L'APRES 1945

La seconde guerre mondiale dépasse en horreur la première, en raison du caractère planétaire du conflit et de l'ampleur sans précédent des combats: 60 millions de morts. C'est une victoire éclatante du camp allié symbolisée par l'occupation militaire des pays vaincus mais l'Europe qui en sort est en ruine et le monde va très rapidement se scinder en deux blocs: celui dont le modèle est l'Amérique et celui dont le modèle est L'URSS. Les coûts du désastre expliquent aussi en partie, le monde d'après 1945 et ses relations internationales difficiles et tendues.  Quel monde nouveau émerge du plus important conflit militaire de l'histoire humaine?

1/ L'AMPLEUR DU DESASTRE

                     

                       1.1   : Une hécatombe démographique

La seconde guerre mondiale est la plus meurtrière de tous les temps.

A tout cela il faut ajouter de gigantesques transferts de population.

La structure de la population est durablement affectée. La nouvelle démographie est perturbée par 3 aspects principaux: le déficit des naissances; la féminisation ; le vieillissement de la population. 

 

 

1.2   :L'Impact matériel et économique de la guerre :

L'Europe n'est qu'un amas de ruines. Cela s'explique par l'étendue, par la durée et la dureté des combats; il faut ajouter l'ampleur des bombardements aériens.

Le désordre financier a un prix: 1000 milliards de $ pour les dépenses militaires et 2000 milliards de $ pour les dommages provoqués.

La guerre a accéléré la recherche car même si la priorité était à la recherche militaire, les retombées civiles sont impressionnantes.

==>La technologie moderne est née en grande partie de la seconde guerre mondiale.

 

 

 

2: LES GRANDES MODIFICATIONS TERRITORIALES:

 

                     2.1: La nouvelle carte politique de l'Europe

Il faut rappeler que pendant la guerre , une série de rencontres entre les Alliés avait préparé un nouveau dessin des frontières et une nouvelle hiérarchie des puissances.

Six conférences précèdent la signature solennelle le 10 février 1947 à Paris de 5 traités de paix avec l'Italie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Finlande.

  • Leur potentiel militaire est limité, des réparations doivent être payées et ces pays retrouvent leurs frontières de 1938.
  • L'Albanie redevient une puissance indépendante, ainsi que l'Autriche qui est occupée par les 4 alliés.
  • De grands changements se font en Europe orientale au bénéfice de l'URSS et de la Pologne. L'Allemagne perd 100 000 km² sans compter ses annexions de la guerre. L'URSS glisse à l'ouest en annexant les pays baltes qui deviennent trois nouvelles républiques de l'URSS. Elle annexe aussi la partie orientale de la Pologne et a une frontière commune avec la Tchécoslovaquie et la Hongrie. Elle annexe enfin la partie nord de la Roumanie, la Bessarabie. Une nouvelle fois reconstituée, la Pologne est formée surtout des territoires pris à l'Allemagne.
  • Jusqu'en 1952, de gigantesques transferts de population sont entrepris pour faire coïncider les nationalités et les états. Tous les allemands des états non allemands sont systématiquement expulsés. 2 millions de polonais quittent les territoires devenus soviétiques. Au total 3 millions de personnes sont déplacées en Europe. Il faut y ajouter un très fort exode juif vers la Palestine.
  • Les puissances européennes sont les principales victimes de la guerre. L'Allemagne et l'Autriche n'ont plus d'existence propre. C'est la première fois depuis l'Antiquité que l'Europe n'est plus en avance sur le reste de la planète qu'elle a toujours dominée. Même sa puissance coloniale va être ébranlée par la guerre car la vision civilisatrice ne peut plus tenir après les horreurs de la guerre.

Le sort de l'Allemagne n'est pas réglé: à Postdam les 3 grands (USA, URSS et Royaume Uni) s'accordent pour reconnaître l'Allemagne responsable du conflit.

  • Elle devra payer 20 milliards de réparations.
  • Elle sera désarmée, dénazifiée et les criminels de guerre seront jugés.
  • Par contre les grands ne parviennent pas à se mettre d'accord sur un traité de paix, en raison de leurs divergences sur les frontières du nouvel état, sur la durée et l'importance de l'occupation et sur la forme de gouvernement à mettre en place. Par exemple dans la zone soviétique, 4 partis politiques sont autorisés mais la dénazification est très sévère et les usines sont démontées. Une réforme agraire est introduite et les entreprises sont nationalisées. Dans les zones occidentales, les partis se reconstituent plus tardivement, les démontages d'usines s'arrêtent en 1946 et le libéralisme économique est maintenu.
  • Le clivage entre la zone soviétique et les autres annonce la future division de l'état allemand.

