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SUJET D’ETUDE- LE PROCHE-ORIENT

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:53

Dans le cadre du cours sur les relations internationales ajoutons, le sujet d’étude des TSTG sur le Proche-Orient.

1 : Le conflit israëlo-arabe, une paix difficile

L’état d’Israël, résultat du projet sioniste, est créé en 1948 dans la logique du plan de partage de la Palestine entre juifs et arabes voté par l’ONU en 1947.
Les pays arabes voisins (Egypte, Syrie, Jordanie) refusent l’existence de ce nouvel état : c’est le point de départ d’un conflit dont les épisodes sont nombreux ( 1er conflit israëlo-arabe en 1948, guerre des six jours en 1967, guerre du kippour en 1973). Malgré l’aide apportée par l’URSS aux pays arabes après 1956 et le soutien américain à Israël le conflit n’est pas seulement un conflit Est-Ouest mais possède bien des caractéristiques spécifiques.
Les Palestiniens ont quitté massivement l’Etat juif et se sont réfugiés dans les pays voisins. Là souvent regroupés dans des camps, ils connaissent des conditions de vie précaires. Ils se dotent d’une organisation politique, l’OLP, dirigée par Yasser Arafat. L’OLP refuse de reconnaître l’Etat d’Israël et a recours à la lutte armée pour faire connaître ses revendications et s’imposer sur la scène internationale. L’échec de cette stratégie de guerre ( terrorisme, guerre du kippour, intifada) l’amène tardivement à accepter un compromis.
Les accords d’oslo en 1993 marquent une nouvelle étape puisque le gouvernement israélien et l’OLP se reconnaissent mutuellement. Mais le processus de paix se bloque. En effet, les Palestiniens, exaspérés par sa lenteur, soutiennent de plus en plus le Hamas qui multiplie les attentats-suicides. Quant au gouvernement israélien, il riposte aux actes terroristes par des représailles militaires et la construction d’un mur de séparation en Cisjordanie. La création d’un état autonome palestinien est cependant amorcée avec l’évacuation par les Israéliens de la Bande de Gaza. Le Liban, base territoriale du Hezbollah est touché par le conflit. En juillet 2006 il est attaqué par l’armée israélienne.

2 : L’Irak en proie à la guerre

Depuis 1979, l’Irak est dirigé par le dictateur Saddam Hussein. Il mène une guerre contre l’Iran de 1980 à 1988 qui fera plus de 500 000 morts. En 1990, il envahit le Koweit, pays riche en pétrole.
La première guerre d’Irak, en 1990-1991, à l’initiative des Etats-Unis et soutenue par l’ONU, est une réponse à cette annexion. 28 pays participent à l’opération « tempête du désert » qui libère le Koweit.
En revanche l’ONU s’oppose à la seconde guerre contre l’Irak déclenchée par les Etats-Unis. Affirmant, à tort, que le pays détient des armes de destruction massive, le président Bush organise une intervention militaire contre Saddam Hussein. Renversé au printemps 2003, il est jugé, puis exécuté en décembre 2006. Cependant, la mise en place d’un gouvernement démocratique, dans un pays divisé entre les sunnites et les chiites et occupé par l’armée américaine est très difficile.
L’Iran pays voisin dirigé depuis 1979 par un gouvernement religieux, cherche à se doter de l’arme nucléaire, ce qui fait craindre à l’Occident un nouveau péril pour la planète et ajoute un élément de tension dans la région.

3 : Le pétrole et l’eau, enjeux mondiaux :

Le Proche-Orient qui détient d’énormes ressources pétrolières exporte massivement vers l’Occident. Depuis la création de l’OPEP en 1960, les pays producteurs contrôlent en partie le marché mondial du pétrole mais les problèmes politiques de cette région jouent aussi un rôle essentiel dans l’approvisionnement et les prix. Les grandes puissances craignent en effet la réduction des ventes et le blocage des points de passage des bateaux pétroliers.
La question de l’eau est aussi source de conflit dans la région car les ressources sont insuffisantes pour les besoins des différents pays. Les rivalités sont vives entre la Turquie qui prélève des ressources sur le Tigre et l’Euphrate et la Syrie et l’Irak qui en pâtissent. Elles sont fortes aussi entre Israël et les Palestiniens car une grande partie des ressources utilisées par Israël viennent des territoires occupés du Golan et de la Cisjordanie. La question de l’eau participe donc au blocage du processus de paix en Israël.

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cours de terminales STG

LA CANNE A SUCRE- SUJET D’ETUDE

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:49

C’est le sujet d’étude des TST2S

La canne à sucre est la principale activité agro-alimentaire de l’île de la Réunion et est un acteur du développement durable. Elle ne manque pas d’atouts mais elle doit relever aujourd’hui un défi majeur, celui de l’espace. Face à une croissance démographique et urbaine, comment reconquérir les terres agricoles ?

La filière canne-sucre représente la première source de revenus à l'exportation après le tourisme. Elle est aussi le première industrie agro-alimentaire de l'île avec un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros. Elle occupe 55 % des surfaces agricoles et participe au revenu de plus de 15 000 familles. Aujourd'hui, un hectare produit en moyenne 8 tonnes de sucre. La réforme de l’organisation mondiale du sucre adoptée par l’Union Européenne garantit les quotas et les prix de la canne à sucre. Grâce aux centrales thermiques bagasse-charbon, ¼ des besoins de l'île en électricité sont couverts par la canne. La Réunion produit chaque année environ 230 000 tonnes de sucre. Le sucre de la Sucrière de la Réunion produit par l'usine du Gol est commercialisé à la Réunion sous la marque Mascarin. Le sucre en vrac et gros conditionnement est exporté vers la métropole. La canne a donc de nombreux dérivés.

La canne à sucre est une plante vivace. Elle repousse donc sans avoir besoin d'être replantée. Cependant les plants s'appauvrissent à chaque repousse et les rendements diminuent. Il est donc nécessaire de les renouveler tous les 7 à 10 ans.
Les cannes coupées sont acheminées vers les centres de pesée à l'aide d'énormes camions appelés"cachalots".
Arrivée au centre de pesée la teneur en sucre de la canne est évaluée car, les cannes étant destinées essentiellement à la fabrication du sucre et du rhum, l'agriculteur est payé, non seulement en fonction du tonnage livré, mais aussi en fonction de la richesse en sucre de sa récolte.
Les cannes sont ensuite hachées en morceaux avant de passer au moulin qui va en extraire le précieux jus. Ce jus sera ensuite clarifié par filtration puis chauffé pour être transformé en sirop. Ce sirop sera ensuite cristallisé pour donner naissance au sucre roux.

Le développement de la betterave sucrière, la concurrence des Antilles, l'apparition du "boreer" (le phylloxera de la canne), quelques cyclones, des épidémies ont menacé à maintes reprises la culture de la canne. Les dégâts réguliers causés par les cyclones, les attaques de maladies ou de prédateurs (ver blanc sur la canne), le recul des terres agricoles (7 000 ha environ de 1989 à 1997) du fait de l'extension des zones d'habitat urbain mettent en péril cette production traditionnelle de la Réunion.Le relief montagneux de l’île oblige une culture sur le littoral, à l’Est et au sud, là où l’urbanisation gagne du terrain. En 1980 on comptait des dizaines de milliers de coupeurs et 14.0000 livreurs. Ils n'étaient plus que 6.000 en 1995. De nombreuses exploitations ont été abandonnées, mais celles qui restent, sont plus étendues et plus rentables.

De plus de deux cent usines de traitement de la canne, leur nombre est descendu à onze en 1960.Il n'en reste plus que deux depuis 1996, l'une dans le nord à BOIS ROUGE l'autre dans le sud au GOL. Cependant, bien qu'en fort déclin, la culture de la canne à sucre occupe encore près de 5 000 exploitants et reste la principale activité agricole de l'île, se situant à part égale avec les deux autres types de productions agricoles de la Réunion: la production animale et les autres cultures végétales, les fruits et légumes notamment.
Les champs de canne couvrent plus de la moitié des terres cultivées (environ 27 000 hectares). Les plantations s'étendent sur le littoral Est (zone chaude et humide) et entre 300 et 800 m d'altitude sur les pentes de la côte Ouest et Sud de l'île. La canne à sucre ne peut pousser en dessous de 300 mètres que grâce à l'irrigation, comme c'est le cas à la Pointe au sel, en dessous de la Saline. Les travaux de basculement des eaux de l’Est vers l’Ouest ont permis de planter et d’irriguer des champs, là où elle n’avait jamais poussé. La canne à sucre joue un rôle important dans le maintien des sols. Grâce à ses racines, elle fixe la terre en période de fortes pluies, et ses tiges souples résistent mieux de d'autres cultures aux cyclones. C’est une des raisons pour lesquelles la canne à sucre continue à être défendue à la Réunion. Elle fait partie de notre patrimoine et elle assure une cohésion sociale à l’ïle.

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Sujets des TST2S

LES TERRITOIRES DE PROXIMITE

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:38

C’est le cours de géographie proposé aux 1S dans le cadre de leur nouveau programme.

Commençons par définir le territoire de proximité. Il fait partie de ceux que l’on nomme aussi les territoires du quotidien. ( page 15 du manuel). C’est un espace géré par une collectivité humaine car il est l’espace de vie d’un groupe de personnes.
L’intérêt de ce chapitre n’est pas seulement de définir ces territoires à l’échelle de la France mais c’est de comprendre les enjeux de leur aménagement.

Problématique : Quels sont les territoires, leur hiérarchie, de mon quartier jusqu’à ma région ? Quels sont les acteurs de l’aménagement ? Quels sont les enjeux des aménagements ?

1: Les territoires de proximité et leurs acteurs:

           1.1: Gérer les territoires

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Le territoire français se compose d’un ensemble de territoires à diverses échelles. La plus large est depuis 1955 celle des régions. Il y a 27 régions françaises : 22 régions métropolitaines qui regroupent chacune plusieurs départements et 5 régions d’Outre-Mer. Les 5 ont la particularité d’être à la fois des départements et des régions et ce double statut donne les 5 DROM.

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En dessous les 101 départements. Ils datent de la révolution française et il y a 96 départements métropolitains plus 5 départements ultra marins (Guadeloupe, Martinique, réunion, Guyane et Mayotte depuis peu).

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La commune est la plus petite subdivision et c’est la plus ancienne. Il y a 36OOO communes et leur taille est très variable mais globalement elles sont petites puisqu’une une commune sur deux compte moins de 400hab.

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Le pays est un territoire qui présente une cohésion géographique , économique, culturelle ou sociale à l’échelle d’un bassin de vie ou d’emploi. Il a pour objectif d’exprimer la communauté d’intérêts économiques, culturels et sociaux de ses membres et de permettre l’étude et la réalisation de projets de développement.

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La communauté de communes est un Etablissement public de coopération intercommunale ( EPCI) qui regroupe plusieurs communes réunies par un projet commun de développement économique et d’aménagement de l’espace.

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La communauté d’agglomération regroupe plusieurs communes qui forment un ensemble de plus de 50 000 habitants, autour d’une commune-centre de plus de 15000 habitants. Ces communes bâtissent ensemble un projet de développement urbain.

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La communauté urbaine regroupe depuis 1999 des communes formant un ensemble de plus de 500 000 habitants. La France compte 16 communautés urbaines qui disposent de compétences plus larges que la communauté d’agglomération.

Quelle est leur évolution ?

Nous avons vu que le paysage institutionnel s’est beaucoup compliqué. Les citoyens connaissent très bien leur commune, leur département et leur région et y sont même attachés. Par contre ils connaissent beaucoup moins les autres communautés.

Un reproche peut leur être adressé : les compétences finissent par se chevaucher et une telle multiplication entraîne des coûts supplémentaires.
Un avantage peut être remarqué : ces territoires sont la preuve de notre démocratie et du fait que l’on essaye d’être plus proche et plus efficace pour les citoyens.

Ces territoires sont devenus des acteurs majeurs grâce à une série de lois :

Les lois de décentralisation de 1982-83, 2003-04. Elles ont pour but de rapprocher les citoyens des décisions politiques et d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de réduire aussi les inégalités spatiales et sociales. Les communes, les départements et les régions ont des compétences qui leur ont été transférées et cela a pu mobiliser davantage le développement local.

Les lois Voynet et Chevènement de 1999 et 2000 et la loi de Solidarité et renouvèlement urbain (SRU) ont amélioré le fonctionnement de l’intercommunalité. Les communes agissent ensemble et construisent des équipements collectifs et organisent leurs services en commun.

Les territoires s’associent et définissent des projets pour lesquels il faut trouver les partenaires financiers. Dans le cadre des projets, les collectivités sollicitent, consultent les habitants. Ensuite il faut rédiger les documents de planification stratégique : le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT)
le schéma de cohérence territorial ( SCOT)
Plan local d’urbanisme ( PLU)

       1.2 Des acteurs de plus en plus nombreux

Apprendre le schéma P.22 de votre livre

Les acteurs publics sont à toutes les échelles : Union Européenne
Etat
Etablissements publics comme la SNCF
Région
Département
Communes isolées ou associées en communautés.

Les entreprises privées réalisent les aménagements pour une durée déterminée.

Les associations de citoyens au niveau local ou au niveau national qui participent au nombreux débats, aux enquêtes publiques prévus par les nouvelles procédures d’aménagement.

ð Les acteurs participent à l’aménagement mais leurs avis sont rarement convergents. Les conflits peuvent aller jusqu’aux manifestations.

