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LA MONDIALISATION

septembre 20
by Catherine Bertin 20. septembre 2011 14:35

Ce thème se retrouve dans tous les programmes de terminales mais ici, il s’agit du cours que je propose à mes classes de TL ou TES.

INTRODUCTION

L’objectif de ce bloc 1 de Géographie est de montrer que l’espace mondialisé est dominé par trois grands centres d’impulsion et l’Union Européenne qui est l’un de ces trois centres sera plus spécifiquement étudié. Il faut aussi insister sur l’intensité des réseaux d’échanges qui relient ces trois centres puis montrer que le reste du monde connaît un inégal développement, lui-même très diversifié.

Pour faciliter l’étude et vérifier que les principales données sont sues avant d’analyser les documents pouvant être proposés au Bac , vérifions d’abord les unités de mesure employées communément pour étudier le développement des pays.

Le PNB ou Produit National Brut correspond aux sommes des valeurs ajoutées produites par les actifs d’une nationalité dans un pays quelconque (industries nationales + celles implantées dans le pays par des étrangers).

Le PIB ou Produit intérieur Brut qui ne prend en compte que la richesse créée par le pays.

Le PNB et le PIB sont fournis par les statistiques des Etats eux-mêmes donc sont critiquables. Pourquoi ? en Afrique par exemple, les statistiques ne sont pas fiables.

Certains pays truquent leurs statistiques pour bénéficier des aides internationales comme l’a fait la Hongrie.

L’autoconsommation n’apparaît pas. Par exemple le paysan qui cultive son champ et mange à sa faim ne génère pas de PNB ; mais celui qui vend sa production mais ne mange pas à sa faim génère du PNB.

Tous les calculs sont faits en dollars mais les cours sont variables et les calculs deviennent inexacts.

L’IDH ou Indice de Développement Humain est le meilleur indice mis en place par l’ONU car il a l’avantage de tenir compte des aspects sociaux, du taux d’alphabétisation, de l’espérance de vie, du taux de mortalité infantile et des conditions de santé.

Problématique: Que veut dire " espace mondialisé"? Qui sont les acteurs de cet espace et quels sont les lieux de la mondialisation?

1/ LA MONDIALISATION ET SES FLUX

                        1.1: Un phénomène ancien mais en pleine évolution:

Dans la langue française, le terme " mondialisation" ne date que de 1964 mais le phénomène lui-même, c'est-à-dire les liens entre les hommes, les sociétés et leurs économies à l'échelle du monde, est ancien. Ce qui est nouveau c'est que ce phénomène s'exerce dans un monde profondément inégalitaire.

· Donc la mondialisation est un d'abord un processus économique de transactions né des échanges qui se sont établis entre les divers points du globe. Mais c'est en plus le concept culturel qui correspond aux changements engendrés par ces échanges: les créations, les mélanges, les destructions….Cela aboutit à créer un espace-monde qui est un ensemble d'espaces en interaction ou un espace qui est l'environnement de tous ces espaces géographiques.

· Il faut attendre les Grandes Découvertes au 15è et 16ème siècles , (Magellan, Christophe Colomb) pour que l'interconnexion se fasse entre l'Ancien Monde et le Nouveau Monde donc que la mondialisation commence. Auparavant chaque partie de la planète a vécu sur ses différences et la diversité des langues, les distances aussi gênent les échanges.

· En fait le monde d'avant 1914, celui qui suit les révolutions industrielles est très mondialisé et peut être plus même qu'aujourd'hui puisque le capital investit par les pays riches dans les pays en développement correspond à 30% en moyenne du PIB des pays pauvres ( il n'est plus que de 20% aujourd'hui). Les exportations mondiales de marchandises sont comparables en 1914 à ce qu'elles étaient en 1970. L'immigration était aussi plus importante au début du siècle.

· La première guerre mondiale puis la grande crise de 1929 ont mis un frein et les politiques protectionnistes ont recompartimentalisé le monde.

· Dans les années 50 le terme apparaît en France et en Angleterre et à partir des années 80, les économistes multiplient les travaux sur la mondialisation.

· Dans les années 80, c'est la révolution des transports qui a donné une impulsion supplémentaire à la mondialisation: les porte-conteneurs qui ont augmenté la capacité des transports maritimes; l'invention d'internet a accéléré la circulation de l'information, des échanges entre les personnes, des commandes etc….. En plus les années 80 voit la fin des régimes communistes et le capitalisme va régner désormais en maître sur l'économie mondiale. Il faut ajouter à ce capitalisme , l'industrialisation de plusieurs pays en développement ce qui augmente le marché mondial.

              1.2 : LES FLUX DE MARCHANDISES ET DE CAPITAUX

Le commerce international s’est considérablement accru depuis le milieu du 20ème siècle et la valeur des exportations mondiales est passée à 26% du PIB mondial en 2002.

· En fait les échanges de biens et de services ont augmenté plus rapidement que la production de richesses.

· Les échanges mondiaux peuvent être structurés par type de produits : les matières
premières, les produits énergétiques, les biens alimentaires et les produits manufacturés. Le commerce de chaque catégorie de produits a son rythme propre, ce qui donne une grande instabilité des flux.
Ex : les produits agricoles connaissent des variations saisonnières ; les récessions et les crises économiques jouent ; les conflits politiques et militaires (guerre Iran-Irak) jouent sur les pays producteurs de pétrole.

La structure du commerce international par secteurs et produits s’est modifiée. Dans les échanges de marchandises , la part des produits industriels est majoritaires à 68% .

· La part des produits agricoles ne fait que décroître et ne représente que 11% des échanges. En effet les pays insolvables ou incapables d’acheter beaucoup de vivres sont nombreux. D’autres sont maintenant en autosuffisance alimentaire et d’une façon générale plus un pays se développe et plus sa demande en produits alimentaires diminue.

· Les échanges de minerais, de combustibles ne progressent plus non plus, car la demande en minerais se réduit car ils sont remplacés par le nucléaire et que les tendances sont à l’économie. Il n'y a que les flux des hydrocarbures qui se maintiennent.

Le commerce des armes qu’il soit officiel ou clandestin apparaît mal dans les statistiques.Les détournements de trafic, les ventes en seconde main ne sont pas négligeables. La clientèle est instable telle l’Egypte autrefois cliente de la Russie et maintenant cliente des pays occidentaux….

· Les principaux marchands d’armes sont ceux qui ont développé d’importants programmes de recherches et une technologie de pointe. Les USA et la Russie alimentent les 2/3 du commerce mondial et la France est au 3ème rang.

Les échanges des services augmentent plus vite que ceux des biens et font 20% de la valeur du commerce mondial. Cela s’explique par le développement du transport et du tourisme, des services technologiques, financiers et culturels.

· La révolution des transports accompagne l'augmentation de ces flux. Les équipements sont de plus en plus performants avec des gros porteurs aériens , des bateaux spécialisés, des plateformes multimodales installées dans les grands ports, dans les aéroports et près des échangeurs autoroutiers.

· Le développement généralisé des échanges cache des disparités à l’échelle mondiale. Un petit groupe de pays , ceux de l’OCDE réalisent 75% du commerce mondial. La part de l’Asie et surtout de la Chine augmente. Par contre les pays pauvres d’Afrique sont en marge.

· L’intensification des échanges est le phénomène le plus ancien et le plus classique de la mondialisation mais ce qui est nouveau est l’indépendance des échanges financiers par rapport à l’économie classique des marchandises.

Les relations internationales mettent en jeu les mouvements de capitaux. Leur étude est délicate car les secrets souvent bien gardés. Ils impliquent les opérations de crédits, d’emprunts et de placements.

Ils concernent obligatoirement les pays les plus riches et plus particulièrement les flux entre la Triade.

Les Etats-Unis sont le principal pôle d’attraction des capitaux mondiaux. Mais les américains ont consommé et investi bien plus qu’ils n’ont produit.

Le Japon s’est affirmé comme une puissance financière redoutable. Il dispose des plus importantes réserves de change du monde. Il est devenu exportateur de capitaux et premier créancier de la planète.

Le tiers-monde accueille aussi des capitaux provenant :

1) des travailleurs immigrés qui rapatrient leur épargne .

2) des firmes exploitant de nouvelles ressources pétrolières ou minières ou délocalisant leur production. Elles sont épaulées par des banques qui s’internationalisent pour suivre leurs clients.

3) d’Etats et d’organismes internationaux au titre de l’aide au développement.

on observe une prodigieuse expansion du capitalisme financier international.

è le marché mondial de l’argent fonctionne 24h sur 24. C'est la globalisation financière, puisque les frontières n'existent plus sur ce marché financier unifié à l'échelle du monde.

· Les grandes places financières sont des pôles d’attraction et de redistribution des capitaux. Elles se sont développées autour des bourses et elles peuvent être dans les grandes villes mais aussi dans des carrefours d’échanges comme les ports.

· Une dizaine de places d’envergure internationale se distinguent.
Le duel Londres / New- York domine : Londres est la place la plus complète car la plus ancienne mais New- York a le plus gros volume de transactions. La moitié de capitalisation boursière mondiale se fait à Wall Street.
Tokyo est à la 3ème place.

· Ces flux correspondent aussi à un mouvement d'investissement à l'étranger qui a connu son explosion depuis 1970. Les 3/4 des IDE vont vers les pays développés et pour le quart qui reste la Chine accueille à elle seule 1/3 de ces flux. L'Afrique est à l'écart de ce mouvement avec 1% à peine des flux.

· A côté de ces grands flux financiers se développent des flux illicites qui correspondent quand même à 15% du commerce mondial.
Ce sont les trafics de produits de contrefaçon et les flux financiers issus de la corruption, du terrorisme, du trafic de la drogue aussi.

                 1.3 : Les flux migratoires

Les migrations internationales ne revêtent pas le caractère massif des migrations internes mais en 2003 ,175 millions de personnes vivaient hors de leur pays d’origine. On estime à 1 million par an le transfert net depuis les pays d’émigration vers les pays d’immigration. C’est un phénomène qui s’est accéléré et qui maintenant se stabilise.

· Les USA demeurent de très loin le principal foyer d’immigration du monde : ils accueillent légalement et illégalement une immigration en provenance du monde entier mais d’abord de l’Asie orientale, puis des Caraïbes et de l’Amérique latine. Les immigrants contribuent pour près du quart à la croissance démographique des USA.

· Le renouveau économique de l’Europe du Nord-Ouest dans les années 50-60 a provoqué une pénurie de main d’œuvre non qualifiée. Les anciennes colonies envoyèrent de nouveaux flux et surtout les populations méditerranéennes arrivèrent en grand nombre : grecs, yougoslaves, turcs, portugais, maghrébins. Mais avec les difficultés économiques, la montée du chômage et des tensions raciales, l’Europe des années 70 s’est fermée à l’immigration et a même encouragé aux retours. Après 1990 et la chute des régimes communistes de nouveaux flux en provenance de l’Europe centrale et balkanique se sont dirigés vers l’Europe occidentale.

· Le Japon et les régions développées du sud comme Singapour et la Malaisie attirent de plus en plus.

· Les nouveaux états pétroliers du Moyen-orient brutalement enrichis par la flambée des prix du pétrole au début des années 70 sont devenus des pays d’immigration, d’autant plus qu’ils étaient vides d’hommes. Les immigrés y sont venus des pays arabes voisins puis d’Asie du sud (Pakistan, Inde, Philippines). 4 à 5 millions d’étrangers formeraient encore actuellement la moitié de la population active. Mais la chute des revenus tirés du pétrole, les difficultés financières de certains pays producteurs, les problèmes religieux ont provoqué un gel de l’immigration et quelquefois des expulsions.

· En Afrique noire, les puissances coloniales avaient pratiqué une politique de frontières ouvertes mais actuellement les migrations africaines ont un caractère temporaire. Elles partent des zones rurales enclavées ou à faible revenu vers les états côtiers les plus prospères, et en particulier la Côte d’Ivoire, le Nigéria et l’Union Sud-Africaine. La rotation des migrants est considérable.

80% des migrants se dirigent vers les pays riches et 20% vers le Sud. La plupart viennent des régions les moins développées à forte pression démographique et affluent vers les grandes villes des pays d’accueil.

· La cause majeure des départs sont les difficultés économiques et financières : des salaires plus attractifs ; les pays riches attirent les « cerveaux ». De nombreux immigrés envoient des subsides à leur famille.

· Les causes sont aussi politiques : les guerres, les persécutions ont provoqué une amplification du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés politiques (environ 20 millions). Ces migrations peuvent prendre un caractère tragique car elles s’accompagnent d’une effroyable mortalité pendant le trajet et d’une concentration des populations dans des camps intérieurs qui ne bénéficient que de l’aide des ONG.

· Le gel de l’immigration par de nombreux états a renforcé le phénomène de l’immigration clandestine qui est estimée à 15 millions de personnes dans le monde.
Aux migrations de travail il faut ajouter des migrations saisonnières qui sont les migrations touristiques. La plupart des touristes recherchent fondamentalement le repos, les loisirs, le dépaysement . Ceci explique que le tourisme balnéaire soit le plus florissant de tous.

· Les voyages sont une découverte de paysages ( fjords norvégiens, canyon du Colorado…)ou de hauts lieux du patrimoine culturel ( musées, monuments). Par exemple de Centre Georges Pompidou reçoit plus de 8 millions de visiteurs chaque année et la Tour Eiffel, 4 millions.

· Le tourisme culturel est aussi axé sur les grands festivals comme Avignon ou les concerts comme Bayreuth. Cette minorité de migrants est grandissante.

· Le tourisme religieux n’est pas négligeable : Rome, Lourdes, St Jacques de Compostelle, la Terre sainte , le pèlerinage à la Mecque.

· Il existe aussi un tourisme d’affaires et de congrès comme à cannes, un tourisme thermal et de remise en forme, un tourisme sportif comme les rallyes, les plongées sous-marines , un tourisme spécifiquement exotique comme aux Seychelles ou en Polynésie.

L’Europe est de loin le premier continent émetteur et récepteur de touristes. C’est aussi celui qui dispose des villes de congrès les plus fréquentées. L’Amérique du Nord prend le second rang. La fréquentation touristique est le privilège des pays riches.

· La Méditerranée est la grande plage de l’Europe avec l’Espagne, l’Italie , la Grèce et la France qui sont les géants du tourisme mondial.

· La méditerranée américaine dont les 3 S (Sun, Sea, Sand) sont les supports se retrouve en Floride « l’Etat du soleil » avec ses plages et ses parcs d’attraction comme celui de Walt Disney.

· Petites et grandes Antilles offrent une multitude de stations plus modestes mais aussi des ports d’escales pour les croisières.

On est passé d’un tourisme aristocratique à un tourisme de masse mais les mouvements touristiques restent l’apanage de pays et de classes privilégiées. Le tourisme exige des équipements coûteux, un système de transport supplémentaire, une organisation planifiée.

· Les espaces touristiques sont de plus en plus uniformisés : hôtels de prestige, promiscuité des villages de tentes et de bungalows, casinos, galeries marchandes, banques et agences, salles de spectacle, boîtes de nuit….

· Les contacts entre les touristes et la société qui les accueille sont souvent réduits. Les flux touristiques organisés par les agences privées , les tours-operators des pays développés créent de véritables ghettos touristiques qui font ressentir les différentes conditions de vie entre les pays développés et celles du tiers-monde et dévalorisent les cultures indigènes .

2/ LES ESPACES ET LES LIEUX DE LA MONDIALISATION

        2.1 : La Triade organise la mondialisation

Les 3 centres d’impulsion majeurs, USA, Europe, Japon forment la Triade et ont le rôle moteur dans le fonctionnement de la planète. Elle représente 20% de la population mondiale et possède 81% du PIB mondial, 86% de la capitalisation boursière, 85% de la recherche et 80% des IDE. ; La Triade a donc une position d'oligopole car les effets de cette domination confortent toujours un peu plus sa situation dominatrice.

· Mais les Etats-Unis sont le pôle le plus puissant .La domination américaine se retrouve dans les domaines politique, militaire, financier, économique et technologique. Les USA disposent à eux seuls de 32% du revenu brut mondial. Leur capacité d’intervention militaire et le rôle joué par le dollar lui assurent une hégémonie.

· l’Europe est le pôle le plus actif.L’Union européenne est le pôle le plus actif et contrôle 27% du revenu brut mondial. La France et le Royaume-Uni ont une influence politique et culturelle mondiale mais l’Union européenne manque de cohésion car elle est fragmentée en 27 états aux niveaux socio-économiques très différents et l’Union Européenne n’a pas de pouvoir politique au niveau international.

· le Japon est un modèle de réussite financière et technologique.La réussite du Japon fut fulgurante après 1945 et ce pays rassemble 13,5% du revenu brut mensuel alors que le pays est petit et sans ressources naturelles. Ce pôle n’est qu’un géant économique car il ne représente rien au niveau politique et militaire et n’a même pas de siège permanent à l’ONU. Depuis 1991 le miracle économique s’essouffle de plus.

La triade contrôle 80% des flux mais les échanges s’effectuent principalement entre les 3 pôles qui la constituent.

· Ces échanges internes n’excluent pas une forte concurrence entre les 3 pôles. Chacun défend sa culture, ses valeurs, ses particularismes et possède son aire d’influence privilégiée. Les USA ont intégré à l’ALENA depuis 1992, le Canada et le Mexique dans une zone de libre-échange. L’aire d’influence américaine se prolonge sur l’Amérique latine. Le Japon lui, a développé d’intenses relations économiques et financières en Asie orientale avec comme partenaires essentiels la Chine et la Corée du sud. L’Union Européenne s’est élargie à 25 états par l’intégration de l’Europe centrale et orientale et entretient aussi des relations privilégiées avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

· Seul le BRIC, le groupe formé par le Brésil, la Russie, L'Inde et la Chine essaye de contrebalancer la puissance des échanges de la triade.

2.2 : Les métropoles sont des lieux moteurs:

La mondialisation modifie l’organisation de l’espace mondial. Elle augmente le poids et le rôle des villes et en particulier les très grandes villes de plusieurs millions d’habitants. C’est ce qui donne le phénomène de métropolisation c’est à dire la concentration des activités et des populations dans quelques villes qui exercent les fonctions de commandement à l’échelle d’une région ou d’un pays.

· En 2003, 350 agglomérations dépassent 1 million d’habitants et 55 dépassent les 5 millions d’habitants. Près de la moitié de la population mondiale est donc constituée de citadins.

· La multiplication des échanges et des réseaux de transport ont permis aux villes qui sont des nœuds de communication, de regrouper les fonctions économiques et de devenir les villes métropoles.

· Les villes mondiales sont donc des agglomérations qui détiennent les principaux pouvoirs politiques, économiques et financiers : les sièges des grandes sociaux ; la bourse ; les grandes banques ; les centres de recherche ; la création culturelle ; les sièges des grands journaux… C’est là aussi que les emplois sont les plus productifs.

· Une hiérarchie de ces villes s'est rapidement imposée: au plus haut niveau, les 4 villes globales car leur influence est à l'échelle de la planète (New-York, Paris, Londres et Tokyo). En dessous, on trouve des villes qui ont aussi une influence mondiale et qui essaye de rivaliser avec les 4 premières comme Toronto, Los Angeles ou Francfort. Ces villes du deuxième niveau appartiennent au pays de la Triade mais pas toujours. Elles peuvent être des villes des pays émergents comme c'est le cas pour Hong-Kong ou Singapour. Le troisième niveau regroupe des métropoles qui exercent une influence régionale et qui servent de relais aux métropoles des niveaux au-dessus.

