LES CENTRES D'IMPULSION ET LES INEGALITES DE DEVELOPPEMENT DANS LE MONDE

L'objectif de ce bloc 1 de Géographie est de montrer que l'espace mondialisé est dominé par trois grands centres d'impulsion et l'Union Européenne qui est l'un de ces trois centres sera plus spécifiquement étudié. Il faut aussi insister sur l'intensité des réseaux d'échanges qui relient ces trois centres puis montrer que le reste du monde connaît un inégal développement, lui-même très diversifié.  Que veut dire " espace mondialisé"? Qui sont les acteurs de cet espace et quels sont les lieux de la mondialisation?

Pour faciliter l'étude et vérifier que les principales données sont sues avant d'analyser les documents pouvant être proposés au Bac , vérifions d'abord les unités de mesure employés communément pour étudier le développement des pays.

Le PNB ou Produit National Brut correspond aux sommes des valeurs ajoutées produites par les actifs d'une nationalité dans un pays quelconque (industries nationales + celles implantées dans le pays par des étrangers).

Le PIB ou Produit intérieur Brut qui ne prend en compte que la richesse créée par le pays.

Le PNB et le PIB sont fournis par les statistiques des Etats eux-mêmes donc sont critiquables. Pourquoi ? en Afrique par exemple, les statistiques ne sont pas fiables.

Certains pays truquent leurs statistiques pour bénéficier des aides internationales comme l'a fait la Hongrie.

L'autoconsommation n'apparaît pas. Par exemple le paysan qui cultive son champ et mange à sa faim ne génère pas de PNB ; mais celui qui vend sa production mais ne mange pas à sa faim génère du PNB.

Tous les calculs sont faits en dollars mais les cours sont variables et les calculs deviennent inexacts.

L'IDH ou Indice de Développement Humain est le meilleur indice mis en place par l'ONU car il a l'avantage de tenir compte des aspects sociaux, du taux d'alphabétisation, de l'espérance de vie, du taux de mortalité infantile et des conditions de santé.

 

1/ LES FLUX DE LA MONDIALISATION

1.1  : Les flux de marchandises

 

Le commerce international s'est considérablement accru depuis le milieu du 20ème siècle et la valeur des exportations mondiales est passée à 26% du PIB mondial en 2002.

 

La structure du commerce international par secteurs et produits s'est modifiée. Dans les échanges de marchandises , la part des produits industriels est majoritaires à 68% .

 

Le commerce des armes qu'il soit officiel ou clandestin apparaît mal dans les statistiques.Les détournements de trafic, les ventes en seconde main ne sont pas négligeables. La clientèle est instable telle l'Egypte autrefois cliente de la Russie et maintenant cliente des pays occidentaux….

 

Les échanges des services augmentent plus vite que ceux des biens et font 20% de la valeur du commerce mondial. Cela s'explique par le développement du transport et du tourisme, des services technologiques,financiers et culturels.

 

1.2  : Les flux de capitaux

Les relations internationales mettent en jeu les mouvements de capitaux. Leur étude est délicate car les secrets souvent bien gardés. Ils impliquent les opérations de crédits, d'emprunts et de placements.

Ils concernent obligatoirement les pays les plus riches et plus particulièrement les flux entre la Triade.

Les Etats-Unis sont le principal pôle d'attraction des capitaux mondiaux. Mais les américains ont consommé et investi bien plus qu'ils n'ont produit.

Le Japon s'est affirmé comme une puissance financière redoutable. Il dispose des plus importantes réserves de change du monde. Il est devenu exportateur de capitaux et premier créancier de la planète.

1) des travailleurs immigrés qui rapatrient leur épargne .

2) des firmes exploitant de nouvelles ressources pétrolières ou minières ou délocalisant leur production. Elles sont épaulées par des banques qui s'internationalisent pour suivre leurs clients.

3) d'Etats et d'organismes internationaux au titre de l'aide au développement.

 

on observe une prodigieuse expansion du capitalisme financier international.

è le marché mondial de l'argent fonctionne 24h sur 24.

 

1.3 : Les flux migratoires :

Les migrations internationales ne revêtent pas le caractère massif des migrations internes mais en 2003 ,175 millions de personnes vivaient hors de leur pays d'origine. On estime à 1 million par an le transfert net depuis les pays d'émigration vers les pays d'immigration. C'est un phénomène qui s'est accéléré et qui maintenant se stabilise.

80% des migrants se dirigent vers les pays riches et 20% vers le Sud. La plupart viennent des régions les moins développées à forte pression démographique et affluent vers les grandes villes des pays d'accueil.