La loi de décentralisation de 82, confirmée par la réforme constitutionnelle de 2003, et la loi sur les libertés et responsabilités locales en 2004 a réparti les tâches entre l’Etat et les collectivités locales. Celles-ci ont plus de pouvoirs.
Le département est doté de compétences très étendues dans les secteurs sanitaire, social comme l’aide aux personnes âgées, aux handicapés, le RSA et dans le secteur éducatif pour les collèges et les transports scolaires. C’est le département qui s’occupe des travaux sur les routes départementales et une partie des nationales depuis 2004.
La commune élabore le plan local d’urbanisme et participe au plan local de l’habitat. Pour donner plus de force à ces petites communes , la loi Voynet les encourage à s’associer en pays et la loi Chevènement en communautés. Ces communautés ont un projet commun de développement et d’aménagement de leur espace. Elles ont ainsi des compétences communales transférées aux Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI)

A la fin de 2010 une réforme territoriale a favorisé l’intercommunalité puisqu’il suffit de 450 000 habitants pour avoir une communauté urbaine au lieu de 500 000. Au cœur de ces communautés il y a une métropole qui hérite des compétences habituelles de la région ou du département. La commune obtient ainsi la compétence générale c'est-à-dire le droit de s’intéresser à tout sujet d’intérêt local. Le département a perdu certaines compétences et sera animé à partir de 2014 par des conseillers territoriaux qui siègeront aux conseils général et régional.

     1.3 De nouveaux enjeux

Apprendre le schéma 2 P.20 de votre livre

Les priorités pour l’aménagement du territoire sont : compétitivité, cohésion et développement durable.
Elles sont nécessaires à l’intégration européenne et à la mondialisation. Cela a été inscrit au niveau européen dans « la stratégie de Lisbonne » (2000-2005) . Au niveau de l’état français cela s’est vu dans les contrats de projet Etat-Région mis en place en 2007.
Cela veut dire que les acteurs locaux ne se contentent pas de gérer les problèmes du quotidien. Ils doivent intégrer leurs objectifs dans des projets plus larges de développement de leur territoire sur des échéances longues de 10 ou 20 ans.

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Les syndicats mixtes répondent mieux à la concurrence européenne et mondiale. Ils sont constitués de collectivités territoriales, de chambres de commerce et d’industrie, et ils se tournent vers des pôles de recherche et d’innovation sur les nouvelles technologies ce qui rend leur territoire plus attractif.
Pour désenclaver les territoires ruraux en particulier il faut des réseaux performants et les départements investissent dans des réseaux numériques à très haut débit.
Toutes les communications sont importantes surtout dans les territoires peu denses. Les syndicats mixtes participent ainsi au financement des grandes infrastructures de communication comme les TGV espérant en obtenir des retombées locales.

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Le développement de la compétitivité du territoire doit rimer avec le développement durable : sur le plan climatique, dans une recherche d’énergies renouvelables dans le respect de l’Agenda 21.
Les collectivités peuvent ainsi présenter un Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui fixe les grandes orientations en veillant essentiellement aux équilibres du territoire. Il faut donc qu’une évaluation environnementale soit faite.
A plus grande échelle, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) doit aussi présenter un projet d’aménagement et de développement durable.
Les plans de développement urbains ( PDU) sont obligatoires depuis 1996 pour les villes de plus de 100 000 habitants. Ils doivent réduire l’utilisation des autos, favoriser les transports collectifs, les vélos. Le Grenelle de l’environnement a conduit à choisir les tramways dans de nombreuses agglomérations.

1 : La région, un territoire de vie aménagé

     1.1 La place de la région en France :

La France compte donc 27 régions qui sont nées en 1955 et qui sont       devenues des collectivités territoriales depuis les lois de décentralisation de 1982. Le conseil régional est élu au suffrage universel tous les 6 ans depuis 1986 , délibère pour prendre des décisions et élit une commission permanente qui est toujours dirigée par le président de région.

Dans la région, l’Etat est représenté par le préfet qui fait appliquer les politiques publiques. La décentralisation a redistribué les compétences ce qui fait que la région a récupéré les actions de développement économique et est chargée aussi du développement d’une démocratie de proximité.

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La région doit avant tout construire son identité. Certaines comme les DROM ou la Bretagne, L’Alsace, les régions frontalières ont une identité forte liée à leur histoire tandis que d’autres doivent créer cette identité autour d’actions de communication en particulier.

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Les compétences de la région lui sont propres dans les domaines des transports surtout ferroviaires (TER°, de la planification et de l’aménagement du territoire, de la formation et de l’enseignement, les lycées) et du développement économique, social et culturel. 75% des dépenses de la région vont dans ces domaines. Les 25% restants financent des politiques particulières dans n’importe quel domaine que ce soit la recherche, la jeunesse etc….

Mais la région doit partager son rôle avec d’autres acteurs comme l’état, les départements, les intercommunalités en ce qui concerne l’environnement et l’aménagement du territoire. Les contrats de projet Etat-Région ( CPER) mettent en phase les orientations de l’Etat avec les priorités de la région dans les domaines de la compétitivité du territoire, de la promotion du développement durable.
Le problème est souvent la faiblesse des budgets régionaux. La disparition de la taxe professionnelle en 2010, diminue encore la fiscalité régionale.
La réforme territoriale de 2010 remplace les conseillers généraux et les conseillers régionaux par un nouveau type d’élu local : le conseiller territorial.

            2.2 Un autre exemple, l’Allemagne

Le système français est unitaire tandis que le système allemand est fédéral. Depuis la réunification des 2 Allemagnes du 3 octobre 1990, la République fédérale d’Allemagne se compose de 16 états fédérés, les Länder, dont 3 villes-états (Berlin, Hambourg et Brême).

Chaque Land a bien la qualité d’un Etat ce qui veut dire qu’il dispose d’une souveraineté interne, complète avec sa constitution et ses institutions propres, son parlement, son gouvernement et son système judiciaire. La grande différence avec la France est le fait que ses états fédérés ont leur pouvoir législatif. Sur le plan fiscal les lander partagent les recettes avec la Fédération mais ils disposent d’une grande autonomie en matière de dépenses publiques. Leur autonomie s’est renforcée depuis la réforme de 2006 qui autorise chaque land à fixer les salaires des fonctionnaires, les horaires d’ouverture des magasins, à voter des lois pour l’environnement ou l’éducation.

Les Länder ne peuvent pas être comparés aux régions françaises car ils sont plus peuplés : 5 millions d’habitants en moyenne pour un Land et 2 millions pour une région française. Ils ont un budget considérable, en moyenne 13 fois celui d’une région française et leurs actions en matière éducative, culturelle, économique sont déterminantes. Le principal problème est le déséquilibre des Lander en quantité d’habitants et en niveau de vie.

Le fédéralisme allemand est conscient de ces inégalités et se veut coopératif pour homogénéiser les conditions de vie. Les actions concrètes :
- un mécanisme de redistribution des richesses se fait entre les Länder les plus riches et les Länder les plus pauvres.
- des transferts de compétence et d’argent se font entre les Lander et l’Etat et entre les Länder et les communes. Les Landers de l’Est étant plus pauvres, ils ont bénéficié du « Fonds pour l’unité allemande » et de Pactes de solidarité. Les revenus sont plus faibles cependant à l’Est et le taux de chômage est plus élevé.

Les Länder les plus riches contestent ce fédéralisme coopératif, préconisant au contraire une concurrence au nom de l’efficacité économique dans la mondialisation. Il est contesté aussi quant à la mobilité des populations. Le système éducatif pouvant être différent entre les Länder , cela gêne les migrations internes de travail ou de formation.

      2.3: La région Réunion

Voir l’Etude de cas sur la nouvelle route du littoral

  Schéma de la région Réunion à partir du livre P.85.

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Cours de Géographie de première

EXPLICATION DE DOCUMENT- TL1 A RENDRE POUR LE 18 OCTOBRE 2011

octobre 03
by Catherine Bertin 3. octobre 2011 08:02

J’étais avec le sujet imprimé, samedi matin….. je n’ai vu personne venir récupérer le sujet. Je vous le propose sur le site et vous savez que cette explication de document d’histoire est à rendre le mardi de la rentrée. Je n’accepterai aucune feuille en retard!

Déclaration de Philippe Pétain, 23 juillet 1945

Que seriez-vous devenus sans moi? Pendant que le général de Gaulle, hors de nos frontières poursuivait la lutte, j’ai préparé les voies à la libération en conservant une France douloureuse mais vivante. A quoi, en effet, eût-il servi de libérer des ruines et des cimetières?(…) La France libérée peut changée les mots et les vocables. Elle construit, mais elle ne pourra construire utilement que sur les bases que j’ai jetées. C’est à de tels exemples que se reconnaît, en dépit des haines partisanes, la continuité de la patrie. Nul n’a le droit de l’interrompre. Pour ma part, je n’ai pensé qu’à l’union et à la réconciliation des Français (….) Je sais qu’en ce moment, si certains ont oublié, depuis que je n’exerce plus le pouvoir, ce qu’ils ont dit, écrit ou fait, des millions de français pensent à moi qui m’ont accordé leur confiance et me gardent leur fidélité. Ce n’est point à ma personne que vont l’une et l’autre, mais pour eux comme pour bien d’autres à travers le monde, je représente une tradition qui est celle de la civilisation chrétienne face aux excès de toutes les tyrannies. En me condamnant, ce sont ces millions d’hommes que vous condamnerez dans leur espérance et dans leur foi. Ainsi vous aggraverez et prolongerez la discorde de la France alors qu’elle a besoin de se retrouver et de s’aimer pou reprendre la place qu’elle tenait autrefois parmi les nations. Mais ma vie importe peu. J’ai fait à la France le don de ma personne, c’est à cette minute suprême que mon sacrifice ne doit plus être mis en doute. Si vous deviez me condamner, que ma condamnation soit la dernière et qu’aucun français ne soit plus jamais condamné, ni détenu, pour avoir obéi à son chef légitime. Mais je vous le dis à la face du monde, vous condamneriez u innocent en croyant parler au nom de la justice et c’est un innocent qui en porterait le poids.

Philippe Pétain, Déclaration à la haute cour du 23 juillet 1945, premier jour de son procès, rapporté par son avocat Jacques Isorni dans Mémoires, Robert Laffont, Paris 1984.

Questions:

1. Présentez le document

2. A quels titres et avec quels arguments Pétain se dit-il innocent de la trahison dont l est accusé?

3. Comment Pétain se place t-il par rapport à De Gaulle? De quelle idéologie se réclame t-il?

4. En quoi Pétain veut-il aller à l’encontre de la volonté gaullienne d’effacer Vichy de l’histoire officielle de la France?

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SUJET D’ETUDE: L’IMMIGRATION MAGHREBINE EN FRANCE DE 1950 A 1980

septembre 21
by Catherine Bertin 21. septembre 2011 11:18

Sujet: Comment s’organise l’immigration maghrébine en France pendant les Trente Glorieuses?

Les documents  doivent vous permettre de mettre en évidence cette immigration de travail et ensuite les conditions de travail et de vie des Maghrébins en France pendant cette période.

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Voici la correction possible que nous propose Aymane, élève de PS5

Pendant la période des Trente Glorieuses, de 1945 à 1975, la population étrangère double en France. Celle-ci a besoin de main d’œuvre étrangère , qui passe de 1,6 millions à 3,4 millions, pour se reconstruire après la guerre. Sa propre population active n’est pas suffisante du fait de son faible taux de fécondité et d’un baby boom retardé après 1945. Ces immigrés étaient d’abord venus d’Europe puis les pays du Maghreb donc d’Afrique du Nord. Comment s’organise l’immigration maghrébine pendant cette période ?

Le document 1 nous montre l’évolution de la population étrangère en France, et ses origines : dès le début du XXème siècle, de nombreux immigrés s’installent en France, mais ce mouvement s’accentue pendant la période des Trente Glorieuses : le nombre d’immigrés total double, passant de 1,7 millions d’étrangers en 1945 à 3,4 millions en 1975. Leurs origines sont diverses : en 1975, beaucoup viennent des pays frontaliers à l’Europe (comme la Belgique, l’Italie, la Pologne, l’Espagne) qui sont soumis à un régime dictatorial, comme celui de Franco en Espagne) mais aussi du Maghreb.
Le nombre d’immigrés maghrébins en France augmente de façon importante pendant les trente glorieuses, passant en 1945 de quelques milliers à plus d’1 million en 1975. Le principal pays d’origine est l’Algérie puis le Maroc et la Tunisie. Ces immigrés maghrébins représentent près d’un tiers des immigrés en 1975 et les Algériens deviennent le second groupe d’étrangers le plus important en France. Ils occupent 20% de l’immigration totale. Ce sont les anciennes colonies du Maghreb qui après le mouvement de décolonisation et le rapatriement des « Pieds Noirs » après la guerre d’indépendance de l’Algérie qui expliquent ce phénomène. Pendant cette période de forte croissance économique, la France, en quête de main d’œuvre, a favorisé la venue d’immigrés d’Afrique du Nord. On parle d’immigration économique. De plus elle permet de meilleures conditions de vie aux maghrébins que celles de leur pays d’origine, défavorisé et leur permet de nourrir la famille restée au pays.

Les immigrés maghrébins trouvent facilement du travail, car les emplois qu’ils exercent ne nécessitent pas de qualification. Ils travaillent principalement en tant qu’ouvriers spécialisés ( OS) dans le bâtiment, l’industrie, les mines, l’automobile mais sont très mal payés et comme l’illustre le document 2, dans des conditions de travail difficiles et dangereuses. Leurs conditions de vie sont souvent déplorables. Ils résident souvent dans des bidonvilles où cohabitent beaucoup d’immigrés maghrébins. Ils vivent avec une absence de confort et d’hygiène, et comme nous l’explique l’interview du document 3, le jeune qui vient d’arriver en France, loge dans une chambre « petite qui sent un mélange d’odeurs, d’humidité, l’atmosphère renfermée, la sueur des hommes ». Les bidonvilles, au nombre de 14000 à Nanterre, représentent en France le lieu de résidence de 43% des immigrés maghrébins.
Ce n’est qu’après les années 1970 que la France commence à éradiquer peu à peu les bidonvilles, réduisant leur nombre en 1970 à une centaine en banlieue parisienne, comme nous l’indique la photographie du document 4. Le document 5 lui, fait part du regroupement familial, politique qui a été mise en place après la crise pétrolière de 1973 par le nouveau président Valéry Giscard D’Estaing, permettant aux travailleurs immigrés de faire venir en France leur famille. La population est alors relogée dans de grands ensembles sociaux qui vont devenir progressivement des banlieues ghettos.

