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LES GRANDS MODELES D’APRES 1945

novembre 07
by Catherine Bertin 7. novembre 2011 06:41

Pour comprendre les relations internationales de 1945 à 1990, il faut avoir quelques connaissances sur les deux grands modèles idéologiques qui vont s’opposer dans cette période très tendue que nous avons baptisé la guerre froide.
Voici en résumé les caractéristiques de ces deux modèles.

La constitution américaine est publiée en 1787, elle connaîtra par la suite de nombreux amendements. La constitution de l'URSS est revue en 1936 par Staline. Ces textes dont le rôle est de définir la répartition des pouvoirs, les relations entre citoyens et institutions, précédent donc la période qui nous intéresse.

1: L'affirmation de principes communs.

· L'affirmation de la démocratie.

La démocratie libérale américaine.

Démocratie libérale : régime où les libertés fondamentales sont respectées et où existent plusieurs partis politiques. Le système représentatif s'appuie sur le suffrage universel pour désigner les représentants. Celui-ci est indirect lorsqu'il s'agit des élections présidentielles. Le principe de séparation des pouvoirs est respecté. Le Président est chef de l'exécutif. Il est à la fois chef de l'Etat, du gouvernement et de l'armée. Il négocie les traités internationaux. Il nomme son administration. Le gouvernement n'est d'ailleurs responsable que devant lui. Le Congrès exerce le pouvoir législatif. La Chambre des Représentants est élue pour deux ans comprend 435 membres. Le Sénat (renouvelable par tiers tous les deux ans) comprend 100 membres élus pour 6 ans. La Cour Suprême détient le pouvoir judiciaire. La Cour est constituée par un groupe de 9 juges nommés à vie par le Président. Elle juge les différents entre les Etats et l'Etat fédéral, entre les citoyens et l'Etat. Elle peut annuler les lois votées par le Congrès et les décrets du Président. Les américains sont également très attachés aux libertés fondamentales.

La démocratie populaire soviétique.

Démocratie populaire : régime où il n'existe qu'un parti, le parti communiste qui représente la classe ouvrière. En principe le peuple a le pouvoir. Le suffrage universel est affirmé dans la constitution de 1936 dont Staline dit qu'elle est " la plus démocratique du monde ". Le suffrage universel permet de désigner un pouvoir législatif " le soviet suprême ". L'exécutif est confié à un pouvoir collégial élu par l'ensemble des députés " le praesidium ". La constitution affirme d'autres droits: égalité des sexes, liberté de conscience , de parole, de presse, de réunion, d'association ou de pétition et des droits sociaux ( loisirs, instruction et travail)

· L'affirmation du principe fédéral.

Les Etats-Unis d'Amérique. Les Etats-Unis forment un Etat fédéral. Chacun des 50 états possède sa constitution, son gouverneur et deux chambres (à l'exception du Nebraska). Leurs pouvoirs sont assez importants dans le domaine de la justice ou de l'enseignement.

L'Union des Républiques socialistes soviétiques. L'URSS est en principe selon la constitution, un état fédéral. Par exemple, pour faire un petit retour en arrière, la constitution de 1924 prévoyait que les Républiques créées entre 1918 et 1923, pourraient jouir d'une certaine autonomie, tout en léguant à l'instance fédérale leurs compétences dans les domaines de la diplomatie, de la défense, de la police, de la monnaie, et de la planification économique.

2: Mais des modèles foncièrement différents.

· Des fonctionnements politiques et économiques profondément différents.

Dans le domaine politique.

Le régime présidentiel américain.

On observe en effet qu'aux Etats-Unis a été établi un régime présidentiel dont la seule limite est l'existence d'une procédure d'impeachment qui permet au Congrès de renverser le président en cas de trahison ou de forfaiture.

Le bipartisme américain. Deux partis dominent la scène politique américaine:

- Le parti Démocrate fut fondé par Jefferson en 1792. C'est un caricaturiste républicain, Thomas Nast, qui représente pour la première fois le parti Démocrate sous la forme d'un âne en 1870. Les Démocrates sont plus modérés que les Républicains. Dans le domaine économique et social, ils acceptent en général plus facilement l'idée d'une intervention de l'Etat. Mais attention, les exceptions sont nombreuses. Ainsi, Clinton a-t-il brisé un mythe en étant le président Démocrate qui a réalisé des coupes budgétaires dans le domaine social. D'un point de vue moral et religieux, les Démocrates sont en principe progressistes, comme l'illustrent leurs positions sur la question de la peine de mort et de l'avortement.

-Le Parti républicain fut crée en 1854. Il est représenté depuis 1874 par un éléphant à la suite d'une caricature faite du général Ulysses Grant.

Dans le domaine économique, les Républicains sont en principe plus strictement libéraux que les démocrates. Les Républicains, plus encore que les Démocrates, sont extrêmement méfiants quant au pouvoir de l'Etat fédéral. Ils sont en général attachés aux principes religieux, et défendent une Amérique puritaine et traditionaliste. Ainsi, les Républicains prônent la défense des valeurs familiales, le respect du drapeau, et sont opposés à l'avortement. On peut donc les qualifier de conservateurs. Mais notez bien qu'à l'origine le parti Républicain se place comme un parti abolitionniste, c'est à dire désireux de mettre fin à l'esclavage.

Il existe également aux Etats-Unis des candidatures indépendantes même si elles n'ont aucun poids réel dans les élections. On peut citer le cas de Ross Perrot, milliardaire, candidat à plusieurs reprises aux élections présidentielles.

La dictature d'un parti unique en URSS.

C'est le parti qui détient le pouvoir au nom de l'idée selon laquelle le PCUS est l'avant garde du prolétariat qu'il représente. Le système de listes de candidats uniques définies par le parti limite l'expression de la souveraineté populaire.

Les organes principaux du pouvoir sont le congrès ( dirige la politique du parti), le comité central (administre la parti) et le politburo qui détient le pouvoir exécutif.

Dans le domaine économique.

-Le libéralisme, base du système économique américain. Le libéralisme est le principe selon lequel l'économie se régule seule sans intervention de l'Etat.

-Etatisation et collectivisation, bases du système économique soviétique.

En URSS, l'économie est planifiée. Le gosplan. Celui-ci définit les besoins de la population et les productions nécessaires pour les satisfaire. En principe les plans sont établis pour 5 ans. Des secteurs importants de l'économie sont nationalisés. Nationalisation: l'état devient propriétaire des moyens de production.

L'agriculture est collectivisée.

Kolkhoze : coopérative d'exploitation qui reçoit les terres de l'Etat propriétaire du sol. Le salaire du Kolkhosien dépend du temps de travail et des revenus du kolkhose.

Sovkhoze : ferme d'état placée sous l'autorité d'un directeur. Chaque travailleur reçoit un salaire fixe comme un ouvrier d'usine.

L'état contrôle également le commerce extérieur.

· Des valeurs spécifiques.

-Le patriotisme serait la seule valeur également partagée par les deux pays dans un contexte de guerre froide. Il est fort présent aux Etats-Unis. On peut même parler de nationalisme tant l'amour du drapeau est grand. En URSS, le nationalisme présenté comme soviétique mais essentiellement russe est mis en avant par Staline et Jdanov. Il se mue en antisémitisme d'ailleurs dans les années 50. Entre 1949 et 1951, des purges massives frappèrent des membres juifs du parti et des intellectuels. Quelques mois avant la mort de Staline en 1953, se préparait le procès des " médecins assassins " ou procès du " complot des blouses blanches " où des médecins juifs furent accusés d'avoir miné la santé de Staline.

- Les valeurs spécifiques de la société américaine. La société américaine est en principe multiculturelle, basée sur le mythe du melting pot.

-Derrière une apparence de religiosité, la Constitution américaine et la Cour Suprême sont les garants d'une véritable séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cependant, la religion garde un poids important dans la société américaine. Les présidents américains prêtent serment sur la bible , par exemple. C' est un héritage du premier peuplement européen de l'Amérique du nord. L'image du pionnier.

-Le mythe américain s'est construit sur la confiance en l'initiative individuelle et l'esprit de conquête. " Go west young boy ", conquête de l' espace ," self-made man". Les valeurs spécifiques de la société soviétique. La non-reconnaissance des nationalités.

-En principe, le communisme doit permettre avec la disparition des classes, la disparitions des nations. En réalité, c'est à un véritable processus de russification auquel on assiste dans les républiques soviétiques. Des déportations ont lieu dans les RSS où existent des résistances nationalistes. Par exemple, entre 1940 et 1953, 200 000 baltes sont déportés. Entre , 1944 et 1952, 172 000 partisans ukrainiens sont envoyés en Sibérie et au Kazakhstan.

La négation de la liberté religieuse.

Le marxisme léninisme considère la religion comme aliénante. Elle est qualifiée d'opium du peuple. Le démantèlement des églises fut donc l'une des priorités de Staline dans l'après guerre.

L'individu s'efface devant l'intérêt commun. Ce principe est particulièrement à l'œuvre dans les structures d'encadrement de la jeunesse. Les Komsomols par exemple.

3: Les limites de chacun de ces modèles.

· La mise en place d'un système totalitaire stalinien

Staline monopolise le pouvoir.

Staline dirige seul

Il est secrétaire général du PC, président du conseil de ministres et maréchal de l'armée rouge. Il contrôle toutes les nominations des cadres du parti. Les organisations politiques sont peu ou rarement réunies: le congrès n'est jamais réuni entre 1939 et 1952, le comité central est réuni deux fois seulement en 1945 et en 1962.

Elimination de l'opposition et moyens de la terreur. L'élimination des principaux adversaires politiques est déjà réalisée. Le parti communiste a été purgé à l'occasion de la grande terreur de 1937-1939.

Beria dirige le NKGD( Narodnyï Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti, "Comité du peuple pour la sécurité de l'État" qui succède au NKVD( Narodnyï Komissariat Vnoutrennikh Diel ) " Commissariat du peuple aux Affaires intérieures ". Les opposants politiques sont envoyés dans des goulags (abréviation de Glavnoïe oupravlienïe Laguierieï (Direction principale des camps) Ce terme désigne par extension les camps de travail.

Toute opposition est éliminée même si elle n'existe pas. En 1953, éclate le " complot des blouses blanches " monté de toute pièce et destiné à accusé des médecins juifs d'avoir tenter d'éliminer Staline.

Le culte du chef.

Dès avant la seconde guerre mondiale se développe un véritable culte du chef qui déifie véritablement Staline. Exemple: en 1948 paraît une biographie abrégée de Staline où on peut lire que Staline est " le plus grand des chefs " et " le plus grand stratège de tous les temps ". La réalité d'un pouvoir centralisé en URSS.