Les métropoles , avec la mondialisation, ont fini par fonctionner en réseaux entre elles. Les flux internationaux et intercontinentaux s’effectuent entre les mégalopoles et organisent un système de villes hiérarchisé qui dirige le monde : l’archipel métropolitain mondial.

· les flux existent entre les métropoles ; d’autres se dirigent vers des espaces commandés par les métropoles et créés en dehors d’elles. En plus une multitude de flux animent l’intérieur des mégalopoles.

· Les trois principales mégalopoles sont localisées dans les espaces de la Triade avec , à l’intérieur les 4 villes mondiales (New-York, Londres, Paris, Tokyo) : la Mégalopolis du Nord-Est des Etats-Unis est le principal foyer de la mondialisation. La mégalopole européenne qui va de Manchester jusqu’à Gênes est un ensemble transfrontalier qui manque d’unité. La mégalopole japonaise ne dispose pas de pouvoir de décision politique majeur. Ces trois espaces forment l'oligopole mondial ou l'archipel métropolitain mondial car ils concentrent les pouvoirs politiques, économiques et financiers de la planète. Un seul ordre de grandeur: une seule de ces trois mégalopoles a une richesse supérieure à celle de l'Inde et de la Chine réunies.

· De nouvelles mégalopoles se forment : Buenos Aires à Sao Paulo en Amérique latine, de Séoul à Canton en Asie.

Les métropoles des pays riches ont évolué dans leur structure et se sont tertiarisées car les usines des secteurs traditionnels ont fermé ou se sont délocalisées au profit d’activités tertiaires de haut niveau.

· Les activités tertiaires se sont concentrées dans les centres villes d’où l’architecture verticale des CBD (Central Business District). Les CBD des villes et les centres historiques en Europe étant souvent saturés , de nouveaux centres situés sur les axes de communication, si possible près d’un aéroport se créent à la périphérie des villes. Ce polycentrisme va de pair avec la périurbanisation.

· Dans les métropoles des pays en développement , on retrouve la concentration des activités tertiaires mais aussi une industrialisation importante et de forts contrastes entre les classes moyennes ou supérieures et la majorité des habitants pauvres affrontant les problèmes de logement, d’emplois de ravitaillement en eau et en électricité. C’est une ségrégation spatiale qui reflète ces contrastes. L'habitat représente cette ségrégation spatiale. Les métropoles du sud sont le contact avec le monde car elles sont les portes d'entrée des capitaux et des touristes et qu'elles sont souvent la dernière étape des émigrants avant le grand départ.

      2.3: Les autres lieux intégrés à la mondialisation

La libéralisation des échanges et la baisse des droits de douane touchent les espaces frontaliers. Toutes les interfaces, donc zones de rencontre sont de nouveaux lieux de la mondialisation.

o L'interface frontalière la plus dynamique est la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis car une première puissance économique cohabite avec un pays sous développé. Le différentiel économique permet la mise en place des maquiladoras. Même si cela est moins intéressant par rapport au coût de la main d'œuvre, on retrouve cette frontière interface entre le Canada et les Etats-Unis au Nord-Est avec les twin cityes.

o Du côté européen c'est l'interface méditerranéenne qui est en train d'émerger surtout depuis la signature en juillet 2008 de l'accord pour la Méditerranée.

o Les façades maritimes sont globalement des espaces privilégiés ou des interfaces du fait de la concentration de la population sur les littoraux et du développement économique de ces littoraux. C'est le cas de la Northern Range, de la façade atlantique des Etats-Unis ou de la l'Asie orientale. La mer est devenue un enjeu de la mondialisation depuis la conférence de Montego Bay en 82 qui a défini les ZEE qui permettent à un état de bénéficier d'un droit exclusif d'exploitation économique à 200 miles ( 370km) des côtes. De plus le transport maritime étant le moins cher, il assure les 2/3 des échanges mondiaux. La flotte mondiale s'est étendue au profit de NPIA et de pavillons de complaisance du Libéria ou du Panama.

En dehors des interfaces, il faut ajouter des lieux qui ont des atouts spécifiques.

o Les entreprises ont d'autre part cherché à payer moins d'impôts ou à limiter leurs charges sociales, ou à augmenter la durée d'utilisation de leurs équipements. Pour cela elles se tournent vers des pays qui dérogent à certaines règles jugées trop contraignantes. Les zones franches d'exportation ont été mise à profit par les sociétés transnationales pour utiliser une main d'œuvre bon marché. Elles ont eu des effets positifs dans les pays d'accueil comme Maurice par la création d'emplois, l'élévation du niveau de vie, l'industrialisation mais ces zones ne sont spécialisées que dans la sous-traitance donc n'offrent pas de vrai développement pour l'avenir.

Pour finir, la mondialisation financière a permis le développement de d'enclaves de tolérance où les entreprises n'ont pas à payer de taxes, d'impôts ou de droits de succession. Ces paradis fiscaux peuvent être des places financières connues comme la Suisse ou le Luxembourg. Les nouveaux sont carrément des "places off-shore", hors du continent sur des îles , comme l'île de Man entre l'Angleterre et l'Irlande, les îles Caïmans et les Bahamas aux Antilles.

3:LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION :

3.1: LES ENTREPRISES AU CŒUR D'UNE PRODUCTION GLOBALE:

+ Carte sur les 100 premières firmes transnationales dans le monde

Les Firmes transnationales sont les premiers agents de la mondialisation car leur stratégie consiste à exploiter les écarts des conditions de production et de commercialisation qui existent d'un pays à l'autres.

· Les FTN ont des chiffres d'affaires qui sont souvent supérieurs au PIB de certains pays. Il s'agit évidemment des pays en voie de développement. Les 500 premières réalisent plus de 80% du volume mondial des investissements directs à l'étranger et les 100 premières représentent 20% du PIB mondial.

· On voit que les firmes sont américaines, européennes ou Japonaises et qu'elles dominent l'économie mondiale. Elles contribuent à la production de richesses, elles diffusent le capitalisme et accentuent la mondialisation. A elles seules elles réalisent les 2/3 du commerce mondial.

On voit bien que les plus grandes firmes sont originaires des pays du Nord et qu'elles opèrent dans le monde entier. On en compte 70 000 qui s'appuient sur un réseau d'environ 700 000 filiales. Elles font intervenir d'autres sociétés qui remplissent , en sous-traitance, certaines de leurs fonctions. Exemple de Sony p.31

La firme multinationale est aussi transnationale car elle développe des caractères qui sont propres à son pays d'origine.

Doc. Carte firme transnationale Carrefour en Chine p.27

Quels sont les aspects qui fondent le caractère transnational de la firme Carrefour?

· Les activités de commandement, le siège social se trouvent en France mais les établissements de production sont délocalisés dans des pays qui présentent des avantages en terme de coût de main d'œuvre, ou de fiscalité ( paradis fiscal) ou de compétences ou même de stabilité politique.

· C'est ainsi qu'en dispersant ses fonctions de production, de recherche et développement , une grande firme comme Michelin ou Carrefour se connecte à des industries de moyenne ou petite taille , dans d'autres pays et connecte la production locale à la mondialisation. Elle participe à l'intégration économique mondiale de ces territoires.

Quelle place les pays émergents tiennent-ils dans la hiérarchie des firmes transnationales. Quels facteurs rendent compte de cette montée en puissance?

Dans quels secteurs d'activité rencontre t'on les FTN?

Les pays émergents ont besoin aussi de trouver leur place dans ce réseau des FMN.

· Les territoires sont en compétition: les fTN effectuent un choix économique et territorial permanent pour augmenter leurs profits et leurs parts de marché. Les décisions en matière de localisation conduisent à une vive concurrence à toutes les échelles spatiales qui s'explique par les emplois en jeu et les rentrées fiscales escomptées. Des recompositions territoriales se produisent , selon que les usines, se créent ou se délocalisent.

· Bien que les firmes envisagent leur production à l'échelle mondiale et écoulent plus de 50% de leur production à l'étranger, l'ancrage avec le pays d'origine reste encore très fort. En effet, c'est au cœur des PID que travaille la majorité des salariés et que les opérations les plus sophistiquées sont menées, du management à la conception et réalisation des produits à très haute valeur ajoutée. Néanmoins la montée des puissances émergentes comme la Chine ou l'Inde bouleverse la donne et développant de nouveaux centres décisionnels, de recherche et de design.

     3.2: Les Etats sont les régulateurs de la mondialisation:

Dans quel cadre, quelle organisation s'effectuent les négociations commerciales?

La plupart des organisations internationales impliquées dans la mondialisation sont nées après la seconde guerre mondiale, à l'initiative des Etats-Unis pour promouvoir le libre-échange.

· La mondialisation se développe grâce à la libéralisation des échanges qu'entreprennent les responsables politiques des états capitalistes dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce. L'OMC date de 1995 et réglemente le commerce mondial en favorisant les négociations entre les états et en instaurant des normes techniques et juridiques au niveau international. Actuellement 151 pays en font parties et elle a son siège permanent à Genève avec une cour de justice.

· Le fonds monétaire international et la banque mondiale, influencés par les Etats-Unis, aident au financement des économies en difficulté. Enfin, l'organisation des nations unies et ses agences tendent à préserver la paix et favoriser le développement.

· S'ajoutent des forums de discussion plus ou moins informels initiés par les pays les plus riches comme le G8 .

Le G8 est né en 1975 d'une initiative du président Valéry Giscard d'Estaing qui avait réuni les 5 pays les plus riches ( Etats-Unis, RFA, Japon, Royaume-Uni et France) pour empêcher une trop grande fluctuation des monnaies. L'Italie et le Canada sont venus s'y ajouter par la suite puis depuis 97, la Russie.

Comment évolue la protection tarifaire aux frontières?

Avec la mondialisation de la production industrielle, les entreprises réalisent des investissements qui ignorent les frontières. Afin d'orienter les investisseurs, des organismes évaluent l'attractivité économique , sociale et politique des pays. Les états semblent ainsi dépendre de décisions qui leur échappent, d'analyses financières formulées par des spécialistes des grandes puissances économiques.

Donc avec le développement du libéralisme et la diffusion de l'économie de marché dans le monde, l'intervention de l'état tend à se réduire.

Les Etats seuls perdent leur influence ou leur marge de manœuvre. Par contre ils retrouvent du poids lorsqu'ils sont regroupés dans des alliances régionales économiques.

Quelles régions du monde n'arrivent pas à se doter d'organisations régionales fonctionnelles? Pour quelles raisons?

Aujourd'hui 40% des échanges s'effectuent dans le cadre d'accords préférentiels entre deux pays signataires. D'autre part, des organisations régionales se multiplient, sur le modèle de l'Union européenne. Elles favorisent l'intégration régionale entre différentes économies et sociétés d'un même ensemble continental. Les flux commerciaux et d'investissement se développent ainsi dans l'Alena, la zone de libre-échange de l'Amérique du Nord. L'intégration européenne très poussée se traduit par des politiques économiques et monétaires communes.

    3.3: LES AUTRES RESEAUX D’ACTEURS

Quel problème pose le processus de mondialisation à la souveraineté nationale?

Un mouvement altermondialiste s'est développé qui dénonce les conséquences de la mondialisation en particulier sur la fracture sociale entre riches et pauvres.

· Les organisations non gouvernementales ( ONG) collectent et redistribuent des fonds

· dans le monde entier, essentiellement pour l'action humanitaire ( croix rouge, médecins du monde…) ou en faveur du développement durable et de l'environnement ( Greenpeace, WWF). Mais en dépit de leur rôle consultatif et de leur influence sur l'opinion publique, ces ONG ne disposent pas de moyens d'action contraignants et n'ont qu'un impact limité sur la régulation de la mondialisation.

· Qui participe à ce forum social?

· Quelles accusations sont portées contre la mondialisation

· Les altermondialistes souhaitent une " mondialisation autrement", moins libérale, plus contrôlée et plus équitable en faveur des pays du sud. Leurs tribunes d'expression privilégiées sont le G22, des mouvements en réseaux tels qu'ATTAC ou encore le forum social mondial réuni à Nairobi en 2007, en réponse au Forum économique qui se réunit annuellement à Davos en Suisse.

A tous ces acteurs il faut ajouter le rôle des communautés elles-mêmes et celui des mafias. Le crime organisé s'est lui aussi mondialisé.

· Implantés dans les grandes villes au sein de territoires communautaires comme les "chinatowns", les émigrés des diasporas conservent des liens avec leur pays d'origine. Ces communautés transnationales fonctionnent alors en réseaux, tels les 40 millions de chinois d'outre-mer.

· Enfin les réseaux illégaux et criminels, profiteurs et acteurs de la mondialisation, façonnent "l'antimonde". Parmi les grands organismes mafieux figurent la Mafia et la Camorra italiennes, al Cosa nostra étatusienne, les triades chinoises ou encore les Yakuzas japonais. Leurs revenus viennent de la drogue, du trafic d'armes, des contrebandes diverses, de la prostitution, des productions de contrefaçon, de piratages de musique et de films.

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Cours de géographie de terminale

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septembre 04
by Catherine Bertin 4. septembre 2011 11:13

Problématique: quels sont les moteurs, les acteurs et les effets de cette croissance exceptionnelle? Comment l’économie mondiale évolue t-elle entre périodes de forte croissance et périodes de crises? comment les hommes pensent-ils cette nouvelle économie?

1: La croissance et les crises de 1850 à 1945:

          1.1: Les moteurs et les effets de la croissance

Les révolutions industrielles du 19ème siècle porte sur des secteurs-clés:

¨1)Le coton est le premier support de la révolution industrielle. La matière première est peu coûteuse et le tissu est résistant. ¨Pour une production plus grande il faudra de grandes unités de production : c’est le « factory system » comme à Manchester.- Filatures mécaniques-
Donc grâce à des prix compétitifs, les britanniques exportent leurs cotonnades dans toute l’Europe.

Le charbon devient alors «  le pain de l’industrie ». C’est la matière première pour les machines à vapeur .  Ainsi la sidérurgie et la métallurgie prennent le relais du textile vers 1850. Ainsi l’Allemagne met en valeur ses vastes gisements, notamment dans la Ruhr.

¨L’industrialisation est relancée à partir de 188O par une série d’innovations:

¨La fée électricité est l’innovation majeure de l’exposition universelle de 1881 à Paris. Elle permet de fournir une énergie et un éclairage continus. L’électrochimie et l’électrométallurgie fondent de nouvelles industries. Même la vie quotidienne est modifiée. Aux Etats-Unis Edison fonde la General Electric Company véritable multinationale.

¨Les nouveaux matériaux favorisent l’essor de la chimie : Le système Bessemer convertit la fonte en acier. La chimie est un secteur porteur d’innovations: le nylon, la celluloid, l’industrie pharmaceutique, l’appertisation , la congélation et la lyophilisation des aliments.

¨Daimler fait mouvoir un véhicule avec un moteur à explosion en 1885 et commence l’ère de l’automobile, tandis que les frères Wright inaugurent le premier vol en biplan en 1903, débutant l’ère de l’aéronautique. ¨Les véhicules se standardisent avec la Ford T d’Henri Ford.

2)Le rôle des moyens de communications avec le chemin de fer qui stimule les échanges entre les régions. Le réseau domine en Europe occidentale, aux Etats-Unis et en Russie

¨Les liaisons interocéaniques s’accroissent également avec par exemple l’ouverture du canal de Suez (1869) puis celui de Panama (1914). + liaisons transmanche et transatlantique.

3) Le financement de l’industrie nécessite de gros capitaux è les sociétés anonymes + le rôle des banques

¨Le développement de la machine impose des activités dans des locaux vastes et un fonctionnement continu. C’est la concentration industrielle.

¨L’avantage est celui d’ouvriers hautement qualifiés et le côté négatif est la présence d’une main-d’œuvre féminine et enfantine sous payée.

¨Puis la concentration des entreprises devient nécessaire pour regrouper plus de capitaux, pour augmenter les capacités de production.

¨Les firmes naissent par absorption ou fusion de sociétés.

¨La concentration peut être verticale ou horizontale.

¨C’est aux USA et en Allemagne avec les konzerns que le mouvement prend le plus d’ampleur. Le regroupement des sociétés permet à quelques trusts de monopoliser tout un secteur.

¨En Europe on préfère les cartels qui sont des ententes réalisées entre des entreprises d’une même branche pour limiter ou supprimer la concurrence.

¨le machinisme a un coût important et la taille croissante des entreprises nécessite des capitaux de plus en plus importants. Le développement des réseaux ferrés est également coûteux , il faut faire appel à l’épargne privée et au rôle de l’état.

¨Les banques d’affaires (Rothschild) placent leurs fonds propres et investissent à haut risque en spéculant sur les cours de la bourse .

¨les banques de dépôts gèrent l’épargne des particuliers et effectuent des prêts. Ex: Crédit foncier ou le Crédit Lyonnais.

¨Aux entreprises familiales succèdent les sociétés anonymes dont le capital est constitué par l’émission d’actions, d’obligations qui sont échangées en bourse.

¨Les bourses connaissent des flambées spéculatives chroniques en 1875, 1929.

¨La masse monétaire augmente pour répondre à la croissance de l’activité : plus d’extraction de métaux précieux; les monnaies fiduciaire (billets) et scripturale ( chèques) se développent.

¨Ces moyens de paiement sont contrôlés par une banque centrale. La banque de France . Jusqu’en 1914, il y a une réelle stabilité monétaire basée sur l’or.

4)La recherche de meilleurs rendements suscite dès 1880 une nouvelle conception du travail.

¨Le vrai bouleversement naît de l’application des méthodes de l’américain Frédérick Taylor. Ingénieur d’une grande entreprise sidérurgique, il décompose le geste de l’ouvrier et l’emploi de son outil afin de mesurer chaque opération. C’est le passage au travail chronométré.

¨Henri Ford va mettre en œuvre dans l’automobile une série d’innovations salariales et productives. H.Ford a testé ceci sur la Ford T qui est un modèle unique pour lequel les pièces sont fabriquées en grande série à Détroit.

¨L’idée de Ford est d’apporter le travail à l’ouvrier au lieu d’amener l’ouvrier au travail ce qui explique la mise en place des chaînes de montage. Il faut ensuite décomposer le travail en une multitude de gestes simples dont on calcule le temps.

¨L’aspect positif est un remplacement facile de la main d’œuvre en raison de l’absence de qualification nécessaire et une stabilité de la main d’œuvre.

¨L’aspect négatif du travail à la chaîne est une main d’œuvre soumise à des cadences infernales malgré la réduction du temps de travail. + un travail aliénant, répétitif et peu intéressant

¨  Ford a eu une politique salariale originale : il a augmenté le salaire journalier tout en réduisant le temps de travail. L’objectif est d’augmenter le pouvoir d’achat des ouvriers et d’écouler sa production.

        1.2: Les effets de la croissance

-C’est l’Europe qui domine le monde au 19ème siècle. Les pays européens sont d’abord les banquiers du monde

L’industrialisation a déclenché l’urbanisation. 3 facteurs créent les villes: l'accroissement démographique + l’exode rural + les migrations internationales.

Plusieurs types de villes se développent: villes champignons des pays noirs + villes portuaires dynamisées par les échanges + métropoles internationales.

Les villes connaissent une concentration horizontale avec une périurbanisation et une concentration verticale avec les immeubles.

Le nouvel urbanisme met en place une ségrégation sociale .

Globalement l’Europe sort du sous-développement et la vie s’améliore avec les biens de consommation et l’accès aux loisirs.