L’immigration maghrébine a beaucoup évolué en France entre 1945 et 1973, les immigrés apparaissant en grand nombre dès le début des Trente glorieuses car l’immigration est voulue par la France elle-même, alors en pleine croissance économique. Mais après le choc pétrolier de 1973 et la crise économique qui suivit, la France procéda à une politique d’immigration plus stricte : elle décida de fermer les frontières mais autorisa le regroupement familial. Tout le problème vient désormais des exigences des deux communautés. Exigeons nous une assimilation de ces immigrés et surtout de la génération qui en est issue et est née en France à notre culture ou une intégration est-elle concevable sans heurts ?

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LES MUTATIONS DES SOCIETES DEPUIS 1945

septembre 20
by Catherine Bertin 20. septembre 2011 14:44

Restons dans le premier thème d’histoire des Premières S et abordons les mutations des sociétés.

Introduction

Le chapitre portera sur la France plus particulièrement. L’industrialisation a apporté d’importantes transformations sociales et c’est l’étude de la population active qui permet de les mettre en évidence.
On appelle population active, celle qui travaille ou qui est à la recherche d’un emploi.

Problématique : Comment s’est passé le passage d’une France agricole à une société industrielle entre 1850 et 1945 ? quelles mutations dans le travail, la France a-t-elle connues ? Quelle est la place de l’immigration dans ces mutations ?

1 : D’une France agricole à une France industrielle :

       1.1 Un monde paysan qui décline :

D’une manière générale la population active a beaucoup augmenté entre 1850 et l914, la première guerre mondiale. Elle est passée de 16 millions de travailleurs à 20 millions.
Ensuite elle s’est stabilisée jusqu’en 1962 autour de ce chiffre de 19 à 20 millions. Pourquoi ? nous n’avons que des périodes de recul liées à la crise économique de 1930 ou au déficit des naissances des 2 guerres mondiales. Quand il n’y a pas recul il y a stagnation qui rend compte d’une situation économique morose.

La France a été jusqu’en 1850, une France essentiellement rurale. Elle aura quasiment 10 millions de paysans. Après 1850, ce nombre d’actifs agricoles diminue car la France s’industrialise et s’urbanise.
La baisse est modérée jusqu’en 1914 et on peut imaginer que ce sont les salariés agricoles qui diminuent en majorité. Les petits propriétaires sont toujours là.
La diminution va toucher les salariés et les exploitants après 1920 de manière continue. En 1960, il n’y a plus que 4 millions de paysans.

Le déclin du monde paysan s’explique d’abord par la mécanisation des régions les plus riches. Les paysans pauvres, les salariés sont désormais remplacés par des machines donc l’exode rural commence. Ces paysans partent à l’usine et en ville. Certains iront même dans les nouvelles entreprises du tertiaire.

C’est l’apparition d’un nouveau groupe : les ouvriers-paysans. Certains petits propriétaires gardent leurs terres mais complètent leurs revenus paysans insuffisants par du travail à domicile. Au début du 20ème siècle, les crises agricoles vont amplifier le mouvement de l’exode rural.

           1.2 Le développement de la classe ouvrière

L’industrialisation de la France provoque l’essor des emplois industriels. Ex : 4 millions d’ouvriers en 1850 et 7 millions un siècle plus tard.
Mais qui sont ces ouvriers ? des artisans, des ouvriers travaillant à domicile, des ouvriers-paysans, des mineurs, des ouvriers et ouvrières d’usines aux diverses qualifications.
Ce que l’on appelle l’OS, l’ouvrier spécialisé n’apparaît qu’après 1945, dans les grandes entreprises. Ce sont ceux qui travaillent sur les chaînes de montage appliquant le taylorisme. En fait, ils sont mal payés, mal considérés et on y trouve beaucoup d’anciens salariés agricoles, des femmes et des immigrés. Les immigrés furent de plus en plus nécessaires car les industries de la seconde révolution industrielle sont beaucoup plus vastes et ont des rendements très importants. La main-d’œuvre française est donc insuffisante.

Un nouveau monde ouvrier se met donc en place où les ouvriers spécialisés forment la base de ce prolétariat, de cette classe ouvrière qui va se défendre face au patronat avec ses syndicats, ses partis politiques, sa culture. C’est le Front Populaire aves ses grandes grèves qui va faire prendre conscience du poids que cette classe représente.
Les ouvriers vont avoir leurs quartiers dans les nouvelles villes : les périphéries, les banlieues.

Tout change à partir de 1973, avec la désindustrialisation de la France et la crise économique. Le chômage de masse apparaît et il va faire une scission dans les emplois et les revenus. Les emplois très qualifiés du secondaire et du tertiaire comme l’informatique, la finance sont toujours porteurs d’emplois et bien payés. Les emplois de la restauration, du commerce, les ouvriers sans qualification connaissent le chômage et les bas salaires. Les années 80 n’ont pas qu’accentuer ces inégalités.

          1.3: L’expansion du tertiaire

L’industrialisation n’a pas que des répercussions sur le secteur secondaire. Elle créée des emplois , de nouveaux métiers dans le secteur tertiaire.
Ex : La poste va engager des employés pour les standards téléphoniques ; les chemins de fer ont besoin de contrôleurs et de guichetiers.
L’Etat est le plus gros employeur du tertiaire car il recrute des fonctionnaires, dans les administrations , dans la santé et dans l’éducation nationale.
Les grandes entreprises elles aussi développent leurs bureaux : postes de secrétaires et gestionnaires. Les sociétés d’assurance, les banques ont de gros besoins.

A l’époque le tertiaire ne nécessite pas obligatoirement un haut niveau d’étude. Beaucoup d’emplois démarrent avec le Certificat d’Etude que l’on passe à 13 ans à la fin de la scolarité obligatoire en France.
Mais si le nombre d’employés augmente de 30 000 en moyenne par an, à partir de 1930, se distingue la catégorie supérieure du tertiaire : les cadres. Ce sont ces métiers plus qualifiés qui font le bond le plus spectaculaire après 1960.

Le secteur tertiaire est le plus féminisé. 36% de ses actifs étaient des femmes en 1896 et 42% en 1955. Les femmes sont focalisées sur les métiers de secrétaires, ou de la fonction publique comme institutrice et infirmière.

1 : Les mutations de la population active depuis 1960

      1.1 La société des trente glorieuses

Les secteurs primaire et secondaire ont beaucoup évolué et les métiers ont beaucoup changé dans les deux secteurs.
- L’évolution que l’on a décrite précédemment du déclin du secteur primaire s’explique par le rôle de l’état et de l’union européenne pendant toutes ces dernières années. C’est le rôle de la PAC, la politique agricole commune qui depuis 1962 a modernisé et soutenu financièrement les agricultures des états membres de la CEE d’abord puis de l’U.E. Cette PAC a encouragé les départs à la retraite et a défendu une agriculture moderne et productiviste.
Le travail des paysans a donc changé avec l’utilisation des machines et des nouvelles technologies. Le paysan s’intègre dans de véritables filières agro-alimentaires. Les agriculteurs ont appris à diversifier leurs activités ( ex : les tables d’hôtes).
- Le secteur secondaire a connu son maximum d’actifs ne 1975 avec plus de 8 millions d’ouvriers. Aujourd’hui ils ne sont plus que 5 millions soit 20% de la population active totale.
Il n’y a pas que la baisse du nombre. Certains métiers du secondaire ont complètement disparu comme les mineurs et avec les innovations, d’autres ont diminué comme les cheminots ou les métallurgistes.
Le secteur secondaire a aussi ses métiers qualifiés dans le domaine du transport en particulier , de la logistique car l’informatique y est importante . è le secteur secondaire s’est scindé entre les OS sans qualification qui ont toujours les emplois les plus pénibles et les ouvriers qualifiés qui sont techniciens, contremaîtres et qui encadrent les OS.

Ce sont donc les classes moyennes qui alimentent le tertiaire. C’est une classe hétérogène et aux contours assez flous.
- Nous distinguons dedans 2 millions de travailleurs indépendants, c'est-à-dire des professions libérales, des patrons de l’industrie, du commerce, de l’agro-alimentaire ou des services.
- Les artisans et les commerçants reculent , victimes de l’exode rural et du succès des hypermarchés, des grandes surfaces commerciales en général.
- Depuis les très récentes années, on a une renaissance des métiers indépendants dans les services comme la réparation à domicile, l’assistance à domicile, le coaching etc…. C’est souvent un moyen d’éviter le chômage.

La croissance étant ralentie la France doit s’adapter à la mondialisation.
L’essor des NTIC et des services aux entreprises fait que le secteur tertiaire reste le plus créateur d’emplois. Les qualifications diplômantes sont indispensables sur un marché de travail saturé.

   1.2 Féminisation, flexibilité, précarisation du travail

Depuis 1960, la montée de l’emploi féminin a permis la croissance de la population active.
- ce mouvement correspond à celui de l’émancipation de la femme, les mouvements féministes. Le taux de fécondité à beaucoup baissé puisque la femme choisit ses grossesses.
- les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes d’encadrement mais elles sont aussi les plus nombreuses dans les emplois peu qualifiés de l’industrie et des services.
- A qualification égale, elles restent moins bien payées de 10 à 30% selon les secteurs. Leur progression de carrière est aussi plus lente et on leur reproche de faire passer leur désir de grossesse, leur vie familiale devant leur vie professionnelle. Pour certains patrons, cela justifie qu’on ne leur donne pas de postes ayant autant de responsabilités que les hommes.

Les grands bassins industriels comme le Nord de la France ont connu les restructurations. Certaines usines ont fermé ou se sont reconverties en nouvelles activités souvent tertiaires d’ailleurs.
Il y a aussi des délocalisations de l’emploi. Cette nouvelle division du travail , les reconversions entraînent des licenciements et provoquent de grandes grèves. Ces phénomènes divisent les ouvriers et aboutissent à un malaise profond, avec une perte de dynamisme de l’activité syndicale ;

Le chômage a connu une forte poussée à partir des années 70 et est devenu le principal fléau de notre société. Les ouvriers sont les plus touchés car alors que le chômage touche 9% de la population active , il touche 13% des ouvriers.

Le chômage est devenu structurel, car il atteint surtout les jeunes et les seniors. On ne parle que de flexibilité de l’emploi c'est-à-dire de contrats à durée déterminée ou du travail en intérim. On a les travaux à temps partiel, les emplois temporaires en CDD. Les patrons ajustent avec ces travaux, l’emploi à leurs besoins de production. La loi sur les 35h de Martine Aubry, devait permettre un meilleur partage du travail mais il n’a pas eu tous les résultats escomptés.
Cela crée une nouvelle classe de pauvres : des salariés qui ont très peu de pouvoir d’achat, qui ont un travail précaire et qui vivent en marge de la société, finissant parfois SDF ou mangeant dans les restos du cœur. 4,3 millions de français vivent en dessous du seuil de pauvreté.

3 : Les immigrés dans la société française du 20ème siècle

3.1 : l’immigration en France jusqu’en 1975

On voit que jusqu’en 1930, la France fait appel à une main d’œuvre étrangère. Des étrangers viennent s’installer en France, ce sont les immigrés. C’est la faible croissance démographique et le faible exode rural qui jusqu’à cette époque, explique que la France n’a pas les moyens humains de sa croissance économique.

A partir de 1931 la France est touchée par la crise américaine devenue mondiale donc le gouvernement limite l’immigration et même pousse aux expulsions. L’époque est propice à la xénophobie et l’opinion publique influe sur le gouvernement.

Le creux le plus net est celui de 1946 car c’est le résultat de la politique d’exclusion du gouvernement de Vichy. En 1940, après l’armistice, une loi interdit certains emplois publics à des enfants nés de père étranger. Le régime de Vichy est antisémite et va donc s’attaquer aux juifs et plus particulièrement aux juifs étrangers qui sont déportés dans les camps d’extermination.

Entre 1960 et 1975, les chiffres repartent à la hausse car la croissance économique des Trente Glorieuses, qui se double du baby boom retardé, puis des départs des français pour la Guerre d’Algérie,manque encore de main d’œuvre. L’Etat appelle lui-même les immigrés et se charge du recrutement en signant avec de nombreux pays comme l’Espagne, le Portugal ou le Maroc des accords qui facilitent les entrées qui seront gérées par l’Office national d’immigration.

Les immigrés viennent pour travailler dans l’industrie. C'est-à-dire que ce sont des populations pauvres qui, quand ils ne sont pas salariés agricoles sont à 59% d’entre eux des mineurs ou des ouvriers métallurgistes des grands bassins industriels du Nord, de l’Est , de la région parisienne . Pendant les trente glorieuses, n’a rien changé, ce sont des emplois d’ouvriers qui sont offerts aux immigrés. C’est là qu’ils ont les postes d’OS donc les moins bien payés et les postes les plus pénibles dans les métiers du bâtiment. Dans le sud de la France, beaucoup travaillent encore comme salariés agricoles et pour ceux qui apparaissent dans le commerce, il faut imaginer les emplois de personnel de service comme les femmes de ménage.