Il s'agit plus d'un Etat centralisé que d'un état fédéral. Les décisions viennent d'en haut. Dans les institutions importantes, les républiques sont faiblement représentées. Conclusion: On peut donc affirmer que le système Stalinien est un système totalitaire où le fédéralisme et la démocratie ne sont que de façade .

· Le maintien de profondes inégalités et des atteintes à la liberté de conscience aux Etats Unis.

Certes, entre 1953 et 1963, le PNB américain augmente de 25 %. Le niveau de vie moyen des américains augmente. L' " American way of life ". se développe. Les fast-food se multiplient, une véritable civilisation de la voiture apparaît. La télévision crée ses propres mythes et références.

Les ménages se fournissent en biens d'équipement. En 1960, par exemple , 80 % des familles possèdent déjà des téléviseurs.

On assiste au développement de la classe moyenne, celle des cols blancs ( employés aisés). Mais de profondes inégalités se maintiennent. Des inégalités sociales d'abord. En 1947, 4 familles sur 5 ont des revenus inférieurs à 5000$. On compte dans les années 50-60, 40 millions de pauvres ( ils ne parviennent pas au seuil de 3000 $ de revenu annuel) aux Etats-Unis. Les plus touchés sont les personnes âgées, les noirs et les minorités, les femmes lorsqu'elles sont chef de famille et les agriculteurs. Des inégalités raciales également. Les gens de couleurs représentent à l'époque 22 % des effectifs des pauvres dans les années 50-60. Les minorités doivent encore lutter pour faire valoir leurs droits. Certes la Cour Warren (du nom du président de la Cour Suprême) affirme le principe d'égalité de tous les citoyens américains y compris des minorités. En 1954, elle rend la ségrégation à l'école anti-constitutionnelle. Seulement les pratiques ségrégationnistes ont la vie dure. En 1955 , Martin Luther King est encore obligé d'appeler au boycott des compagnies de transport qui pratiquent la ségrégation. De même, en 1957, il faut l'intervention des troupes fédérales pour faire admettre des enfants noirs dans une école à Little Rock.

__ Politique ségrégationniste :__ Politique basée sur le principe de séparation des races ou des ethnies. Des atteintes aux libertés fondamentales aux Etats-Unis. Il ne faut pas oublier, en effet, que dans ces années là, dans le contexte de la guerre froide, sévit le Maccarthysme. En effet, entre 1950 et 1954, Joseph McCarthy , sénateur républicain du Wisconsin, organise une véritable "chasse aux sorcières" prétendument destinée à éliminer le danger communiste de l'intérieur. Des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels font l'objet d'enquêtes. Les époux Rosenberg sont même exécutés à la suite d'un procès bâclé pour trahison. Conclusion: la démocratie américaine dans les années 50, sans être une dictature n'en est pas pour autant parfaite.

Conclusion générale: Dans les années 50, pendant l'un des sommets de la guerre froide s'affrontent deux modèles qui mettent en avant quelques principes communs: la démocratie, le fédéralisme. Cependant en réalité c'est un véritable système totalitaire qui est en place sous l'autorité de Staline. Le système politique américain peut être qualifié de démocratique mais il n'est pas sans connaître quelques lacunes graves notamment dans le domaine de l'égalité et de certaines libertés fondamentales pourtant chères aux américains. A l'exception du patriotisme, les valeurs américaines et soviétiques sont profondément différentes. L'individu et la religion sont loin d'avoir la même place dans les deux sociétés.

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Cours d'histoire de terminale

LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

novembre 04
by Catherine Bertin 4. novembre 2011 11:34

Introduction

Précisons d’abord que cette guerre européenne puis mondiale a des origines profondes qui remontent d’abord à l’hégémonie des pays européens de la révolution industrielle qui dominent le commerce, le système bancaire, la production industrielle du monde , une hégémonie devenue insupportable pour les pays neufs. Elle entraine aussi des rivalités d’intérêts entre les pays européens eux-mêmes. Les causes sont aussi liées aux rivalités coloniales car l’Allemagne voudrait bien aussi sa part. L’Europe est intrinsèquement divisée en divers régimes politiques, en pays et empires de taille différente et de puissance économique très différente avec une nette opposition entre l’Europe riche du Nord et l’Europe pauvre du sud. Les empires centraux ( Autriche-Hongrie) sont divisés par leurs nationalismes car certaines minorités sont séparatistes ou indépendantistes. Et puis, il y a des causes plus récentes liées aux derniers conflits tels que l’Alsace-Lorraine , province française perdue lors de guerre de 1870 et revenue aux Allemands.

La première guerre c’est aussi un mécanisme d’alliances qui s’est mis en place bien avant 1914 : 1)La triple Alliance ou Triplice qui est l’œuvre de Bismarck et qui vise à isoler la France et qui en dehors de l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne associe l’Empire Ottoman pour contrôler les détroits. 2) la Triple Entente qui est l’œuvre de la diplomatie française qui en associant France, Royaume-Uni et Russie oblige l’Allemagne a se battre sur deux fronts et la prend en tenaille.

Problématique : quelles sont les phases les plus importantes de cette guerre ? qu’est-ce qui en fait une guerre particulièrement violente ? et une guerre totale ?

1 : LES PHASES DE LA GUERRE
1.1 La marche à la guerre

Les Balkans sont une poudrière depuis qu’en 1908 Vienne a annexé la Bosnie-Herzégovine, une province ottomane. Les Croates et les Slovènes aspirent à l’union des peuples slaves dans une seule Yougoslavie. Le Roi de Serbie, Pierre 1er aussi. Des sociétés secrètes existent en Serbie comme la Main Noire qui est une société terroriste.

sarajevo 

28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse en visite à Sarajevo, capitale de la Bosnie, sont assassinés par Princip un étudiant bosniaque que l’on soupçonne d’appartenir à la Main noire. è l’Autriche-Hongrie lance un ultimatum à la Serbie.

Le mécanisme des alliances entraîne les entrées en guerre successives.

engrenagegrandeguerre

1.2 La guerre de mouvement

frise

Les deux camps vont vite abandonner l’idée d’une guerre courte et facile. Les deux armées sont équilibrées avec deux millions de soldats de chaque côté. Les anglais de Kitchener ne sont que 100 000.

· Du côté allemand le plan Von Schlieffen est basé sur la surprise et la rapidité avec l’invasion tout d’abord de la Belgique neutre. Du côté français Joffre attaque à l’est vers l’Alsace-Lorraine mais c’est une mauvaise tactique car il a peu d’artillerie et les troupes sont mal préparées.

· Le 23 août les allemands foncent obligeant les français à battre en retraite. La capitale est menacée.

· 6 au 9 septembre 1914 : Bataille de la Marne. Grâce aux taxis de la Marne de Gallieni les troupes fraîches et les munitions arrivent sur le front. Joffre stabilise l’armée allemande sur la Marne. La bataille fera quand même 200 000 morts mais les allemands se sont repliés . C’est l’été des généraux.

On parle alors de guerre de position ou d’une guerre d’usure qui commence. C’est celle des tranchées et de l’ennui car les permissions sont rares.

· Les tranchées sont des boyaux face à face entre les allemands et les français. Univers de boue, de froid et de cauchemars.

· L’art du camouflage remplace les offensives.

On fait appel aux colonies pour envoyer des renforts d’Afrique et d’Indochine.

Peu à peu les fronts se multiplient: front italien, front russe et front des Balkans avec l'entrée en guerre de la Turquie le 1er novembre contre les pays de l'Entente.

  • La flotte britannique fait le blocus des côtes allemandes. Les colonies allemandes d'Afrique et d'Océanie sont prises. La supériorité anglaise tenait à la construction depuis 1906 du "dreadnought" , un cuirassé de 18 000 tonnes qui a la plus forte concentration de tourelles de canons jamais faite. En réponse en février 1915, L'Allemagne se lance dans la guerre sous-marine et le 7 mai 1915 coulera le paquebot britannique le Lusitania au large de l'Islande. Il faudra désormais accompagner de navires de guerre, les convois.
  • Le Japon déclare la guerre à l'Allemagne pour s'emparer des concessions allemandes de Chine et des colonies allemandes du Pacifique.
  • Sur le front russe l'offensive austro-allemande va de la mer Baltique jusqu'au Dniestr. Les russes évacuent la Pologne et se replient sur Riga.
  • Le 26 avril, s'ouvre le front italien avec la signature du traité secret de Londres entre l'Italie et les pays de l'Entente. Le 23 mai, l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie.
  • Sur le front des Balkans, les pays de l'Entente échouent dans leur tentative de débarquement au Dardanelles mais conservent le contrôle de Salonique. Cela fera 145 000 victimes. En Octobre la Bulgarie entre en guerre du côté de la Triplice. Les troupes austro-hongroises en même temps écrasent la Serbie . Puis le 28 août 1916, ce sera au tour de la Roumanie de déclarer la guerre à l'Autriche.
  • En Afrique, les Britanniques font la conquête du sud-ouest africain, colonie allemande. Au Moyen- Orient, Laurence d'Arabie soulève les tribus arabes contre l'Empire Ottoman. La France prend le contrôle de tout le Cameroun qui était une colonie allemande jusque- là. 
  • Sur le front ouest, l'objectif de Falkenhayn est de broyer l'armée française sous le feu de l'artillerie et sur un petit champ de bataille. Ce sera donc Verdun (février à décembre 1916). Le général Pétain y est nommé avec mission de tenir coûte que coûte. Il organise le front, achemine les hommes, les munitions et le matériel par la Voie Sacrée et tient la zone.
  • Entre juillet et septembre 1916 Foch conduit sans succès une offensive sur la Somme . Finalement le général Nivelle remplace le général Joffre à la tête des armées françaises et son offensive va marquer la fin de la bataille de Verdun en octobre 1916.
     1.3: Les tournants de 1917 et la reprise de la guerre de mouvement

· En avril 1917, l'offensive de Nivelle au Chemin des Dames près de Reims, qui est une crête escarpée truffée de grottes naturelles qui serviront d'abris aux allemands, est un énorme échec: 270 000 soldats tués en plus. C'est le début des mutineries. Le ministre de la défense Painlevé demande à Nivelle de démissionner mais celui-ci refuse. Painlevé nomme alors Pétain pour remplacer Nivelle à la tête des armées françaises. Mais la reprise en main par Pétain se solde le 20 août 1917 par un succès lors d'une deuxième bataille à Verdun qui permet en octobre 17 de prendre la crête du Chemin des Dames.

  • En mars la Russie connaît sa révolution bolchévique , ce qui entraîne la chute du régime tsariste et l'effondrement du front russe. Le 15 décembre c'est l'armistice de Brest-Litovsk entre la Russie et les puissances centrales.
  • En décembre 1917, la Roumanie vaincue par les puissances centrales signe à son tour l'armistice.