Les inégalités sociales se retrouvent devant la mort, devant l’éducation et dans la pauvreté urbaine
==> la logique capitaliste creuse les écarts de richesse.

       1.3: La croissance connait des inégalités et des crises

¨La croissance est globalement importante pendant toute la période de l'ordre de 1à 2% par an. Le PIB des Etats-Unis quintuple!

¨des fluctuations: De 1850 à 1873: c'est une forte expansion (or, voies ferrées, libre échange) De 1873 à 1896: c'est la crise liée à la crise de la bourse de Vienne. De 1896 à 1929: la croissance est soutenue è 1930 la crise américaine plonge le monde dans la dépression jusqu’à la seconde guerre.

¨Quels sont les facteurs qui stimulent la croissance?

¨Les productions sont de plus en plus diversifiées. Avec ces gains de productivité, les prix peuvent baisser et les consommateurs ont accès à des gammes plus larges.

¨Un nouveau réseau de distribution s’y adapte: les grands magasins

¨Dans les campagnes reculées c'est la vente par correspondance.

¨Nouveaux moyens de transporter plus grande circulation des marchandises et des échanges internationaux vers la mondialisation

¨l'urbanisation galopante engendre des grands travaux.

¨Les découvertes de nouveaux gisements d'or

¨La publicité devient très importante.

¨On peut définir des périodes ou des cycles économiques de deux manières principales:

¨Les cycles longs de 50 à 60 ans composés d'une phase A, d'expansion rapide interrompue par une crise et suivie d'une phase B de croissance ralentie.

¨Le français Juglar préfère voir dans ces cycles, des cycles courts: 7 à 11 ans, composés de croissance, de crise, de dépression et de reprise. Seuls les pays forts résistent.

¨Dans le cadre du développement du libre-échange et du capitalisme, l'Etat intervient le moins possible surtout avant 1914.

¨l'état se contente de protéger les productions nationales en faisant du protectionnisme.

¨l'Etat se contente de prendre en charge les investissements les plus lourds comme les travaux d'aménagement urbains.

¨La première guerre mondiale va imposer l'interventionnisme.

¨Puis la crise de 1930 ralentit l'activité et multiplie le nombre de chômeurs à indemniser. Donc l'état mène une politique de grands travaux et un programme de nationalisations.

¨Les années 20 sont des années folles car elles donnent une image de prospérité alors qu’en réalité les années 20 sont marquées par des déséquilibres croissants et par des problèmes monétaires.

¨la modernisation a provoqué un endettement des agriculteurs.

¨la surproduction devient une tendance chronique qui entraîne la baisse des prix et la constitution de stocks.

¨dans l’industrie, les secteurs de la première révolution industrielle comme le coton et la sidérurgie connaissent des difficultés dues à la concurrence et à la saturation des marchés.

¨Les tensions monétaires s’amplifient suite à la première guerre mondiale: L’inflation ronge les économies européennes et les dévaluations se multiplient+le surendettement de l’Allemagne qui paye les réparations. + la rivalité dollar/ livre fragilise le système monétaire mondial.

¨La spéculation boursière prend trop d’ampleur.

¨Le krach de Wall Street ou «  jeudi noir »: Les banques américaines ont accordé trop de crédits aux consommateurs +la spéculation boursière est devenue incontrôlable.

¨Crise boursière==>crise financière et bancaire==>rapatriement des capitaux étrangers et arrêt des prêts aux industriels ==> crise industrielle avec fermeture d’usines et arrêt du commerce international ==> crise sociale avec le chômage et la misère.

2: Les phases de la croissance depuis 1945

               2.1: Les trente glorieuses

sujet d’étude

               2.2: Le choc des années 70

Le système de Bretton Woods , système monétaire mis en place en 44 n’est plus viable. Les pays exportateurs de pétrole ont pris leur destin en main en créant l’OPEP.

-choc pétrolier en 1973 repris par un autre en 1979 avec une forte hausse du prix du pétrole.
La production industrielle chute , les prix s’envolent, l’inflation est galopante et le chômage apparait.

Les PID ont des balances commerciales déficitaires.

En 1971 le président américain Nixon déclenche une crise monétaire en dévaluant le dollar et rompt la stabilité monétaire. La spéculation monétaire internationale repart.
Pour protéger Wall Street un deuxième marché de 5OOO sociétés de nouvelles technologies, voit le jour: le NASDAQ.

Les crises boursières s’enchainent: 1987, 1991, 1997, 2001, 2007…

Le chômage structurel de masse touche 9% de la population active.

                2.3: Les nouvelles économies

Les économistes se détournent des politiques keynésiennes et de la seule initiative privée.

Le néolibéralisme de Thatcher et de Reagan défend l’économie de l’offre.

Ces politiques de libéralisation expliquent l’explosion des IDE en direction des PID mais aussi des PED. Les capitaux circulent sur toute la planète. C’est la globalisation financière.

Cela provoque une nouvelle hiérarchie des puissances: les pays rentiers du pétrole, les NPIA et les pays émergents. La Chine devient la 2ème puissance mondiale et est originale avec son économie socialiste de marché.

Les écarts se creusent entre pays riches et pays pauvres. Les PMA connaissent encore de vraies crises alimentaires.

3: Les idéologies sont liées au capitalisme et à la mondialisation

          3.1: Le libéralisme défend le capitalisme

Le libéralisme est né en Angleterre au 18ème et a triomphé aux Etats-Unis au 19ème siècle.

Il affirme que la loi du marché , grâce à la concurrence assure le succès des entreprises les plus performantes.

liberté totale du commerce + recherche du profit.

Même face aux crises, il faut « laisser faire » et éviter toute intervention de l’état.

Dans les années 1930, le britannique Keynes dénoncera les failles de la doctrine libérale mais y restera favorable.

Il propose un contrôle de l’initiative individuelle afin de garantir l’harmonie sociale.

          3.2: Le socialisme combat le capitalisme

Les socialistes se révoltent contre la misère ouvrière issue du capitalisme.

Les premiers socialistes sont utopistes car leur société est idéale.

Les anarchistes comme Proudhon veulent abolir l’état , la propriété privée.

Ils réclament une grève générale et les syndicats pourraient devenir la base d’une société sans état. ==> anarcho-syndicalisme qui va jusqu’à la violence.

Le socialisme scientifique ou marxisme de karl Marx et Engels. 1848: parution du manifeste du parti communiste.

Pour eux la production capitaliste repose sur l’exploitation de la classe des prolétaires par la classe des bourgeois.

Le marxisme exige une révolution suivie d’une dictature du prolétariat pour aboutir à une société communiste sans classes sociales.

Pour faire la révolution les ouvriers doivent créer un parti révolutionnaire. ==> 1864 la fondation à Londres de la 1ère internationale des travailleurs. Puis une deuxième en 1889.

Les socialistes français réunis en SFIO derrière Jean Jaurès préfèrent une transformation de la société par des réformes ==> rupture de 1919 entre les communistes de la IIIème Internationale et les socialistes.

Les ouvriers se rapprochent surtout des syndicats.

Le 1er mai 1890 sera la première fête internationale du travail et va montrer le poids que les ouvriers représentent quand ils manifestent.

Le syndicalisme prendra 2 voies: 1) les Trade Unions britanniques ou américains qui militent pour des améliorations concrètes.
2) la CGT , syndicat révolutionnaire qui appelle à la grève générale pour abattre le système capitaliste.

         3.3: L’altermondialisme marque un tournant au 19ème siècle

- Des 1990, la contestation se radicalise dans la société occidentale. Des associations naissent contre la spéculation financière ( ATTAC) , pour défendre l’environnement….

Contestation qui se structure en forums sociaux.

Les ONG se battent avec des moyens importants comme les médias et la publicité.

le commerce équitable garantit le respect des droits fondamentaux et encourage les productions qui respectent l’environnement.

En 1980 le concept de développement durable nait et devient célèbre au sommet de la terre de RIO en 1992 et mettent la couche d’ozone et le réchauffement climatique au coeur des préoccupations.

Les sommets permettent la signature de conventions sur les changements climatiques et sur le respect de  la biodiversité. Tous les pays ne sont malheureusement pas signataires.

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Cours d'Histoire de première

ETUDE DE CAS- LA CROISSANCE DES TRENTE GLORIEUSES

septembre 04
by Catherine Bertin 4. septembre 2011 09:04

Dans le nouveau programme de 1ère, après l’étude de la crise de 29, nous passons à celle des Trente Glorieuses.

A l’aide des documents proposés, vous répondrez à la question générale: Quels sont les aspects de la croissance des Trente Glorieuses?

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Pour ce travail, je vous ai organisé les documents dans un ordre déjà indicateur des deux principaux thèmes à développer, à savoir la forte croissance économique elle-même puis le triomphe de la société de consommation de masse.

Voici la correction de cette étude de cas telle qu’elle a été parfaitement rédigée par Marion, élève en 1S5.
Les Trente glorieuses désignent la période d’une trentaine d’années qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, jusqu’au choc pétrolier de 1973. L’expression vient de l’économiste français Jean Fourastié et fait référence aux trois glorieuses, les trois journées révolutionnaires des 27,28, 29 juillet 1830. Les trente Glorieuses sont une période au cours de laquelle la France, ainsi que de nombreux pays connaissent une forte croissance économique, le plein emploi, l’explosion démographique, l’accroissement du pouvoir d’achat et l’essor de la consommation de masse.
Pourquoi les Trente Glorieuses se caractérisent-elles par une période de croissance économique, et comment entrainent-elles une société de consommation?

Les Trente glorieuses sont des années fastes démographiquement. Le baby boom retardé d’après guerre commence et la population va voir son espérance de vie allonger tout en profitant des innovations technologiques. Découvertes de nouvelles matières synthétiques par exemple, de produits pharmaceutiques. C’est une période d’effervescence scientifique. La qualité de vie s’améliore mais les conditions de travail aussi. Les sociétés semblent heureuses et vivent sans le sentiment de culpabilité  des générations qui ont vécu la guerre. Personne ne parle de conflits de générations! Il faut dire que c’est la période du plein emploi et cette “parenthèse enchantée” permet aux populations d’accéder à la société de consommation, à celle des loisirs aussi.  Donc les Trente glorieuses représentent bien une période de croissance forte et régulière.

En outre, tous les continents sont concernés par cette croissance, même le continent africain. Le graphique nous montre que l’Asie a d’ailleurs connu un vrai  miracle économique. Les deux systèmes, aussi bien capitaliste que communiste profitent de cette croissance. La preuve: le Produit Intérieur Brut mondial augmente de 4,9%. Les innovations majeures se retrouvent dans les énergies avec le nucléaire mais aussi dans les communications avec les l’aéronautique, l’aérospatiale. C’est l’ère de la grande distribution avec des hypermarchés qui remplacent les commerces de détail. Les médias sont en plein essor avec la télévision qui de noir et blanc devient très vite en couleur. Le plein emploi assure les salaires mais les états sont des états-providence qui favorisent la redistribution des richesses. Tout cela a des répercussions sur la structure de la population active. Le secteur primaire recule car l’agriculture s’est mécanisée et on a besoin de moins de main d’oeuvre. Le secteur secondaire se maintient et le tertiaire explose. C’est la tertiarisation de la population active. Le secteur tertiaire est très hétérogène car il englobe des professions libérales, des services au revenus très variés. Il y a de plus en plus de fonctionnaires avec l’état-providence et les services publics de la santé et de l’éducation. Dans les usines, les cadres qui encadrent les ouvriers, deviennent les “cols blancs”.
Donc le baby boom intervient comme un moteur de la croissance: il stimule la production, rajeunit et dynamise la société. Les nouvelles énergies permettent de produire plus, à moindre coût. On invente alors de nouvelles techniques de vente: la publicité, le crédit et le marketting…..

lSuite à cette croissance économique, la consommation de masse triomphe. On entre dans une société d’abondance mais aussi d’individualisme reposant sur le besoin de consommer, comme nous le montre la sculpture de Diane Hanson. Les gens achètent de plus en plus. Les consommateurs deviennent des acheteurs qui gaspillent. Dans le cadre de la grand distribution, les aliments sont emballés dans des matériaux en plastique. C’est une société qui achète, gaspille et pollue. Mais la modernisation fait oublier cette pollution et les sociétés croient en la science. C’est une société de la grande distribution, car la population achète dans les hypermarchés. L’alimentation est variée mais devient de plus en plus sucrée et riche en matières grasses. C’est le début d’une cuisine rapide, toute prête que l’on fait réchauffer dans les premiers micro-ondes. Les femmes commencent à sortir de leur condition de femmes au foyer. c’est le début du féminisme et les revendications sont écoutées.
La société de consommation fonctionne avec le crédit. Les banques multiplient les crédits à la consommation. L’économie des Trente Glorieuses ne peut fonctionner sans ces crédits . Ils encouragent une production de masse qui, à son tour, conduit à une réduction des prix de vente dont bénéficie en fin de compte les consommateurs.La publicité rentre chez les gens grâce à la télévision . Elle est très ciblée suivant le public et les médias. Elle vise notamment les jeunes couples qui ont tout l’avenir devant eux  et qui peuvent consommer encore plus. La publicité attire l’attention des consommateurs sur des produits très ciblés pour eux. Elle est un élément moteur de cette société de consommation.

Pour conclure, la croissance économique, ainsi que la consommation de masse des trente Glorieuses sont remarquables. Durant cette période la société s’est transformée. Le temps d’une génération , les paysans abandonnent leurs boeufs pour des tracteurs. La population voit son niveau de vie augmenter et les femmes entrent massivement dans la vie active. Mais l’avènement du choc pétrolier débouche sur une nouvelle crise économique et sociale. C’est le retour du chômage, la fin du plein emploi, la perte du pouvoir d’achat et la récession économique.

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L’APRES 1945- LES MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

septembre 02
by Catherine Bertin 2. septembre 2011 12:50

Introduction

Dans ces mémoires de la seconde guerre mondiale, nous allons nous intéresser à l'exemple français afin de mieux comprendre ce qui sera la 4ème république. La France est un bon exemple car elle a connu l'occupation et que de nos jours encore le regard des français a beaucoup évolué sur cette période. Certains éléments dépassent le cadre historique et sont parfois devenus des légendes. Le génocide divise encore certains français et l'action de la Résistance n'a pas toujours été bien connue et peut servir d'enjeu politique.

Problématique: quelles sont les difficultés auxquelles les français doivent faire face après la guerre et comment ont-ils perçu l'occupation allemande? Qu'est-ce que l'épuration? Quelles sont les mémoires de cette période?

1: LA FRANCE EST UN PAYS MEURTRI:

      1.1: Une société désorganisée:

Le bilan humain est très lourd puisque 600 000 français qu'ils soient civils ou militaires sont morts. Cela représente 1,5% de la population de 1939.

· Evidemment le chiffre semble moins effrayant que celui de 1918 mais la guerre s'est officiellement arrêtée en 1940 pour la France qui signe l'armistice donc ce sont des civils qui seront touchés avant tout et les femmes ont porté un lourd tribut dans ce chiffre des civils.

· Il faut ajouter le déficit des naissances qui malgré la politique nataliste du gouvernement de Vichy n'a pas retrouvé son niveau de 1936. La France va stagner autour de 40 millions d'habitants.

· Il faut compter avec le retour entre mai et août 1945 de 40 000 déportés raciaux ou politiques qui ont survécu aux camps de déportation et sur 1 million de prisonniers . Les rescapés des camps de la mort sont accueillis à l'hôtel Lutétia à Paris par les services sociaux avant de retrouver leur famille mais il reste le problème des 2,5 millions de réfugiés alsaciens et lorrains qui avaient fui lors de l'exode de 1940 devant les allemands et qui se retrouvent sans foyer après la guerre.

Le pays est économiquement ruiné et le bilan est encore plus lourd qu'en 1918.

· Il suffit de prendre l'exemple du Havre ou de St Nazaire pour rappeler que des villes entières peuvent être rasées par les bombardements et que bien d'autres ont été en partie détruites. Résultat: 1 million de français sont sans abri et c'est 1/4 du parc immobilier français qui a disparu.

· Les difficultés de transports ralentissent la reprise économique puisque les ports, les ponts et les voies ferrées furent systématiquement bombardés.

· Les allemands se sont servis sur les ressources du pays et l'industrie n'a plus de charbon ni de machine-outils. La production industrielle est réduite aux 3/4 de ce qu'elle était avant guerre.

Cela signifie que pour faire face à ses besoins la France doit importer massivement du charbon , des denrées alimentaires et des produits manufacturés de première nécessité. Résultat: sa balance commerciale est déficitaire et elle doit emprunter pour couvrir son déficit public.

· Un tel déséquilibre entre l'offre et la demande alimente l'inflation et le rationnement mis en place pendant la guerre doit se poursuivre jusqu'en 1949. Le marché noir continue, les gens apprennent à cultiver les légumes et à avoir un peu d'élevage sur les balcons et ils continuent à consommer des ersatz donc des produits de substitution.

· Les pénuries alimentaires vont continuer longtemps car l'agriculture a perdu 3 millions d'hectares à cause des combats. Elle est peu mécanisée et elle manque d'engrais et les animaux ont souvent été réquisitionnés ou mangé par les allemands. Les manifestations des " ventre creux" se multiplient et le gouvernement provisoire n'arrive pas à restaurer le marché national si bien que Paul Ramadier, le ministre du ravitaillement est surnommé " ramasse-miette" ou "ramassediète".

      1.2: Une douloureuse période: l'épuration

Le gouvernement provisoire avait prévu que tous ceux qui s'étaient compromis avec l'occupant seraient jugés mais dès la libération , une épuration spontanée, illégale et violente commence.

· Ce sont des tribunaux populaires tout à fait improvisés qui se donnent le droit de juger et donc d'exécuter sommairement les collaborateurs. Les femmes ont souvent servi de boucs émissaires et ont été tondues et humiliées en public. On y retrouve le besoin de se venger des miliciens de Pétain qui ont beaucoup torturé , des délateurs en général mais bien sûr il y aura des excès avec des exécutions qui cacheront des règlements de comptes politiques ou privés.

· Il est difficile d'être sûr du chiffre mais 100 000 personnes seront victimes de cette épuration illégale selon le Comité d'Histoire de la Seconde guerre mondiale et le gouvernement provisoire devra y mettre un terme sous peine de risquer une guerre civile. D'authentiques résistants seront choqués par les scènes de foule auxquels ils assisteront et seront très critiques vis-à-vis de cette justice très expéditive.

La justice va prendre le relais de l'épuration illégale dès l'automne 1944.

· En novembre 1944 est créée une haute cour de justice composée de magistrats professionnels et de membres de l'assemblée consultative. Elle va juger les personnalités du gouvernement de Vichy, à commencer par le Maréchal Pétain qui sera condamné à mort mais gracié par De Gaulle du fait de son grand âge ( 89 ans). Il sera interné au bagne de l'Ile d'Yeu . Pierre Laval, principal ministre de Vichy sera exécuté. Des collaborateurs notoires comme l'écrivain Robert Brasillach et certains hommes politiques seront fusillés.

· Cette épuration légale doit se faire dans les administrations de chaque département avec des enquêtes menées par un comité d'épuration mais les sanctions seront peu nombreuses car l'état ne peut se passer de ses agents.

· L'épuration économique existe puisque les usines Renault qui ont participé à l'effort de guerre allemand sont nationalisées. Mais les cas sont assez rares là aussi.