L’immigration française est tout d’abord européenne, belge et italienne. La pauvreté, les persécutions politiques et religieuses expliquent ces arrivés. En 1889, la France avait pour une loi accordé la nationalité française à tous les enfants nés en France de parents étrangers. Finalement avant la première guerre, la France est le premier pays d’immigration et d’immigration européenne. Pendant les 30 glorieuses, les européens continuent à affluer mais leur origine a évolué : les Portugais progressent le plus suivis des Algériens, des Italiens, des Espagnols , des Marocains et des Tunisiens. Ce sont avant tout des hommes qui envoient leur argent dans leur famille restée au pays. (doc 17). Ils gardent donc leur nationalité, vivent entre eux, ont leurs propres structures associatives et continuent à parler leur langue.

Au milieu d’eux se sont mêlés des réfugiés politiques comme les Arméniens victimes d’un génocide en 1915 ou les républicains espagnols après 1936 fuyant la dictature de Franco.

                    3.2: La France ferme ses frontières

La crise économique des années 70 marque le coup d’arrêt du mouvement d’immigration en France. Le président Giscard d’Estaing encourage les retours au pays, tout en menant une politique de regroupement familial. Les familles d’immigrés s’installent et les naturalisations se multiplient. A l’immigration professionnelle succède une immigration familiale.

Cela entraîne par contre les nouvelles entrées d’immigrés clandestins et les gouvernements sont obligés de régulariser les « sans-papiers ». Ceux qui sont classés comme étant des réfugiés politiques sont toujours autorisés à rentrer.

C’est aussi après 1975 que les immigrés européens diminuent surtout avec l’extension de l’Union Européenne. Les Maghrébins deviennent les plus nombreux et des noirs d’Afrique ainsi que des asiatiques viennent s’ajouter. Le fait que beaucoup d’immigrés aient été naturalisés français expliquent le fait que le chiffre global stagne car un grand nombre sont devenus français par naturalisation ou par mariage.

La situation des immigrés devient très difficile car travaillant dans l’industrie, ils sont directement touchés par le chômage et sont les plus pauvres. EX : en 1993, tout en étant 6% des salariés, ils formaient 12% des chômeurs. Ils vivent dans des quartiers périphériques, des banlieues qui ont mal vieilli et les violences urbaines dont les pics furent en 1981 puis en 2005, sont l’illustration du malaise des jeunes en particulier.
La crise économique et la marginalisation de cette population immigrée a renforcé la poussée de l’extrême-droite en France qui est xénophobe et qui rend responsable du chômage, en particulier les immigrés maghrébins et condamnent la politique de naturalisation ou d’intégration des immigrés. Les mouvements comme SOS-Racisme répondent par des manifestations antiracistes à ces discours du front National. Doc 19

Le principal enjeu de l’immigration reste donc l’intégration. Elle s’était faite jusqu’aux années 70 et continue dans le sens où les mariages mixtes se poursuivent, où les jeunes vont dans les écoles françaises et parlent la langue . Certaines personnalités du sport, de la musique, des affaires prouvent tous les jours que cette intégration existe et qu’elle peut être réussie mais les enfants d’immigrés continuent à se heurter à de nombreuses difficultés.
ex : dernièrement le problème soulevé par les lieux de prières et par la prière des musulmans dans la rue.

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Cours d'Histoire de première

LA MONDIALISATION

septembre 20
by Catherine Bertin 20. septembre 2011 14:35

Ce thème se retrouve dans tous les programmes de terminales mais ici, il s’agit du cours que je propose à mes classes de TL ou TES.

INTRODUCTION

L’objectif de ce bloc 1 de Géographie est de montrer que l’espace mondialisé est dominé par trois grands centres d’impulsion et l’Union Européenne qui est l’un de ces trois centres sera plus spécifiquement étudié. Il faut aussi insister sur l’intensité des réseaux d’échanges qui relient ces trois centres puis montrer que le reste du monde connaît un inégal développement, lui-même très diversifié.

Pour faciliter l’étude et vérifier que les principales données sont sues avant d’analyser les documents pouvant être proposés au Bac , vérifions d’abord les unités de mesure employées communément pour étudier le développement des pays.

Le PNB ou Produit National Brut correspond aux sommes des valeurs ajoutées produites par les actifs d’une nationalité dans un pays quelconque (industries nationales + celles implantées dans le pays par des étrangers).

Le PIB ou Produit intérieur Brut qui ne prend en compte que la richesse créée par le pays.

Le PNB et le PIB sont fournis par les statistiques des Etats eux-mêmes donc sont critiquables. Pourquoi ? en Afrique par exemple, les statistiques ne sont pas fiables.

Certains pays truquent leurs statistiques pour bénéficier des aides internationales comme l’a fait la Hongrie.

L’autoconsommation n’apparaît pas. Par exemple le paysan qui cultive son champ et mange à sa faim ne génère pas de PNB ; mais celui qui vend sa production mais ne mange pas à sa faim génère du PNB.

Tous les calculs sont faits en dollars mais les cours sont variables et les calculs deviennent inexacts.

L’IDH ou Indice de Développement Humain est le meilleur indice mis en place par l’ONU car il a l’avantage de tenir compte des aspects sociaux, du taux d’alphabétisation, de l’espérance de vie, du taux de mortalité infantile et des conditions de santé.

Problématique: Que veut dire " espace mondialisé"? Qui sont les acteurs de cet espace et quels sont les lieux de la mondialisation?

1/ LA MONDIALISATION ET SES FLUX

                        1.1: Un phénomène ancien mais en pleine évolution:

Dans la langue française, le terme " mondialisation" ne date que de 1964 mais le phénomène lui-même, c'est-à-dire les liens entre les hommes, les sociétés et leurs économies à l'échelle du monde, est ancien. Ce qui est nouveau c'est que ce phénomène s'exerce dans un monde profondément inégalitaire.

· Donc la mondialisation est un d'abord un processus économique de transactions né des échanges qui se sont établis entre les divers points du globe. Mais c'est en plus le concept culturel qui correspond aux changements engendrés par ces échanges: les créations, les mélanges, les destructions….Cela aboutit à créer un espace-monde qui est un ensemble d'espaces en interaction ou un espace qui est l'environnement de tous ces espaces géographiques.

· Il faut attendre les Grandes Découvertes au 15è et 16ème siècles , (Magellan, Christophe Colomb) pour que l'interconnexion se fasse entre l'Ancien Monde et le Nouveau Monde donc que la mondialisation commence. Auparavant chaque partie de la planète a vécu sur ses différences et la diversité des langues, les distances aussi gênent les échanges.

· En fait le monde d'avant 1914, celui qui suit les révolutions industrielles est très mondialisé et peut être plus même qu'aujourd'hui puisque le capital investit par les pays riches dans les pays en développement correspond à 30% en moyenne du PIB des pays pauvres ( il n'est plus que de 20% aujourd'hui). Les exportations mondiales de marchandises sont comparables en 1914 à ce qu'elles étaient en 1970. L'immigration était aussi plus importante au début du siècle.

· La première guerre mondiale puis la grande crise de 1929 ont mis un frein et les politiques protectionnistes ont recompartimentalisé le monde.

· Dans les années 50 le terme apparaît en France et en Angleterre et à partir des années 80, les économistes multiplient les travaux sur la mondialisation.

· Dans les années 80, c'est la révolution des transports qui a donné une impulsion supplémentaire à la mondialisation: les porte-conteneurs qui ont augmenté la capacité des transports maritimes; l'invention d'internet a accéléré la circulation de l'information, des échanges entre les personnes, des commandes etc….. En plus les années 80 voit la fin des régimes communistes et le capitalisme va régner désormais en maître sur l'économie mondiale. Il faut ajouter à ce capitalisme , l'industrialisation de plusieurs pays en développement ce qui augmente le marché mondial.

              1.2 : LES FLUX DE MARCHANDISES ET DE CAPITAUX

Le commerce international s’est considérablement accru depuis le milieu du 20ème siècle et la valeur des exportations mondiales est passée à 26% du PIB mondial en 2002.

· En fait les échanges de biens et de services ont augmenté plus rapidement que la production de richesses.

· Les échanges mondiaux peuvent être structurés par type de produits : les matières
premières, les produits énergétiques, les biens alimentaires et les produits manufacturés. Le commerce de chaque catégorie de produits a son rythme propre, ce qui donne une grande instabilité des flux.
Ex : les produits agricoles connaissent des variations saisonnières ; les récessions et les crises économiques jouent ; les conflits politiques et militaires (guerre Iran-Irak) jouent sur les pays producteurs de pétrole.

La structure du commerce international par secteurs et produits s’est modifiée. Dans les échanges de marchandises , la part des produits industriels est majoritaires à 68% .

· La part des produits agricoles ne fait que décroître et ne représente que 11% des échanges. En effet les pays insolvables ou incapables d’acheter beaucoup de vivres sont nombreux. D’autres sont maintenant en autosuffisance alimentaire et d’une façon générale plus un pays se développe et plus sa demande en produits alimentaires diminue.

· Les échanges de minerais, de combustibles ne progressent plus non plus, car la demande en minerais se réduit car ils sont remplacés par le nucléaire et que les tendances sont à l’économie. Il n'y a que les flux des hydrocarbures qui se maintiennent.

Le commerce des armes qu’il soit officiel ou clandestin apparaît mal dans les statistiques.Les détournements de trafic, les ventes en seconde main ne sont pas négligeables. La clientèle est instable telle l’Egypte autrefois cliente de la Russie et maintenant cliente des pays occidentaux….

· Les principaux marchands d’armes sont ceux qui ont développé d’importants programmes de recherches et une technologie de pointe. Les USA et la Russie alimentent les 2/3 du commerce mondial et la France est au 3ème rang.

Les échanges des services augmentent plus vite que ceux des biens et font 20% de la valeur du commerce mondial. Cela s’explique par le développement du transport et du tourisme, des services technologiques, financiers et culturels.

· La révolution des transports accompagne l'augmentation de ces flux. Les équipements sont de plus en plus performants avec des gros porteurs aériens , des bateaux spécialisés, des plateformes multimodales installées dans les grands ports, dans les aéroports et près des échangeurs autoroutiers.

· Le développement généralisé des échanges cache des disparités à l’échelle mondiale. Un petit groupe de pays , ceux de l’OCDE réalisent 75% du commerce mondial. La part de l’Asie et surtout de la Chine augmente. Par contre les pays pauvres d’Afrique sont en marge.

· L’intensification des échanges est le phénomène le plus ancien et le plus classique de la mondialisation mais ce qui est nouveau est l’indépendance des échanges financiers par rapport à l’économie classique des marchandises.

Les relations internationales mettent en jeu les mouvements de capitaux. Leur étude est délicate car les secrets souvent bien gardés. Ils impliquent les opérations de crédits, d’emprunts et de placements.

Ils concernent obligatoirement les pays les plus riches et plus particulièrement les flux entre la Triade.

Les Etats-Unis sont le principal pôle d’attraction des capitaux mondiaux. Mais les américains ont consommé et investi bien plus qu’ils n’ont produit.

Le Japon s’est affirmé comme une puissance financière redoutable. Il dispose des plus importantes réserves de change du monde. Il est devenu exportateur de capitaux et premier créancier de la planète.

Le tiers-monde accueille aussi des capitaux provenant :

1) des travailleurs immigrés qui rapatrient leur épargne .

2) des firmes exploitant de nouvelles ressources pétrolières ou minières ou délocalisant leur production. Elles sont épaulées par des banques qui s’internationalisent pour suivre leurs clients.

3) d’Etats et d’organismes internationaux au titre de l’aide au développement.

on observe une prodigieuse expansion du capitalisme financier international.

è le marché mondial de l’argent fonctionne 24h sur 24. C'est la globalisation financière, puisque les frontières n'existent plus sur ce marché financier unifié à l'échelle du monde.

· Les grandes places financières sont des pôles d’attraction et de redistribution des capitaux. Elles se sont développées autour des bourses et elles peuvent être dans les grandes villes mais aussi dans des carrefours d’échanges comme les ports.

· Une dizaine de places d’envergure internationale se distinguent.
Le duel Londres / New- York domine : Londres est la place la plus complète car la plus ancienne mais New- York a le plus gros volume de transactions. La moitié de capitalisation boursière mondiale se fait à Wall Street.
Tokyo est à la 3ème place.

· Ces flux correspondent aussi à un mouvement d'investissement à l'étranger qui a connu son explosion depuis 1970. Les 3/4 des IDE vont vers les pays développés et pour le quart qui reste la Chine accueille à elle seule 1/3 de ces flux. L'Afrique est à l'écart de ce mouvement avec 1% à peine des flux.

· A côté de ces grands flux financiers se développent des flux illicites qui correspondent quand même à 15% du commerce mondial.
Ce sont les trafics de produits de contrefaçon et les flux financiers issus de la corruption, du terrorisme, du trafic de la drogue aussi.

                 1.3 : Les flux migratoires

Les migrations internationales ne revêtent pas le caractère massif des migrations internes mais en 2003 ,175 millions de personnes vivaient hors de leur pays d’origine. On estime à 1 million par an le transfert net depuis les pays d’émigration vers les pays d’immigration. C’est un phénomène qui s’est accéléré et qui maintenant se stabilise.

· Les USA demeurent de très loin le principal foyer d’immigration du monde : ils accueillent légalement et illégalement une immigration en provenance du monde entier mais d’abord de l’Asie orientale, puis des Caraïbes et de l’Amérique latine. Les immigrants contribuent pour près du quart à la croissance démographique des USA.