1918 va permettre la reprise de la guerre de mouvement et des grandes offensives. Les Allemands ont rapatrié leurs troupes du front russe au front ouest.

  • En janvier 1918 le président américain Wilson défend le principe " d'une paix sans victoire" devant le sénat américain.

  • En mars Ludendorff lance " l'offensive Michel" dans le secteur de la Somme. Les allemands ont une supériorité de 30 divisions sur les Alliés. C'est Foch qui en avril est nommé commandant de toutes les armées alliées ce qui va donner une unité à l'armée de l'Entente et l'offensive allemande est stoppée grâce à l'engagement des réserves françaises. A partir du 8 août c'est la contre-offensive des alliés qui commence avec des tanks et de l'artillerie qui brisent les lignes allemandes de plus en plus usées. Foch en profite pour continuer la contre-offensive et briser la ligne Hindenburg. Le 27 septembre 1918 la deuxième bataille de la Somme est une victoire alliée, Reims est libérée et les allemands reculent. Le 9 novembre la révolution éclate à Berlin et entraîne l'abdication de l'empereur Guillaume II et la république est proclamée par Scheidemann.
  • Le 11 novembre l'armistice est signée à Rethondes dans la forêt de Compiègne , ce qui met fin à la première guerre mondiale.

2 : LA VIOLENCE DU FRONT ET DE LA GUERRE SUR LES CIVILS

Sujet : les tranchées, une organisation de masse de la mort ?

3 questions : les conditions de vie dans les tranchées
les combats depuis les tranchées et les nouveaux armements
les mutineries

De quoi s'agit-il? Au départ les fantassins commencent par creuser des trous d'hommes. Puis ils les relient entre eux. Cela devient une tranchée. Au départ elles forment une ligne. Puis les unités s'installent sur plusieurs lignes, éloignées de quelques centaines de mètres et reliées entre elles par des boyaux. Les tranchées sont en zigzag pour gêner le réglage de tirs d'artillerie adverse. Des fils de fer barbelés font une protection supplémentaires.

Comment s'organisent-elles? Les tranchées étant souvent construites dans des terrains meubles, elles sont peu solides. Là où les nappes phréatiques sont proches de la surface, les tranchées se remplissent d'eau dès les premières pluies. Certains soldats se noieront. Ensuite la terre se transforme en boue. Les tranchées doivent toujours être entretenues: il faut renforcer les murs avec des madriers. Puis on ajoute la banquette de tir, l'observatoire qui permet à un homme de surveiller les mouvements adverses et des postes de tir pour les tireurs d'élite. Il y a des postes de commandement pour les états-majors. Les liaisons sont assurées le plus souvent par des téléphones de campagne. Il y a les postes de secours. Sur certaines tranchées, on trouve des "zones-vies": cuisines, mess, boulangerie. Les vivres et le matériel de guerre sont stockés. Les soldats " décorent" leurs tranchées. De plus en plus souvent, les tranchées s'organisent en 3 niveaux: 1 ligne avancée pour dissocier l'attaque ennemie; 1 ligne de résistance; 1 ligne arrière pour recevoir les réserves et arrêter l'ennemi. Les allemands entretiennent mieux leurs tranchées car ils emploient du béton et de l'acier pour renforcer les défenses.

Et la nourriture? Les services de cantine donnent des rations de meilleure qualité du côté allemand car ils ont les "roulantes", des cuisines mobiles qui permettent de réchauffer les ragoûts. Du côté français les cuisines étant derrière, ce sont des soldats qui livrent , donc cela arrive froid ou pas du tout. Le pain reste la nourriture principale . On prévoit le vin chaud pour les combattants. Lors des combats, le ravitaillement est encore plus difficile à assurer et le soldat porte une ration de combat ( 300g de biscuit, 300g de viande de conserve). Le manque d'eau potable est terrible donc les dysenteries et les maladies intestinales se multiplient. Cela influe aussi sur le moral. La faim poussera à manger les chevaux morts.

Quelles sont les principales difficultés? Les soldats dorment mal dans les casemates humides. Ils ont peur de la mort. Ils dorment peu puisqu'ils faut assurer les veilles. Les soldats attendent et s'ennuient. Ils jouent aux cartes, écrivent des lettres, lisent le courrier des marraines de guerre. Le combat dans les tranchées passe par 3 phases: la préparation d'artillerie, l'assaut dans le No Man's land, le nettoyage des tranchées adverses. Les blessés sont abandonnés. C'est une vraie boucherie que ces combats au corps à corps où on utilise les pelles et les masses. Les soldats sont relevés au front mais cet exercice périlleux se fait de nuit. Ils regrettent surtout le peu de permissions. Par exemple en France certains soldats de 14 attendront 1916 pour les premières permissions.

 

2.2  : Les civils sont concernés aussi par cette guerre

Il y a eu pendant cette guerre, un véritable génocide concernant une minorité chrétienne de l’Empire Ottoman musulman : les Arméniens. Ils étaient déjà détestés par les autorités mais les difficultés militaires vont pousser à leur élimination car ils sont soupçonnés d’avoir soutenus les Russes et d’être en partie responsables de la défaite. Les élites arméniennes sont arrêtées et exécutées et pour le reste du peuple arménien il est déporté. Dans le cadre de marches forcées, les autorités obtiennent la mort par épuisement des plus faibles. D’autres seront assassinés et il y aura des noyades massives provoquant le génocide d’1 million d’arméniens.

Les croix de bois: Au total, la première guerre mondiale a fait environ 9 millions de morts. Ce sont des militaires tués au combat ou morts de leurs blessures ou de maladie entre 1914 et 1918. Parmi eux il y a 2 millions d'allemands, 1,8 million de russes, 1,5 million de français, 750 000 britanniques, 650 000 italiens . ==> proportionnellement à sa population totale, la France est le pays où les pertes ont été les plus élevées. A ces morts il faut ajouter 500 000 soldats qui meurent après la guerre des suites des blessures contractées pendant la guerre ou des maladies qui tuent plus tard. Il ne faut pas oublier d'autres personnes que les soldats. Des millions de décès seront provoqués par l'épidémie de grippe qui s'est propagée dans tous les continents de 1918 à 1920 et qui rient qu'en France a fait 200 000 victimes.

gueulecassee

Tableau d’Otto Dix

Des générations sacrifiées: Le sort des "gueules cassées" n'est guère enviable. Ils sont 6,5 millions à être blessés. Ces gueules cassées sont des invalides, des aveugles, des gazés, des amputés, des handicapés. Ils sont marqués à jamais et beaucoup ne pourront pas reprendre une activité professionnelle normale . Ils seront donc pensionnés et à la charge de leur pays.. Sur la pyramide des âges, on note que morts et blessés concernent le sexe masculin et les classes d'âge adulte comprises entre 19 et 40 ans. Ce sont donc les forces vives de la nation, les plus actives et les plus fécondes. En France par exemple, 20% des soldats âgés de 19 à 27 ans en 1914 ont été tués. Les soldats morts ont laissé 3 millions de veuves et 6 millions d'orphelins.

pyramideages

Des séquelles démographiques durables: Les pertes humaines ont entraîné un déséquilibre entre les sexes et un vieillissement de la population. Le sexe féminin devient majoritaire. Le vieillissement touche la population active qui va devoir reconstruire le pays.

 

3 : LA GUERRE EST MONDIALE ET TOTALE

3.1 La mobilisation est économique

Quelle est la place de l'industrie dans la guerre? L'industrie automobile et l'industrie électrique sont parmi les premières à s'impliquer. Le taylorisme sert de modèle et arrive en Europe. Les grandes firmes d'armement forment un cartel formidable: le Comité des Forges. La hausse du rendement implique l'emploi d'une main d'œuvre féminine et des jeunes de moins de 18 ans. Les bénéfices de guerre restent l'objectif des industriels. Le problème est l'approvisionnement en matières premières. Toutes les régions de France contribuent à l'effort national, les petites et les grandes usines. On construit même de nouvelles usines: Citroën en France, Krupp en Allemagne.

Financièrement la guerre épuise Les épargnants retirent leur argent. Les banques réduisent les crédits aux entreprises. La confiance s'effondre donc la bourse aussi. A l'exception du dollar, les monnaies ne sont plus convertibles si bien que le système monétaire international s'effondre. La Grande-Bretagne finance la guerre en augmentant la fiscalité ( impôts, taxes). La France emprunte. C'est ainsi que les Etats-Unis deviennent les créanciers des pays en guerre. La neutralité a payé. La France créé en 1916 l'impôt sur le revenu ainsi qu'un impôt sur les bénéfices de guerre et une taxe de luxe. En plus il y a réquisition de l'or.

emprunt

L'Etat devient le grand planificateur de la vie à l'arrière. En France, la loi du 5 août 1914 accorde une allocation de 1,25F par jour à toute la famille dont le soutien est parti au front. Certaines femmes vivent mieux car leur mari était le seul à posséder l'argent et à le dépenser aux courses et au café. C'est la mise en application de " l'Union Sacrée": nul ne fait grève en temps de guerre et on travaille le 1 mai.

 

3.2 La mobilisation est psychologique

La guerre se ressent à l'arrière A la campagne, un prolétariat agricole naît avec une augmentation des ouvriers agricoles et des journaliers.

Dans les villes l'éclairage public disparaît pour faire des économies. Les femmes dominent. Les spectacles sont réglementés: les établissements doivent fermer à 22h30. Des cartes de rationnement sont distribuées et c'est en Allemagne que la famine est dure à partir de 1917.

Les Américains amènent avec eux de nouveaux rythmes: le blues et le ragtime.

propagande

La propagande joue un rôle essentiel. Elle utilise toujours les mêmes thèmes: l'exaltation du nationalisme; l'appel aux vertus morales des individus; les accusations multiples de trahison contre les défaitistes; les éloges des chefs militaires; l'héroïsme des combattants français; les espérances placées dans l'intervention imminente des américains. Mais plus le temps passe et moins les civils sont crédules: leur correspondance le prouve. L'effort de propagande se fait aussi à l'extérieur.
 

Les femmes, les « munitionnettes » ont pris la place des hommes dans les usines, dans les travaux même des champs. Elles existaient déjà dans le monde ouvrier mais là elles prennent beaucoup plus d’importance et surtout elles ne voudront plus rentrer chez elles après la guerre. C’est le début de leurs revendications d’émancipation.

Les femmes ont le rôle de marraines de guerre et d’infirmières aussi.