· De Gaulle est le premier à vouloir rétablir une unité nationale. Son discours sur la place de l'hôtel de ville de Paris le 25 août 1944 en est l'illustration puisqu'il affirme que la France s'est largement investie dans la résistance alors que seulement 3% de la population active seront résistants. Il veut que Vichy soit une parenthèse dans l'histoire de France et il veut éviter les règlements de compte généralisés.

· Au niveau politique le renouvèlement sera sensible en remplaçant tous les parlementaires compromis et inéligibles par des hommes jeunes issus de la Résistance, inexpérimentés et comptant dans leurs rangs 33 femmes.

2 : LES MEMOIRES D’APRES-GUERRE :

      2.1: Les mémoires du génocide:

A la libération, les survivants du génocide ne sont que 6% et ont du mal à raconter et à se faire entendre. Le premier problème est la difficulté de communiquer.

· D'abord les victimes du génocide , donc les juifs et les tsiganes sont assimilées aux victimes de la résistance française. On ne fait pas la différence entre les camps d'extermination et les camps de déportation. Les juifs ont tellement été persécutés pendant la guerre, qu'ils ne tiennent pas à afficher leur spécificité et qu'ils expliquent peu leur calvaire.

· Pour les déportés qui souhaitent témoigner de l'horreur qu'ils ont vécue, peu d'entre eux sont écoutés par leur famille car ils se heurtent au sentiment de culpabilité de ceux qui ont échappé à la déportation. Beaucoup pensent que les mots sont impuissants à raconter l'horreur des camps . Le pays est libéré, renaît, doit se reconstruire donc les récits des survivants ne sont guère écoutés car ils n'ont pas leur place dans le contexte de la libération.

La mémoire de la déportation sera d'abord patriotique avant de devenir la conscience juive du génocide.

· Après la guerre, on ne parle que des déportés d'une façon générale . Cette catégorie unique regroupe toutes les victimes du nazisme et il s'agit de défendre une mémoire patriotique de la déportation. Ce sont des français qui ont été déportés par des allemands et la responsabilité de l'état français est donc gommée. Par exemple le film d'Alain Resnais "Nuit et Brouillard" en 1956 commandé par le "réseau du souvenir" , une association de résistants mêle toutes les catégories de déportés.

· Ce n'est qu'après 1960 que la conscience juive émerge avec en 1961, le procès en Israël d'Adolf Eichmann un haut responsable nazi. Pour la première fois on parle de l'antisémitisme nazi et on condamne cet antisémitisme qui transforme un homme en criminel. L'idée du génocide est pour la première fois évoquée sur la scène internationale. En 1967 lorsqu'Israël est menacée d'anéantissement avec la guerre des 6 jours, le sentiment d'appartenance à la communauté juive se renforce surtout que l'état hébreu remporte cette guerre.

· A partir de 1970, les survivants prennent la parole et réagissent contre le négationnisme qui nie l'existence des chambres à gaz. Des historiens comme Pierre Vidal Naquet se mobilisent et des avocats comme Serge Klasfeld enquêtent pour retrouver les anciens nazis cachés en Amérique u sud. Grâce à eux d'anciens responsables de Vichy comme Jean Leguay, Paul Touvier et Maurice Papon et Klaus Barbie sont arrêtés et jugés.

· Deux lois sont importantes pour montrer l'engagement de l'état français dans cette mémoire: le 30 juin 1990 la loi Gayssot condamne tout propos négationniste et en 1993 une journée de commémoration , tous les 16 juillet , de la rafle du Vel d'Hiv. En 1995 Jacques Chirac alors président de la République reconnaît la responsabilité de l'état français dans le génocide qu'il qualifie de "faute collective". Les familles spoliées seront indemnisées et une fondation pour la mémoire de la Shoah présidée par Simone Veil est créée en 2000.

       2.1: Les mémoires de l'Occupation

L'Occupation est un passé douloureux pour les différentes communautés car les français ont eu des attitudes très différentes pendant cette période. L'historien étudie l'évolution de cette mémoire collective et montre que certains acteurs reconstruisent la réalité en la simplifiant ou en la manipulant.

· Juste après la guerre les résistants sont victorieux mais ils échouent à former un grand parti de la résistance au niveau politique. La guerre froide complique la donne mais “le résistancialisme “l'emporte dans la mémoire collective comme si la majorité des français avaient été résistants pendant l'occupation. Cela va dominer jusqu'en 1960 car la France a besoin d'être héroïque, qu'elle ne veut pas s'interroger sur les responsabilités de chacun dans le régime de Vichy et en particulier sur le problème des juifs en France.

· Le mythe politique se met en place car le parti communiste se présente comme le meilleur représentant de la France résistante et les gaullistes se basent sur l'appel du 18 juin pour défendre leur position. Ils font entrer en 1964 les cendres de Jean Moulin au Panthéon et le Mont Valérien , colline à l'ouest de Paris où 4500 résistants furent fusillés devient un lieu de commémorations.

· Au milieu des années 70, l'évolution de la mémoire est importante car les documentaires montrent de plus en plus l'Occupation comme une guerre civile et prouvent que tous les français n'étaient pas résistants. En 1972 la grâce présidentielle accordée par G. Pompidou à Paul Touvier ancien chef de la milice, provoque un scandale. Mais le président considère que la période de l'Occupation est trop troublée pour trancher. En 1973 l'historien américain Robert Paxton démontre que le régime de Vichy a bien collaboré avec l'Allemagne dans un programme antisémite et xénophobe et par la suite cette version plus complexe de la réalité va entrer dans l'enseignement de l'histoire.

· A partir des années 80, la suspicion va entrer dans la mémoire de l'occupation et on interroge le passé des hommes politiques: François Mitterrand qui travaille sous le régime de Vichy tout en étant résistant doit s'expliquer. Même Jean Moulin sera suspecté de façon absurde d'être un agent du KGB.

· De nos jours il est plus facile de faire ce travail de mémoire car les historiens ont accès à toutes les archives et on a plus de recul sur la période. D'une manière générale la période de l'occupation reste un enjeu de mémoire puisque l'enseignement de cette période est complété par des mises en valeur de témoignages, avec les débats que les anciens déportés peuvent mener dans les écoles, avec le concours national de la résistance chaque année dans les collèges et les lycées, avec des symboles comme en mai 2007 Nicolas Sarkozy venant se recueillir sur le plateau des Glières là où un maquis de haute Savoie fut décimé par les allemands et la milice en 1944, avec la lecture de la dernière lettre de Guy Môcquet , ce jeune résistant communiste fusillé en 1941.

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Cours d'histoire de terminale

FICHE D’AUTO-EVALUATION DE LA COMPOSITION EN HISTOIRE OU GEOGRAPHIE

septembre 01
by Catherine Bertin 1. septembre 2011 13:50

Cette fiche réunit les principaux critères dont le correcteur tiendra compte pour noter vos copies. En vérifiant si tous ces points sont respectés, il y a possibilité d'améliorer très vite la technique d'écriture d'une composition d'histoire ou de géographie.

1/ JE VERIFIE MON EXPRESSION ET MA PRESENTATION

  • J'écris lisiblement
  • J'ai respecté la marge; elle est suffisamment large.
  • Mon orthographe des noms communs et des noms propres est correcte
  • Je n'ai pas utilisé d'abréviations sans les justifier.
  • J'ai fait attention aux majuscules qui sont utilisées à bon escient.
  • Ma copie est présentée sous forme de plusieurs paragraphes.
  • Mes phrases contiennent un sujet, un verbe et un complément; elles sont simples mais j'ai bien respecté la syntaxe.
  • J'ai ménagé des paragraphes de transition.

2/ MON INTRODUCTION

  • J'ai explicité les termes du sujet.
  • J'ai fixé les limites chronologiques et spatiales du sujet.
  • J'ai annoncé la problématique.
  • J'ai annoncé mon plan.
  • Mon introduction ne dépasse pas une demi-page.

3/ MON PLAN

  • Si j'ai un sujet de type évolutif, mon plan est chronologique.
  • Si j'ai un sujet de type comparatif, mon plan est comparatif.
  • Si mon sujet est une question, mon plan est dialectique.
  • Dans les autres cas, mon plan est thématique.
  • Mon plan répond à la question posée par le sujet.
  • Mon plan a deux, trois parties au maximum.
  • J'ai suivi dans le développement le plan annoncé dans l'introduction.
  • Chaque partie ne traite bien que d'un seul thème.
  • Chaque thème est illustré par un exemple précis.
  • Chaque partie compte environ le même nombre de lignes.

4/ LA CONCLUSION

  • Ma conclusion commence par faire le bilan.
  • Ma conclusion élargit le sujet.
  • Ma conclusion ne dépasse pas une demi-page et est plus courte que l’introduction.

5/ LES CONNAISSANCES

  • J'ai cité des faits précis, des dates etc....
  • J'ai bien explicité toutes les notions importantes du sujet.
  • J'ai des connaissances suffisantes sur ce sujet.
  • En géographie, j’ai intégré 1 ou 2 croquis à main levée que j’ai intégrés à mon argumentation et dont la légende alimente mon argumentation.

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Méthodologie

L’EPREUVE D’HISTOIRE-GEO AU BAC STG ET STSS

septembre 01
by Catherine Bertin 1. septembre 2011 11:21

Il s'agit d'une nouvelle épreuve écrite qui a été définie par le Bulletin Officiel du 4 et du 25 janvier 2007.

Cette épreuve dure 2h30 et compte pour un coëfficient 2

Elle comporte deux parties, comptant chacune pour un nombre de points identique. Elle porte sur les programmes d'histoire et de géographie de la classe terminale mais elle évalue les capacités acquises tout au long de la scolarité. Cela implique que les deux parties de l'épreuve questionneront l'histoire et la géographie. Donc il faut connaître l'ensemble du programme pour avoir une note satisfaisante

La première partie porte sur les questions obligatoires du programme d’histoire et du programme de géographie.

elle consiste en une série de 5 à 7 questions à réponse courte. Cette partie de l'épreuve amène le candidat:
- à caractériser un espace, une période, un évènement, une situation ou un personnage. - à citer des acteurs.
- à justifier une affirmation en proposant ou choisissant des arguments. - à localiser ou à compléter un croquis.
- à proposer ou à choisir des dates-clés ou des périodes clés d'une évolution. - à proposer ou à choisir une définition pour une notion.

C'est la première partie qui permet véritablement d'évaluer vos connaissances sur l'ensemble des questions obligatoires et sur 6 questions obligatoires, il faut s'attendre à un équilibre entre 3 questions d'histoire et 3 de géographie. Il est donc nécessaire de ne pas faire l'impasse sur une des questions obligatoires du programme car toutes les questions seront évaluées.

La seconde partie: elle porte sur les sujets d'étude au choix du programme d'histoire et du programme de géographie. Elle consiste en un exercice qui porte sur 1 ou 2 documents. Des notes explicatives peuvent éclairer les documents et des questions guident le candidat. *4 exercices sont proposés au choix du candidat, qui en traite un et un seul. Les 4 exercices correspondent à 2 thèmes généraux du programme d'histoire et à 2 thèmes généraux du programme de géographie. * Cette partie de l'épreuve amène le candidat:- à dégager l'apport d'un document à la connaissance d'une question figurant dans les programmes ou à la compréhension d'une notion. - ou à mettre en relation deux documents, pour en dégager les points communs, les différences, les oppositions et les complémentarités.

Le nombre important d'exercices qui vous sont proposés s'explique par le fait qu'à chaque question obligatoire du programme sont associés 2 sujets d'étude dont 1 seul n'aura été étudié en classe. Sur les 4 exercices proposés, 2 porteront sur un sujet d'étude d'un même thème et les 2 autres sur un autre thème. Le sujet sera donc choisi en fonction du sujet d'étude étudié en classe.

Quelle évaluation? La note obtenue est une note globale appréciant le travail effectué pendant l'année dans les deux matières. L'évaluation porte sur les connaissances mais aussi sur les aptitudes à raisonner, à argumenter, à répondre à la problématique. La qualité de l'orthographe et de l'expression écrite ne sont donc pas à négliger. Les deux parties obtiendront 10 points chacune .

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Bac

LES RELATIONS INTERNATIONALES DE 1946 A NOS JOURS

août 26
by Catherine Bertin 26. août 2011 11:20

Il s’agit du premier thème d’histoire des terminales STG. Ce chapitre sera plus particulièrement consacré à ce que l’on a baptisé La guerre froide.

Problématique : pourquoi et comment la guerre froide va-t-elle débuter ? comment l’Europe sera-t-elle au cœur des crises de la guerre froide ? Comment l’Europe actuelle va-t-elle naitre et s’élargir avec l’effondrement du communisme et des démocraties populaires ?

1 : LA GUERRE FROIDE ,C’EST LA MISE EN PLACE D’UN MONDE BIPOLAIRE

              A) La guerre froide est une opposition idéologique

A la mort du président Roosevelt, c’est Truman qui préside aux destinées des Etats-Unis. Après avoir obtenu la capitulation du Japon, il va véritablement définir une doctrine idéologique qui à partir de son discours de 1947, marque la rupture définitive avec l’Union des républiques socialistes soviétiques.

La doctrine Truman défend l’idée que les Etats-Unis sont une démocratie libérale où fonctionne le pluripartisme politique. Leur constitution garantit la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Elle reprend les libertés fondamentales et individuelles ainsi que la propriété privée. L’économie est fondée sur la libre-entreprise et le capitalisme.
Les Etats-Unis sont prospères à l’époque puisqu’ils n’ont pas souffert sur leur sol de la guerre et c’est ainsi que l’American Way of Life fait rêver les autres peuples.

Elle s’oppose à l’autre modèle alors possible, celui de l’URSS de Staline. La doctrine Truman présente l’URSS de Staline comme une dictature communiste.

L’Union soviétique est dirigée par un parti unique : le PCUS, dont les structures se confondent avec celles de l’Etat. L’opinion publique y est fortement surveillée par la police politique et la presse est censurée par le régime stalinien. L’économie est collectivisée et planifiée. L’art officiel et la presse servent de propagande.
L’URSS bénéficie d’une certaine sympathie en Europe en raison de son rôle dans l’écrasement du nazisme car ce sont les nationalistes et les résistants communistes qui ont activement participé à la libération de l’Europe.

Truman veut défendre le monde libre. Donc c’est une vocation universelle, démesurée. Les Etats-Unis deviennent les gendarmes du monde ce qui sous-entend que leur vocation vise à étendre le système libéral américain partout dans le monde.

B/ Les deux blocs se forment pour aboutir à un monde bipolaire

De 1946 à 1948, Staline étend son influence en Europe orientale. Des gouvernements communistes s’installent en Bulgarie, Pologne, Hongrie, Roumanie en occupant les postes-clés et en éliminant les autres partis politiques.
Ils usent de promesses ou de campagnes d’agitation comme en Tchécoslovaquie en février 48 avec le coup de Prague pour mettre en place les démocraties populaires. Celles-ci sont des satellites de l’URSS qui forment le bloc à l’est du rideau de fer défini par Churchill.

Truman va proposer une aide économique aux peuples libres. C’est le Plan Marshall. Le 5 juin 1947 devant les étudiants d’Harvard, le secrétaire d’Etat Georges Marshall propose une aide généreuse de très grande envergue à tous les européens. Il entend la destiner à tout le continent mais il ajoute une terrible condition : une coordination économique entre les pays bénéficiaires. Donc Staline la refuse et le plan Marshall se limitera à l’Europe occidentale capitaliste. Il sera négocié avec 16 pays occidentaux et sera voté par le Congrès le 12 avril 1948. Finalement 13 milliards de dollars ont été répartis sur 4 ans principalement sous forme de dons. Tous ces pays vont garder une véritable reconnaissance politique à l’égard des Etats-Unis et une solidarité naît de part et d’autre de l’Atlantique. L’atlantisme est né.

L’URSS ne pourra pas proposer une telle aide financière mais elle englobera dans une zone de libre-échange économique les démocraties populaires qui ne pourront échanger qu’avec l’URSS. C’est le Conseil d’Assistance Economique Mutuel ( CAEM ou COMECON).

Les américains appliquent la stratégie de l’endiguement. C’est la rupture et la formation de deux blocs qui ont leurs réseaux d’alliance . Par exemple les Etats-Unis concluent des alliances régionales défensives contre l’URSS en Asie, au Moyen-Orient avec le Pacte de Bagdad en 1955. L’URSS soutient, quant à elle, les partis révolutionnaires et les mouvements indépendantistes. A partir de 1947 l’ensemble des partis communistes du monde adhèrent au Kominform, base de renseignements de Moscou.
Les deux blocs s’engagent dans une course aux armements , une compétition scientifique dans la recherche atomique et spatiale. Les Etats-Unis s’appuient sur leur alliance militaire l’OTAN et les soviétiques sur le Pacte de Varsovie.

       C : Les crises de la guerre froide

L’Allemagne est divisée en 4 zones d’occupation et Berlin en 4 secteurs. Les deux blocs sont symbolisés par le « rideau de fer » qui est tombé sur l’Europe, selon l’expression de Churchill. Dans leur zone, les soviétiques posent les bases d’un état communiste : nationalisation de l’industrie et réforme agraire. En 1946, les Etats-Unis proposent aux français et aux anglais la fusion économique des zones occidentales. Après le coup de Prague de février 48, les occidentaux décident d’accélérer la reconstruction de leurs zones, constituant la trizone, pour y faire barrage au communisme en ramenant la prospérité. En juin 48, ils créent une nouvelle monnaie, le deutsche Mark et rédigent un projet de constitution pour former une république pro-occidentale.

Berlin est la première grande crise de la guerre froide car on aboutit au blocus de la ville. Berlin ouest se trouvant enclavée dans la zone soviétique, la ville est véritablement en état de siège par le blocus soviétique. On voit que pour ravitailler la ville, les Etats-Unis mettent en place un pont aérien mais comme en mai 1949, les occidentaux n’ont pas cédé, Staline lève le blocus.

L’Allemagne va être divisée. Le 23 mai 1949 naît à l’ouest la république fédérale d’Allemagne et le 7 octobre 1949 la zone soviétique devient la république démocratique allemande. Berlin, au cœur de la RDA, reste divisée en deux. La RFA choisit une nouvelle capitale : Bonn.
Mais cela n’empêche pas les allemands de l’Est de vouloir passer massivement à l’ouest, rêvant de liberté et d’un meilleur niveau de vie. En 1961, pour stopper l’évasion des allemands de l’est vers l’ouest, la RDA construit le « mur de la honte » qui coupe définitivement la ville en 2.

Autres crises importantes….

En Corée, nous retrouvons les deux Grands mais dans un pays éloigné. La Corée était coupée en deux depuis 1945 avec au Nord, la Corée communiste et au sud la Corée capitaliste.

La Chine depuis 1949 a mené sa révolution communiste avec Mao tsé toung et soutient la Corée du Nord.
Le 25 juin 1950, les troupes nord-coréennes envahissent la Corée du sud. L’ONU condamne l’agression et invite les membres à aider militairement la Corée du sud. Sous le commandement de Mac Arthur, le vainqueur du Pacifique, les américains fournissent l’essentiel des troupes qui entament une guerre de 3 ans qui fer 1 400 000 morts et qui verra ensuite l’invasion de la Corée du Nord. Finalement la situation se stabilisera en 1953 après la mort de Staline et le 38ème parallèle servira de frontière.