· Le renouveau économique de l’Europe du Nord-Ouest dans les années 50-60 a provoqué une pénurie de main d’œuvre non qualifiée. Les anciennes colonies envoyèrent de nouveaux flux et surtout les populations méditerranéennes arrivèrent en grand nombre : grecs, yougoslaves, turcs, portugais, maghrébins. Mais avec les difficultés économiques, la montée du chômage et des tensions raciales, l’Europe des années 70 s’est fermée à l’immigration et a même encouragé aux retours. Après 1990 et la chute des régimes communistes de nouveaux flux en provenance de l’Europe centrale et balkanique se sont dirigés vers l’Europe occidentale.

· Le Japon et les régions développées du sud comme Singapour et la Malaisie attirent de plus en plus.

· Les nouveaux états pétroliers du Moyen-orient brutalement enrichis par la flambée des prix du pétrole au début des années 70 sont devenus des pays d’immigration, d’autant plus qu’ils étaient vides d’hommes. Les immigrés y sont venus des pays arabes voisins puis d’Asie du sud (Pakistan, Inde, Philippines). 4 à 5 millions d’étrangers formeraient encore actuellement la moitié de la population active. Mais la chute des revenus tirés du pétrole, les difficultés financières de certains pays producteurs, les problèmes religieux ont provoqué un gel de l’immigration et quelquefois des expulsions.

· En Afrique noire, les puissances coloniales avaient pratiqué une politique de frontières ouvertes mais actuellement les migrations africaines ont un caractère temporaire. Elles partent des zones rurales enclavées ou à faible revenu vers les états côtiers les plus prospères, et en particulier la Côte d’Ivoire, le Nigéria et l’Union Sud-Africaine. La rotation des migrants est considérable.

80% des migrants se dirigent vers les pays riches et 20% vers le Sud. La plupart viennent des régions les moins développées à forte pression démographique et affluent vers les grandes villes des pays d’accueil.

· La cause majeure des départs sont les difficultés économiques et financières : des salaires plus attractifs ; les pays riches attirent les « cerveaux ». De nombreux immigrés envoient des subsides à leur famille.

· Les causes sont aussi politiques : les guerres, les persécutions ont provoqué une amplification du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés politiques (environ 20 millions). Ces migrations peuvent prendre un caractère tragique car elles s’accompagnent d’une effroyable mortalité pendant le trajet et d’une concentration des populations dans des camps intérieurs qui ne bénéficient que de l’aide des ONG.

· Le gel de l’immigration par de nombreux états a renforcé le phénomène de l’immigration clandestine qui est estimée à 15 millions de personnes dans le monde.
Aux migrations de travail il faut ajouter des migrations saisonnières qui sont les migrations touristiques. La plupart des touristes recherchent fondamentalement le repos, les loisirs, le dépaysement . Ceci explique que le tourisme balnéaire soit le plus florissant de tous.

· Les voyages sont une découverte de paysages ( fjords norvégiens, canyon du Colorado…)ou de hauts lieux du patrimoine culturel ( musées, monuments). Par exemple de Centre Georges Pompidou reçoit plus de 8 millions de visiteurs chaque année et la Tour Eiffel, 4 millions.

· Le tourisme culturel est aussi axé sur les grands festivals comme Avignon ou les concerts comme Bayreuth. Cette minorité de migrants est grandissante.

· Le tourisme religieux n’est pas négligeable : Rome, Lourdes, St Jacques de Compostelle, la Terre sainte , le pèlerinage à la Mecque.

· Il existe aussi un tourisme d’affaires et de congrès comme à cannes, un tourisme thermal et de remise en forme, un tourisme sportif comme les rallyes, les plongées sous-marines , un tourisme spécifiquement exotique comme aux Seychelles ou en Polynésie.

L’Europe est de loin le premier continent émetteur et récepteur de touristes. C’est aussi celui qui dispose des villes de congrès les plus fréquentées. L’Amérique du Nord prend le second rang. La fréquentation touristique est le privilège des pays riches.

· La Méditerranée est la grande plage de l’Europe avec l’Espagne, l’Italie , la Grèce et la France qui sont les géants du tourisme mondial.

· La méditerranée américaine dont les 3 S (Sun, Sea, Sand) sont les supports se retrouve en Floride « l’Etat du soleil » avec ses plages et ses parcs d’attraction comme celui de Walt Disney.

· Petites et grandes Antilles offrent une multitude de stations plus modestes mais aussi des ports d’escales pour les croisières.

On est passé d’un tourisme aristocratique à un tourisme de masse mais les mouvements touristiques restent l’apanage de pays et de classes privilégiées. Le tourisme exige des équipements coûteux, un système de transport supplémentaire, une organisation planifiée.

· Les espaces touristiques sont de plus en plus uniformisés : hôtels de prestige, promiscuité des villages de tentes et de bungalows, casinos, galeries marchandes, banques et agences, salles de spectacle, boîtes de nuit….

· Les contacts entre les touristes et la société qui les accueille sont souvent réduits. Les flux touristiques organisés par les agences privées , les tours-operators des pays développés créent de véritables ghettos touristiques qui font ressentir les différentes conditions de vie entre les pays développés et celles du tiers-monde et dévalorisent les cultures indigènes .

2/ LES ESPACES ET LES LIEUX DE LA MONDIALISATION

        2.1 : La Triade organise la mondialisation

Les 3 centres d’impulsion majeurs, USA, Europe, Japon forment la Triade et ont le rôle moteur dans le fonctionnement de la planète. Elle représente 20% de la population mondiale et possède 81% du PIB mondial, 86% de la capitalisation boursière, 85% de la recherche et 80% des IDE. ; La Triade a donc une position d'oligopole car les effets de cette domination confortent toujours un peu plus sa situation dominatrice.

· Mais les Etats-Unis sont le pôle le plus puissant .La domination américaine se retrouve dans les domaines politique, militaire, financier, économique et technologique. Les USA disposent à eux seuls de 32% du revenu brut mondial. Leur capacité d’intervention militaire et le rôle joué par le dollar lui assurent une hégémonie.

· l’Europe est le pôle le plus actif.L’Union européenne est le pôle le plus actif et contrôle 27% du revenu brut mondial. La France et le Royaume-Uni ont une influence politique et culturelle mondiale mais l’Union européenne manque de cohésion car elle est fragmentée en 27 états aux niveaux socio-économiques très différents et l’Union Européenne n’a pas de pouvoir politique au niveau international.

· le Japon est un modèle de réussite financière et technologique.La réussite du Japon fut fulgurante après 1945 et ce pays rassemble 13,5% du revenu brut mensuel alors que le pays est petit et sans ressources naturelles. Ce pôle n’est qu’un géant économique car il ne représente rien au niveau politique et militaire et n’a même pas de siège permanent à l’ONU. Depuis 1991 le miracle économique s’essouffle de plus.

La triade contrôle 80% des flux mais les échanges s’effectuent principalement entre les 3 pôles qui la constituent.

· Ces échanges internes n’excluent pas une forte concurrence entre les 3 pôles. Chacun défend sa culture, ses valeurs, ses particularismes et possède son aire d’influence privilégiée. Les USA ont intégré à l’ALENA depuis 1992, le Canada et le Mexique dans une zone de libre-échange. L’aire d’influence américaine se prolonge sur l’Amérique latine. Le Japon lui, a développé d’intenses relations économiques et financières en Asie orientale avec comme partenaires essentiels la Chine et la Corée du sud. L’Union Européenne s’est élargie à 25 états par l’intégration de l’Europe centrale et orientale et entretient aussi des relations privilégiées avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

· Seul le BRIC, le groupe formé par le Brésil, la Russie, L'Inde et la Chine essaye de contrebalancer la puissance des échanges de la triade.

2.2 : Les métropoles sont des lieux moteurs:

La mondialisation modifie l’organisation de l’espace mondial. Elle augmente le poids et le rôle des villes et en particulier les très grandes villes de plusieurs millions d’habitants. C’est ce qui donne le phénomène de métropolisation c’est à dire la concentration des activités et des populations dans quelques villes qui exercent les fonctions de commandement à l’échelle d’une région ou d’un pays.

· En 2003, 350 agglomérations dépassent 1 million d’habitants et 55 dépassent les 5 millions d’habitants. Près de la moitié de la population mondiale est donc constituée de citadins.

· La multiplication des échanges et des réseaux de transport ont permis aux villes qui sont des nœuds de communication, de regrouper les fonctions économiques et de devenir les villes métropoles.

· Les villes mondiales sont donc des agglomérations qui détiennent les principaux pouvoirs politiques, économiques et financiers : les sièges des grandes sociaux ; la bourse ; les grandes banques ; les centres de recherche ; la création culturelle ; les sièges des grands journaux… C’est là aussi que les emplois sont les plus productifs.

· Une hiérarchie de ces villes s'est rapidement imposée: au plus haut niveau, les 4 villes globales car leur influence est à l'échelle de la planète (New-York, Paris, Londres et Tokyo). En dessous, on trouve des villes qui ont aussi une influence mondiale et qui essaye de rivaliser avec les 4 premières comme Toronto, Los Angeles ou Francfort. Ces villes du deuxième niveau appartiennent au pays de la Triade mais pas toujours. Elles peuvent être des villes des pays émergents comme c'est le cas pour Hong-Kong ou Singapour. Le troisième niveau regroupe des métropoles qui exercent une influence régionale et qui servent de relais aux métropoles des niveaux au-dessus.

Les métropoles , avec la mondialisation, ont fini par fonctionner en réseaux entre elles. Les flux internationaux et intercontinentaux s’effectuent entre les mégalopoles et organisent un système de villes hiérarchisé qui dirige le monde : l’archipel métropolitain mondial.

· les flux existent entre les métropoles ; d’autres se dirigent vers des espaces commandés par les métropoles et créés en dehors d’elles. En plus une multitude de flux animent l’intérieur des mégalopoles.

· Les trois principales mégalopoles sont localisées dans les espaces de la Triade avec , à l’intérieur les 4 villes mondiales (New-York, Londres, Paris, Tokyo) : la Mégalopolis du Nord-Est des Etats-Unis est le principal foyer de la mondialisation. La mégalopole européenne qui va de Manchester jusqu’à Gênes est un ensemble transfrontalier qui manque d’unité. La mégalopole japonaise ne dispose pas de pouvoir de décision politique majeur. Ces trois espaces forment l'oligopole mondial ou l'archipel métropolitain mondial car ils concentrent les pouvoirs politiques, économiques et financiers de la planète. Un seul ordre de grandeur: une seule de ces trois mégalopoles a une richesse supérieure à celle de l'Inde et de la Chine réunies.

· De nouvelles mégalopoles se forment : Buenos Aires à Sao Paulo en Amérique latine, de Séoul à Canton en Asie.

Les métropoles des pays riches ont évolué dans leur structure et se sont tertiarisées car les usines des secteurs traditionnels ont fermé ou se sont délocalisées au profit d’activités tertiaires de haut niveau.

· Les activités tertiaires se sont concentrées dans les centres villes d’où l’architecture verticale des CBD (Central Business District). Les CBD des villes et les centres historiques en Europe étant souvent saturés , de nouveaux centres situés sur les axes de communication, si possible près d’un aéroport se créent à la périphérie des villes. Ce polycentrisme va de pair avec la périurbanisation.

· Dans les métropoles des pays en développement , on retrouve la concentration des activités tertiaires mais aussi une industrialisation importante et de forts contrastes entre les classes moyennes ou supérieures et la majorité des habitants pauvres affrontant les problèmes de logement, d’emplois de ravitaillement en eau et en électricité. C’est une ségrégation spatiale qui reflète ces contrastes. L'habitat représente cette ségrégation spatiale. Les métropoles du sud sont le contact avec le monde car elles sont les portes d'entrée des capitaux et des touristes et qu'elles sont souvent la dernière étape des émigrants avant le grand départ.

      2.3: Les autres lieux intégrés à la mondialisation

La libéralisation des échanges et la baisse des droits de douane touchent les espaces frontaliers. Toutes les interfaces, donc zones de rencontre sont de nouveaux lieux de la mondialisation.

o L'interface frontalière la plus dynamique est la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis car une première puissance économique cohabite avec un pays sous développé. Le différentiel économique permet la mise en place des maquiladoras. Même si cela est moins intéressant par rapport au coût de la main d'œuvre, on retrouve cette frontière interface entre le Canada et les Etats-Unis au Nord-Est avec les twin cityes.

o Du côté européen c'est l'interface méditerranéenne qui est en train d'émerger surtout depuis la signature en juillet 2008 de l'accord pour la Méditerranée.

o Les façades maritimes sont globalement des espaces privilégiés ou des interfaces du fait de la concentration de la population sur les littoraux et du développement économique de ces littoraux. C'est le cas de la Northern Range, de la façade atlantique des Etats-Unis ou de la l'Asie orientale. La mer est devenue un enjeu de la mondialisation depuis la conférence de Montego Bay en 82 qui a défini les ZEE qui permettent à un état de bénéficier d'un droit exclusif d'exploitation économique à 200 miles ( 370km) des côtes. De plus le transport maritime étant le moins cher, il assure les 2/3 des échanges mondiaux. La flotte mondiale s'est étendue au profit de NPIA et de pavillons de complaisance du Libéria ou du Panama.

En dehors des interfaces, il faut ajouter des lieux qui ont des atouts spécifiques.

o Les entreprises ont d'autre part cherché à payer moins d'impôts ou à limiter leurs charges sociales, ou à augmenter la durée d'utilisation de leurs équipements. Pour cela elles se tournent vers des pays qui dérogent à certaines règles jugées trop contraignantes. Les zones franches d'exportation ont été mise à profit par les sociétés transnationales pour utiliser une main d'œuvre bon marché. Elles ont eu des effets positifs dans les pays d'accueil comme Maurice par la création d'emplois, l'élévation du niveau de vie, l'industrialisation mais ces zones ne sont spécialisées que dans la sous-traitance donc n'offrent pas de vrai développement pour l'avenir.