                                        2.2: Le nouvel Extrême-Orient

Après sa capitulation , le Japon est occupé par les USA et est placé sous la tutelle du général Mac Arthur. Le 7 septembre 1951, le traité de San Francisco est signé par 40 Etats consacrant le renoncement du Japon aux îles et aux territoires annexés.

  • Ce traité met fin aussi à l'occupation américaine en 1952. Mais l'URSS ayant refusé de signer ce traité, il faut attendre 1956 pour qu'une déclaration sino-soviétique mette fin à l'état de guerre.
  • La Chine plonge dans la guerre civile qui oppose nationalistes et communistes de Mao.Avec la Chine nationaliste un traité de paix séparé est signé en avril 1952 et avec la Chine populaire les relations ne se normaliseront qu'en 1979.
  • L'Asie reste un foyer de tensions très vives: par exemple, le retrait des troupes japonaises des territoires occupés laisse une situation explosive en Extrême-Orient. Indonésie et Indochine proclament leur indépendance; la Corée est occupée par les soviétiques au nord du 38ème parallèle et au sud , par les Américains.

 

                                      2.3: Les nouveaux "maîtres du monde":

Les Etats-Unis confirment leur primauté, pendant que l'URSS s'impose comme une nouvelle puissance internationale et que l'Europe apparaît définitivement en déclin.

  • La prépondérance américaine s'exprime au niveau économique car la guerre a effacé les séquelles de la crise de 1920. Entre 1940 et 1945 le revenu national a doublé, la production industrielle aussi et les Etats-Unis fournissent à eux seuls la moitié de la production industrielle mondiale. Le plein emploi est rétabli grâce aux usines de guerre.
  • La puissance américaine est financière car ils détiennent les 2/3 des réserves d'or mondial, ce qui garantit la valeur de leur monnaie au point que le dollar est considéré comme l'équivalent de l'or. Les Etats-Unis sont les banquiers du monde et la balance commerciale est excédentaire.
  • Les Etats-Unis sont impressionnants sur le plan militaire car ils font exploser la bombe atomique et qu'ils ont essaimé 300 bases militaires à travers le monde . Ils ont la suprématie militaire.
  • Ils jouissent d'un immense prestige idéologique car ils sont les "sauveurs de la liberté" depuis le débarquement de Normandie et qu'ils incarnent la richesse, la liberté, le progrès...;
  • L'URSS est une nouvelle puissance car la guerre a révélé sa puissance militaire et lui a fourni un prestige international. Son territoire est agrandi, fait 700 000 km² et son influence en Europe augmente dans les pays libérés par l'Armée Rouge. Par contre la situation économique est difficile car la guerre a aggravé les handicaps d'avant 39.
  • 1945 est " l'année zéro de l'Europe" en raison des pertes humaines, d'une économie ruinée et d'énormes difficultés financières. Elle est de plus en plus dépendante des Etats-Unis et les institutions changent dans plusieurs pays comme en Italie où la monarchie disparaît et en France qui change de constitution.

 

3: L'AVENIR C'EST L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES

 

                  3.1/ LA NAISSANCE DE L'ONU, une reconstruction politique

 

Roosevelt hostile aux zones d'influence et considérant que la paix repose sur un équilibre mondial, obtient de Staline la création de l'Organisation des Nations Unies, lors de la conférence de Yalta en février 1945.

 

Le 26 juin 1945 à San Francisco , les 51 états vainqueurs des puissances de l'axe signent la charte des nations unies. Toutes les démocraties sont invitées à y participer. Ils s'engagent à préserver la paix, les droits de l'homme et des nations, et à promouvoir le progrès économique et social.

 

L'ONU est chargée de gagner la paix en empêchant la guerre. Les sanctions et les Casques bleus servent à cela. Elle doit garantir les droits de l'homme énoncés dans la déclaration universelle de 1948. Elle doit assurer le développement économique par des institutions spécialisées.

 

Elle compte 191 membres soit la quasi-totalité des pays du monde depuis l'adhésion de la Suisse et du Timor oriental en 2002.

 

                     LE FONCTIONNEMENT DE L'ONU

 

L'ONU fonctionne à partir d'une assemblée générale dans laquelle tous les pays participent, avec égalité des voix. Celle-ci décide librement de son ordre du jour mais elle n'émet que des recommandations. Son rôle se résume à être une autorité morale. Un secrétaire général élu pour 5 ans assure l'administration permanente. Après Kofi Annan, c'est Ban  Ki Moon qui est le nouveau secrétaire général.