A Cuba, île de la mer des Caraïbes, Fidel Castro chasse le dictateur pro-américain Batista en 1959 et lance une réforme agraire. Faisant face à l’hostilité des Etats-Unis qui imposent un blocus économique, il se rapproche des soviétiques. Les américains organisent un débarquement de cubains anticastristes dans la baie des Cochons en avril 1961 mais cette tentative échoue et Fidel Castro obtient de l’URSS des missiles nucléaires. Kennedy a la preuve en octobre 1962 que l’installation des missiles est en cours. Considérant que la sécurité américaine est menacée il rétablit le blocus de Cuba et annonce l’arraisonnement de tout navire soviétique qui tenterait de passer. Mais Khrouchtchev cède et rappelle les cargos. Il promet de retirer les missiles déjà en place et les Etats-Unis promettent de renoncer à toute tentative contre Castro.

La guerre du Vietnam fait penser à la crise coréenne car le Vietnam est aussi un nouveau pays séparé en deux morceaux soutenus par les américains ou les soviétiques. Les communistes au Vietnam du Nord sont soutenus par les soviétiques et les chinois et ils s’affrontent aux libéraux du Vietnam du sud soutenus par les américains. Les américains vont s’impliquer lourdement , menant 10 ans de guerre, envoyant 550 000 soldats , bombardant massivement le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Finalement les américains devront se retirer en signant les accords de paix de Paris en 1973.

2: De la coexistence pacifique au nouvel ordre mondial 

          A: 1962-1975: La détente

Concrètement, dans les années 1950, l’URSS a rattrapé les Etats-Unis dans le domaine nucléaire. Elle dispose de la bombe A en 49 et de la bombe H en 1953. L’URSS devance les Etats-Unis dans le domaine spatial avec le lancement de Spoutnik 1 en avril 1957. En 1959, la sonde Luna 3 se pose sur la Lune.
Les Etats-Unis se sont contentés de leurs super bombardiers B52 et de leurs nombreuses bases militaires dispersées à travers le monde. Les soviétiques se sentent encerclés donc ils ont misé sur des fusées à longue portée. De plus le temps des préavis d’attaque est réduit à 30 minutes avec les missiles soviétiques. Les Etats-Unis se lancent alors dans la course aux armements et construisent les sous-marins nucléaires lance-missiles que l’on ne peut repérer et qui sont dotés de missiles à moyenne portée. Les américains renforcent aussi leur armement classique afin de faire face au Pacte de Varsovie. Partout l’arme nucléaire prolifère : le Royaume-Uni dispose de la bombe A en 1951, la France en 1964 ainsi que la Chine. Puis le Royaume-Uni aura la bombe H en 57, la Chine en 67 et la France en 68.

==> Finalement les deux Grands trouvent la voie de la coexistence pacifique en limitant leurs armements nucléaires avec le traité de Moscou en 1963 qui interdit les essais dans l'atmosphère puis en 67 avec le traité de dénucléarisation des fonds marins et de l'espace cosmique et surtout les accords de limitation des armes nucléaires , SALT I en 1968 puis SALT II en 1972. Brejnev et Nixon reconnaissent l'égalité des deux pays en capacité de destruction réciproque et gèle en partie les armements stratégiques.

De vraies relations diplomatiques s'installent entre les deux Grands: 

En 1963 les deux Grands ont mis en place le téléphone rouge entre le Kremlin et la Maison Blanche. En 1973, le président Nixon est en visite officielle en URSS et en 74 c'est Brejnev qui se déplace aux Etats-Unis.

Des accords politiques sont prévus pour éviter tout conflit: le nouveau chancelier Willy Brandt inaugure l'Ostpolitik une détente avec l'Europe de l'Est. Même s'il n'est pas question d'envisager la réunification des deux Allemagnes les négociations sont possibles et les représentants permanents, sortes d'ambassadeurs s'installent dans les deux Allemagnes. Chacune est acceptée à l'ONU en 73. 
En 1975 Brejnev et Ford signent les accords d'Helsinki en Finlande qui reconnaissent l'inviolabilité des frontières européennes et reconnait à chaque état son indépendance politique. Chaque signataire adhère au respect des droits de l'homme et à la garantie des libertés fondamentales.

Le développement des échanges commerciaux entre les deux blocs se renforcent.  En 1972 un traité de commerce américano-soviétique fait que l'URSS reçoit des produits agricoles et de haute technologie en échange de son pétrole et de son gaz. La coopération va jusque dans l'espace avec des échanges d'informations qui aboutissent à la rencontre de deux capsules habitées dans l'espace.

==> le processus de détente impose de nouvelles règles de jeu: les deux super-grands renoncent à intervenir dans les sphères d'influence du camp adverse mais elle n'exclue pas les conflits localisés par alliés interposés. La détente n'évite pas les fissures dans les blocs puisque la réussite de la CEE ouvre une nouvelle voie à l'Europe occidentale indépendamment des américains et que le général De Gaulle quitte le commandement intégré de l'OTAN.  A l'Est, la Chine de Mao se démarque de l'URSS et les démocraties populaires contestent l'hégémonie soviétique et le communisme. 

       2.2: La reprise des tensions

La détente avait atteint son apogée dans les années 70 mais elle se trouve déstabilisée par les effets conjugués de la crise pétrolière de 73, le désordre monétaire et la multiplication des conflits. 

Dans les années 80 on retrouve des conflits entre guerillas communistes et anticommunistes soutenues par les deux Grands en Afrique. Ex: Mozambique, Angola et en Amérique Latine, comme au Nicaragua ou au Salvador.

Profitant de la faiblesse des Etats-Unis après sa guerre au Vietnam, les soviétiques envahissent en 79 l'Afghanistan. Les Etats-Unis répliquent en armant les rebelles afghans , les Moudjahiddin. Les soviétiques s'épuisent dans la lutte interminable contre une guerilla insaisissable dans les montagnes.

Depuis 1981 Ronald Reagan est président des E.U et il déclare "America is back" donc l'Amérique est de retour. Il reprend la course aux armements car l'URSS est accusée d'être l'empire du mal. De nouveaux missiles sont installés par les deux camps en Europe  (SS20 et Pershing). Les E.U développent des programmes anti-missiles c'est le début de la guerre des étoiles en 1983. Ils se dotent d'un bombardier furtif le B-2. 

==> un regain de tension, une guerre fraîche s'installe dans laquelle l'URSS s'épuise financièrement et où elle épuise économiquement le pays.

      2.3: Les difficultés du bloc communiste et son effondrement

Les revendications s'accentuent dans les démocraties populaires.

Par exemple en Pologne, Lech Walesa créé un syndicat Solidarnosc à la suite d'une importante grève aux chantiers navals de Gdansk. Il sera emprisonné entre 81 et 82 et recevra le prix nobel de la paix en 1981. 

L'accident nucléaire de tchernobyl en 1986 est la preuve qu'il ne s'agit pas que d'une catastrophe localisée à une centrale nucléaire provoquant au moins  50 000 décès selon les estimations! C'est la preuve de la récession économique de l'URSS aux yeux du monde entier. En effet la guerre en Afghanistan et la course aux armements sont des dépenses trop lourdes pour l'économie soviétique qui est de moins en moins performante. La population souffre de pénuries du fait de la priorité donnée aux dépenses militaires. Les retards technologiques s'accentuent.

Tout change au kremlin lorsque Mickael Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985. Dans sa nouvelle vision des relations internationales, il juge la course aux armements improductive, coûteuse et la prolifération nucléaire dangereuse, pour assurer la paix dans un monde multipolaire. Il abandonne donc la vision bipolaire du monde. Il abandonne aussi la politique impérialiste puisque la décolonisation est achevée. 
Les relations est-Ouest peuvent se normaliser et le désarmement peut commencer. C'est le retrait des troupes d'Afghanistan en février 89.
A l'intérieur du pays il prône la glasnost ( la transparence) sur le fonctionnement du régime et la pérestroïka  (la rénovation) ce qui encourage aux réformes dans le pays. Une économie de marché devient concevable, le parti n'est plus unique et la liberté de la presse est respectée.

Cet élan réformateur explique l'automne des peuples et la fin du communisme en Europe de l'est. Les signes d'ouverture donnés par Gorbatchev encouragent les populations des démocraties populaires à revendiquer plus de libertés auprès de leur gouvernants. La Pologne à l'été 88 évolue vers la démocratie libérale. A l'automne 89, la Hongrie ouvre sa frontière vers l'Autriche et la première brèche dans le rideau de fer. Le 9 novembre 89 après des semaines d'énormes manifestations, la population de Berlin Est ouvre une brèche dans le mur: cet acte symbolique a un retentissement mondial et signe la fin du régime communiste de la RDA. La réunification se fera en 1990. A la fin de l'année 89, les autres démocraties populaires connaissent des révolutions ou des transitions en douceur et gagnent leur indépendance et abandonnent le communisme.

L'ouverture démocratique voulue par Gorbatchev réveille les volontés d'indépendance nationale des républiques qui constituaient l'URSS. Russie et états baltes proclament leur indépendance en 1990. En Russie, une tentative de coup d'état des conservateurs soviétiques qui voulaient rétablir le régime antérieur échoue et le parti communiste est définitivement interdit en 1991. C'est la naissance de la communauté des états indépendants ( CEI) . En décembre 91 Gorbatchev démissionne et c'est la fin officielle de l'URSS. Une partie des républiques qui la composaient forment la CEI autour de la Russie. 

Mais en conclusion, la fin du monde bipolaire marque aussi le réveil des tensions nationalistes et le nouvel ordre mondial qui se met en place devra, avec les Etats-Unis comme gendarmes du monde, affronter de multiples zones de tension et un nouvel arc des crises, celui des Balkans. 

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cours de terminales STG

CROISSANCE ET MONDIALISATION DEPUIS 1850 A NOS JOURS

août 23
by Catherine Bertin 23. août 2011 12:50

INTRODUCTION

Ce premier chapitre porte sur un espace géographique mondial mais où l'Europe est au coeur de la domination économique, rejointe par les Etats-Unis d'Amérique au début du 20ème siècle.

Chronologiquement , on démarre avec la seconde révolution industrielle et on va jusqu'à nos jours. C'est la croissance par phases différentes et successives qui nous intéresse mais aussi les périodes de rupture avec des périodes de dépressions mais aussi de grandes crises économiques.

Problématique: quels sont les moteurs , les acteurs et les effets de cette croissance exceptionnelle?

Comment l'économie mondiale évolue t-elle entre périodes de forte croissance et périodes de crises?

Comment les hommes pensent-ils cette nouvelle économie?

1: LA CROISSANCE ET LES CRISES DE 1850 A 1945:

1.1: Les moteurs et les effets de la croissance

Ø Les révolutions industrielles du 19ème siècle portent sur des secteurs clés . Il y avait eu les inventions de la 1ère révolution industrielle qui entre 1800 et 1850 avaient découvert une nouvelle forme d’énergie la machine à vapeur et surtout le charbon. Le charbon était devenu alors «  le pain de l’industrie ». C’est la matière première pour les machines à vapeur ; il est utilisé dans la métallurgie pour l’alimentation des hauts fourneaux en remplacement du charbon de bois. Ainsi l’Allemagne met en valeur ses vastes gisements, notamment dans la Ruhr. Ainsi la sidérurgie et la métallurgie prennent le relais du textile vers 1850. La production augmente grâce en particulier à la fabrication d’un acier plus solide. Parallèlement à cela le textile avait fait un bond en avant avec le Factory system mis en place à Manchester et qui permet par des filatures mécaniques d’accroitre considérablement les rendements et aux anglais d’inonder le monde de leurs cotonnades.

· La fée électricité : L’électricité joue un grand rôle. Magnifiée à l’exposition internationale de Paris en 1881, l’électricité est l’innovation majeure. Elle est la base d’un nouveau système technique avec une série d’inventions comme la dynamo de Gramme, l’alternateur, le transformateur et le moteur électrique, et elle permet de fournir une énergie et un éclairage continus. La vie quotidienne est modifiée avec l’éclairage public et privé, les appareils ménagers et quelques applications industrielles. C’est ainsi qu’en Allemagne Siemens développe les tramways électriques et la construction de matériels électriques. En France, l’électrochimie et l’électrométallurgie fondent de nouvelles industries. Edison ouvre une ère nouvelle grâce à l’exceptionnelle créativité de son laboratoire. Inventeur et homme d’affaires, il fonde en 1888 l’Edison General Electric Company l’une des premières grandes multinationales qui annonce l’éclosion de la puissance industrielle américaine.

· Les nouveaux matériaux favorisent l’essor de la chimie : Le système Bessemer est un modèle de convertisseur de la fonte liquide en acier par réduction de la quantité de carbone . Il ramène l’opération de 10 jours à 10H et permet de produire en une fois 5 tonnes d’acier au lieu de lingots de 20kgs. Le four Siemens-Martin est un four ouvert qui permet l’utilisation de charbons médiocres et de ferrailles dans la fabrication de l’acier. Avec ces deux systèmes les prix baissent et la production devient massive sur de brefs délais. La mise au point d’aciers spéciaux permet d’adopter le rail en acier, et la construction navale ne va plus faire de coques en fer. La chimie est un secteur porteur car les innovations vont se diffuser dans de nombreux secteurs d’activité : dans le textile avec la soie artificielle, le nylon ; de nouveaux matériaux comme la celluloïd, la bakélite et dans les industries pharmaceutiques avec l’aspirine . L’alimentation est également concernée par ces nouveautés : Plusieurs marques débutent comme la farine lactée Nestlé (1867), le Coca-Cola( 1886), le petit beurre Lu (1886) et les arômes Maggi ( 1890). C’est l’essor de l’appertisation donc les boîtes de conserves, puis des techniques de congélation et de lyophilisation. L’alimentation s’industrialise.

Ø Un deuxième moteur est lié à l’évolution des moyens de transport.

·      Le rôle des moyens de communications avec le chemin de fer qui stimule les échanges entre les régions. La fin du 19ème siècle voit la densification du maillage ; en 1900, 28% se situent en Europe occidentale, 45% en Amérique du Nord. L’expansion ferroviaire concerne aussi la Russie avec la construction du Transsibérien en 1891. Les liaisons interocéaniques s’accroissent également avec les steamers qui remplacent les clippers. L’ouverture du Canal de Suez en 1869 puis celui de Panama en 1914 améliore considérablement le transit maritime. Enfin, la pose de câbles télégraphiques sous-marins permet des relations quasi-instantanées qui décloisonnent le monde. Les liaisons transmanche sont établies en 1852 et les communications transatlantiques en 1866. L’acheminement d’une nouvelle entre l’Europe et les Etats-Unis passe de plusieurs jours à quelques minutes.

· Les moyens de communication se modernisent : Daimler fait mouvoir un véhicule avec un moteur à explosion en 1885 et commence l’ère de l’automobile, tandis que les frères Wright inaugurent le premier vol en biplan en 1903, débutant l’ère de l’aéronautique. Les automobiles , produits de luxe, se standardisent avec la Ford T d’Henri Ford. Ces véhicules plus modestes sont destinées à des classes moyennes. A partir de 1920, l’aviation civile se développe grâce aux bimoteurs utilisés par les premières compagnies aériennes se jouant des frontières pour transporter voyageurs et courrier. La communication orale avance à pas de géant avec l’invention du téléphone par Bell en 1876 qui reste peu utilisé en Europe par rapport aux USA. Les premiers essais de détection des ondes par Branly et de télégraphie sans fil par Marconi annoncent la radio. Les premières stations d’émission datent de 1920.

· Un troisième moteur de la croissance est le passage d’atelier de fabrication à des usines de production industrielle.

· Jusqu’à la fin du 18ème siècle en dehors des manufactures, ce sont les ateliers d’artisans qui dominent. Ce sont des travailleurs indépendants ou des travailleurs pour un marchand fabricant comme dans le textile.

· Le développement de la machine impose des activités dans des locaux vastes et un fonctionnement continu.

· Il y a uniformisation de la production ,division du temps. Cela implique l’usine avec une plus grande concentration industrielle.

· L’avantage est celui d’ouvriers hautement qualifiés et le côté négatif est la présence d’une main-d’œuvre féminine et enfantine sous payée.

Puis la concentration des entreprises devient nécessaire pour regrouper plus de capitaux, pour augmenter les capacités de production, pour contrôler le larges parts de marchés. Les firmes naissent par absorption ou fusion de sociétés.

· La concentration peut être verticale, par intégration en amont ou en aval d’une activité ou horizontale par regroupement d’entreprises du même secteur ou de branches proches.

· C’est aux USA et en Allemagne avec les konzerns que le mouvement prend le plus d’ampleur. Le regroupement des sociétés permet à quelques trusts de monopoliser tout un secteur.

· En Europe on préfère jusqu’en 1945 le système des cartels qui sont des ententes réalisées entre des entreprises d’une même branche pour limiter ou supprimer la concurrence. Leur objectif est de résister à la baisse des prix avec un moyen de contrôle sur les ventes

Jusqu’au début du 19ème siècle, le développement économique ne nécessitait pas de gros capitaux : l’autofinancement d’origine familiale suffisait et l’épargne était avant tout placée sans risques dans les terres. Mais le machinisme a un coût important et la taille croissante des entreprises nécessite des capitaux de plus en plus importants. Le développement des réseaux ferrés est également coûteux et l’amortissement est lent ; il faut faire appel à l’épargne privée et au rôle de l’état. A partir de 1840 les besoins en communications augmentent , donc l’économie va s’organiser pour capter et redistribuer les fonds :

· A côté des banques d’affaires (Rothschild) qui placent leurs fonds propres et investissent à haut risque en spéculant sur les cours de la bourse , se développent les banques de dépôts qui gèrent l’épargne des particuliers et effectuent des prêts. (ex : Frères Pereire, Crédit Foncier en 1853, le Crédit Lyonnais en 1863).

· Aux entreprises familiales succèdent les sociétés anonymes dont le capital est constitué par l’émission d’actions, d’obligations qui sont échangées en bourse. Les actions sont des parts à revenus variables du capital des sociétés, capital qui est divisé. La division des emprunts des entreprises en parts à revenus fixes constitue les obligations. Les bourses connaissent des flambées spéculatives chroniques en 1875, 1929

· La masse monétaire augmente pour répondre à la croissance de l’activité : plus d’extraction de métaux précieux; les monnaies fiduciaire (billets) et scripturale ( chèques) se développent. Ces moyens de paiement sont contrôlés par une banque centrale. La banque de France avait été créée en 1800. Jusqu’en 1914, il y a une réelle stabilité monétaire basée sur l’or. La guerre entraîne le déclin de la livre et l’émiettement monétaire.

· Le quatrième moteur de la croissance est l’amélioration de la productivité

La recherche de meilleurs rendements suscite dès 1880 une nouvelle conception du travail. Le vrai bouleversement nait de l’application des méthodes de l’américain Frédérick Taylor. Ingénieur d’une grande entreprise sidérurgique, il décompose le geste de l’ouvrier et l’emploi de son outil afin de mesurer chaque opération. Il peut ainsi économiser du temps et les mouvements du travailleur. C'est le passage au travail chronométré avec des cadences de rendement.

· Aux USA l’après-guerre est dominé par un objectif économique majeur : l’amélioration de la productivité. Henri Ford va mettre en œuvre dans l’automobile une série d’innovations salariales et productives. H.Ford a testé ceci sur la Ford T qui est un modèle unique pour lequel les pièces sont fabriquées en grande série à Détroit. En divisant le temps de fabrication par 4, Ford en produit plus de 15 millions en 1927 et peut abaisser son prix: de 950 dollars au départ, elle passe à 360 dollars. L’idée de Ford est d’apporter le travail à l’ouvrier au lieu d’amener l’ouvrier au travail ce qui explique la mise en place des chaînes de montage. Il faut ensuite décomposer le travail en une multitude de gestes simples : il faut placer, fixer, visser. Il faut aussi contrôler le temps pour effectuer chaque tâche : «  l’homme ne doit pas avoir une seconde de moins qu’il ne faut, ni une de plus ».