 

CONCLUSION

L'Europe est détruite Dans les pays où se sont déroulés les combats,les destructions matérielles sont considérables au niveau des immeubles, des usines, des champs, des fermes des mines de charbon et des infrastructures de communication (routes, voies ferrées, et ponts). La France, la Pologne ou les Balkans sont les pays les plus dévastés matériellement. En France certains villages de Champagne ont été purement et simplement rayés de la carte et des villes comme Reims doivent être reconstruites A l'exception des USA, la production agricole et industrielle des pays en guerre s'est effondrée. L'économie de guerre a mobilisé un trop grand nombre d'actifs. La guerre a entraîné une désorganisation des circuits commerciaux traditionnels. Relancer l'activité est difficile surtout avec une grave pénurie de main d'oeuvre.

La guerre a mis en valeur l'armement et tous les pays ont dépensé des fortunes pour mieux s'équiper et tuer. La première guerre mondiale a mis fin à l'hégémonie exercée avant 1914 par l'Europe dans tous les domaines politique, commercial, diplomatique, financier ou culturel.

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Cours d'Histoire de première

LES AUTRES LOGIQUES DE L’ESPACE-MONDE

octobre 26
by Catherine Bertin 26. octobre 2011 15:04

Il s’agit du deuxième cours sur la mondialisation du programme de géographie des TL-ES

1:LES NOUVEAUX PARTAGES DU MONDE

      1.1: Un monde inégalement développé:

L’opposition Nord-Sud est classique et évidente et est symbolisée par cette ligne qui englobe au sud, l’Australie dans le groupe des pays du Nord dits riches et donc PID (Pays industrialisés et développés). Au sud de cette limite on trouve les PED (pays en développement) , pays pauvres et les PMA (pays les moins avancés) qui sont les plus pauvres de tous.

· les pays riches du Nord forment un club très fermé dans lequel vivent 20% de la population mondiale et qui regroupent 80% des richesses mondiales.

· on remarque que les pays les plus pauvres correspondent au continent africain et plus particulièrement à l’Afrique subsaharienne. Tous ces PMA se caractérisent par les mêmes structures économiques traditionnelles : un secteur agricole important voire prépondérant et générateur d’inégalités sociales ; un secteur manufacturier peu développé et générateur de faible valeur ajoutée.

Les contrastes de développement entre pays riches et pays pauvres s’observent facilement dans des conditions de vie très différentes où les inégalités existent devant l’alimentation, la mort, et le savoir .

· Pour beaucoup d’observateurs, la production alimentaire mondiale est suffisante et toujours croissante ; le problème est surtout celui de sa répartition. La révolution verte a permis d’importants progrès dans les années 60-70 puisque les rendements ont triplé. On doit maintenant distinguer sous-alimentation ( pas assez) et malnutrition (mauvais équilibre). Les famines ont presque disparu, elles sont liées à des situations politiques exceptionnelles comme les guerres ou guerres civiles. Les plus grandes famines du 20ème siècle sont la famine russe de 1920 et la famine chinoise de 1962, toutes les deux liées à des problèmes politiques. La sous-alimentation est souvent liée à des structures économiques et sociales inégalitaires.
Ex : l’Inde exporte du blé alors qu’une grande partie de sa population souffre de sous-alimentation.
La malnutrition par contre concerne 800 millions de personnes qui mangent trop de céréales et pas assez de protéines. Là encore il existe des blocages culturels : l’Inde a le plus grand cheptel bovin du monde et la majorité de sa population est végétarienne.

· Il y a une inégalité devant la mort car les conditions d’hygiène sont insuffisantes dans certains pays pauvres notamment, par manque d’accès à l’eau potable. L’encadrement médical est absent ce qui donne un taux de mortalité infantile de 85%o pour le Nigéria, de 93%o pour Madagascar alors qu’il est de 5%o en France.

· Il y a une inégalité devant le savoir car l’encadrement scolaire des pays pauvres est insuffisant par manque de moyens et parce que les enfants travaillent. Et pourtant l’éducation apparaît comme l’un des facteurs essentiels du développement. L’analphabétisme recoupe les pays les moins développés avec quelques nuances car les civilisations africaines ne sont pas des civilisations de l’écrit contrairement aux civilisations asiatiques. D’autre part il n’y a pas de tradition d’éducation des filles dans les pays islamiques. Par exemple lors de la prise de pouvoir de Kaboul par les Talibans en septembre 1996, les écoles de filles ont été fermées.
A un niveau plus élevé, les pays industrialisés s’impliquant dans la recherche scientifique, sont les moteurs de la révolution industrielle du 21ème siècle. La puissance économique permet d’acheter des scientifiques (brain train) et le rôle des politiques est important puisque certains pays comme l’ex-URSS communiste avaient mis la priorité sur la recherche scientifique.

L’un des enjeux du développement tient aussi à l’évolution de la population mondiale et au fait que les pays riches ont globalement terminé leur transition démographique alors que les pays pauvres sont toujours dans la phase intermédiaire. Dans les années 50 l’explosion démographique était mondiale , puis deux blocs se sont opposés : les PID dont la croissance démographique disparaissait et les PED dont la croissance continuait à être très forte. Désormais cette opposition n’existe plus car les situations intermédiaires dominent largement.

· La durée moyenne de vie s’échelonne de 65 ans en Russie à 79 ans au Japon donc avec de vraies variantes dans les pays riches. C’est la fourchette que l’on retrouve dans les pays en voie de développement en Amérique latine, en Asie orientale et au Moyen-Orient. Elle va être inférieure à 60 ans dans les PMA comme le Bangladesh et l’Afrique subsaharienne qui descend encore fréquemment en dessous de 50 ans. En Guinée par exemple la durée de vie est de 44 ans.

· La fécondité des pays développés est très faible (1,6 enfant en moyenne par femme) et n’assure plus le renouvellement des générations. Quelques PVD comme la Chine, Cuba ou la Corée du sud sont dans le même cas. Mais la plupart des autres pays ont une fécondité comprise entre 2 et 4 enfants par enfant. Dès que l’on est en Afrique subsaharienne la fécondité reste proche du maximum avec plus de 7 enfants comme en Ethiopie, au Bénin ou en Côte d’Ivoire.

                      1.2: Des Nords et des Suds

Le Nord se caractérise par une domination économique et de hauts niveaux de vie. Ce sont des économies post-industrielles, des économies high-tech avec un tertiaire supérieur qui occupe 70% des actifs. Ces pays dominent les organismes financiers internationaux , les grandes bourses, le FMI et le G8. Mais en réalité les espaces ne sont pas tous aussi développés.

· Les espaces les plus développés sont ceux de la triade , ce qui correspond à 15% de la population mondiale . Avec eux il faut ajouter les états-relais de la Triade comme le Canada, l’Australie et la Nelle Zélande .

· Les pays de l’ex bloc soviétique ont un nouveau statut et font leur transition économique vers une économie de marché. Les industries et les services se sont privatisées comme l’agriculture. L’industrie est donc en restructuration. En Pologne, en ex-RDA, en Hongrie, en Tchéquie, en Slovénie dans les états baltes, les transitions démographique et économique sont largement amorcées. Par contre dans l’ex URSS, la Roumanie, la Bulgarie et l’ex-Yougoslavie, les difficultés sont grandes avec des conflits armés, des problèmes démographiques et sociaux, une appropriation et une dérive mafieuse.

· Les NPIA ont connu un développement très rapide et sont parfois baptisés les « dragons » ou les « bébés tigres » mais ils ont de vrais problèmes de fragilité en raison des crises financières.

· A toutes ces diversités il faut ajouter les inégalités internes des PID : de plus en plus certaines personnes sont exclues ; des minorités sont marginalisées comme les jeunes qui manquent de qualification. C’est tout le problème des chômeurs de longue durée qui choque dans ces pays riches et c’est souvent l’impact socio-économique du chômage qui joue. Aux USA , dans la première puissance mondiale,19% de la population sont considérés comme pauvres.

Le Sud pauvre n’est plus la réalité. Le sud est de plus en plus divers car la situation économique des pays pauvres bouge, et les diversités ethnique, religieuse, politique, idéologique empêchent cette homogénéité. Depuis 40 ans, ces pays ont connu des progrès économiques plus ou moins rapides, une intégration plus ou moins poussée au système mondial. Mais l’évolution est différente selon les pays.

· Les PMA sont les plus pauvres car ils cumulent tous les critères du sous-développement et de nombreux handicaps.

· Les pays en situation intermédiaire qui ont des capacités et des potentialités mal exploitées. Le décollage est possible.

· La Chine et l’Inde qui sont des pays continents, avec une grande faiblesse du PIB/ Hab mais qui sont des puissances en devenir.

· Les pays rentiers et exportateurs de pétrole à haut niveau de revenus mais au développement médiocre.

· Les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique du sud qui ont un développement extraverti.

Les pays en voie de développement ont eux aussi des inégalités internes, et elles constituent même une caractéristique essentielle du mal ou du sous-développement. Ces inégalités internes se retrouvent dans les PMA comme dans les pays émergents.

· Les inégalités sont par exemple sociales quand une petite minorité possède toute la richesse du pays. Au Brésil par exemple, 20% des plus riches possèdent 67% de la richesse et 20% des plus pauvres possèdent 1% de la richesse. Autre exemple : en Indonésie, toute la puissance économique et le pouvoir politique sont entre les mains de la famille Suharto, ce général qui a pris le pouvoir en 1968 renversant le président Sukarno.

· Les inégalités internes peuvent prendre d’autres formes : les discriminations ethniques ou religieuses ; le statut des femmes et des enfants ; la non-garantie des droits pour les plus opprimés ; les institutions qui sont plus ou moins démocratiques. Les inégalités spatiales reflètent dans le tissu urbain les disparités sociales avec des îlots de luxe qui côtoient des océans de pauvreté. Les minorités se retrouvent toujours dans les quartiers défavorisés quelque que soit la richesse du pays.

           1.3: Une nouvelle division internationale du travail:

Après le seconde guerre mondiale, la division internationale du travail ( la répartition des activités dans les régions du monde) était basée sur l'échange des produits manufacturés des pays industrialisés contre les matières premières des autres pays. Puis la hausse généralisée du niveau de vie des pays du nord et le développement du commerce international ont conduit les firmes multinationales ou transnationales à modifier leur stratégie; surtout que ces firmes sont toutes originaires des pays riches.

Les firmes se mondialisent en cherchant les conditions les plus avantageuses pour produire: main- d'oeuvre nombreuse, pas chère; conditions de travail flexibles et peu contraignantes. Elles entraînent l'émergence de ces nouveaux pays industrialisés.

Depuis 1970 par contre, l'emploi industriel a diminué dans les pays riches (à l'exception du Japon) et a touché principalement les branches du textile, de l'habillement, des charbonnages, de la sidérurgie et de la métallurgie.

