loin vers le désarmement.

Voici un paragraphe argumenté récapitulatif : la problématique revient à se demander si l’arme nucléaire a été une menace ou une garantie pour la paix dans la confrontation entre les deux Grands pendant la période de la guerre froide.

-Un des aspects les plus terrifiants de la Guerre Froide fut la course d'armes entre les États-Unis et l'URSS. Pour la première fois dans l'histoire, l'humanité avait le potentiel de se détruire. La peur régnait à travers le monde, autant dans les pays producteurs que les pays spectateurs. Dans les écoles américaines, on pratiquait des exercices où les élèves devaient se cacher sous leurs bureaux au son d'une sirène, une précaution contre une éventuelle attaque de missiles. En Union Soviétique, on estime qu'il y avait des abris souterrains pour deux tiers de la population de plus de 250 millions. De plus les coûts de recherche et développement d'armes nucléaires étaient extravagants: un nouveau rapport affirme que seul les États-Unis ont dépensé environ 5.5 trillions de dollars pour développer ses armes nucléaires, soit presque 22,000 dollars par américain!-Une arme nucléaire typique a une production explosive équivalente à dix mille tonnes de TNT, tandis qu'une plus grande bombe pourrait avoir la capacité explosive d'un million de tonnes de TNT ou plus. Une seule arme nucléaire peut tuer des centaines de milliers de personnes et lorsqu'elle est transportée sur un missile balistique, peut voyager des distances transcontinentales en moins d'une demi-heure. Le déploiement de quelques dizaines de milliers de ces armes a menacé un anéantissement avec peu ou sans avertissement. Les effets désastreux des armes nucléaires a probablement dissuadé leur usage.- Au début des années '90 les États-Unis et l'URSS avaient un total d'environ 50,000 ogives nucléaires. La France, la Grande-Bretagne et la Chine ont des arsenaux petits mais significatifs. L'Israël devrait avoir environ cent armes nucléaires.-- Un autre problème décevant est la prolifération nucléaire, soit la production d'armes nucléaires par des pays additionnels. Le Traité de non-prolifération Nucléaire (1968) requiert l'inspection internationale des sites nucléaires des pays signataires qui ne possèdent pas d'armes nucléaires pour assurer qu'il n'y a aucun développement d'armes nucléaires. Par contre, certains pays ne sont pas signataires au traité, dont la Chine, la France, l'Israël, le Pakistan, l'Argentine et le Brésil. De plus, certains pays qui ont signé le traité en tant qu'États non nucléaires, comme l'Irak, l'Iran et la Corée du Nord, ont fait sans aucun doute, des tentatives de développement d'armes. Les accords SALT (Strategic Arms Limitations Talks) de 1969 à 1972 furent effectués sous la direction du président américain Nixon et de Henry Kissinger. Mais vers la fin des années 70 il eut récurrence des signes de tension , la détente était oubliée et en 1981 les relations entre les États-Unis et l'URSS s'étaient gravement détériorées.

- Bien que la Guerre Froide n'ait jamais eut de conflit armé, elle n'était pas exempte d'incidents dangereux. En effet, la crise des missiles cubains était le plus près que le monde ait jamais vu d'une guerre nucléaire. La déclaration d'une guerre nucléaire qui aurait été désastreuse reposait sur les deux hommes les plus puissants du temps, le Président John F. Kennedy et le Premier Ministre Nikita Khrouchtchev. En 1962 l'Union Soviétique a été dangereusement derrière les États-Unis dans la course aux armes. Les missiles soviétiques n'étaient qu'assez puissants pour atteindre l'Europe,alors que les armes américaines étaient capables d'atteindre l'entière Union Soviétique. En mai 1962, Nikita Khrouchtchev développa l'idée de placer des missiles à portée intermédiaire à Cuba. Un déploiement à Cuba,a doublé l'arsenal stratégique soviétique et a fourni une vraie protection contre une attaque américaine sur l'Union Soviétique. Durant ce temps, Fidel Castro cherchait une façon efficace de défendre son île contre une attaque américaine. Dès l'échec de l'invasion américaine en 1961de la Baie des Cochons, Castro attendait une autre attaque comme étant inévitable. Donc pris dans une telle situation, il approuva le plan de Khrouchtchev. Durant l'été de 1962, l'Union Soviétique travailla rapidement et secrètement pour construire ses installations militaires à Cuba. Pour les États-Unis, la crise commença le 15 octobre de cette même année lorsque des photographies militaires ont révélé des missiles soviétiques en construction à Cuba. Très vite le président Kennedy fut informé des installations soviétiques et Kennedy organisa son comité exécutif, connu sous le nom de EX-COMM. Ce groupe des douze plus importants conseillers de la maison blanche fut mit en charge de contrôler la crise. Après sept jours de débats intenses, Kennedy décida d'imposer un embargo naval pour cesser l'arrivée de missiles additionnels. Pour le reste du monde, la crise commença officiellement le 22 octobre lorsque Kennedy annonça le découverte des missiles au public. Il annonça aussi que tout lancement de missiles nucléaires du Cuba serait vu comme une attaque sur les États-Unis de l'Union Soviétique. À la suite de son discours, il demanda l'enlèvement des missiles soviétiques du Cuba. Finalement, le 28 octobre, les hostilités commencèrent à se calmer lorsque Khrouchtchev annonça qu'il détruirait les installations et retournerait les missiles à l'Union Soviétique.

Cette déclaration et les accords qui suivirent pour spécifier les circonstances dans lesquels ils devront de dérouler, marquèrent la fin d'un chapitre dans lequel le monde s'est vu aux frontières d'une guerre nucléaire. Suite à cet incident, les États-Unis et l'Union Soviétique s'aperçurent du danger du manque de communication. . En effet un communiqué envoyé d'un chef à un autre prenait souvent des heures, ce qui est très dangereux si on parle d'une déclaration de guerre. Pour régler ce problème, les deux gouvernements installèrent un lien téléphonique direct entre la Maison Blanche et le Kremlin. Cette ligne existe encore, bien qu'elle ait un rôle minime de nos jours.

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