· Les aspects positifs sont :- un remplacement facile de la main d’œuvre en raison de l’absence de qualification nécessaire et une stabilité de la main d’œuvre.

· Mais il y a des aspects négatifs : - une main d’œuvre soumise à des cadences infernale malgré la réduction du temps de travail.
- un travail aliénant, répétitif et peu intéressant comme le montre le film «  les temps modernes » de C. Chaplin.

·   Ford a eu une politique salariale originale : il a augmenté le salaire journalier à 5 dollars au lieu de 2 ou 3 dollars, tout en réduisant le temps de travail de 9H à 8H par jour et à encourager les ouvriers à participer aux bénéfices. L’objectif est d’écouler la production massive grâce à l’augmentation du pouvoir d’achat.

         1.2 : Les effets de la croissance :

Cette croissance économique sans précédent a des effets sur la répartition de la puissance économique des différents pays, sur l’organisation de la société et sur l’amélioration des conditions de vie

· Au 19ème siècle, c’est l’Europe qui domine le monde car elle domine les échanges internationaux et qu’elle exploite le reste de la planète par ses empires coloniaux. Les pays européens sont les banquiers du monde. Les nouvelles puissances sont déjà les Etats-Unis, la Russie et le Japon.

· L’industrialisation a déclenché l’urbanisation de l’Europe .L’industrialisation inverse le rapport entre ruraux et citadins. Les grandes agglomérations ont un poids nouveau, suivent l’avancée du rail et deviennent tentaculaires.

La croissance des villes est due à 3 facteurs:

1)L’entrée des états européens dans la transition démographique. L’accroissement naturel s’accentue.

2)l’exode rural avec des campagnes touchées par le machinisme et fragilisées par la grande dépression de 1873. Aux Etats-Unis c’est même une expansion pionnière.

3) les migrations internationales . Le meilleur exemple étant  New York.

· Plusieurs types de villes se développent:

· 1) les villes-champignons à proximité des bassins houillers ( pays noirs) + apparition du paternalisme.

· 2) les villes portuaires dynamisées par les échanges internationaux.

· 3) les métropoles internationales qui cumulent les fonctions politiques, industrielles et financières.

· Les villes connaissent une concentration horizontale et verticale.

· Un nouvel urbanisme se met en place.+ Ségrégation sociale + nouveaux matériaux de construction dans les banlieues.

· Urbanisation à l’initiative des pouvoirs publics Ex: baron Haussmann à Paris.

· De nouvelles classes sociales apparaissent : la bourgeoisie (petits et grands patrons), les classes moyennes ( les commerçants et les professions libérales) et les ouvriers qui vont former une classe pauvre et exploitée par la bourgeoisie, baptisée le prolétariat. Même si l’amélioration du niveau de vie est générale , les inégalités selon les classes sociales sont criantes. Amélioration du niveau de vie grâce à l’augmentation du revenu par tête et du salaire. L’alimentation est meilleure en quantité et en diversité. // consommation accrue d’alcool…. L’Europe sort du sous-développement nutritionnel è recul des maladies de carence

· La vie est plus facile avec les biens de consommation comme l’électro-ménager qui sont plus accessibles. Accès aux loisirs ( cinéma, sports)

· Les inégalités apparaissent selon les classes sociales:

· 1) inégalité devant la mort : espérance de vie + ou – longue; mortalité infantile

· 2) inégalité devant l’éducation: ruraux analphabètes + enseignement secondaire élitiste.

· 3) pauvreté urbaine plus spectaculaire: problème des personnes âgées sans retraite + accidents de travail chez les ouvriers + fort taux d’orphelins

· En Grande Bretagne 5% de la population possède 85% de la richesse nationale;  la logique capitaliste creuse les écarts de richesse.

     1.3 : La croissance connait des dépressions et des crises

La croissance est importante mais est fluctuante:

La croissance est globalement importante pendant toute la période de l'ordre de 1 à 2% par an.

· Le produit intérieur brut des pays de l'Europe de l'Ouest est multiplié par 3 entre 1850 et 1939 alors que la population ne fait que doubler sur la même période. Aux Etats-Unis le PIB quintuple!

frisechronologique

Mais on note des fluctuations à cette croissance:

· De 1850 à 1873: c'est une forte expansion portée par l'afflux d'or de Californie, d'Australie, par l'équipement de l'Europe en voies ferrées et par les accords de libre-échange.

· De 1873 à 1896: c'est la crise liée à la crise de la bourse de Vienne. C'est la dépression qui commence avec une croissance faible et un retour au protectionnisme.

· De 1896 à 1929: la croissance est soutenue malgré la première guerre mondiale.

· 1930: crise américaine qui entraine un marasme général jusqu'à la seconde guerre mondiale.

  A/Quels sont les facteurs qui stimulent la croissance?

· Les productions sont de plus en plus diversifiées. Avec ces gains de productivité, les prix peuvent baisser et les consommateurs ont accès à des gammes plus larges. Les réseaux intérieurs de distribution s’adaptent à cette situation nouvelle : face à l’atelier et à la grande boutique, apparaissent les grands magasins, implantés en ville qui diffusent les nouveautés à des consommateurs de plus en plus nombreux.
Ex : les Galeries Lafayette ou le Bon Marché représenté par Zola dans Au bonheur des dames.

· Dans les campagnes reculées c'est la vente par correspondance.

· Les transports ont connu une vraie révolution avec le train et les navires à vapeur qui vont activer la circulation des marchandises. Le montant des échanges internationaux passe de 30 milliards de francs-or en 1850 à 200 milliards de francs-or en 1914.

· l'urbanisation galopante engendre des grands travaux.

· Les découvertes de nouveaux gisements d'or développent une forte création monétaire et multiplient les échanges.

· La publicité devient très importante.

   B / Les cycles économiques et le rôle de l'état:

On peut définir des périodes ou des cycles économiques de deux manières principales:

· Les cycles longs de 50 à 60 ans composés d'une phase A, d'expansion rapide interrompue par une crise et suivie d'une phase B de croissance ralentie.

· Le français Juglar préfère voir dans ces cycles, des cycles courts: 7 à 11 ans, composés de croissance, de crise, de dépression et de reprise. C'est ainsi que naturellement les économies les plus fragiles ne résistent pas et disparaissent.

Une notion devient importante: le protectionnisme

Dans le cadre du développement du libre-échange et du capitalisme, l'Etat intervient le moins possible surtout avant 1914.

· l'état se contente de protéger les productions nationales en faisant du protectionnisme.

· l'Etat se contente de prendre en charge les investissements les plus lourds comme les travaux d'aménagement urbains.

· La première guerre mondiale va imposer l'interventionnisme.

· Puis la crise de 1930 ralentit l'activité et multiplie le nombre de chômeurs à indemniser. Donc l'état mène une politique de grands travaux et un programme de nationalisations.

   C/ Les difficultés d'après-guerre et la crise de 29

Les années 20 sont des années folles car elles donnent une image de prospérité : il y a une diffusion de l’organisation scientifique du travail et un accès à la société de consommation. Les Etats-Unis incarnaient alors un véritable modèle de développement à travers un secteur, l’automobile.

En fait les années 20 sont marquées par des déséquilibres croissants, sectoriels et géographiques et par des problèmes monétaires réels.

· l’agriculture connait des difficultés dès 1920 car la modernisation a provoqué un endettement.

· la surproduction devient une tendance chronique qui entraine la baisse des prix et la constitution de stocks.
Ces problèmes concernent les pays développés comme les USA ou l’Europe.

· dans l’industrie, les secteurs de la première révolution industrielle comme le coton et la sidérurgie connaissent des difficultés dues à la concurrence et à la saturation des marchés. Ceci touche plus particulièrement l’Angleterre.

· Les tensions monétaires s’amplifient suite à la première guerre mondiale. Les USA sont devenus par le jeu des emprunts de guerre, les «  créanciers du monde » et leur monnaie, le dollar est dominant au sein du Gold Exchange Standard. L’inflation ronge les économies européennes et les dévaluations se multiplient. L’Allemagne est surendettée car elle paye les réparations. De plus la rivalité dollar/ livre fragilise le système monétaire tout entier.

· La spéculation boursière prend de l’ampleur aux USA dès 1925, dans un climat de confiance : les placements sont accessibles aux petits épargnants. Il y a massification du crédit. me partie
  Résumé du  SUJET D’ETUDE

· Du krach à la crise : les déséquilibres financiers des années 20 ont préparé la crise américaine :-l’Europe est trop endettée vis à vis des USA

· Les banques américaines ont accordé trop de crédits aux consommateurs .

· la spéculation boursière est devenue incontrôlable et elle explose le fameux jeudi noir à la bourse de Wall Street.

· La crise boursière entraine la crise financière puisque les banques sont ruinées et que tous les mécanismes de crédit sont bloqués. Les capitaux placés à l’étranger sont rapatriés. De là s’enchaine la crise industrielle car les entreprises diminuent leurs activités et licencient ; beaucoup finissent par faire faillite et c’est l’effondrement du commerce international. La crise sociale est l’aboutissement logique du krach avec des gens au chômage, des gens ruinés, une véritable misère qui s’installe avec des disettes et nécessité pour les états de ravitailler même les plus pauvres.

· La crise a eu un impact considérable sur l’opinion mais aussi sur la politique des Etats qui vont connaître des réponses extrêmes avec une intervention exagérée de l’état sur l'économie.

2 : LES PHASES DE LA CROISSANCE DEPUIS 1945

   2.1 : Les Trente glorieuses :

voir le sujet d’étude

   2.2 : Le choc des années 70

1 La période de croissance est irrésistible semble t-il et pourtant la crise qui se manifeste en 1974 va apparaître comme totalement inattendue. Bien-sûr il s'agit d'abord d'une crise pétrolière mais les balances commerciales se déséquilibrent durablement. Certains économistes y voient aussi une crise monétaire liée à l'effondrement monétaire international mis en place à Bretton Woods en 1944. La société de consommation est remise en cause. C'est le capitalisme mondial qui se transforme.

· En 1973 le prix du pétrole se multiplie par quatre. Simultanément la production industrielle chute et les faillites se multiplient entraînant bien-sûr le chômage. Les prix s'envolent et le taux d'inflation va dépasser les 10% pendant une dizaine d'années. Quand en 1979, la révolution iranienne engendre une deuxième flambée des prix du pétrole, aucune reprise n'est possible.

· Les pays industrialisés sont pour beaucoup de gros importateurs de pétrole et se retrouvent en situation déficitaire. Pour rééquilibrer leur balance commerciale ils peuvent soit réduire leurs importations et leur activité économique soit diminuer leur consommation intérieure pour économiser leur production intérieure et exporter plus.

· La crise monétaire naît en 1971 quand le président américain Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or, et le dévalue. Son but est de sauvegarder les réserves d'or américaines. La stabilité monétaire est rompue et les taux de change se mettent à fluctuer. Ceci encourage la spéculation monétaire internationale et fragilise les économies. Les krachs boursiers vont s'enchaîner: 1987, 1991,1997,2000,2007. A la place est créé le NASDAQ en 1971 pour coter en bourse les valeurs de la nouvelle économie américaine, mais là encore les mouvements de hausse et de baisse successifs sont le reflet d'une grande instabilité. ( National Association of Securities Dealers Automated Quotation est un marché qui regroupent plus de 5000 sociétés au ¾ américaines opérant dans le secteur des nouvelles technologies)

Le chômage devient un chômage structurel de masse puisqu'il touche 9% de la population active des pays de l'OCDE au début des années 80. C'est donc un chômage de longue durée qui touche les travailleurs sans qualification, les femmes et les jeunes en priorité. Les emplois sont souvent précaires et la robotisation vient ajouter son lot de départs à celui de la dépression économique.

                    2.3 : Les nouvelles économies

· Les politiques keynésiennes ne font plus recette . Les économistes libéraux les critiquent affirmant que seule l’initiative privée et la libéralisation du marché peuvent relancer l’économie. C’est la théorie de « l’économie de l’offre » que l’on retrouve dans les expériences néolibérales de Margaret Thatcher en Grande Bretagne ( la dame de fer) et de Ronald Reagan aux Etats Unis dans les années 80.

· Ces politiques de libéralisation expliquent l’explosion des IDE en direction des PID mais surtout des PED. C’est la création d’un marché global des capitaux, appelé globalisation financière. C’est le nouveau capitalisme financier.

Si l’on regarde une carte de l’IDH on observe que ……

· Cela provoque une nouvelle hiérarchie des puissances : les pays exportateurs de pétrole et surtout les NPIA ont su profiter de cette nouvelle donne économique et on commence à parler des pays émergents que sont l’Inde et la Chine.

La Chine est devenue la deuxième puissance mondiale. Elle a ouvert son système communiste à un socialisme de marché, contrôlant les firmes étrangères qui s’installent sur son territoire. C’est le pays qui a la plus forte croissance actuellement.

Les écarts se creusent entre pays riches et pays pauvres surtout pour ceux qui ont gardé leur spécialité agricole, ceux qui connaissent une instabilité politique chronique. Les pays du bloc soviétique connaissent à partir des années 70 une grave crise économique et sociale liée à l’essoufflement du modèle communiste. La Russie est en pleine reconstruction. Les anciens PECO s’intègrent avec plus ou moins de bonheur dans l’Union Européenne. Certains pays sous- développés sont même des PMA, les pays les moins avancés qui souffrent même de crises alimentaires.

3: Les idéologies sont liées au capitalisme et à la mondialisation

     3.1 : Libéralisme ,ceux qui défendent le capitalisme depuis le 19ème siècle.

· Le libéralisme est né en Angleterre, dans la seconde moitié du 18ème et il s'impose dans la plupart des pays industriels au 19ème.

· Il va triompher aux Etats-Unis. Adam Smith en 1776 avait écrit " Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations" où il fondait la théorie libérale. Les libéraux affirment que la loi du marché assure, à travers la concurrence le succès des entreprises les plus performantes et la satisfaction des consommateurs.

· Les libéraux réclament la liberté totale des échanges internationaux et militent pour la recherche du profit car pour eux, les entrepreneurs les plus audacieux favorisent les progrès techniques, la création d'emplois et l'enrichissement général. E

· Evidemment les crises vont remettre en cause le libéralisme. Face à ces crises, les libéraux prônent le "laisser faire" en réduisant l'intervention de l'état. Ils vont être accusés d'être responsables des dérèglements du marché qui provoquent misère et chômage des plus faibles.

· Dans les années 1930, l'économiste britannique John Maynard Keynes dénonce les failles de la doctrine libérale mais y reste favorable dans le fond. Donc il préconise une relance organisée par l'état. Avec lui s'amorce un nouveau capitalisme où l'état contrôle l'initiative individuelle pour mieux assurer l'harmonie sociale.

· A intervalles réguliers les crises internationales viennent attaquer le capitalisme mondial . Ex : la dernière crise de 2008 et celle qui se joue actuellement.

        3.2 : Le socialisme combat le capitalisme

· Les socialistes d'abord: les théoriciens socialistes se rebellent contre les conséquences sociales de l'essor du capitalisme: chômage, misère ouvrière leurs yeux seule une autre organisation de la société peut les faire disparaître. Ils veulent refaire le monde sur des bases nouvelles plus justes. Les premiers socialistes sont plutôt des utopistes car ils imaginent une société idéale mais envisagent rarement les moyens de la faire aboutir concrètement. Après 1848, d'autres idéologies apparaissent et influencent le monde ouvrier.

· L'anarchisme: des anarchistes comme Proudhon se propose d'abolir l'état et d'éliminer de la société tout pouvoir établissant une contrainte sur l'individu. Ils veulent aussi supprimer la propriété privée car elle permet l'exploitation de ceux qui ne possèdent rien. L'anarchisme compte sur la grève générale pour provoquer l'effondrement de l'état et met ses espoirs dans l'action des syndicats. Les syndicats pourraient devenir la base d'une société sans état. C'est l'anarcho-syndicalisme. Après le russe Bakounine certains anarchistes acceptent le recours à la violence et parfois aux attentats pour renverser l'état.

· Le socialisme scientifique ou marxisme: le philosophe allemand Karl Marx (1818-188) et son ami l'industriel Friedrich Engels sont les principaux fondateurs du socialisme scientifique. En 1848, ils publient le Manifeste du Parti communiste où ils expliquent que la production industrielle du 19ème , la production capitaliste, repose sur l'exploitation de la classe des prolétaires par la classe des bourgeois. Elle repose aussi sur la lutte des classes. Pour réaliser ce programme il faut que les prolétaires détruisent le pouvoir de la bourgeoisie par la révolution. Ce programme ressemble à celui des anarchistes mais diffère sur deux points: - la nécessité d'établir après la révolution, une " dictature du prolétariat" période de transition vers une société sans classes et sans état , le communisme. - les ouvriers ne peuvent gagner que si ils créent un parti révolutionnaire.

En 1864, Marx fonde à Londres une Association Internationale des Travailleurs, la 1ère Internationale. Composée de socialistes et d'anarchistes, elle échoue par manque d'unité et disparaît en 1876. Une 2ème internationale composée uniquement de socialistes est créée en 1889 par Engels.

· Les idées de Marx sont un peu malmenées par des réformistes qui ne trouvent pas la révolution indispensable: ils attendent la transformation de la société par des réformes. Les socialistes français réunis en une section française de l'internationale ouvrière ( SFIO) dirigés par Jean Jaurès se scindent. Après la révolution russe de 1917, ces divisions aboutissent à une vraie rupture: les réformistes continuent à s'appeler socialistes et les révolutionnaires sont désormais appelés communistes. En 1919, Lénine fonde une IIIème internationale qui rassemble les seuls partisans du communisme.

· Les ouvriers eux sont méfiants à l'égard des partis politiques. Ils font davantage confiance aux syndicats et à la grève pour améliorer leur condition. Instituée pour la première fois le 1er mai 1890, la Fête internationale du travail est l'occasion de manifester leur force et de prendre conscience du poids qu'ils pèsent dans la société industrielle. Le mouvement syndical se divise aussi en deux voies. les réformistes comme les Trade Unions britanniques ou des syndicats américains militent pour des améliorations concrètes. les révolutionnaires forment la Confédération Générale du Travail en 1895, et appellent à la grève générale pour abattre le système capitaliste.

     3.3 : L’altermondialisme marque un tournant au 21ème siècle.

Face à ces nouveaux déséquilibres, des mouvements transnationaux désignés globalement comme altermondialistes agissent. Ils se constituent en dehors des Etats et des institutions officielles et interviennent dans des domaines où les carences sont graves comme l'alimentation et la santé, ou dans des situations d'urgence où rien n'est prévu, notamment dans les conflits. Leurs actions sont militantes dans le sens où elles essaient de faire pression sur les acteurs de la mondialisation.