L'emploi a donc tendance à se spécialiser géographiquement: les métiers hautement qualifiés, ceux de la recherche restent dans les pays industrialisés et riches et les métiers sans qualification mais nécessitant une forte main d'oeuvre se concentrent sur les pays en développement, en Asie du sud-est et en Amérique latine notamment.

On retrouve un partage assez similaire dans le secteur primaire, celui de l'agriculture. Les agricultures sont de plus en plus commerciales.

Dans les pays riches du nord, le nombre d'agriculteurs et la surface agricole diminuent. Pourtant les rendements augmentent sans cesse. L'agriculteur des pays riches est intégré à un complexe alimentaire qui est l'agrobusiness mais il croule sous les excédents et se bat pour écouler ses surplus. Dans les pays du sud, les paysans sont de plus en plus nombreux puisque la population augmente mais les productions vivrières non rentables sont délaissées au profit des productions commerciales. Cependant ils ne maîtrisent pas les cours et les marchés puisque ceux-là sont entre les mains des sociétés multinationales.

Cette nouvelle division du travail entraîne des phénomènes d'exclusion sociale et des effets négatifs dans tous les pays quels qu'ils soient.

L'impact de la mondialisation sur l'emploi est négatif dans les pays riches du fait des délocalisations où le taux de chômage progresse. Les pays riches ont leurs pauvres, une centaine de millions de personnes et sont les SDF. Dans les pays en développement, les délocalisations concurrence l'appareil productif local donc ne sont pas satisfaisantes à long terme.

Réunis au sein du G23, à l'occasion du sommet de Cancun en 2003, les états les plus pauvres conduits par le Brésil, la Chine et l'Inde tentent également de s'opposer à la libéralisation des échanges et réclament un traitement différencié, un arrêt des subventions agricoles aux pays riches et la diffusion des médicaments génériques chez eux.

2 : UN MONDE ENTRE UNIFORMITE ET DIFFERENCE

        2.1: La permanence des aires de civilisation

La permanence de 7 aires de civilisations. Il faut partir du principe qu'une civilisation est ici synonyme de culture et qu'il n'y a aucune hiérarchisation à faire. Toutes les civilisations sont au même niveau. Disons que les aires de civilisation actuelles sont le produit de l'histoire sur une longue durée.

  • Les 7 aires de civilisation sont liées de nos jours à leurs caractéristiques avant tout religieuses:

1) l'aire extrême orientale marquée par l'influence du bouddhisme, du confucianisme .

2) l'aire indienne qui trouve son unité dans l'hindouisme. Les deux civilisations sont celles du riz.

3) l'aire musulmane comprend des individus qui vivent majoritairement dans l'Asie du Sud-est comme l' Indonésie.

4) la civilisation occidentale qui s'est diffusée jusqu'en Amérique et qui est marquée par le christianisme et les valeurs plus modernes de démocratie et de liberté.

5) l'aire africaine caractérisée par l'animisme et une grande diversité ethnique.

6) l'aire latino-américaine marquée par l'influence catholique mais marquée par un fort métissage de la population ( amérindiens, blancs, noirs).

7) l'aire slave dominée par les langues slaves et le christianisme orthodoxe.

         2.2: Un monde géopolitique fragmenté:

  • Toute la surface de la planète est divisée par les frontières des états, à l'exception du continent antarctique que des conventions internationales protègent de toute annexion territoriale. Avec la colonisation européenne du 19ème siècle, les territoires étaient regroupés en grands empires, alors qu'au 20ème siècle chaque guerre a fait naître de nouveaux états: 21 en 1919 sur les ruines de l'empire austro-hongrois; 111 nouveaux états indépendants apparaissent avec la décolonisation entre 1945 et 1970. Depuis 1990 et la chute du communisme , 20 états acquièrent leur indépendance. En 2004 le monde compte environ 200 états dont 191 adhérents à l'ONU.
  • Les 200 états ont des tailles et des chiffres de population très hétérogènes. Quelques états sont immenses comme la Russie, le Canada l'Australie et la Chine .Certains sont minuscules et enclavés . Ce sont même des micro-états comme certaines îles du Pacifique ou les principautés européennes. Automatiquement, même si ce sont des états souverains, ils ne peuvent pas avoir de poids politique dans les relations internationales. Quelquefois , un même état possède plusieurs langues comme en Inde où 18 langues sont parlées ou en Belgique avec ses trois langues. Cela n'exclue pas les minorités qui peuvent compter dans des états comme la Chine ou la Russie.
  • Parfois certaines régions risquent l'éclatement. L'archipel indonésien notamment est composé de 17000 îles ce qui donne une situation explosive. L'émiettement du monde semble aller en augmentant et être la dynamique actuelle. Ce phénomène s'explique par le fait que certains états nés après 1945, ont parfois hérité de frontières sans rapport avec les réalités humaines, d'où les problèmes qui peuvent déboucher sur des conflits comme l'ex-Yougoslavie en a connus. Ce phénomène d'éclatement d'un état en plusieurs pays est qualifié de phénomène de balkanisation. C'est pour cela que la plupart des conflits entre états sont liés à des contestations intérieures.
  • Les états semblent affaiblis par la mondialisation car la libéralisation de l'économie mondiale remet en cause l'efficacité de l'état, d'autant plus que le seul modèle étatique fort qui existait, le communisme soviétique a échoué. Cela conduit à une contestation de l'état comme les américains qui prônent sa disparition à court terme. Les frontières devenues perméables à toutes sortes de flux n'auraient plus vraiment de sens. Les firmes multinationales dont les investissements échappent aux contrôles nationaux, diminuent considérablement l'autorité de l'état.
  • Il faut nuancer cette première approche en rappelant que les états participent à la mondialisation à leur manière en développant des politiques de promotion de leur territoire afin d'inciter les entreprises étrangères à s'y implanter. Ils se sont dotés d'agences spécialisées, comme la DATAR en France qui prospectent, accueillent et conseillent les investisseurs étrangers. D'autre part, l'état accompagne les firmes nationales dans leur expansion mondiale en les aidant à conquérir de nouveaux marchés. A ce niveau, c'est l'état qui devient le défenseur des intérêts des firmes multinationales. L'état reste pour tout le monde la base de la représentation démocratique.
  • 2.3: Faut-il craindre l'uniformisation culturelle?

    La mondialisation semble rimer avec une globalisation culturelle.

    • Les satellites de communication, le développement d'internet et la puissance des grands groupes de communication permettent la circulation des images et des informations partout dans le monde de faon instantanée.
    • On ne peut qu'observer que des produits, des habitudes vestimentaires et alimentaires se retrouvent partout. La pizza est la forme de restauration la plus répandue au monde. Les publicitaires utilisent cette globalisation puisqu'ils sortent de nouveaux films, de nouveaux jeux, de nouvelles consoles etc…. Simultanément dans plusieurs points du globe. Le téléchargement participe à cette globalisation et permet à des jeunes du monde entier de partager les mêmes musiques, livres etc….
    • On peut reprocher à cette globalisation d'être surtout une américanisation de la culture puisque les Etats-Unis dominent l'Europe et le Japon dans la plupart des domaines médiatiques.

    L'uniformisation n'est pas malgré tout la thèse la plus réaliste . La mondialisation favorise plutôt le métissage culturel.

    • Les médias diffusent aussi d'autres façons de vivre, de penser et de s'exprimer. Les voyages culturels n'ont jamais été aussi développés et les contacts touristiques et professionnels augmentent le métissage culturel.
    • Les habitudes acquises dans chaque pays sont profondément ancrées . Il suffit de voir comment chacun défend ses traditions culinaires . Dans les domaines culturel et religieux la diversité reste essentielle.
    • Même si l'anglais est la langue commerciale de ce monde , chaque pays reste très attaché à sa propre langue et les langues régionales ne se sont jamais aussi bien portées.
    • La rencontre avec d'autres formes de pensée ou de religion peut conduire au contraire à une réaffirmation identitaire qui peut aller jusqu'au fondamentalisme. Ce n'est peut être pas le choc des cultures que l'on présente de façon caricaturale mais cela prouve que la mondialisation n'est pas synonyme d'une civilisation admise par tous.

    3 : LA MONDIALISATION ET SES IMPACTS SUR L’ESPACE

         2.1:Les nouvelles solidarités et la montée des prises de conscience

    Face à ces nouveaux déséquilibres, des mouvements transnationaux désignés globalement comme altermondialistes agissent. Ils se constituent en dehors des Etats et des institutions officielles et interviennent dans des domaines où les carences sont graves comme l'alimentation et la santé, ou dans des situations d'urgence où rien n'est prévu, notamment dans les conflits. Leurs actions sont militantes dans le sens où elles essaient de faire pression sur les acteurs de la mondialisation.

    Dès 1990, la contestation de la mondialisation se radicalise dans la société civile américaine et occidentale. Des associations naissent contre la spéculation financière tel le groupe ATTAC; d'autres défendent l'environnement et sont des associations paysannes par exemple; d'autres défendent les peuples indigènes d'Amérique latine. Cette contestation est structurée depuis qu'elle tient ses forums sociaux: celui de Porto Alegre en 2001 et 2002; celui de Bombay en 2004. Ils proposent de respecter l'environnement, d'être solidaire des pays du sud en effaçant la dette extérieure, en leur donnant la possibilité d'accéder aux innovations thérapeutiques.

    Parmi ces mouvements, les ONG, organisations non gouvernementales sont efficaces mais ils essaient de se battre avec les mêmes moyens que ceux utilisés par la mondialisation: les médias, la publicité, les transports rapides et la communication.

    On peut dire que 6 faits majeurs définissent la prise de conscience actuelle d'un monde nouveau:

    • La très forte augmentation de la population sur la terre.
    • La chute du communisme qui a fait de ce nouveau monde un monde unipolaire et plus un monde bipolaire.
    • L'économie libérale règne partout même en Chine avec son modèle socialiste de marché.
    • Jamais la Terre n'a compté autant d'habitants à haut niveau de vie, vivant aussi longtemps et bénéficiant d'une vie confortable.
    • Jamais la terre n'a compté autant d'habitants démunis ( 1,4 milliards d'individus) donc des gens qui vivent avec moins de 2 dollars par jour. Ce sont les gens des pays sous-développés mais pas seulement, souvent issus du milieu rural et une majorité de femmes.