Pour finir, la mondialisation financière a permis le développement de d'enclaves de tolérance où les entreprises n'ont pas à payer de taxes, d'impôts ou de droits de succession. Ces paradis fiscaux peuvent être des places financières connues comme la Suisse ou le Luxembourg. Les nouveaux sont carrément des "places off-shore", hors du continent sur des îles , comme l'île de Man entre l'Angleterre et l'Irlande, les îles Caïmans et les Bahamas aux Antilles.

3:LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION :

3.1: LES ENTREPRISES AU CŒUR D'UNE PRODUCTION GLOBALE:

+ Carte sur les 100 premières firmes transnationales dans le monde

Les Firmes transnationales sont les premiers agents de la mondialisation car leur stratégie consiste à exploiter les écarts des conditions de production et de commercialisation qui existent d'un pays à l'autres.

· Les FTN ont des chiffres d'affaires qui sont souvent supérieurs au PIB de certains pays. Il s'agit évidemment des pays en voie de développement. Les 500 premières réalisent plus de 80% du volume mondial des investissements directs à l'étranger et les 100 premières représentent 20% du PIB mondial.

· On voit que les firmes sont américaines, européennes ou Japonaises et qu'elles dominent l'économie mondiale. Elles contribuent à la production de richesses, elles diffusent le capitalisme et accentuent la mondialisation. A elles seules elles réalisent les 2/3 du commerce mondial.

On voit bien que les plus grandes firmes sont originaires des pays du Nord et qu'elles opèrent dans le monde entier. On en compte 70 000 qui s'appuient sur un réseau d'environ 700 000 filiales. Elles font intervenir d'autres sociétés qui remplissent , en sous-traitance, certaines de leurs fonctions. Exemple de Sony p.31

La firme multinationale est aussi transnationale car elle développe des caractères qui sont propres à son pays d'origine.

Doc. Carte firme transnationale Carrefour en Chine p.27

Quels sont les aspects qui fondent le caractère transnational de la firme Carrefour?

· Les activités de commandement, le siège social se trouvent en France mais les établissements de production sont délocalisés dans des pays qui présentent des avantages en terme de coût de main d'œuvre, ou de fiscalité ( paradis fiscal) ou de compétences ou même de stabilité politique.

· C'est ainsi qu'en dispersant ses fonctions de production, de recherche et développement , une grande firme comme Michelin ou Carrefour se connecte à des industries de moyenne ou petite taille , dans d'autres pays et connecte la production locale à la mondialisation. Elle participe à l'intégration économique mondiale de ces territoires.

Quelle place les pays émergents tiennent-ils dans la hiérarchie des firmes transnationales. Quels facteurs rendent compte de cette montée en puissance?

Dans quels secteurs d'activité rencontre t'on les FTN?

Les pays émergents ont besoin aussi de trouver leur place dans ce réseau des FMN.

· Les territoires sont en compétition: les fTN effectuent un choix économique et territorial permanent pour augmenter leurs profits et leurs parts de marché. Les décisions en matière de localisation conduisent à une vive concurrence à toutes les échelles spatiales qui s'explique par les emplois en jeu et les rentrées fiscales escomptées. Des recompositions territoriales se produisent , selon que les usines, se créent ou se délocalisent.

· Bien que les firmes envisagent leur production à l'échelle mondiale et écoulent plus de 50% de leur production à l'étranger, l'ancrage avec le pays d'origine reste encore très fort. En effet, c'est au cœur des PID que travaille la majorité des salariés et que les opérations les plus sophistiquées sont menées, du management à la conception et réalisation des produits à très haute valeur ajoutée. Néanmoins la montée des puissances émergentes comme la Chine ou l'Inde bouleverse la donne et développant de nouveaux centres décisionnels, de recherche et de design.

     3.2: Les Etats sont les régulateurs de la mondialisation:

Dans quel cadre, quelle organisation s'effectuent les négociations commerciales?

La plupart des organisations internationales impliquées dans la mondialisation sont nées après la seconde guerre mondiale, à l'initiative des Etats-Unis pour promouvoir le libre-échange.

· La mondialisation se développe grâce à la libéralisation des échanges qu'entreprennent les responsables politiques des états capitalistes dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. L'OMC date de 1995 et réglemente le commerce mondial en favorisant les négociations entre les états et en instaurant des normes techniques et juridiques au niveau international. Actuellement 151 pays en font parties et elle a son siège permanent à Genève avec une cour de justice.

· Le fonds monétaire international et la banque mondiale, influencés par les Etats-Unis, aident au financement des économies en difficulté. Enfin, l'organisation des nations unies et ses agences tendent à préserver la paix et favoriser le développement.

· S'ajoutent des forums de discussion plus ou moins informels initiés par les pays les plus riches comme le G8 .

Le G8 est né en 1975 d'une initiative du président Valéry Giscard d'Estaing qui avait réuni les 5 pays les plus riches ( Etats-Unis, RFA, Japon, Royaume-Uni et France) pour empêcher une trop grande fluctuation des monnaies. L'Italie et le Canada sont venus s'y ajouter par la suite puis depuis 97, la Russie.

Comment évolue la protection tarifaire aux frontières?

Avec la mondialisation de la production industrielle, les entreprises réalisent des investissements qui ignorent les frontières. Afin d'orienter les investisseurs, des organismes évaluent l'attractivité économique , sociale et politique des pays. Les états semblent ainsi dépendre de décisions qui leur échappent, d'analyses financières formulées par des spécialistes des grandes puissances économiques.

Donc avec le développement du libéralisme et la diffusion de l'économie de marché dans le monde, l'intervention de l'état tend à se réduire.

Les Etats seuls perdent leur influence ou leur marge de manœuvre. Par contre ils retrouvent du poids lorsqu'ils sont regroupés dans des alliances régionales économiques.

Quelles régions du monde n'arrivent pas à se doter d'organisations régionales fonctionnelles? Pour quelles raisons?

Aujourd'hui 40% des échanges s'effectuent dans le cadre d'accords préférentiels entre deux pays signataires. D'autre part, des organisations régionales se multiplient, sur le modèle de l'Union européenne. Elles favorisent l'intégration régionale entre différentes économies et sociétés d'un même ensemble continental. Les flux commerciaux et d'investissement se développent ainsi dans l'Alena, la zone de libre-échange de l'Amérique du Nord. L'intégration européenne très poussée se traduit par des politiques économiques et monétaires communes.

    3.3: LES AUTRES RESEAUX D’ACTEURS

Quel problème pose le processus de mondialisation à la souveraineté nationale?

Un mouvement altermondialiste s'est développé qui dénonce les conséquences de la mondialisation en particulier sur la fracture sociale entre riches et pauvres.

· Les organisations non gouvernementales ( ONG) collectent et redistribuent des fonds

· dans le monde entier, essentiellement pour l'action humanitaire ( croix rouge, médecins du monde…) ou en faveur du développement durable et de l'environnement ( Greenpeace, WWF). Mais en dépit de leur rôle consultatif et de leur influence sur l'opinion publique, ces ONG ne disposent pas de moyens d'action contraignants et n'ont qu'un impact limité sur la régulation de la mondialisation.

· Qui participe à ce forum social?

· Quelles accusations sont portées contre la mondialisation

· Les altermondialistes souhaitent une " mondialisation autrement", moins libérale, plus contrôlée et plus équitable en faveur des pays du sud. Leurs tribunes d'expression privilégiées sont le G22, des mouvements en réseaux tels qu'ATTAC ou encore le forum social mondial réuni à Nairobi en 2007, en réponse au Forum économique qui se réunit annuellement à Davos en Suisse.

A tous ces acteurs il faut ajouter le rôle des communautés elles-mêmes et celui des mafias. Le crime organisé s'est lui aussi mondialisé.

· Implantés dans les grandes villes au sein de territoires communautaires comme les "chinatowns", les émigrés des diasporas conservent des liens avec leur pays d'origine. Ces communautés transnationales fonctionnent alors en réseaux, tels les 40 millions de chinois d'outre-mer.

· Enfin les réseaux illégaux et criminels, profiteurs et acteurs de la mondialisation, façonnent "l'antimonde". Parmi les grands organismes mafieux figurent la Mafia et la Camorra italiennes, al Cosa nostra étatusienne, les triades chinoises ou encore les Yakuzas japonais. Leurs revenus viennent de la drogue, du trafic d'armes, des contrebandes diverses, de la prostitution, des productions de contrefaçon, de piratages de musique et de films.

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Cours de géographie de terminale

FICHE RESUME DU CHAPITRE CROISSANCE ET MONDIALISATION DEPUIS 1850

septembre 04
by Catherine Bertin 4. septembre 2011 11:13

Problématique: quels sont les moteurs, les acteurs et les effets de cette croissance exceptionnelle? Comment l’économie mondiale évolue t-elle entre périodes de forte croissance et périodes de crises? comment les hommes pensent-ils cette nouvelle économie?

1: La croissance et les crises de 1850 à 1945:

          1.1: Les moteurs et les effets de la croissance

Les révolutions industrielles du 19ème siècle porte sur des secteurs-clés:

¨1)Le coton est le premier support de la révolution industrielle. La matière première est peu coûteuse et le tissu est résistant. ¨Pour une production plus grande il faudra de grandes unités de production : c’est le « factory system » comme à Manchester.- Filatures mécaniques-
Donc grâce à des prix compétitifs, les britanniques exportent leurs cotonnades dans toute l’Europe.

Le charbon devient alors «  le pain de l’industrie ». C’est la matière première pour les machines à vapeur .  Ainsi la sidérurgie et la métallurgie prennent le relais du textile vers 1850. Ainsi l’Allemagne met en valeur ses vastes gisements, notamment dans la Ruhr.

¨L’industrialisation est relancée à partir de 188O par une série d’innovations:

¨La fée électricité est l’innovation majeure de l’exposition universelle de 1881 à Paris. Elle permet de fournir une énergie et un éclairage continus. L’électrochimie et l’électrométallurgie fondent de nouvelles industries. Même la vie quotidienne est modifiée. Aux Etats-Unis Edison fonde la General Electric Company véritable multinationale.

¨Les nouveaux matériaux favorisent l’essor de la chimie : Le système Bessemer convertit la fonte en acier. La chimie est un secteur porteur d’innovations: le nylon, la celluloid, l’industrie pharmaceutique, l’appertisation , la congélation et la lyophilisation des aliments.

¨Daimler fait mouvoir un véhicule avec un moteur à explosion en 1885 et commence l’ère de l’automobile, tandis que les frères Wright inaugurent le premier vol en biplan en 1903, débutant l’ère de l’aéronautique. ¨Les véhicules se standardisent avec la Ford T d’Henri Ford.

2)Le rôle des moyens de communications avec le chemin de fer qui stimule les échanges entre les régions. Le réseau domine en Europe occidentale, aux Etats-Unis et en Russie

¨Les liaisons interocéaniques s’accroissent également avec par exemple l’ouverture du canal de Suez (1869) puis celui de Panama (1914). + liaisons transmanche et transatlantique.

3) Le financement de l’industrie nécessite de gros capitaux è les sociétés anonymes + le rôle des banques

¨Le développement de la machine impose des activités dans des locaux vastes et un fonctionnement continu. C’est la concentration industrielle.

¨L’avantage est celui d’ouvriers hautement qualifiés et le côté négatif est la présence d’une main-d’œuvre féminine et enfantine sous payée.

¨Puis la concentration des entreprises devient nécessaire pour regrouper plus de capitaux, pour augmenter les capacités de production.

¨Les firmes naissent par absorption ou fusion de sociétés.

¨La concentration peut être verticale ou horizontale.

¨C’est aux USA et en Allemagne avec les konzerns que le mouvement prend le plus d’ampleur. Le regroupement des sociétés permet à quelques trusts de monopoliser tout un secteur.

¨En Europe on préfère les cartels qui sont des ententes réalisées entre des entreprises d’une même branche pour limiter ou supprimer la concurrence.

¨le machinisme a un coût important et la taille croissante des entreprises nécessite des capitaux de plus en plus importants. Le développement des réseaux ferrés est également coûteux , il faut faire appel à l’épargne privée et au rôle de l’état.

¨Les banques d’affaires (Rothschild) placent leurs fonds propres et investissent à haut risque en spéculant sur les cours de la bourse .

¨les banques de dépôts gèrent l’épargne des particuliers et effectuent des prêts. Ex: Crédit foncier ou le Crédit Lyonnais.

¨Aux entreprises familiales succèdent les sociétés anonymes dont le capital est constitué par l’émission d’actions, d’obligations qui sont échangées en bourse.

¨Les bourses connaissent des flambées spéculatives chroniques en 1875, 1929.

¨La masse monétaire augmente pour répondre à la croissance de l’activité : plus d’extraction de métaux précieux; les monnaies fiduciaire (billets) et scripturale ( chèques) se développent.

¨Ces moyens de paiement sont contrôlés par une banque centrale. La banque de France . Jusqu’en 1914, il y a une réelle stabilité monétaire basée sur l’or.

4)La recherche de meilleurs rendements suscite dès 1880 une nouvelle conception du travail.

¨Le vrai bouleversement naît de l’application des méthodes de l’américain Frédérick Taylor. Ingénieur d’une grande entreprise sidérurgique, il décompose le geste de l’ouvrier et l’emploi de son outil afin de mesurer chaque opération. C’est le passage au travail chronométré.

¨Henri Ford va mettre en œuvre dans l’automobile une série d’innovations salariales et productives. H.Ford a testé ceci sur la Ford T qui est un modèle unique pour lequel les pièces sont fabriquées en grande série à Détroit.