  • Dès 1990, la contestation de la mondialisation se radicalise dans la société civile américaine et occidentale. Des associations naissent contre la spéculation financière tel le groupe ATTAC; d'autres défendent l'environnement et sont des associations paysannes par exemple; d'autres défendent les peuples indigènes d'Amérique latine. Cette contestation est structurée depuis qu'elle tient ses forums sociaux: celui de Porto Alegre en 2001 et 2002; celui de Bombay en 2004. Ils proposent de respecter l'environnement, d'être solidaire des pays du sud en effaçant la dette extérieure, en leur donnant la possibilité d'accéder aux innovations thérapeutiques.
  • Parmi ces mouvements, les ONG, organisations non gouvernementales sont efficaces mais ils essaient de se battre avec les mêmes moyens que ceux utilisés par la mondialisation: les médias, la publicité, les transports rapides et la communication.
  • Des initiatives concrètes ont vu le jour: le commerce équitable mis en place au Royaume-Uni et aux Pays-Bas dès 1960, sous la forme de boutiques spécialisées qui produisent des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du sud. On les retrouve maintenant dans des grandes surfaces. Ce commerce garantit le respect des droits fondamentaux comme le refus de l'exploitation des enfants, le travail forcé, et encourage les productions qui respectent l'environnement.
  • En 1980 un concept anglais "sustainable development" (développement soutenable) naît lors de la commission Bruntland, le premier sommet de la terre en 1992. Repris par les médias sous le terme de développement durable , il devient célèbre au sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992 à l'initiative de l'ONU pour tout ce qui concerne l'environnement et le développement tellement le monde a été secoué par les catastrophes comme Tchernobyl ou les marées noires. Le trou dans la couche d'ozone et le réchauffement de la planète deviennent les sujets à la mode.

Le développement durable vise un développement pour les générations à venir, prenant en compte un temps très long. Il résulte du constat simple qu'avec la croissance démographique et l'urbanisation de plus en plus poussée, la pression sur le milieu est intense: l'approvisionnement en eau n'est plus suffisant; il faut traiter nos déchets; il faut adopter des modes de transport réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Le sommet de Rio a permis la signature de deux conventions: l'une sur les changements climatiques, l'autre sur la biodiversité et s'accompagnent d'un vaste programme d'actions l'Agenda 21. D'autres accords suivront à Kyoto en 199è puis à Johannesburg en 2002 notamment. Malheureusement de nombreux pays ne suivent pas les règles établies comme les USA qui refuseront de ratifier le protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre car ils ne veulent pas nuire à leurs intérêts pétroliers alors qu'ils sont le premier émetteur de gaz. Les résultats concrets tardent donc, car la plupart des pays riches ne renonceront pas facilement à leur confort matériel.

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Cours d'Histoire de première

L’APRES 1945- LE BILAN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

août 23
by Catherine Bertin 23. août 2011 12:34

INTRODUCTION

La seconde guerre mondiale dépasse en horreur la première, en raison du caractère planétaire du conflit et de l'ampleur sans précédent des combats: 60 millions de morts.

C'est une victoire éclatante du camp allié symbolisée par l'occupation militaire des pays vaincus mais l'Europe qui en sort est en ruine et le monde va très rapidement se scinder en deux blocs: celui dont le modèle est l'Amérique et celui dont le modèle est L'URSS. Les coûts du désastre expliquent aussi en partie, le monde d'après 1945 et ses relations internationales difficiles et tendues.

Problématique: Quel monde nouveau émerge du plus important conflit militaire de l'histoire humaine?

1/ L'AMPLEUR DU DESASTRE:

1.1: Une hécatombe démographique

La seconde guerre mondiale est la plus meurtrière de tous les temps.

  • Il y a plus de 60 millions de morts , dont 35 millions en Europe. Il faut ajouter 35 millions de blessés et 3 millions de disparus.
  • La Pologne a perdu 15% de sa population, l'URSS 10% et l'Allemagne 12%. L'Europe orientale a été géographiquement la plus touchée.
  • Dans le camp des vaincus, l'Allemagne a été plus touchée que le Japon et l'Italie.
  • L'ampleur du désastre s'explique par le fait que la guerre fut une guerre totale puisque les engins de mort ont progressé entre 14-18 et 39-45 et où les populations civiles sont autant touchées que les militaires. Les déportations nazies et l'extermination des races dites inférieures ont pris un caractère systématique et ont tué au moins 10 millions de personnes.( 6 millions de juifs). On parle de crimes de guerre avec des massacres, des exécutions d'otages, la déportation bien sûr . Certains pays ont connu des guerres civiles entre les factions rivales d'une même population comme ce fut le cas en Yougoslavie. La sous-alimentation chronique et les rationnements sont causes aussi de la mortalité. La diffusion rapide des épidémies comme la tuberculose notamment, ont fait augmenter la mortalité.
  • Les civils ont été particulièrement touchés , même davantage que les militaires. Il n'y a qu'aux USA qu'il n'y a pas eu d'opérations militaires sur le territoire mais autrement les bombardements aériens ont tout détruit. Les villes sont devenues des cibles privilégiées des raids, ou des bombes atomiques. Les sans- abri sont nombreux comme en Allemagne où ils atteignent 8 millions de personnes. Les civils ont été déportés et ils ont été les victimes des famines et des épidémies déclenchées par la guerre. Les queues devant les magasins d'alimentation s'allongent et le rationnement est imposé en Europe et en Asie. Le génocide des juifs et des tsiganes atteint les 8 millions de morts au minimum.

A tout cela il faut ajouter de gigantesques transferts de population.

  • 30 millions de personnes déplacées se croisent sur les routes d'Europe. Près de 13 millions d'allemands ont fuit vers l'ouest devant l'armée rouge.
  • Pendant la guerre il y a eu l'exode des civils devant l'avance ennemie, l'expulsion de populations entières et les déportations massives comme Staline a pu le faire avec les tchéchènes. Des centaines de milliers de réfugiés attendent dans des camps que l'on statue sur leur sort.
  • Après la guerre les travailleurs étrangers, volontaires ou requis, les prisonniers de guerre, les survivants de camps de concentration quittent l'Allemagne pour leur pays d'origine.
  • Les nouvelles frontières de 1945 vont engendrer d'immenses mouvements comme les allemands qui seront expulsés des territoires non-allemands ou les 7 millions de japonais qui vont devoir revenir sur leur archipel car ils seront jugés indésirables sur les terres qu'ils avaient conquises.

La structure de la population est durablement affectée. La nouvelle démographie est perturbée par 3 aspects principaux: le déficit des naissances; la féminisation ; le vieillissement de la population.

  • Le déséquilibre des sexes est lié à la surmortalité masculine. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes et en URSS en 1959, on notait 115 millions de femmes pour 94 millions d'hommes.
  • Ceci diminue la croissance démographique car le baby-boom est impossible et avec la féminisation de l'emploi même dans des travaux pénibles, la fécondité diminue aussi.
  • Le net déficit des naissances provoque des classes creuses. Ce phénomène est lié à la mobilisation des hommes, à la séparation des familles et aux difficultés quotidiennes et la peur dans l'avenir. Cela aura des répercussions de génération en génération. On peut relever une seule exception, celle de la France qui a redressé sa natalité en 1942. Cela s'explique par les avantages octroyés pour les nouveau-nés avec des coupons alimentaires supplémentaires, à l'accoutumance à l'occupation allemande, à la rédécouverte des valeurs familiales, aux mesures natalistes du régime pétainiste.
  • Après la guerre, un baby boom permet de récupérer les naissances , une fois la paix revenue. La fécondité et la natalité augmentent brutalement et a pour conséquence un rajeunissement de la population. Mais ce n'est qu'un phénomène artificiel de rattrapage.

1.2: L'Impact matériel et économique de la guerre

L'Europe n'est qu'un amas de ruines. Cela s'explique par l'étendue, par la durée et la dureté des combats; il faut ajouter l'ampleur des bombardements aériens.

  • Les villes sont détruites comme Londres , mais aussi les axes de communication, les installations portuaires et les exploitations agricoles avec un cheptel décimé. L'acharnement des combats comme à Stalingrad ,ou la pratique de la terre brûlée, n'ont rien arrangé. Il y a pénurie de logement.
  • Les pays sont inégalement touchés: ceux qui sont ravagés sont l'URSS, la Pologne, la Yougoslavie, l'Allemagne ( 70% des villes sont détruites) et le Japon( 2 bombes atomiques). Ceux qui sont très touchés sont des pays sous tutelle japonaise et les pays d'Europe occidentale avec d'énormes dégâts comme la France ou la GB. En Normandie ou en Yougoslavie par exemple les nazis ont tout détruit avant de quitter le pays. Les pays épargnés sont les USA, l'Australie, le Canada et l'Australie ainsi que les pays neutres tels que la Suède ou la Suisse dont les banques sont enrichies.

Le désordre financier a un prix: 1000 milliards de $ pour les dépenses militaires et 2000 milliards de $ pour les dommages provoqués.

  • L'Europe et l'Extrême-Orient sont ruinés car ils ont financé la guerre par l'augmentation des impôts, de la dette publique, l'inflation. Par exemple en France, la dette publique fut multipliée par 4.
  • Les besoins sont énormes en matières premières, en sources d'énergie, machines et biens d'équipement vu l'ampleur des destructions. Il y a en plus incapacité à produire sur place, et à importer faute d'infrastructures portuaires en état de fonctionnement.
  • Par contre l'économie de certains pays neufs a été stimulée comme ceux qui se sont trouvés éloignés des combats: Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Argentine ou Brésil.
  • Les USA sont les grands bénéficiaires car ils doublent leur production industrielle et leur revenu national de 1939 à 1945. Ils accumulent l'or grâce au commerce et en 1945 ils possèdent 3/4 du stock d'or mondial et le $ est la seule monnaie convertible au monde.
  • Les difficiles conditions de vie avec le rationnement et le marché noir qui continuent, le problème des millions de sans abris qui vivent au milieu des ruines entraînent un fort mécontentement social. Le pouvoir d'achat est partout en baisse.

La guerre a accéléré la recherche car même si la priorité était à la recherche militaire, les retombées civiles sont impressionnantes.

  • Le radar en électronique, les premiers calculateurs électroniques en informatique, le DDT, le caoutchouc et l'essence synthétique en chimie, les antibiotiques et la cortisone en médecine, la maîtrise de la fusion nucléaire, les moteurs à réaction en aéronautique, les premières fusées et missiles téléguidés.

==>La technologie moderne est née en grande partie de la seconde guerre mondiale.

1.3: Le traumatisme moral

En 1945, la révélation soudaine des holocaustes, des tortures, des massacres, bouleverse la conscience universelle. Il s'agit d'une crise de civilisation puisque les intellectuels ont un doute sur la capacité de progrès en Occident.

  • La seconde guerre mondiale a gravement porté atteinte à la dignité humaine. Les conventions internationales concernant les prisonniers de guerre n'ont pas été respectées. Les civils ont été exécutés sommairement. Des expériences médicales ont été pratiquées par les SS sur les prisonniers japonais en Mandchourie et la torture a été utilisée contre les ennemis réels ou supposés.
  • Les armes sont de plus en plus performantes pour détruire et l'arme atomique a montré que l'homme avait la capacité de détruire l'humanité. Cela veut dire que la science et la technique jadis facteurs de progrès ont permis le pire: le gaz zyklon B pour les chambres à gaz et certains savants comme Einstein s'effraient d'avoir participé à la fabrication de la bombe atomique.
  • Le système concentrationnaire nazi reste le sommet de l'horreur et le symbole même de l'idéologie nazie et de la barbarie de notre siècle. La guerre incitera les gouvernements à créer des organismes nationaux de recherche scientifique comme le CNRS en 45 en France.

Mais comment et qui juger? comme il était impossible de juger tout un peuple largement soumis, le critère retenu fut l'appartenance au parti nazi.

  • De novembre 1945 à octobre 1946 se déroule le Procès de Nuremberg devant la cour de justice du Tribunal international militaire. Les criminels de guerre sont jugés et sur 21 accusés, 12 seront condamnés à mort parmi lesquels Goering, Ribbentrop, Keitel car Goebbels était déjà mort.
  • Le principal mérite de ce procès est d'avoir dressé un bilan précis et irréfutable de l'horreur, d'avoir défini la notion de "crime contre l'humanité" qui est un crime imprescriptible. De nombreux nazis échapperont aux recherches et les tensions Est/ Ouest remettront en cause l'épuration.
  • Les alliés ne sont pas exempts de reproches: remise en cause de la nécessité des bombardements sur les villes allemandes ( bombes au phosphore) et de l'utilisation des bombes atomiques le 6 et le 9 août, le massacre des officiers polonais à Katyn organisé par les soviétiques et longtemps mis sur le compte des nazis.

CONCLUSION

L'ONU intervient donc dans un monde nouveau car la seconde guerre mondiale a détruit l'ordre ancien dans lequel l'Europe jouait un rôle important. Maintenant le nouvel ordre est dominé par deux superpuissances les Etats-Unis et l'URSS et va se partager en deux idéologies fondamentalement opposées.

2/LES GRANDES MODIFICATIONS TERRITORIALES

       2.1: La nouvelle carte politique de l'Europe

Il faut rappeler que pendant la guerre , une série de rencontres entre les Alliés avait préparé un nouveau dessin des frontières et une nouvelle hiérarchie des puissances.

· La charte de l'Atlantique en août 41 signée par Churchill, Roosevelt défend les principes fondamentaux d'un nouvel ordre international.

· La Conférence de Téhéran , fin 43 où Staline, Roosevelt et Churchill décident du démantèlement de l'Allemagne et de la modification des frontières polonaises.

· La conférence de Yalta en février 45, dans laquelle Roosevelt, Churchill et Staline décident du sort de l'Europe et de la création de l'ONU. On y voit souvent à tort, une sorte de partage du monde. C'est De Gaulle qui n'est pas invité à Yalta, qui défendra cette conception. En fait les négociations de Yalta visent à achever la guerre le plus rapidement possible et à assurer un retour à la normale.

· La conférence de Postdam de juillet 45, se passe près de Berlin , en présence de Truman qui a remplacé Roosevelt décédé, et de Churchill et de Staline. L'Allemagne qu'ils considèrent comme responsable de la guerre doit verser 20 milliards de dollars de réparations, doit réorganiser sont économie car de nombreux industriels ont défendu Hitler pendant les hostilités. Elle prévoit les élections libres dans les pays libérés des nazis. La conférence prévoit de dénazifier le pays et des millions de suspects sont interrogés. 600 000 seront privés de leurs droits civiques mais plusieurs hauts responsables nazis comme Klaus Barbie parviennent à fuir à l'étranger.

· Par contre les grands ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un traité de paix, en raison de leurs divergences sur les frontières du nouvel état, sur la durée et l'importance de l'occupation et sur la forme de gouvernement à mettre en place. Par exemple dans la zone soviétique, 4 partis politiques sont autorisés mais la dénazification est très sévère et les usines sont démontées. Une réforme agraire est introduite et les entreprises sont nationalisées. Dans les zones occidentales, les partis se reconstituent plus tardivement, les démontages d'usines s'arrêtent en 1946 et le libéralisme économique est maintenu.

· Le clivage entre la zone soviétique et les autres annonce la future division de l'état allemand.

· La conséquence la plus spectaculaire de ces conférences est le partage de l'Allemagne et de Berlin en 4 zones d'occupation ( RU, France, URSS et E.U)

Six conférences précèdent la signature solennelle le 10 février 1947 à Paris de 5 traités de paix avec l'Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Finlande.

o Leur potentiel militaire est limité, des réparations doivent être payées et ces pays retrouvent leurs frontières de 1938.

o L'Albanie redevient une puissance indépendante, ainsi que l'Autriche qui est occupée par les 4 alliés.

o De grands changements se font en Europe orientale au bénéfice de l'URSS et de la Pologne. L'Allemagne perd 100 000 km² sans compter ses annexions de la guerre. L'URSS glisse à l'ouest en annexant les pays baltes qui deviennent trois nouvelles républiques de l'URSS. Elle annexe aussi la partie orientale de la Pologne et a une frontière commune avec la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Elle annexe enfin la partie nord de la Roumanie, la Bessarabie. Une nouvelle fois reconstituée, la Pologne est formée surtout des territoires pris à l'Allemagne.

o Jusqu'en 1952, de gigantesques transferts de population sont entrepris pour faire coïncider les nationalités et les états. Tous les allemands des états non allemands sont systématiquement expulsés. 2 millions de polonais quittent les territoires devenus soviétiques. Au total 3 millions de personnes sont déplacées en Europe. Il faut y ajouter un très fort exode juif vers la Palestine.

                      2.2: Le nouvel Extrême-Orient

Après sa capitulation , le Japon est occupé par les USA et est placé sous la tutelle du général Mac Arthur. Le 7 septembre 1951, le traité de San Francisco est signé par 40 Etats consacrant le renoncement du Japon aux îles et aux territoires annexés.

o Ce traité met fin aussi à l'occupation américaine en 1952.D'ici là tout l'archipel est occupé par les américains qui démilitarisent les pays et imposent un régime démocratique Mais l'URSS ayant refusé de signer ce traité, il faut attendre 1956 pour qu'une déclaration sino-soviétique mette fin à l'état de guerre.

o La Chine plonge dans la guerre civile qui oppose nationalistes de Tchang Kai Chek soutenus par les américains aux communistes de Mao.Avec la Chine nationaliste un traité de paix séparé est signé en avril 1952 et avec la Chine populaire les relations ne se normaliseront qu'en 1979.

o L'Asie reste un foyer de tensions très vives: par exemple, le retrait des troupes japonaises des territoires occupés laisse une situation explosive en Extrême-Orient. Indonésie et Indochine proclament leur indépendance; la Corée est occupée par les soviétiques au nord du 38ème parallèle et au sud , par les Américains.

                    2.3: Les nouveaux "maîtres du monde":

Les Etats-Unis confirment leur primauté, pendant que l'URSS s'impose comme une nouvelle puissance internationale et que l'Europe apparaît définitivement en déclin.

o Les Etats-Unis jusqu'en 1949 auront la suprématie symbolisée par le monopole nucléaire. Leur économie fut renforcée par l'effort de guerre et ils assurent 1/4 de la production industrielle mondiale. Le dollar s'impose dans le monde et par les accords de Bretton Woods de juillet 44 , est devenu la monnaie étalon. Les Etats-Unis détiennent 60% des réserves d'or mondiales. Finalement le pays est définitivement sorti de la crise des années 30, a retrouvé croissance et prospérité et ne veut plus comme en 18 pratiquer une politique isolationniste mais au contraire veut assumer des responsabilités nouvelles.  La balance commerciale, déficitaire avant la guerre est désormais excédentaire. Les Etats-Unis ont perdu 300 000 soldats dans les combats et le retour à la paix impulse une renouveau démographique donc un baby-boom. En 1945, les Etats-unis ont une hégémonie militaire car ils sont les seuls à posséder l’arme atomique, que 300 bases militaires sont dispersées à travers le monde . Dans le domaine idéologique ils bénéficient d'u prestige des “sauveurs de  la liberté” et qu’ils incarnent l’american way of life donc le symbole de la richessen du progrès.

o L'URSS est une nouvelle puissance car la guerre a révélé sa puissance militaire et lui a fourni un prestige international.

o Elle a la plus grande armée du monde. Son territoire est agrandi, fait 700 000 km² et son influence en Europe augmente dans les pays libérés par l'Armée Rouge. Par contre la situation économique est difficile car la guerre a aggravé les handicaps d'avant 39.

o 1945 est " l'année zéro de l'Europe" en raison des pertes humaines, d'une économie ruinée et d'énormes difficultés financières. Elle est de plus en plus dépendante des Etats-Unis et les institutions changent dans plusieurs pays comme en Italie où la monarchie disparaît et en France qui change de constitution.

3 : L’AVENIR ET L’ONU

3.1/ LA NAISSANCE DE L'ONU

Roosevelt hostile aux zones d’influence et considérant que la paix repose sur un équilibre mondial, obtient de Staline la création de l’Organisation des Nations Unies, lors de la conférence de Yalta en février 1945. L'idée est aussi de tirer les leçons du passé et en particulier de l'échec de la SDN.