 

L'originalité de l'organisation tient dans la création d'un conseil de sécurité opérationnel à tout moment, composé de 11 membres, dont 5 permanents ( Etats-Unis, France, Royaume-Uni, URSS, Chine). Les 6 autres sont élus par l'Assemblée générale et se relaient entre les autres Etats sont membres non-permanents( Angola, Cameroun, Chili, Guinée, Mexique Pakistan, Allemagne, Bulgarie, Syrie, Espagne ).

C'est aussi le seul organe international qui siège en permanence. Ses membres doivent être prêts à tout moment à se réunir en cas de crise. Lorsqu'une situation ou un différend est porté à l'attention du Conseil, celui-ci commence généralement par recommander aux parties de trouver une solution pacifique. Il peut aussi enquêter, servir de médiateur, ou définir les principes d'un règlement. Il peut également nommer des représentants spéciaux ou demander au secrétaire général de prêter ses "bons offices". Si les hostilités ont déjà éclaté, le premier souci du Conseil est d'y mettre fin le plus rapidement possible. Il peut enjoindre aux parties en conflit de déclarer un cessez-le-feu, imposer des sanctions diplomatiques ou économiques ou lancer une action militaire collective. Il peut aussi constituer des opérations de maintien de la paix, c'est-à-dire envoyer dans les zones de troubles des missions multinationales (groupes d'observateurs ou contingents militaires) qui s'emploient à atténuer les tensions et à séparer les forces ennemies pendant que l'on cherche à résoudre le conflit par la diplomatie. Ces "casques bleus" sont placés sous l'autorité du Secrétaire général et les parties en présence doivent consentir à leur intervention.

 

 

Mais en attribuant à ceux-ci un droit de veto, la charte ouvre la voie à la paralysie du Conseil en cas de désunion de ses membres. D'autre part ce droit de veto qui suffit à interdire l'exécution d'une recommandation maintient la prédominance des grandes puissances.

Une autre précision : le siège se trouve à New York ce qui renforce symboliquement l'influence américaine.

 

                                         3.2/  L'ONU ouvre la voie à la reconstruction économique

 

A la conférence de Bretton Woods en 1944, le système monétaire international ( SMI) est réformé. Les Etats-Unis veulent à ce moment là instaurer une organisation économique et financière du monde afin d'assurer la reconstruction des pays dévastés et d'éviter de trop grandes fluctuations au commerce international. Le SMI devient le FMI qui doit limiter les fluctuations des monnaies garanties par l'or ou des monnaies convertibles et éviter les dévaluations sauvages des années 30.Chaque état s'engage à définir la valeur de sa monnaie en or ou en dollar et à s'y maintenir dans la limite de 1%. Il promet aussi de conserver une balance des paiements positive. Il consacre la suprématie du dollar puisque les monnaies sont aussi bien convertibles en dollar qu'en or. De plus le quart du capital du FMI est alors fourni par les Etats-Unis.

 

La BIRD (banque internationale pour la reconstruction et le développement) finance la reconstruction. 35% de son capital est américain. Elle accorde des prêts à long terme.

 

C'est aussi une reconstruction commerciale et sociale.

Les accords du GATT sont signés à Genève en octobre 1947 par 23 pays qui assurent 8O% du commerce mondial. Ils interdisent toute mesure visant à restreindre les échanges et à protéger les marchés nationaux.

C'est la mise en place du "welfare state" c'est à dire favoriser le bien être des peuples donc établir un état-providence qui corrige les excès du monde.

L'ONU a pour principale mission de maintenir la paix. Le conseil de sécurité peut donc se saisir de toute question mettant en péril la sécurité internationale. Il prend des sanctions morales ou économiques , notamment l'embargo. Il peut bien-sûr décider d'interventions militaires. Ses membres se sont engagés à mettre à disposition de ces interventions ,des forces armées (les casques bleus) et à autoriser leur passage sur leur territoire.

 

L'ONU joue aussi un rôle dans la coopération entre les nations grâce à une série d'organismes spécialisés , humanitaires, techniques et scientifiques : l'UNESCO ( organisation des nations unies pour l'éducation ,la science, la culture) ; l'UNICEF (fonds d'urgence des nations unies pour l'enfance) ; La cour de justice internationale qui siège à la Haye lui est également rattachée. Il faut ajouter les programmes humanitaires tels le PNUD ( programme des nations unies pour le développement) aide les pays du sud à améliorer leur situation économique et sociale.L'ONUSIDA est une agence chargée de la lutte contre le SIDA.