¨L’idée de Ford est d’apporter le travail à l’ouvrier au lieu d’amener l’ouvrier au travail ce qui explique la mise en place des chaînes de montage. Il faut ensuite décomposer le travail en une multitude de gestes simples dont on calcule le temps.

¨L’aspect positif est un remplacement facile de la main d’œuvre en raison de l’absence de qualification nécessaire et une stabilité de la main d’œuvre.

¨L’aspect négatif du travail à la chaîne est une main d’œuvre soumise à des cadences infernales malgré la réduction du temps de travail. + un travail aliénant, répétitif et peu intéressant

¨  Ford a eu une politique salariale originale : il a augmenté le salaire journalier tout en réduisant le temps de travail. L’objectif est d’augmenter le pouvoir d’achat des ouvriers et d’écouler sa production.

        1.2: Les effets de la croissance

-C’est l’Europe qui domine le monde au 19ème siècle. Les pays européens sont d’abord les banquiers du monde

L’industrialisation a déclenché l’urbanisation. 3 facteurs créent les villes: l'accroissement démographique + l’exode rural + les migrations internationales.

Plusieurs types de villes se développent: villes champignons des pays noirs + villes portuaires dynamisées par les échanges + métropoles internationales.

Les villes connaissent une concentration horizontale avec une périurbanisation et une concentration verticale avec les immeubles.

Le nouvel urbanisme met en place une ségrégation sociale .

Globalement l’Europe sort du sous-développement et la vie s’améliore avec les biens de consommation et l’accès aux loisirs.

Les inégalités sociales se retrouvent devant la mort, devant l’éducation et dans la pauvreté urbaine
==> la logique capitaliste creuse les écarts de richesse.

       1.3: La croissance connait des inégalités et des crises

¨La croissance est globalement importante pendant toute la période de l'ordre de 1à 2% par an. Le PIB des Etats-Unis quintuple!

¨des fluctuations: De 1850 à 1873: c'est une forte expansion (or, voies ferrées, libre échange) De 1873 à 1896: c'est la crise liée à la crise de la bourse de Vienne. De 1896 à 1929: la croissance est soutenue è 1930 la crise américaine plonge le monde dans la dépression jusqu’à la seconde guerre.

¨Quels sont les facteurs qui stimulent la croissance?

¨Les productions sont de plus en plus diversifiées. Avec ces gains de productivité, les prix peuvent baisser et les consommateurs ont accès à des gammes plus larges.

¨Un nouveau réseau de distribution s’y adapte: les grands magasins

¨Dans les campagnes reculées c'est la vente par correspondance.

¨Nouveaux moyens de transporter plus grande circulation des marchandises et des échanges internationaux vers la mondialisation

¨l'urbanisation galopante engendre des grands travaux.

¨Les découvertes de nouveaux gisements d'or

¨La publicité devient très importante.

¨On peut définir des périodes ou des cycles économiques de deux manières principales:

¨Les cycles longs de 50 à 60 ans composés d'une phase A, d'expansion rapide interrompue par une crise et suivie d'une phase B de croissance ralentie.

¨Le français Juglar préfère voir dans ces cycles, des cycles courts: 7 à 11 ans, composés de croissance, de crise, de dépression et de reprise. Seuls les pays forts résistent.

¨Dans le cadre du développement du libre-échange et du capitalisme, l'Etat intervient le moins possible surtout avant 1914.

¨l'état se contente de protéger les productions nationales en faisant du protectionnisme.

¨l'Etat se contente de prendre en charge les investissements les plus lourds comme les travaux d'aménagement urbains.

¨La première guerre mondiale va imposer l'interventionnisme.

¨Puis la crise de 1930 ralentit l'activité et multiplie le nombre de chômeurs à indemniser. Donc l'état mène une politique de grands travaux et un programme de nationalisations.

¨Les années 20 sont des années folles car elles donnent une image de prospérité alors qu’en réalité les années 20 sont marquées par des déséquilibres croissants et par des problèmes monétaires.

¨la modernisation a provoqué un endettement des agriculteurs.

¨la surproduction devient une tendance chronique qui entraîne la baisse des prix et la constitution de stocks.

¨dans l’industrie, les secteurs de la première révolution industrielle comme le coton et la sidérurgie connaissent des difficultés dues à la concurrence et à la saturation des marchés.

¨Les tensions monétaires s’amplifient suite à la première guerre mondiale: L’inflation ronge les économies européennes et les dévaluations se multiplient+le surendettement de l’Allemagne qui paye les réparations. + la rivalité dollar/ livre fragilise le système monétaire mondial.

¨La spéculation boursière prend trop d’ampleur.

¨Le krach de Wall Street ou «  jeudi noir »: Les banques américaines ont accordé trop de crédits aux consommateurs +la spéculation boursière est devenue incontrôlable.

¨Crise boursière==>crise financière et bancaire==>rapatriement des capitaux étrangers et arrêt des prêts aux industriels ==> crise industrielle avec fermeture d’usines et arrêt du commerce international ==> crise sociale avec le chômage et la misère.

2: Les phases de la croissance depuis 1945

               2.1: Les trente glorieuses

sujet d’étude

               2.2: Le choc des années 70

Le système de Bretton Woods , système monétaire mis en place en 44 n’est plus viable. Les pays exportateurs de pétrole ont pris leur destin en main en créant l’OPEP.

-choc pétrolier en 1973 repris par un autre en 1979 avec une forte hausse du prix du pétrole.
La production industrielle chute , les prix s’envolent, l’inflation est galopante et le chômage apparait.

Les PID ont des balances commerciales déficitaires.

En 1971 le président américain Nixon déclenche une crise monétaire en dévaluant le dollar et rompt la stabilité monétaire. La spéculation monétaire internationale repart.
Pour protéger Wall Street un deuxième marché de 5OOO sociétés de nouvelles technologies, voit le jour: le NASDAQ.

Les crises boursières s’enchainent: 1987, 1991, 1997, 2001, 2007…

Le chômage structurel de masse touche 9% de la population active.

                2.3: Les nouvelles économies

Les économistes se détournent des politiques keynésiennes et de la seule initiative privée.

Le néolibéralisme de Thatcher et de Reagan défend l’économie de l’offre.

Ces politiques de libéralisation expliquent l’explosion des IDE en direction des PID mais aussi des PED. Les capitaux circulent sur toute la planète. C’est la globalisation financière.

Cela provoque une nouvelle hiérarchie des puissances: les pays rentiers du pétrole, les NPIA et les pays émergents. La Chine devient la 2ème puissance mondiale et est originale avec son économie socialiste de marché.

Les écarts se creusent entre pays riches et pays pauvres. Les PMA connaissent encore de vraies crises alimentaires.

3: Les idéologies sont liées au capitalisme et à la mondialisation

          3.1: Le libéralisme défend le capitalisme

Le libéralisme est né en Angleterre au 18ème et a triomphé aux Etats-Unis au 19ème siècle.

Il affirme que la loi du marché , grâce à la concurrence assure le succès des entreprises les plus performantes.

liberté totale du commerce + recherche du profit.

Même face aux crises, il faut « laisser faire » et éviter toute intervention de l’état.

Dans les années 1930, le britannique Keynes dénoncera les failles de la doctrine libérale mais y restera favorable.

Il propose un contrôle de l’initiative individuelle afin de garantir l’harmonie sociale.

          3.2: Le socialisme combat le capitalisme

Les socialistes se révoltent contre la misère ouvrière issue du capitalisme.

Les premiers socialistes sont utopistes car leur société est idéale.

Les anarchistes comme Proudhon veulent abolir l’état , la propriété privée.

Ils réclament une grève générale et les syndicats pourraient devenir la base d’une société sans état. ==> anarcho-syndicalisme qui va jusqu’à la violence.

Le socialisme scientifique ou marxisme de karl Marx et Engels. 1848: parution du manifeste du parti communiste.

Pour eux la production capitaliste repose sur l’exploitation de la classe des prolétaires par la classe des bourgeois.

Le marxisme exige une révolution suivie d’une dictature du prolétariat pour aboutir à une société communiste sans classes sociales.

Pour faire la révolution les ouvriers doivent créer un parti révolutionnaire. ==> 1864 la fondation à Londres de la 1ère internationale des travailleurs. Puis une deuxième en 1889.

Les socialistes français réunis en SFIO derrière Jean Jaurès préfèrent une transformation de la société par des réformes ==> rupture de 1919 entre les communistes de la IIIème Internationale et les socialistes.

Les ouvriers se rapprochent surtout des syndicats.

Le 1er mai 1890 sera la première fête internationale du travail et va montrer le poids que les ouvriers représentent quand ils manifestent.

Le syndicalisme prendra 2 voies: 1) les Trade Unions britanniques ou américains qui militent pour des améliorations concrètes.
2) la CGT , syndicat révolutionnaire qui appelle à la grève générale pour abattre le système capitaliste.

         3.3: L’altermondialisme marque un tournant au 19ème siècle

- Des 1990, la contestation se radicalise dans la société occidentale. Des associations naissent contre la spéculation financière ( ATTAC) , pour défendre l’environnement….

Contestation qui se structure en forums sociaux.

Les ONG se battent avec des moyens importants comme les médias et la publicité.

le commerce équitable garantit le respect des droits fondamentaux et encourage les productions qui respectent l’environnement.

En 1980 le concept de développement durable nait et devient célèbre au sommet de la terre de RIO en 1992 et mettent la couche d’ozone et le réchauffement climatique au coeur des préoccupations.

Les sommets permettent la signature de conventions sur les changements climatiques et sur le respect de  la biodiversité. Tous les pays ne sont malheureusement pas signataires.

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Cours d'Histoire de première

ETUDE DE CAS- LA CROISSANCE DES TRENTE GLORIEUSES

septembre 04
by Catherine Bertin 4. septembre 2011 09:04

Dans le nouveau programme de 1ère, après l’étude de la crise de 29, nous passons à celle des Trente Glorieuses.

A l’aide des documents proposés, vous répondrez à la question générale: Quels sont les aspects de la croissance des Trente Glorieuses?

doc1

doc3

doc5

doc2

doc4

Pour ce travail, je vous ai organisé les documents dans un ordre déjà indicateur des deux principaux thèmes à développer, à savoir la forte croissance économique elle-même puis le triomphe de la société de consommation de masse.

Voici la correction de cette étude de cas telle qu’elle a été parfaitement rédigée par Marion, élève en 1S5.
Les Trente glorieuses désignent la période d’une trentaine d’années qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, jusqu’au choc pétrolier de 1973. L’expression vient de l’économiste français Jean Fourastié et fait référence aux trois glorieuses, les trois journées révolutionnaires des 27,28, 29 juillet 1830. Les trente Glorieuses sont une période au cours de laquelle la France, ainsi que de nombreux pays connaissent une forte croissance économique, le plein emploi, l’explosion démographique, l’accroissement du pouvoir d’achat et l’essor de la consommation de masse.
Pourquoi les Trente Glorieuses se caractérisent-elles par une période de croissance économique, et comment entrainent-elles une société de consommation?

Les Trente glorieuses sont des années fastes démographiquement. Le baby boom retardé d’après guerre commence et la population va voir son espérance de vie allonger tout en profitant des innovations technologiques. Découvertes de nouvelles matières synthétiques par exemple, de produits pharmaceutiques. C’est une période d’effervescence scientifique. La qualité de vie s’améliore mais les conditions de travail aussi. Les sociétés semblent heureuses et vivent sans le sentiment de culpabilité  des générations qui ont vécu la guerre. Personne ne parle de conflits de générations! Il faut dire que c’est la période du plein emploi et cette “parenthèse enchantée” permet aux populations d’accéder à la société de consommation, à celle des loisirs aussi.  Donc les Trente glorieuses représentent bien une période de croissance forte et régulière.

En outre, tous les continents sont concernés par cette croissance, même le continent africain. Le graphique nous montre que l’Asie a d’ailleurs connu un vrai  miracle économique. Les deux systèmes, aussi bien capitaliste que communiste profitent de cette croissance. La preuve: le Produit Intérieur Brut mondial augmente de 4,9%. Les innovations majeures se retrouvent dans les énergies avec le nucléaire mais aussi dans les communications avec les l’aéronautique, l’aérospatiale. C’est l’ère de la grande distribution avec des hypermarchés qui remplacent les commerces de détail. Les médias sont en plein essor avec la télévision qui de noir et blanc devient très vite en couleur. Le plein emploi assure les salaires mais les états sont des états-providence qui favorisent la redistribution des richesses. Tout cela a des répercussions sur la structure de la population active. Le secteur primaire recule car l’agriculture s’est mécanisée et on a besoin de moins de main d’oeuvre. Le secteur secondaire se maintient et le tertiaire explose. C’est la tertiarisation de la population active. Le secteur tertiaire est très hétérogène car il englobe des professions libérales, des services au revenus très variés. Il y a de plus en plus de fonctionnaires avec l’état-providence et les services publics de la santé et de l’éducation. Dans les usines, les cadres qui encadrent les ouvriers, deviennent les “cols blancs”.
Donc le baby boom intervient comme un moteur de la croissance: il stimule la production, rajeunit et dynamise la société. Les nouvelles énergies permettent de produire plus, à moindre coût. On invente alors de nouvelles techniques de vente: la publicité, le crédit et le marketting…..

lSuite à cette croissance économique, la consommation de masse triomphe. On entre dans une société d’abondance mais aussi d’individualisme reposant sur le besoin de consommer, comme nous le montre la sculpture de Diane Hanson. Les gens achètent de plus en plus. Les consommateurs deviennent des acheteurs qui gaspillent. Dans le cadre de la grand distribution, les aliments sont emballés dans des matériaux en plastique. C’est une société qui achète, gaspille et pollue. Mais la modernisation fait oublier cette pollution et les sociétés croient en la science. C’est une société de la grande distribution, car la population achète dans les hypermarchés. L’alimentation est variée mais devient de plus en plus sucrée et riche en matières grasses. C’est le début d’une cuisine rapide, toute prête que l’on fait réchauffer dans les premiers micro-ondes. Les femmes commencent à sortir de leur condition de femmes au foyer. c’est le début du féminisme et les revendications sont écoutées.
La société de consommation fonctionne avec le crédit. Les banques multiplient les crédits à la consommation. L’économie des Trente Glorieuses ne peut fonctionner sans ces crédits . Ils encouragent une production de masse qui, à son tour, conduit à une réduction des prix de vente dont bénéficie en fin de compte les consommateurs.La publicité rentre chez les gens grâce à la télévision . Elle est très ciblée suivant le public et les médias. Elle vise notamment les jeunes couples qui ont tout l’avenir devant eux  et qui peuvent consommer encore plus. La publicité attire l’attention des consommateurs sur des produits très ciblés pour eux. Elle est un élément moteur de cette société de consommation.