    C'est pour cela que la plupart des altermondialistes voient un lien de cause à effet entre le commerce international qui assure le triomphe des économies dominantes et marginalisent les pays les plus fragiles. L'OMC renforcerait ce développement inégal. En réalité ce n'est pas si simple car beaucoup de pays notamment asiatiques ont profité de leur insertion dans la mondialisation pour se développer de manière spectaculaire et pour s'insérer dans le groupe non pas des pays exportateurs de matières premières mais dans celui des pays exportateurs de produits industriels. Les pays riches de leur côté craignent aussi le côté emploi de la mondialisation compte tenu de la menace d'une main d'œuvre abondante dans les pays pauvres.

    Des initiatives concrètes ont vu le jour: le commerce équitable mis en place au Royaume-Uni et aux Pays-Bas dès 1960, sous la forme de boutiques spécialisées qui produisent des produits alimentaires et artisanaux provenant des pays du sud. On les retrouve maintenant dans des grandes surfaces. Ce commerce garantit le respect des droits fondamentaux comme le refus de l'exploitation des enfants, le travail forcé, et encourage les productions qui respectent l'environnement.

    2.3: L'impact sur l'environnement

    En 1980 un concept anglais "sustainable development" (développement soutenable) naît lors de la commission Bruntland, le premier sommet de la terre en 1992. Repris par les médias sous le terme de développement durable , il devient célèbre au sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992 à l'initiative de l'ONU pour tout ce qui concerne l'environnement et le développement tellement le monde a été secoué par les catastrophes comme Tchernobyl ou les marées noires. Le trou dans la couche d'ozone et le réchauffement de la planète deviennent les sujets à la mode. Ce qui est nouveau avec ces sommets c'est l'approche planétaire des problèmes environnementaux.

    Le développement durable vise un développement pour les générations à venir, prenant en compte un temps très long. Il résulte du constat simple qu'avec la croissance démographique et l'urbanisation de plus en plus poussée, la pression sur le milieu est intense: l'approvisionnement en eau n'est plus suffisant; nos réserves notamment en hydrocarbures sont en train de s'épuiser; il faut traiter nos déchets; il faut adopter des modes de transport réduisant les émissions de gaz à effet de serre; il faut éviter l'exploitation des sols fragiles qui conduit à la désertification de plus en plus élargie; il faut stopper le défrichement des forêts tropicales .

    Le sommet de Rio a permis la signature de deux conventions: l'une sur les changements climatiques, l'autre sur la biodiversité et s'accompagnent d'un vaste programme d'actions l'Agenda 21. D'autres accords suivront à Kyoto en 1997 puis à Johannesburg en 2002 notamment. Malheureusement de nombreux pays ne suivent pas les règles établies comme les USA qui refuseront de ratifier le protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre car ils ne veulent pas nuire à leurs intérêts pétroliers alors qu'ils sont le premier émetteur de gaz. Les résultats concrets tardent donc, car la plupart des pays riches ne renonceront pas facilement à leur confort matériel.

    Les politiques dites "de développement durable" sont devenues incontournables dans tous les pays. La France l'a prouvé en 2007 avec son Grenelle de l'environnement. Mais ce qu'il faut surveiller à long terme ce sont les effets de ces politiques qui demeurent malgré tout modestes.

    Conclusion

    Méfions nous de ne pas simplifier à outrance les problèmes en désignant la mondialisation comme le phénomène responsable de tous les maux de la planète. Le modèle de croissance qu'il propage fait de lui la cause idéale des problèmes de réchauffement climatique, de déforestation, d'inondations, de surexploitation des écosystèmes, de pollution et de toutes nos nouvelles maladies. N'est-ce pas une manière simpliste de trouver un seul et unique responsable?

    Nous savons par exemple que de puissants laboratoires , reflets de la mondialisation, cherchent à produire des semences nouvelles qui inondent l'agriculture mondiale. Mais on ne sait toujours pas si les OGM qui représentent d'une certaine façon un espoir pour l'humanité, ne sont pas aussi un risque planétaire majeur.

    La déforestation, l'érosion des sols et la pollution des eaux sont indirectement liés à la mondialisation. Le problème de base est la pression démographique que les pays pauvres connaissent à notre époque et que l'Europe a connu au moment de la révolution industrielle. C'est elle aussi qui explique l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Pour ce qui est du réchauffement climatique il y en a eu d'autres dans le passé mais l'échelle humaine et l'échelle géologique ne sont pas les mêmes. Les autres réchauffements étaient indépendants de toute activité humaine.

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Cours de géographie de terminale

SUJET DE COMPOSITION- 1S

octobre 23
by Catherine Bertin 23. octobre 2011 15:32

J’avais proposé aux 1S, un entraînement au sujet de composition, en leur demandant de rédiger l’introduction, la conclusion et les paragraphes de transition du sujet suivant……

La tertiarisation de l’économie et de la société française de 1850 à nos jours.

Voilà la correction résumée qu’il est possible de proposer en utilisant d’ailleurs certains passages du devoir de très bonne qualité de Marion.

Présenter la tertiarisation de l’économie et de la société française du milieu du 19ème siècle à nos jours, signifie que nous allons nous intéresser à l’un des secteurs économiques de la population active en France, le secteur tertiaire. Celui-ci recouvre un vaste champ d’activités allant du commerce à l’administration en passant par les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et aux particuliers, l’éducation et la santé. Si la révolution industrielle et la période d’entre les deux guerres annonce déjà une place grandissante des services en France, c’est l’après seconde guerre mondiale qui voit l’évolution majeure. La France des trente glorieuses connaîtra des transformations économiques profondes qui entraineront des mutations sociales majeures.
Comment la tertiarisation de la population active rend-elle compte des mutations de l’économie et de la société française?
Nous allons déterminer dans une première partie l’évolution chronologique de cette mutation vers la tertiarisation puis nous verrons les conséquences de cette évolution sur la société et la population française.

Il ne faut pas imaginer que la France est passée d’un monde rurale au début du 19ème siècle à un monde industriel après les révolutions industrielles et à un monde du tertiaire plus récemment. L’évolution se fait par paliers au fur et à mesure de l’évolution économique d’une France appartenant aux plus riches nations.
A) de 1850 à 1945: l’industrialisation des révolutions industrielles fait naitre des services financiers.
      exemple: les usines==> les sociétés multinationales===> services de gestion, de conception, de marketing.
                            l’apparition des classes moyennes qui est le secteur le plus hétérogène avec la petite bourgeoisie.
                            le monde de la bourse
B) les trente glorieuses: une croissance économique sans précédent qui engendre une transformation de l’agriculture en agribusiness.
                                  le taylorisme
                                  l’état-providence qui assure les services de santé, de transports, d’éducation….
C) Depuis les années 70: croissance des pays riches qui va vers la mondialisation.
                                   délocalisation des usines.

Cette tertiarisation de l’économie a des conséquences sur la société et la population active car le niveau de vie augmente, les besoins des français aussi, leur niveau de qualification tout autant. Les femmes ont pris toute leur place dans la population active et plus spécifiquement dans le secteur tertiaire.
A) La hausse du niveau de vie fait que la population a des loisirs et a de nouveaux besoins.
    L’urbanisation est croissante et les villes  deviennent des métropoles et des technopoles. Une ségrégation sociale se met en place.
B) une population française tournée vers le tertiaire en fonction de son niveau d’étude.
     la population immigrée récupèrent les métiers d’OS. C’est une nouvelle division du travail qui se met en place
      problème du chômage et des emplois précaires pour le secteur tertiaire le moins valorisé.
C)  un vieillissement de la population mais une adaptation à ces nouveaux métiers qui sont moins fatigants physiquement.
     une féminisation importante du secteur mais avec des inégalités sexistes.

En conclusion, on peut dire que la tertiarisation de l’économie française a suivi les phases historiques et en particulier celles qui suivent la reconstruction d’après-guerre et de la croissance élevée des trente glorieuses. La crise qui suit les années 70 va avoir d’autres répercussions sur ce secteur creusant les inégalités sociales et accentuant la paupérisation des classes moyennes.
Finalement, la France n’est pas plus originale dans son évolution que les autres pays industrialisés et riches. La montée de la tertiarisation ne s’est jamais démentie car les services sont essentiels à la croissance économique et il n’y a pas de croissance durable dans notre espace mondialisé sans services! mais cela implique qu’il va falloir gérer , même pour un pays riche comme la Franc,e le problème des nouveaux pauvres issus aussi de ce secteur tertiaire!!

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Devoirs

CARTE: LES TERRITOIRES DE LA MONDIALISATION

octobre 20
by Catherine Bertin 20. octobre 2011 14:00

Cette carte est une base indispensable à tout autre sujet plus complexe sur la mondialisation. La problématique se réduit ici aux lieux de la mondialisation et le but est de différencier les centres d’impulsion , leurs périphéries et les lieux qui restent étrangers à cette mondialisation.

Partons des centres d’impulsion

territoiresmoteurs

legendemondialisation1

Ajoutons les périphéries intégrées

territoiresperipheriques

legendemondialisation2

Finissons par les espaces marginalisés

territoiresmarginaux

legendemondialisation3

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Cartographie

DOSSIER SUR La NOUVELLE ROUTE DU LITTORAL

octobre 18
by Catherine Bertin 18. octobre 2011 15:15

Les consignes sont claires: le dossier doit être présenté sous forme informatique, et doit utiliser un traitement de texte, un traitement de statistiques, un traitement des images.
                                      Le dossier est réalisé par un groupe de 2,3 ou 4 élèves.
                                      Un mois de réalisation avant l’évaluation finale.
                                      Chaque groupe doit réaliser un sondage et l’interpréter.

L’évaluation portera aussi sur certains items du B2I.

La démarche suivra 3 étapes principales:
1) Pourquoi une nouvelle route?
2) Quels acteurs et quels aménagements?
3) Quel programme et quelles perspectives?

Voici la documentation de base fournit par le magazine de la région Réunion.

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Les grandes orientations de l’aménagement du territoire français

octobre 13
by Catherine Bertin 13. octobre 2011 13:39

Ce sujet de carte fait partie du nouveau programme de 1ère.  C’est le sujet récapiitulatif du premier chapitre sur les territoires de proximité.

Sa problématique: Quels sont les déséquilibres de l’aménagement de notre territoire et quelles sont les principales réalisations de l’état qui y remédient.

Commençons par représenter les déséquilibres spatiaux de l’aménagement du territoire

1.1

Certains espaces sont au départ plus attractifs

1.2

Les acteurs locaux et régionaux aménagent le territoire.

1.3

Puis en deuxième partie ,nous montrerons les principales réalisations de l’état dans l’aménagement du territoire

Les politiques urbaines et industrielles….

2.1

L’état propose des politiques de développement touristique et de protection des milieux.