 

                       3.3/ SES INTERVENTIONS ET SES LIMITES:

 

Au cours du XXème siècle, la communauté internationale a fait l'expérience que la paix ne se postulait ni ne se décrétait, mais qu'elle dépendait de l'instauration d'une "société des nations" englobant les Etats .L'expérience a également montré que les institutions de la communauté internationale se devaient d'être effectives, la SDN a ainsi cédé la place à l'ONU et celle-ci a dû adapter ses missions et ses modes d'action.

 

L'ONU a multiplié les opérations de maintien de la paix (OMP), qui mobilisent une part importante de ses ressources humaines et financières et symbolisent son rôle aux yeux de l'opinion publique internationale. Mais les OMP elles-mêmes ont grandement évolué dans le temps. À l'origine, simple avatar des actions traditionnelles de médiation et d'interposition dans les conflits internationaux, elles ont revêtu des formes plus coercitives, conformément à ce que le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit.

Les opérations de maintien de la paix de la communauté internationale ressemblent parfois plus à des actions de police internationale qu'à la guerre traditionnelle.

 

L'ONU a contribué à la gestion des conflits issus de la décolonisation. En 1961 au Congo.

En 1965, des observateurs de l'ONU sont placés à la frontière entre l'Inde et le Pakistan.

L'ONU favorise également l'émergence du tiers-monde. Ainsi en 1964, fut créée la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement).

Il faut, aussi, que les plus faibles puissent faire entendre leur voix, respecter leurs droits et bénéficier de la solidarité de la communauté internationale. Les Nations unies ont tenté de satisfaire ces droits au cours des cinquante dernières années.

 

La fin de la guerre froide a consacré le triomphe de la pensée libérale et levé les obstacles de principe qui s'opposaient à l'accélération du mouvement des personnes, des idées, des capitaux, des biens et des services. Le rôle des Etats s'en trouve modifié. La libéralisation des échanges a augmenté l'impact des entreprises et elles remplacent de plus en plus le rôle des Etats. L'ONU ne peut ignorer ce nouvel état de fait.

 L'ONU est intervenu  dans les conflits de l'après guerre froide puisque les guerres n'ont pas disparu avec la fin de la guerre froide.

En Europe

La résurgence des revendications nationales provoque également l'éclatement de certains Etats, comme le prouve la division de la République socialiste fédérative de Yougoslavie mise en place par Tito en 1946, en 5 États (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, République fédérative de Yougoslavie ( Serbie-Monténégro ), Macédoine). Au cours du premier conflit dans cette région, la FORPRONU (FORCE DE PROTECTION DES NATIONS UNIES ) est mise en place entre 92 et 95 pour tenter de créer les conditions de paix et de sécurité nécessaires à la négociation d'un règlement d'ensemble de la crise yougoslave.

En Afrique

L'Europe n'est pas le seul terrain d'opérations. Les casques bleus interviennent aussi souvent en Afrique dans le cadre de conflits internes. Par exemple, depuis mai 2003 la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) intervient en Côte d'Ivoire.

Au Moyen-Orient

D'abord des opérations engagées par l'ONU au Proche-Orient sont encore en cours. L' Organisme (ONUST) des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve en Palestine est toujours en place. Depuis mars 1978, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) surveille la frontière entre Israël et le Liban.

En Asie

 L'ONU a amené le Timor oriental à l'indépendance . En 1974, le Portugal a essayé de mettre en place un gouvernement provisoire et une assemblée populaire qui détermineraient le statut du Timor oriental. Une guerre civile a éclaté entre les tenants de l'indépendance et les partisans d'une intégration avec l'Indonésie. Devant une situation qu'il ne pouvait maîtriser, le Portugal s'est retiré. L'Indonésie est alors intervenue militairement et a par la suite annexé à son territoire le Timor oriental dont elle a fait sa vingt-septième province. L'Organisation des Nations Unies n'a jamais reconnu cette annexion, et le Conseil de sécurité comme l'Assemblée générale ont demandé le retrait de l'Indonésie. Une mission de paix fut établie au Timor. Le 20 mai , le Timor oriental est devenu une nation indépendante et le 192ème Etat membre de l'ONU.