Pour conclure, la croissance économique, ainsi que la consommation de masse des trente Glorieuses sont remarquables. Durant cette période la société s’est transformée. Le temps d’une génération , les paysans abandonnent leurs boeufs pour des tracteurs. La population voit son niveau de vie augmenter et les femmes entrent massivement dans la vie active. Mais l’avènement du choc pétrolier débouche sur une nouvelle crise économique et sociale. C’est le retour du chômage, la fin du plein emploi, la perte du pouvoir d’achat et la récession économique.

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L’APRES 1945- LES MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

septembre 02
by Catherine Bertin 2. septembre 2011 12:50

Introduction

Dans ces mémoires de la seconde guerre mondiale, nous allons nous intéresser à l'exemple français afin de mieux comprendre ce qui sera la 4ème république. La France est un bon exemple car elle a connu l'occupation et que de nos jours encore le regard des français a beaucoup évolué sur cette période. Certains éléments dépassent le cadre historique et sont parfois devenus des légendes. Le génocide divise encore certains français et l'action de la Résistance n'a pas toujours été bien connue et peut servir d'enjeu politique.

Problématique: quelles sont les difficultés auxquelles les français doivent faire face après la guerre et comment ont-ils perçu l'occupation allemande? Qu'est-ce que l'épuration? Quelles sont les mémoires de cette période?

1: LA FRANCE EST UN PAYS MEURTRI:

      1.1: Une société désorganisée:

Le bilan humain est très lourd puisque 600 000 français qu'ils soient civils ou militaires sont morts. Cela représente 1,5% de la population de 1939.

· Evidemment le chiffre semble moins effrayant que celui de 1918 mais la guerre s'est officiellement arrêtée en 1940 pour la France qui signe l'armistice donc ce sont des civils qui seront touchés avant tout et les femmes ont porté un lourd tribut dans ce chiffre des civils.

· Il faut ajouter le déficit des naissances qui malgré la politique nataliste du gouvernement de Vichy n'a pas retrouvé son niveau de 1936. La France va stagner autour de 40 millions d'habitants.

· Il faut compter avec le retour entre mai et août 1945 de 40 000 déportés raciaux ou politiques qui ont survécu aux camps de déportation et sur 1 million de prisonniers . Les rescapés des camps de la mort sont accueillis à l'hôtel Lutétia à Paris par les services sociaux avant de retrouver leur famille mais il reste le problème des 2,5 millions de réfugiés alsaciens et lorrains qui avaient fui lors de l'exode de 1940 devant les allemands et qui se retrouvent sans foyer après la guerre.

Le pays est économiquement ruiné et le bilan est encore plus lourd qu'en 1918.

· Il suffit de prendre l'exemple du Havre ou de St Nazaire pour rappeler que des villes entières peuvent être rasées par les bombardements et que bien d'autres ont été en partie détruites. Résultat: 1 million de français sont sans abri et c'est 1/4 du parc immobilier français qui a disparu.

· Les difficultés de transports ralentissent la reprise économique puisque les ports, les ponts et les voies ferrées furent systématiquement bombardés.

· Les allemands se sont servis sur les ressources du pays et l'industrie n'a plus de charbon ni de machine-outils. La production industrielle est réduite aux 3/4 de ce qu'elle était avant guerre.

Cela signifie que pour faire face à ses besoins la France doit importer massivement du charbon , des denrées alimentaires et des produits manufacturés de première nécessité. Résultat: sa balance commerciale est déficitaire et elle doit emprunter pour couvrir son déficit public.

· Un tel déséquilibre entre l'offre et la demande alimente l'inflation et le rationnement mis en place pendant la guerre doit se poursuivre jusqu'en 1949. Le marché noir continue, les gens apprennent à cultiver les légumes et à avoir un peu d'élevage sur les balcons et ils continuent à consommer des ersatz donc des produits de substitution.

· Les pénuries alimentaires vont continuer longtemps car l'agriculture a perdu 3 millions d'hectares à cause des combats. Elle est peu mécanisée et elle manque d'engrais et les animaux ont souvent été réquisitionnés ou mangé par les allemands. Les manifestations des " ventre creux" se multiplient et le gouvernement provisoire n'arrive pas à restaurer le marché national si bien que Paul Ramadier, le ministre du ravitaillement est surnommé " ramasse-miette" ou "ramassediète".

      1.2: Une douloureuse période: l'épuration

Le gouvernement provisoire avait prévu que tous ceux qui s'étaient compromis avec l'occupant seraient jugés mais dès la libération , une épuration spontanée, illégale et violente commence.

· Ce sont des tribunaux populaires tout à fait improvisés qui se donnent le droit de juger et donc d'exécuter sommairement les collaborateurs. Les femmes ont souvent servi de boucs émissaires et ont été tondues et humiliées en public. On y retrouve le besoin de se venger des miliciens de Pétain qui ont beaucoup torturé , des délateurs en général mais bien sûr il y aura des excès avec des exécutions qui cacheront des règlements de comptes politiques ou privés.

· Il est difficile d'être sûr du chiffre mais 100 000 personnes seront victimes de cette épuration illégale selon le Comité d'Histoire de la Seconde guerre mondiale et le gouvernement provisoire devra y mettre un terme sous peine de risquer une guerre civile. D'authentiques résistants seront choqués par les scènes de foule auxquels ils assisteront et seront très critiques vis-à-vis de cette justice très expéditive.

La justice va prendre le relais de l'épuration illégale dès l'automne 1944.

· En novembre 1944 est créée une haute cour de justice composée de magistrats professionnels et de membres de l'assemblée consultative. Elle va juger les personnalités du gouvernement de Vichy, à commencer par le Maréchal Pétain qui sera condamné à mort mais gracié par De Gaulle du fait de son grand âge ( 89 ans). Il sera interné au bagne de l'Ile d'Yeu . Pierre Laval, principal ministre de Vichy sera exécuté. Des collaborateurs notoires comme l'écrivain Robert Brasillach et certains hommes politiques seront fusillés.

· Cette épuration légale doit se faire dans les administrations de chaque département avec des enquêtes menées par un comité d'épuration mais les sanctions seront peu nombreuses car l'état ne peut se passer de ses agents.

· L'épuration économique existe puisque les usines Renault qui ont participé à l'effort de guerre allemand sont nationalisées. Mais les cas sont assez rares là aussi.

· De Gaulle est le premier à vouloir rétablir une unité nationale. Son discours sur la place de l'hôtel de ville de Paris le 25 août 1944 en est l'illustration puisqu'il affirme que la France s'est largement investie dans la résistance alors que seulement 3% de la population active seront résistants. Il veut que Vichy soit une parenthèse dans l'histoire de France et il veut éviter les règlements de compte généralisés.

· Au niveau politique le renouvèlement sera sensible en remplaçant tous les parlementaires compromis et inéligibles par des hommes jeunes issus de la Résistance, inexpérimentés et comptant dans leurs rangs 33 femmes.

2 : LES MEMOIRES D’APRES-GUERRE :

      2.1: Les mémoires du génocide:

A la libération, les survivants du génocide ne sont que 6% et ont du mal à raconter et à se faire entendre. Le premier problème est la difficulté de communiquer.

· D'abord les victimes du génocide , donc les juifs et les tsiganes sont assimilées aux victimes de la résistance française. On ne fait pas la différence entre les camps d'extermination et les camps de déportation. Les juifs ont tellement été persécutés pendant la guerre, qu'ils ne tiennent pas à afficher leur spécificité et qu'ils expliquent peu leur calvaire.

· Pour les déportés qui souhaitent témoigner de l'horreur qu'ils ont vécue, peu d'entre eux sont écoutés par leur famille car ils se heurtent au sentiment de culpabilité de ceux qui ont échappé à la déportation. Beaucoup pensent que les mots sont impuissants à raconter l'horreur des camps . Le pays est libéré, renaît, doit se reconstruire donc les récits des survivants ne sont guère écoutés car ils n'ont pas leur place dans le contexte de la libération.

La mémoire de la déportation sera d'abord patriotique avant de devenir la conscience juive du génocide.

· Après la guerre, on ne parle que des déportés d'une façon générale . Cette catégorie unique regroupe toutes les victimes du nazisme et il s'agit de défendre une mémoire patriotique de la déportation. Ce sont des français qui ont été déportés par des allemands et la responsabilité de l'état français est donc gommée. Par exemple le film d'Alain Resnais "Nuit et Brouillard" en 1956 commandé par le "réseau du souvenir" , une association de résistants mêle toutes les catégories de déportés.

· Ce n'est qu'après 1960 que la conscience juive émerge avec en 1961, le procès en Israël d'Adolf Eichmann un haut responsable nazi. Pour la première fois on parle de l'antisémitisme nazi et on condamne cet antisémitisme qui transforme un homme en criminel. L'idée du génocide est pour la première fois évoquée sur la scène internationale. En 1967 lorsqu'Israël est menacée d'anéantissement avec la guerre des 6 jours, le sentiment d'appartenance à la communauté juive se renforce surtout que l'état hébreu remporte cette guerre.

· A partir de 1970, les survivants prennent la parole et réagissent contre le négationnisme qui nie l'existence des chambres à gaz. Des historiens comme Pierre Vidal Naquet se mobilisent et des avocats comme Serge Klasfeld enquêtent pour retrouver les anciens nazis cachés en Amérique u sud. Grâce à eux d'anciens responsables de Vichy comme Jean Leguay, Paul Touvier et Maurice Papon et Klaus Barbie sont arrêtés et jugés.

· Deux lois sont importantes pour montrer l'engagement de l'état français dans cette mémoire: le 30 juin 1990 la loi Gayssot condamne tout propos négationniste et en 1993 une journée de commémoration , tous les 16 juillet , de la rafle du Vel d'Hiv. En 1995 Jacques Chirac alors président de la République reconnaît la responsabilité de l'état français dans le génocide qu'il qualifie de "faute collective". Les familles spoliées seront indemnisées et une fondation pour la mémoire de la Shoah présidée par Simone Veil est créée en 2000.

       2.1: Les mémoires de l'Occupation

L'Occupation est un passé douloureux pour les différentes communautés car les français ont eu des attitudes très différentes pendant cette période. L'historien étudie l'évolution de cette mémoire collective et montre que certains acteurs reconstruisent la réalité en la simplifiant ou en la manipulant.

· Juste après la guerre les résistants sont victorieux mais ils échouent à former un grand parti de la résistance au niveau politique. La guerre froide complique la donne mais “le résistancialisme “l'emporte dans la mémoire collective comme si la majorité des français avaient été résistants pendant l'occupation. Cela va dominer jusqu'en 1960 car la France a besoin d'être héroïque, qu'elle ne veut pas s'interroger sur les responsabilités de chacun dans le régime de Vichy et en particulier sur le problème des juifs en France.

· Le mythe politique se met en place car le parti communiste se présente comme le meilleur représentant de la France résistante et les gaullistes se basent sur l'appel du 18 juin pour défendre leur position. Ils font entrer en 1964 les cendres de Jean Moulin au Panthéon et le Mont Valérien , colline à l'ouest de Paris où 4500 résistants furent fusillés devient un lieu de commémorations.

· Au milieu des années 70, l'évolution de la mémoire est importante car les documentaires montrent de plus en plus l'Occupation comme une guerre civile et prouvent que tous les français n'étaient pas résistants. En 1972 la grâce présidentielle accordée par G. Pompidou à Paul Touvier ancien chef de la milice, provoque un scandale. Mais le président considère que la période de l'Occupation est trop troublée pour trancher. En 1973 l'historien américain Robert Paxton démontre que le régime de Vichy a bien collaboré avec l'Allemagne dans un programme antisémite et xénophobe et par la suite cette version plus complexe de la réalité va entrer dans l'enseignement de l'histoire.

· A partir des années 80, la suspicion va entrer dans la mémoire de l'occupation et on interroge le passé des hommes politiques: François Mitterrand qui travaille sous le régime de Vichy tout en étant résistant doit s'expliquer. Même Jean Moulin sera suspecté de façon absurde d'être un agent du KGB.

· De nos jours il est plus facile de faire ce travail de mémoire car les historiens ont accès à toutes les archives et on a plus de recul sur la période. D'une manière générale la période de l'occupation reste un enjeu de mémoire puisque l'enseignement de cette période est complété par des mises en valeur de témoignages, avec les débats que les anciens déportés peuvent mener dans les écoles, avec le concours national de la résistance chaque année dans les collèges et les lycées, avec des symboles comme en mai 2007 Nicolas Sarkozy venant se recueillir sur le plateau des Glières là où un maquis de haute Savoie fut décimé par les allemands et la milice en 1944, avec la lecture de la dernière lettre de Guy Môcquet , ce jeune résistant communiste fusillé en 1941.

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