2.2C

Cela donne la carte finale suivante accompagnée de sa légende.

cartefinale

legendeamenagement

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Cartographie

SUJET D’ETUDE- LE PROCHE-ORIENT

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:53

Dans le cadre du cours sur les relations internationales ajoutons, le sujet d’étude des TSTG sur le Proche-Orient.

1 : Le conflit israëlo-arabe, une paix difficile

L’état d’Israël, résultat du projet sioniste, est créé en 1948 dans la logique du plan de partage de la Palestine entre juifs et arabes voté par l’ONU en 1947.
Les pays arabes voisins (Egypte, Syrie, Jordanie) refusent l’existence de ce nouvel état : c’est le point de départ d’un conflit dont les épisodes sont nombreux ( 1er conflit israëlo-arabe en 1948, guerre des six jours en 1967, guerre du kippour en 1973). Malgré l’aide apportée par l’URSS aux pays arabes après 1956 et le soutien américain à Israël le conflit n’est pas seulement un conflit Est-Ouest mais possède bien des caractéristiques spécifiques.
Les Palestiniens ont quitté massivement l’Etat juif et se sont réfugiés dans les pays voisins. Là souvent regroupés dans des camps, ils connaissent des conditions de vie précaires. Ils se dotent d’une organisation politique, l’OLP, dirigée par Yasser Arafat. L’OLP refuse de reconnaître l’Etat d’Israël et a recours à la lutte armée pour faire connaître ses revendications et s’imposer sur la scène internationale. L’échec de cette stratégie de guerre ( terrorisme, guerre du kippour, intifada) l’amène tardivement à accepter un compromis.
Les accords d’oslo en 1993 marquent une nouvelle étape puisque le gouvernement israélien et l’OLP se reconnaissent mutuellement. Mais le processus de paix se bloque. En effet, les Palestiniens, exaspérés par sa lenteur, soutiennent de plus en plus le Hamas qui multiplie les attentats-suicides. Quant au gouvernement israélien, il riposte aux actes terroristes par des représailles militaires et la construction d’un mur de séparation en Cisjordanie. La création d’un état autonome palestinien est cependant amorcée avec l’évacuation par les Israéliens de la Bande de Gaza. Le Liban, base territoriale du Hezbollah est touché par le conflit. En juillet 2006 il est attaqué par l’armée israélienne.

2 : L’Irak en proie à la guerre

Depuis 1979, l’Irak est dirigé par le dictateur Saddam Hussein. Il mène une guerre contre l’Iran de 1980 à 1988 qui fera plus de 500 000 morts. En 1990, il envahit le Koweit, pays riche en pétrole.
La première guerre d’Irak, en 1990-1991, à l’initiative des Etats-Unis et soutenue par l’ONU, est une réponse à cette annexion. 28 pays participent à l’opération « tempête du désert » qui libère le Koweit.
En revanche l’ONU s’oppose à la seconde guerre contre l’Irak déclenchée par les Etats-Unis. Affirmant, à tort, que le pays détient des armes de destruction massive, le président Bush organise une intervention militaire contre Saddam Hussein. Renversé au printemps 2003, il est jugé, puis exécuté en décembre 2006. Cependant, la mise en place d’un gouvernement démocratique, dans un pays divisé entre les sunnites et les chiites et occupé par l’armée américaine est très difficile.
L’Iran pays voisin dirigé depuis 1979 par un gouvernement religieux, cherche à se doter de l’arme nucléaire, ce qui fait craindre à l’Occident un nouveau péril pour la planète et ajoute un élément de tension dans la région.

3 : Le pétrole et l’eau, enjeux mondiaux :

Le Proche-Orient qui détient d’énormes ressources pétrolières exporte massivement vers l’Occident. Depuis la création de l’OPEP en 1960, les pays producteurs contrôlent en partie le marché mondial du pétrole mais les problèmes politiques de cette région jouent aussi un rôle essentiel dans l’approvisionnement et les prix. Les grandes puissances craignent en effet la réduction des ventes et le blocage des points de passage des bateaux pétroliers.
La question de l’eau est aussi source de conflit dans la région car les ressources sont insuffisantes pour les besoins des différents pays. Les rivalités sont vives entre la Turquie qui prélève des ressources sur le Tigre et l’Euphrate et la Syrie et l’Irak qui en pâtissent. Elles sont fortes aussi entre Israël et les Palestiniens car une grande partie des ressources utilisées par Israël viennent des territoires occupés du Golan et de la Cisjordanie. La question de l’eau participe donc au blocage du processus de paix en Israël.

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cours de terminales STG

LA CANNE A SUCRE- SUJET D’ETUDE

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:49

C’est le sujet d’étude des TST2S

La canne à sucre est la principale activité agro-alimentaire de l’île de la Réunion et est un acteur du développement durable. Elle ne manque pas d’atouts mais elle doit relever aujourd’hui un défi majeur, celui de l’espace. Face à une croissance démographique et urbaine, comment reconquérir les terres agricoles ?

La filière canne-sucre représente la première source de revenus à l'exportation après le tourisme. Elle est aussi le première industrie agro-alimentaire de l'île avec un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros. Elle occupe 55 % des surfaces agricoles et participe au revenu de plus de 15 000 familles. Aujourd'hui, un hectare produit en moyenne 8 tonnes de sucre. La réforme de l’organisation mondiale du sucre adoptée par l’Union Européenne garantit les quotas et les prix de la canne à sucre. Grâce aux centrales thermiques bagasse-charbon, ¼ des besoins de l'île en électricité sont couverts par la canne. La Réunion produit chaque année environ 230 000 tonnes de sucre. Le sucre de la Sucrière de la Réunion produit par l'usine du Gol est commercialisé à la Réunion sous la marque Mascarin. Le sucre en vrac et gros conditionnement est exporté vers la métropole. La canne a donc de nombreux dérivés.

La canne à sucre est une plante vivace. Elle repousse donc sans avoir besoin d'être replantée. Cependant les plants s'appauvrissent à chaque repousse et les rendements diminuent. Il est donc nécessaire de les renouveler tous les 7 à 10 ans.
Les cannes coupées sont acheminées vers les centres de pesée à l'aide d'énormes camions appelés"cachalots".
Arrivée au centre de pesée la teneur en sucre de la canne est évaluée car, les cannes étant destinées essentiellement à la fabrication du sucre et du rhum, l'agriculteur est payé, non seulement en fonction du tonnage livré, mais aussi en fonction de la richesse en sucre de sa récolte.
Les cannes sont ensuite hachées en morceaux avant de passer au moulin qui va en extraire le précieux jus. Ce jus sera ensuite clarifié par filtration puis chauffé pour être transformé en sirop. Ce sirop sera ensuite cristallisé pour donner naissance au sucre roux.

Le développement de la betterave sucrière, la concurrence des Antilles, l'apparition du "boreer" (le phylloxera de la canne), quelques cyclones, des épidémies ont menacé à maintes reprises la culture de la canne. Les dégâts réguliers causés par les cyclones, les attaques de maladies ou de prédateurs (ver blanc sur la canne), le recul des terres agricoles (7 000 ha environ de 1989 à 1997) du fait de l'extension des zones d'habitat urbain mettent en péril cette production traditionnelle de la Réunion.Le relief montagneux de l’île oblige une culture sur le littoral, à l’Est et au sud, là où l’urbanisation gagne du terrain. En 1980 on comptait des dizaines de milliers de coupeurs et 14.0000 livreurs. Ils n'étaient plus que 6.000 en 1995. De nombreuses exploitations ont été abandonnées, mais celles qui restent, sont plus étendues et plus rentables.

De plus de deux cent usines de traitement de la canne, leur nombre est descendu à onze en 1960.Il n'en reste plus que deux depuis 1996, l'une dans le nord à BOIS ROUGE l'autre dans le sud au GOL. Cependant, bien qu'en fort déclin, la culture de la canne à sucre occupe encore près de 5 000 exploitants et reste la principale activité agricole de l'île, se situant à part égale avec les deux autres types de productions agricoles de la Réunion: la production animale et les autres cultures végétales, les fruits et légumes notamment.
Les champs de canne couvrent plus de la moitié des terres cultivées (environ 27 000 hectares). Les plantations s'étendent sur le littoral Est (zone chaude et humide) et entre 300 et 800 m d'altitude sur les pentes de la côte Ouest et Sud de l'île. La canne à sucre ne peut pousser en dessous de 300 mètres que grâce à l'irrigation, comme c'est le cas à la Pointe au sel, en dessous de la Saline. Les travaux de basculement des eaux de l’Est vers l’Ouest ont permis de planter et d’irriguer des champs, là où elle n’avait jamais poussé. La canne à sucre joue un rôle important dans le maintien des sols. Grâce à ses racines, elle fixe la terre en période de fortes pluies, et ses tiges souples résistent mieux de d'autres cultures aux cyclones. C’est une des raisons pour lesquelles la canne à sucre continue à être défendue à la Réunion. Elle fait partie de notre patrimoine et elle assure une cohésion sociale à l’ïle.

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Sujets des TST2S

LES TERRITOIRES DE PROXIMITE

octobre 10
by Catherine Bertin 10. octobre 2011 09:38

C’est le cours de géographie proposé aux 1S dans le cadre de leur nouveau programme.

Commençons par définir le territoire de proximité. Il fait partie de ceux que l’on nomme aussi les territoires du quotidien. ( page 15 du manuel). C’est un espace géré par une collectivité humaine car il est l’espace de vie d’un groupe de personnes.
L’intérêt de ce chapitre n’est pas seulement de définir ces territoires à l’échelle de la France mais c’est de comprendre les enjeux de leur aménagement.

Problématique : Quels sont les territoires, leur hiérarchie, de mon quartier jusqu’à ma région ? Quels sont les acteurs de l’aménagement ? Quels sont les enjeux des aménagements ?

1: Les territoires de proximité et leurs acteurs:

           1.1: Gérer les territoires

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Le territoire français se compose d’un ensemble de territoires à diverses échelles. La plus large est depuis 1955 celle des régions. Il y a 27 régions françaises : 22 régions métropolitaines qui regroupent chacune plusieurs départements et 5 régions d’Outre-Mer. Les 5 ont la particularité d’être à la fois des départements et des régions et ce double statut donne les 5 DROM.

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En dessous les 101 départements. Ils datent de la révolution française et il y a 96 départements métropolitains plus 5 départements ultra marins (Guadeloupe, Martinique, réunion, Guyane et Mayotte depuis peu).

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La commune est la plus petite subdivision et c’est la plus ancienne. Il y a 36OOO communes et leur taille est très variable mais globalement elles sont petites puisqu’une une commune sur deux compte moins de 400hab.

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Le pays est un territoire qui présente une cohésion géographique , économique, culturelle ou sociale à l’échelle d’un bassin de vie ou d’emploi. Il a pour objectif d’exprimer la communauté d’intérêts économiques, culturels et sociaux de ses membres et de permettre l’étude et la réalisation de projets de développement.