 

Mais les Etats-Unis ont pris leurs distances vis à vis d'une institution qui s'est révélée peu servile. Déjà au Kosovo, en 1999, L'OTAN interviennent au Kosovo sans mandat de l'ONU. L'Union européenne a tenté de jouer un rôle moteur dans la gestion de la crise. Très vite cependant, les Etats-Unis via l'OTAN ont repris le contrôle du processus diplomatique et militaire. Le contrôle des opérations par le Commandement suprême allié en Europe, placé sous direction américaine et la confidentialité du choix des cibles lorsque le Pentagone mit en œuvre ses armes les plus stratégiques (bombardiers B1, B2 et missiles de croisière Tomahawk) illustrent cette suprématie des E-U dans l'OTAN. L'ONU a dû se contenter de fournir une force internationale de maintien de la paix (KFOR) Cette défiance des Etats-Unis vis à vis de l'ONU fut confirmée par le refus des E-U d'attendre la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU en Irak sur l'élimination des armes de destruction massive et par l'entrée en guerre sans mandat voté par les 15 membres du Conseil de Sécurité. Les Etats-Unis semblent bafouer le droit international en menant une guerre dite préventive et refusent à l'ONU un rôle dan le contrôle de l'après-guerre.

 

 

Deux autres problèmes qui sont liés se posent: celui des procédures de négociation et, surtout, celui de la mise en oeuvre. La plupart des décisions relatives aux normes, règles et objectifs sont adoptées par consensus. Cela a le mérite qu'aucune décision ne soit prise qui n'ait l'accord des principaux contributeurs et que des efforts sont faits pour accommoder les préoccupations des petits pays. Mais les décisions sont souvent formulées de telle façon qu'elles offrent une échappatoire à qui n'a pas l'intention de les mettre en oeuvre. Enfin, l'ONU n'a ni les moyens ni le pouvoir d'imposer le respect des décisions, ni, même, des conventions à des gouvernements souverains.

 

De même, les conventions devraient plus systématiquement comprendre des procédures d'arbitrages et de recours au cas où un pays viendrait à manquer à ses engagements et que d'autres s'en trouveraient lésés. C'était un des objectifs de l'Uruguay Round que de renforcer l'autorité du GATT dans le cas de conflits commerciaux entre pays.

 

Le conflit Irak-Koweit, ceux de l'ex-Yougoslavie, de la Somalie et du Rwanda ont éclairé deux situations graves qui risquent de se reproduire dans le futur: le refus par l'une des parties de respecter les décisions du Conseil de sécurité ou la déliquescence de l'Etat qui, l'une et l'autre, peuvent conduire l'ONU à intervenir militairement ou à autoriser l'intervention militaire pour " imposer la paix ".

 

L'essentiel pour l'ONU est de se doter de critères objectifs pour décider de l'intervention, c'est-à-dire pour juger des menaces pour la paix dans une région ou dans le monde qu'un conflit peut entraîner ou des risques de désastre humanitaire. Ce devrait être la tâche d'un Conseil de sécurité rénové, c'est-à-dire plus représentatif de la réalité du monde aujourd'hui; faute de quoi les interventions dont il décidera courront le risque d'apparaître comme guidées par les intérêts des grandes puissances .

 

La lenteur des interventions sur le terrain, après les décisions du Conseil de sécurité, a, trop souvent, laissé la situation se détériorer, d'où la proposition du secrétaire général de doter l'ONU d'une force d'intervention rapide composée d'unités volontaires et spécialement entraînées des pays membres, qui serait déployée sur décision du Conseil de sécurité et placée sous son autorité.

 

Enfin, l'ONU a pâti de la confusion des missions qu'elle assumait simultanément dans un même pays: actions visant à faire la paix, actions humanitaires et actions de reconstruction. Résultat: Selon une étude effectuée par TNS (3ème groupe mondial d'études marketing et d'opinion) pour CNN/Time, les Européens sont partagés sur le rôle des Nations Unis. En effet, 46% des Français et 54% des Allemands déclarent que les Nations Unis constituent un moyen efficace de résoudre les problèmes internationaux. En Angleterre, ils ne sont que 27% à le penser.

 

CONCLUSION

 

L'avenir de l'ONU passe de plus en plus par une réforme en profondeur de son fonctionnement. Jusqu'à maintenant, elle fut repoussée, mais le problème du budget (sa dette) et celui du fonctionnement du Conseil de Sécurité (l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence) devient de plus en plus pressant.

Le secrétaire général actuel, Ban Ki Moon, a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de Sécurité, elles sont pour l'instant restées lettres mortes.

Les Nations Unies ne peuvent être remplacées que par elles-mêmes et leur bon fonctionnement dépend bien plus de la volonté des Etats membres que des réformes de la machinerie des réunions ou du Secrétariat, encore que celles-ci soient nécessaires. Cette volonté doit notamment se manifester dans les moyens donnés à l'organisation: n'est-il pas surprenant que l'institution chargée de veiller sur la paix, les droits de l'Homme, le développement et l'environnement et d'éteindre les incendies dans le monde ne dispose même pas du budget des pompiers de la ville de New York ?