Le 26 juin 1945 à San Francisco , les 51 états vainqueurs des puissances de l’axe signent la charte des nations unies. Toutes les démocraties sont invitées à y participer. Ils s’engagent à préserver la paix, les droits de l’homme et des nations, et à promouvoir le progrès économique et social.

L’ONU est chargée de gagner la paix en empêchant la guerre. Les sanctions et les Casques bleus servent à cela. Elle doit garantir les droits de l’homme énoncés dans la déclaration universelle de 1948. Elle doit assurer le développement économique par des institutions spécialisées.

51 états adhèrent en 1945 et aujourd'hui elle compte 191 membres soit la quasi-totalité des pays du monde depuis l’adhésion de la Suisse et du Timor oriental en 2002.

          3.2/ LE FONCTIONNEMENT DE L'ONU

L’ONU fonctionne à partir d’une assemblée générale dans laquelle tous les pays participent, avec égalité des voix. Celle-ci décide librement de son ordre du jour mais elle n’émet que des recommandations. Son rôle se résume à être une autorité morale. Un secrétaire général élu pour 5 ans assure l’administration permanente. Après Kofi Annan, c'est Ban Ki Moon qui est le nouveau secrétaire général.

L’originalité de l’organisation tient dans la création d’un conseil de sécurité opérationnel à tout moment, composé de 11 membres, dont 5 permanents ( Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Les 6 autres sont élus par l’Assemblée générale et se relaient entre les autres Etats sont membres non-permanents( Angola, Cameroun, Chili, Guinée, Mexique Pakistan, Allemagne, Bulgarie, Syrie, Espagne ).

C'est aussi le seul organe international qui siège en permanence. Ses membres doivent être prêts à tout moment à se réunir en cas de crise. Lorsqu'une situation ou un différend est porté à l'attention du Conseil, celui-ci commence généralement par recommander aux parties de trouver une solution pacifique. Il peut aussi enquêter, servir de médiateur, ou définir les principes d'un règlement. Il peut également nommer des représentants spéciaux ou demander au secrétaire général de prêter ses "bons offices". Si les hostilités ont déjà éclaté, le premier souci du Conseil est d'y mettre fin le plus rapidement possible. Il peut enjoindre aux parties en conflit de déclarer un cessez-le-feu, imposer des sanctions diplomatiques ou économiques ou lancer une action militaire collective. Il peut aussi constituer des opérations de maintien de la paix, c'est-à-dire envoyer dans les zones de troubles des missions multinationales (groupes d'observateurs ou contingents militaires) qui s'emploient à atténuer les tensions et à séparer les forces ennemies pendant que l'on cherche à résoudre le conflit par la diplomatie. Ces "casques bleus" sont placés sous l'autorité du Secrétaire général et les parties en présence doivent consentir à leur intervention.

Mais en attribuant à ceux-ci un droit de veto, la charte ouvre la voie à la paralysie du Conseil en cas de désunion de ses membres. D’autre part ce droit de veto qui suffit à interdire l’exécution d’une recommandation maintient la prédominance des grandes puissances.

Une autre précision : le siège se trouve à New York ce qui renforce symboliquement l’influence américaine.

                       3.3/ LE ROLE DE L'ONU

A la conférence de Bretton Woods en 1944, le système monétaire international ( SMI) est réformé. Les Etats-Unis veulent à ce moment là instaurer une organisation économique et financière du monde afin d’assurer la reconstruction des pays dévastés et d’éviter de trop grandes fluctuations au commerce international. Le SMI devient le FMI qui doit limiter les fluctuations des monnaies garanties par l’or ou des monnaies convertibles et éviter les dévaluations sauvages des années 30.Chaque état s’engage à définir la valeur de sa monnaie en or ou en dollar et à s’y maintenir dans la limite de 1%. Il promet aussi de conserver une balance des paiements positive. Il consacre la suprématie du dollar puisque les monnaies sont aussi bien convertibles en dollar qu’en or. De plus le quart du capital du FMI est alors fourni par les Etats-Unis.

La BIRD (banque internationale pour la reconstruction et le développement) finance la reconstruction. 35% de son capital est américain. Elle accorde des prêts à long terme. En 1947 le GATT garantit l’ouverture des frontières au commerce international.

L’ONU a pour principale mission de maintenir la paix. Le conseil de sécurité peut donc se saisir de toute question mettant en péril la sécurité internationale. Il prend des sanctions morales ou économiques , notamment l’embargo. Il peut bien-sûr décider d’interventions militaires. Ses membres se sont engagés à mettre à disposition de ces interventions ,des forces armées (les casques bleus) et à autoriser leur passage sur leur territoire.

L’ONU joue aussi un rôle dans la coopération entre les nations grâce à une série d’organismes spécialisés , humanitaires, techniques et scientifiques : l’UNESCO ( organisation des nations unies pour l’éducation ,la science, la culture) ; l’UNICEF (fonds d’urgence des nations unies pour l’enfance) ; La cour de justice internationale qui siège à la Haye lui est également rattachée. Il faut ajouter les programmes humanitaires tels le PNUD ( programme des nations unies pour le développement) aide les pays du sud à améliorer leur situation économique et sociale. L'ONUSIDA est une agence chargée de la lutte contre le SIDA.

        3.4/ SES INTERVENTIONS ET SES LIMITES:

Au cours du XXème siècle, la communauté internationale a fait l'expérience que la paix ne se postulait  ni ne se décrétait, mais qu'elle dépendait de l'instauration d'une "société des nations" englobant les Etats .L'expérience a également montré que les institutions de la communauté internationale se devaient d'être effectives, la SDN a ainsi cédé la place à l'ONU et celle-ci a dû adapter ses missions et ses modes d'action.

L'ONU a multiplié les opérations de maintien de la paix (OMP), qui mobilisent une part importante de ses ressources humaines et financières et symbolisent son rôle aux yeux de l'opinion publique internationale. Mais les OMP elles-mêmes ont grandement évolué dans le temps. À l'origine, simple avatar des actions traditionnelles de médiation et d'interposition dans les conflits internationaux, elles ont revêtu des formes plus coercitives, conformément à ce que le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit.

Les opérations de maintien de la paix de la communauté internationale ressemblent parfois plus à des actions de police internationale qu'à la guerre traditionnelle.

L'ONU a contribué à la gestion des conflits issus de la décolonisation. En 1961 au Congo.

En 1965, des observateurs de l'ONU sont placés à la frontière entre l'Inde et le Pakistan.

L'ONU favorise également l'émergence du tiers-monde. Ainsi en 1964, fut créée la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement).

Il faut, aussi, que les plus faibles puissent faire entendre leur voix, respecter leurs droits et bénéficier de la solidarité de la communauté internationale. Les Nations unies ont tenté de satisfaire ces droits au cours des cinquante dernières années.

La fin de la guerre froide a consacré le triomphe de la pensée libérale et levé les obstacles de principe qui s'opposaient à l'accélération du mouvement des personnes, des idées, des capitaux, des biens et des services. Le rôle des Etats s'en trouve modifié. La libéralisation des échanges a augmenté l'impact des entreprises et elles remplacent de plus en plus le rôle des Etats. L'ONU ne peut ignorer ce nouvel état de fait.

L'ONU est intervenu dans les conflits de l'après guerre froide puisque les guerres n'ont pas disparu avec la fin de la guerre froide.

En Europe

La résurgence des revendications nationales provoque également l'éclatement de certains Etats, comme le prouve la division de la République socialiste fédérative de Yougoslavie mise en place par Tito en 1946, en 5 États (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, République fédérative de Yougoslavie ( Serbie-Monténégro ), Macédoine). Au cours du premier conflit dans cette région, la FORPRONU (FORCE DE PROTECTION DES NATIONS UNIES ) est mise en place entre 92 et 95 pour tenter de créer les conditions de paix et de sécurité nécessaires à la négociation d'un règlement d'ensemble de la crise yougoslave.

En Afrique

L'Europe n'est pas le seul terrain d'opérations. Les casques bleus interviennent aussi souvent en Afrique dans le cadre de conflits internes. Par exemple, depuis mai 2003 la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) intervient en Côte d'Ivoire.

Au Moyen-Orient

D'abord des opérations engagées par l'ONU au Proche-Orient sont encore en cours. L' Organisme (ONUST) des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve en Palestine est toujours en place. Depuis mars 1978, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) surveille la frontière entre Israël et le Liban.

En Asie

L'ONU a amené le Timor oriental à l'indépendance . En 1974, le Portugal a essayé de mettre en place un gouvernement provisoire et une assemblée populaire qui détermineraient le statut du Timor oriental. Une guerre civile a éclaté entre les tenants de l'indépendance et les partisans d'une intégration avec l'Indonésie. Devant une situation qu'il ne pouvait maîtriser, le Portugal s'est retiré. L'Indonésie est alors intervenue militairement et a par la suite annexé à son territoire le Timor oriental dont elle a fait sa vingt-septième province. L'Organisation des Nations Unies n'a jamais reconnu cette annexion, et le Conseil de sécurité comme l'Assemblée générale ont demandé le retrait de l'Indonésie. Une mission de paix fut établie au Timor. Le 20 mai , le Timor oriental est devenu une nation indépendante et le 192ème Etat membre de l'ONU.

Mais les Etats-Unis ont pris leurs distances vis à vis d'une institution qui s'est révélée peu servile. Déjà au Kosovo, en 1999, L'OTAN intervient

au Kosovo sans mandat de l'ONU. L'Union européenne a tenté de jouer un rôle moteur dans la gestion de la crise. Très vite cependant, les Etats-Unis via l'OTAN ont repris le contrôle du processus diplomatique et militaire. Le contrôle des opérations par le Commandement suprême allié en Europe, placé sous direction américaine et la confidentialité du choix des cibles lorsque le Pentagone mit en œuvre ses armes les plus stratégiques (bombardiers B1, B2 et missiles de croisière Tomahawk) illustrent cette suprématie des E-U dans l'OTAN. L'ONU a dû se contenter de fournir une force internationale de maintien de la paix (KFOR) Cette défiance des Etats-Unis vis à vis de l'ONU fut confirmée par le refus des E-U d'attendre la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU en Irak sur l'élimination des armes de destruction massive et par l'entrée en guerre sans mandat voté par les 15 membres du Conseil de Sécurité. Les Etats-Unis semblent bafouer le droit international en menant une guerre dite préventive et refusent à l'ONU un rôle dan le contrôle de l'après-guerre.

Deux autres problèmes qui sont liés se posent: celui des procédures de négociation et, surtout, celui de la mise en oeuvre. La plupart des décisions relatives aux normes, règles et objectifs sont adoptées par consensus. Cela a le mérite qu'aucune décision ne soit prise qui n'ait l'accord des principaux contributeurs et que des efforts sont faits pour accommoder les préoccupations des petits pays. Mais les décisions sont souvent formulées de telle façon qu'elles offrent une échappatoire à qui n'a pas l'intention de les mettre en oeuvre. Enfin, l'ONU n'a ni les moyens ni le pouvoir d'imposer le respect des décisions, ni, même, des conventions à des gouvernements souverains.

De même, les conventions devraient plus systématiquement comprendre des procédures d'arbitrages et de recours au cas où un pays viendrait à manquer à ses engagements et que d'autres s'en trouveraient lésés. C'était un des objectifs de l'Uruguay Round que de renforcer l'autorité du GATT dans le cas de conflits commerciaux entre pays.

Le conflit Irak-Koweit, ceux de l'ex-Yougoslavie, de la Somalie et du Rwanda ont éclairé deux situations graves qui risquent de se reproduire dans le futur: le refus par l'une des parties de respecter les décisions du Conseil de sécurité ou la déliquescence de l'Etat qui, l'une et l'autre, peuvent conduire l'ONU à intervenir militairement ou à autoriser l'intervention militaire pour " imposer la paix ".

L'essentiel pour l'ONU est de se doter de critères objectifs pour décider de l'intervention, c'est-à-dire pour juger des menaces pour la paix dans une région ou dans le monde qu'un conflit peut entraîner ou des risques de désastre humanitaire. Ce devrait être la tâche d'un Conseil de sécurité rénové, c'est-à-dire plus représentatif de la réalité du monde aujourd'hui; faute de quoi les interventions dont il décidera courront le risque d'apparaître comme guidées par les intérêts des grandes puissances .

La lenteur des interventions sur le terrain, après les décisions du Conseil de sécurité, a, trop souvent, laissé la situation se détériorer, d'où la proposition du secrétaire général de doter l'ONU d'une force d'intervention rapide composée d'unités volontaires et spécialement entraînées des pays membres, qui serait déployée sur décision du Conseil de sécurité et placée sous son autorité.

Enfin, l'ONU a pâti de la confusion des missions qu'elle assumait simultanément dans un même pays: actions visant à faire la paix, actions humanitaires et actions de reconstruction. Résultat: Selon une étude effectuée par TNS (3ème groupe mondial d'études marketing et d'opinion) pour CNN/Time, les Européens sont partagés sur le rôle des Nations Unis. En effet, 46% des Français et 54% des Allemands déclarent que les Nations Unies constituent un moyen efficace de résoudre les problèmes internationaux. En Angleterre, ils ne sont que 27% à le penser.

CONCLUSION

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget (sa dette) et celui du fonctionnement du Conseil de Sécurité (l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence) devient de plus en plus pressant.

Le secrétaire général actuel, Ban Ki Moon, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de Sécurité, elles sont pour l'instant restées lettres mortes.

Les Nations Unies ne peuvent être remplacées que par elles-mêmes et leur bon fonctionnement dépend bien plus de la volonté des Etats membres que des réformes de la machinerie des réunions ou du Secrétariat, encore que celles-ci soient nécessaires. Cette volonté doit notamment se manifester dans les moyens donnés à l'organisation: n'est-il pas surprenant que l'institution chargée de veiller sur la paix, les droits de l'Homme, le développement et l'environnement et d'éteindre les incendies dans le monde ne dispose même pas du budget des pompiers de la ville de New York ?

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Cours d'histoire de terminale

ETUDE DE CAS: LA CRISE DE 1929

août 20
by Catherine Bertin 20. août 2011 07:24

Ce sont les documents du manuel Nathan Cote qui permettent de rédiger un développement sur les origines, les manifestations et les solutions apportées à la crise de 1929

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Voici la correction de cette étude de cas, faite à partir d’un très bon compte rendu de Frédéric, élève de 1S5.

LA CRISE DE 1929, SES ORIGINES, SES MANIFESTATIONS, SES SOLUTIONS

En 1929, dix ans après la fin de la première guerre mondiale, les Etats-Unis sont devenus une grande puissance économique. Et pourtant, cette croissance des années folles va être brutalement stoppée par une crise boursière exemplaire qui va engendrer une dépression économique durable et qui va s’étendre au monde entier. Quelles sont donc les causes de cette crise américaine et ses manifestations à l’échelle mondiale ? Y a-t-il eu des solutions et comment s’appliquèrent-elles ?

Ainsi , comme l’explique le courrier diplomatique de Paul Claudel ( doc 1) la crise boursière survient le 24 octobre 1929 à la célèbre bourse de New York Wall Street, et fut baptisée « le jeudi noir ». Il s’agit d’un krach boursier relatif à la vente le même jour de la presque totalité des actions cotées en bourse. En réalité, ce sont les 28 et 29 octobre que le plus d’actions, furent liquidées. Paul Claudel dans son courrier à Aristide Briand parle de « plus de 9 millions d’actions qui furent vendues à n’importe quel prix »…. On constate donc aussi une baisse du cours des actions. Ce krach est en réalité le résultat de trois causes complémentaires : En premier lieu, nous avons le surendettement des actionnaires qui sont principalement de petits épargnants américains et nombreux sont ceux qui cèdent à la panique devant le risque de baisse de leurs actions. Ensuite il faut reconnaître la saturation du marché intérieur américain qui explique que les entreprises américaines sont en état de surproduction ce qui provoque des doutes sur la réalité de leur capital. Enfin la spéculation est poussée à l’extrême et les spéculateurs ne contrôlent plus les rumeurs qu’ils lancent.

Les graphiques en courbes du document 2 montrent les répercussions de ce krach au niveau national et international et permet de définir le cycle infernal de la crise. Le krach boursier déclenche automatiquement une crise financière plus large avec la faillite des banques et de là une crise économique plus large puisque les particuliers ne peuvent plus rembourser leurs emprunts, consomment de moins en moins, les entreprises souffrent donc encore plus de surproduction et ferment leurs chaînes les unes après les autres. La fermeture de ces usines signifie le licenciement des ouvriers et le plein emploi fait place au chômage. C’est une vraie misère sociale qui s’installe avec des gens qui perdent leur logement, vivent dans la rue et ne peuvent plus nourrir leur famille. Comme le montre le quatrième document des manifestations d’hommes soutenus par leurs femmes défilent pour réclamer une aide de l’état. Ces marches de la faim sont la preuve de cette misère sociale , et justifient le retour des tickets de rationnement et la distribution de soupes populaires aux plus démunis.
Les Etats-Unis étant devenus les créanciers de l’Europe après la guerre, et en particulier de l’Allemagne, il est évident que leur crise ait des répercussions très graves dans ce pays tout d’abord car les Etats-Unis rapatrient leurs capitaux. Les 20% de chômeurs que l’on voit sur les courbes du document 2 sont valables pour les Etats-Unis et pour l’Allemagne. Le Royaume-Uni est touché dès 1930-31 et la France reçoit les effets de la crise le plus tardivement , en 1932 souffrant moins d’autre part du chômage puisqu’il ne dépassera pas 4% de la population. De jeunes pays comme le Japon seront concernés par le krach boursier mais ignoreront les répercussions sociales.

Tous les pays adopteront la même solution à cette crise : le protectionnisme, c'est-à-dire le rapatriement de leurs capitaux à l’étranger, la fin des investissements directs à l’étranger, la fermeture des frontières, la hausse des barrières douanières et le repli sur ses productions nationales. Ce protectionnisme étant appliqué par tous, les effets auront tendance à s’annuler.
La solution la plus élaborée vient du président démocrate américain , Franklin Delano Roosevelt. Lors de son discours dans le document 5 , il présente une « nouvelle donne », le New Deal. Il s'agit d'une nouvelle donne économique et sociale mise en place par ses plus proches conseillers, de jeunes intellectuels, banquiers, journalistes ou professeurs d'université, aux idées parfois opposées, mais qui forment un groupe de réflexions dynamiques : le "Brain trust". L'expression "New-Deal" désigna toutes les mesures économiques et sociales prises aux États-Unis entre 1933 et 1939, sous la présidence de Franklin D. Roosevelt, pour remédier aux effets dévastateurs de la crise de 1929 avec des mesures telles que la réforme du système bancaire, l'abandon de l'étalon or, la dévaluation du dollar, la limitation volontaire de la production agricole et le lancement de grands travaux. On distingue en général deux New Deals, le premier désignant les mesures adoptées en urgence au printemps 1933, dès l'entrée en fonction de Roosevelt, le second, celles prises à partir de 1935.

Même si l’efficacité et les résultats du new Deal restent contestables il faut admettre que Le New Deal introduisit une grande nouveauté dans le système économique américain par le fait que l'état intervienne directement dans l'économie pour réamorcer le système et assurer une certaine sécurité. Roosevelt inaugure ainsi l'ère de l'état Providence, par l’interventionnisme de l’Etat.

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