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La communauté de communes est un Etablissement public de coopération intercommunale ( EPCI) qui regroupe plusieurs communes réunies par un projet commun de développement économique et d’aménagement de l’espace.

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La communauté d’agglomération regroupe plusieurs communes qui forment un ensemble de plus de 50 000 habitants, autour d’une commune-centre de plus de 15000 habitants. Ces communes bâtissent ensemble un projet de développement urbain.

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La communauté urbaine regroupe depuis 1999 des communes formant un ensemble de plus de 500 000 habitants. La France compte 16 communautés urbaines qui disposent de compétences plus larges que la communauté d’agglomération.

Quelle est leur évolution ?

Nous avons vu que le paysage institutionnel s’est beaucoup compliqué. Les citoyens connaissent très bien leur commune, leur département et leur région et y sont même attachés. Par contre ils connaissent beaucoup moins les autres communautés.

Un reproche peut leur être adressé : les compétences finissent par se chevaucher et une telle multiplication entraîne des coûts supplémentaires.
Un avantage peut être remarqué : ces territoires sont la preuve de notre démocratie et du fait que l’on essaye d’être plus proche et plus efficace pour les citoyens.

Ces territoires sont devenus des acteurs majeurs grâce à une série de lois :

Les lois de décentralisation de 1982-83, 2003-04. Elles ont pour but de rapprocher les citoyens des décisions politiques et d’améliorer l’efficacité des politiques publiques, de réduire aussi les inégalités spatiales et sociales. Les communes, les départements et les régions ont des compétences qui leur ont été transférées et cela a pu mobiliser davantage le développement local.

Les lois Voynet et Chevènement de 1999 et 2000 et la loi de Solidarité et renouvèlement urbain (SRU) ont amélioré le fonctionnement de l’intercommunalité. Les communes agissent ensemble et construisent des équipements collectifs et organisent leurs services en commun.

Les territoires s’associent et définissent des projets pour lesquels il faut trouver les partenaires financiers. Dans le cadre des projets, les collectivités sollicitent, consultent les habitants. Ensuite il faut rédiger les documents de planification stratégique : le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT)
le schéma de cohérence territorial ( SCOT)
Plan local d’urbanisme ( PLU)

       1.2 Des acteurs de plus en plus nombreux

Apprendre le schéma P.22 de votre livre

Les acteurs publics sont à toutes les échelles : Union Européenne
Etat
Etablissements publics comme la SNCF
Région
Département
Communes isolées ou associées en communautés.

Les entreprises privées réalisent les aménagements pour une durée déterminée.

Les associations de citoyens au niveau local ou au niveau national qui participent au nombreux débats, aux enquêtes publiques prévus par les nouvelles procédures d’aménagement.

ð Les acteurs participent à l’aménagement mais leurs avis sont rarement convergents. Les conflits peuvent aller jusqu’aux manifestations.

La loi de décentralisation de 82, confirmée par la réforme constitutionnelle de 2003, et la loi sur les libertés et responsabilités locales en 2004 a réparti les tâches entre l’Etat et les collectivités locales. Celles-ci ont plus de pouvoirs.
Le département est doté de compétences très étendues dans les secteurs sanitaire, social comme l’aide aux personnes âgées, aux handicapés, le RSA et dans le secteur éducatif pour les collèges et les transports scolaires. C’est le département qui s’occupe des travaux sur les routes départementales et une partie des nationales depuis 2004.
La commune élabore le plan local d’urbanisme et participe au plan local de l’habitat. Pour donner plus de force à ces petites communes , la loi Voynet les encourage à s’associer en pays et la loi Chevènement en communautés. Ces communautés ont un projet commun de développement et d’aménagement de leur espace. Elles ont ainsi des compétences communales transférées aux Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI)

A la fin de 2010 une réforme territoriale a favorisé l’intercommunalité puisqu’il suffit de 450 000 habitants pour avoir une communauté urbaine au lieu de 500 000. Au cœur de ces communautés il y a une métropole qui hérite des compétences habituelles de la région ou du département. La commune obtient ainsi la compétence générale c'est-à-dire le droit de s’intéresser à tout sujet d’intérêt local. Le département a perdu certaines compétences et sera animé à partir de 2014 par des conseillers territoriaux qui siègeront aux conseils général et régional.

     1.3 De nouveaux enjeux

Apprendre le schéma 2 P.20 de votre livre

Les priorités pour l’aménagement du territoire sont : compétitivité, cohésion et développement durable.
Elles sont nécessaires à l’intégration européenne et à la mondialisation. Cela a été inscrit au niveau européen dans « la stratégie de Lisbonne » (2000-2005) . Au niveau de l’état français cela s’est vu dans les contrats de projet Etat-Région mis en place en 2007.
Cela veut dire que les acteurs locaux ne se contentent pas de gérer les problèmes du quotidien. Ils doivent intégrer leurs objectifs dans des projets plus larges de développement de leur territoire sur des échéances longues de 10 ou 20 ans.

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Les syndicats mixtes répondent mieux à la concurrence européenne et mondiale. Ils sont constitués de collectivités territoriales, de chambres de commerce et d’industrie, et ils se tournent vers des pôles de recherche et d’innovation sur les nouvelles technologies ce qui rend leur territoire plus attractif.
Pour désenclaver les territoires ruraux en particulier il faut des réseaux performants et les départements investissent dans des réseaux numériques à très haut débit.
Toutes les communications sont importantes surtout dans les territoires peu denses. Les syndicats mixtes participent ainsi au financement des grandes infrastructures de communication comme les TGV espérant en obtenir des retombées locales.

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Le développement de la compétitivité du territoire doit rimer avec le développement durable : sur le plan climatique, dans une recherche d’énergies renouvelables dans le respect de l’Agenda 21.
Les collectivités peuvent ainsi présenter un Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui fixe les grandes orientations en veillant essentiellement aux équilibres du territoire. Il faut donc qu’une évaluation environnementale soit faite.
A plus grande échelle, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) doit aussi présenter un projet d’aménagement et de développement durable.
Les plans de développement urbains ( PDU) sont obligatoires depuis 1996 pour les villes de plus de 100 000 habitants. Ils doivent réduire l’utilisation des autos, favoriser les transports collectifs, les vélos. Le Grenelle de l’environnement a conduit à choisir les tramways dans de nombreuses agglomérations.

1 : La région, un territoire de vie aménagé

     1.1 La place de la région en France :

La France compte donc 27 régions qui sont nées en 1955 et qui sont       devenues des collectivités territoriales depuis les lois de décentralisation de 1982. Le conseil régional est élu au suffrage universel tous les 6 ans depuis 1986 , délibère pour prendre des décisions et élit une commission permanente qui est toujours dirigée par le président de région.

Dans la région, l’Etat est représenté par le préfet qui fait appliquer les politiques publiques. La décentralisation a redistribué les compétences ce qui fait que la région a récupéré les actions de développement économique et est chargée aussi du développement d’une démocratie de proximité.

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La région doit avant tout construire son identité. Certaines comme les DROM ou la Bretagne, L’Alsace, les régions frontalières ont une identité forte liée à leur histoire tandis que d’autres doivent créer cette identité autour d’actions de communication en particulier.

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Les compétences de la région lui sont propres dans les domaines des transports surtout ferroviaires (TER°, de la planification et de l’aménagement du territoire, de la formation et de l’enseignement, les lycées) et du développement économique, social et culturel. 75% des dépenses de la région vont dans ces domaines. Les 25% restants financent des politiques particulières dans n’importe quel domaine que ce soit la recherche, la jeunesse etc….

Mais la région doit partager son rôle avec d’autres acteurs comme l’état, les départements, les intercommunalités en ce qui concerne l’environnement et l’aménagement du territoire. Les contrats de projet Etat-Région ( CPER) mettent en phase les orientations de l’Etat avec les priorités de la région dans les domaines de la compétitivité du territoire, de la promotion du développement durable.
Le problème est souvent la faiblesse des budgets régionaux. La disparition de la taxe professionnelle en 2010, diminue encore la fiscalité régionale.
La réforme territoriale de 2010 remplace les conseillers généraux et les conseillers régionaux par un nouveau type d’élu local : le conseiller territorial.

            2.2 Un autre exemple, l’Allemagne

Le système français est unitaire tandis que le système allemand est fédéral. Depuis la réunification des 2 Allemagnes du 3 octobre 1990, la République fédérale d’Allemagne se compose de 16 états fédérés, les Länder, dont 3 villes-états (Berlin, Hambourg et Brême).

Chaque Land a bien la qualité d’un Etat ce qui veut dire qu’il dispose d’une souveraineté interne, complète avec sa constitution et ses institutions propres, son parlement, son gouvernement et son système judiciaire. La grande différence avec la France est le fait que ses états fédérés ont leur pouvoir législatif. Sur le plan fiscal les lander partagent les recettes avec la Fédération mais ils disposent d’une grande autonomie en matière de dépenses publiques. Leur autonomie s’est renforcée depuis la réforme de 2006 qui autorise chaque land à fixer les salaires des fonctionnaires, les horaires d’ouverture des magasins, à voter des lois pour l’environnement ou l’éducation.

Les Länder ne peuvent pas être comparés aux régions françaises car ils sont plus peuplés : 5 millions d’habitants en moyenne pour un Land et 2 millions pour une région française. Ils ont un budget considérable, en moyenne 13 fois celui d’une région française et leurs actions en matière éducative, culturelle, économique sont déterminantes. Le principal problème est le déséquilibre des Lander en quantité d’habitants et en niveau de vie.

Le fédéralisme allemand est conscient de ces inégalités et se veut coopératif pour homogénéiser les conditions de vie. Les actions concrètes :
- un mécanisme de redistribution des richesses se fait entre les Länder les plus riches et les Länder les plus pauvres.
- des transferts de compétence et d’argent se font entre les Lander et l’Etat et entre les Länder et les communes. Les Landers de l’Est étant plus pauvres, ils ont bénéficié du « Fonds pour l’unité allemande » et de Pactes de solidarité. Les revenus sont plus faibles cependant à l’Est et le taux de chômage est plus élevé.

Les Länder les plus riches contestent ce fédéralisme coopératif, préconisant au contraire une concurrence au nom de l’efficacité économique dans la mondialisation. Il est contesté aussi quant à la mobilité des populations. Le système éducatif pouvant être différent entre les Länder , cela gêne les migrations internes de travail ou de formation.

      2.3: La région Réunion

Voir l’Etude de cas sur la nouvelle route du littoral

  Schéma de la région Réunion à partir du livre P.85.

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