  • La cause majeure des départs sont les difficultés économiques et financières : des salaires plus attractifs ; les pays riches attirent les « cerveaux ». De nombreux immigrés envoient des subsides à leur famille.
  • Les causes sont aussi politiques : les guerres, les persécutions ont provoqué une amplification du nombre de demandeurs d'asile et de réfugiés politiques (environ 20 millions). Ces migrations peuvent prendre un caractère tragique car elles s'accompagnent d'une effroyable mortalité pendant le trajet et d'une concentration des populations dans des camps intérieurs qui ne bénéficient que de l'aide des ONG.
  • Le gel de l'immigration par de nombreux états a renforcé le phénomène de l'immigration clandestine qui est estimée à 15 millions de personnes dans le monde.
    Aux migrations de travail il faut ajouter des migrations saisonnières qui sont les migrations touristiques. La plupart des touristes recherchent fondamentalement le repos, les loisirs, le dépaysement . Ceci explique que le tourisme balnéaire soit le plus florissant de tous.
  • Les voyages sont une découverte de paysages ( fjords norvégiens, canyon du Colorado…)ou de hauts lieux du patrimoine culturel ( musées, monuments). Par exemple de Centre Georges Pompidou reçoit plus de 8 millions de visiteurs chaque année et la Tour Eiffel, 4 millions.
  • Le tourisme culturel est aussi axé sur les grands festivals comme Avignon ou les concerts comme Bayreuth. Cette minorité de migrants est grandissante.
  • Le tourisme religieux n'est pas négligeable : Rome, Lourdes, St Jacques de Compostelle, la Terre sainte , le pèlerinage à la Mecque.
  • Il existe aussi un tourisme d'affaires et de congrès comme à cannes, un tourisme thermal et de remise en forme, un tourisme sportif comme les rallyes, les plongées sous-marines , un tourisme spécifiquement exotique comme aux Seychelles ou en Polynésie.

L'Europe est de loin le premier continent émetteur et récepteur de touristes. C'est aussi celui qui dispose des villes de congrès les plus fréquentées. L'Amérique du Nord prend le second rang. La fréquentation touristique est le privilège des pays riches.

  • La Méditerranée est la grande plage de l'Europe avec l'Espagne, l'Italie , la Grèce et la France qui sont les géants du tourisme mondial.
  • La méditerranée américaine dont les 3 S (Sun, Sea, Sand) sont les supports se retrouve en Floride « l'Etat du soleil » avec ses plages et ses parcs d'attraction comme celui de Walt disney.
  • Petites et grandes Antilles offrent une multitude de stations plus modestes mais aussi des ports d'escales pour les croisières.

On est passé d'un tourisme aristocratique à un tourisme de masse mais les mouvements touristiques restent l'apanage de pays et de classes privilégiées. Le tourisme exige des équipements coûteux, un système de transport supplémentaire, une organisation planifiée.

  • Les espaces touristiques sont de plus en plus uniformisés : hôtels de prestige, promiscuité des villages de tentes et de bungalows, casinos, galeries marchandes, banques et agences, salles de spectacle, boîtes de nuit….
  • Les contacts entre les touristes et la société qui les accueille sont souvent réduits. Les flux touristiques organisés par les agences privées , les tours-operators des pays développés créent de véritables ghettos touristiques qui font ressentir les différentes conditions de vie entre les pays développés et celles du tiers-monde et dévalorisent les cultures indigènes .

2: LES CENTRES D'IMPULSION DE L'ESPACE MONDIAL:

 

 

 2.1 : La Triade

 

Les 3 centres d’impulsion majeurs, USA, Europe, Japon forment la Triade et ont le rôle moteur dans le fonctionnement de la planète. Mais les USA sont le pôle le plus puissant ; l’Europe est le pôle le plus actif ; le Japon est un modèle de réussite financière et technologique.

  • La domination américaine se retrouve dans les domaines politique, militaire, financier, économique et technologique. Les USA disposent à eux seuls de 32% du revenu brut mondial. Leur capacité d’intervention militaire et le rôle joué par le dollar lui assurent une hégémonie.
  • L’Union européenne est le pôle le plus actif et contrôle 27% du revenu brut mondial. La France et le Royaume-Uni ont une influence politique et culturelle mondiale mais l’Union européenne manque de cohésion car elle est fragmentée en 25 états aux niveaux socio-économiques très différents et l’Union Européenne n’a pas de pouvoir politique au niveau international.
  • La réussite du Japon fut fulgurante après 1945 et ce pays rassemble 13,5% du revenu brut mensuel alors que le pays est petit et sans ressources naturelles. Ce pôle n’est qu’un géant économique car il ne représente rien au niveau politique et militaire et n’a même pas de siège permanent à l’ONU. Depuis 1991 le miracle économique s’essouffle de plus.

 

La Triade a une position d’oligopole qui domine le monde car 80% des flux commerciaux et 80% des capitaux partent de la triade et que les effets de cette domination confortent toujours un peu plus sa situation dominatrice.

  • La triade contrôle 80% des flux mais les échanges s’effectuent principalement entre les 3 pôles qui la constituent.
  • Ces échanges internes n’excluent pas une forte concurrence entre les 3 pôles. Chacun défend sa culture, ses valeurs, ses particularismes et possède son aire d’influence privilégiée. Les USA ont intégré à l’ALENA depuis 1992, le Canada et le Mexique dans une zone de libre-échange. L’aire d’influence américaine se prolonge sur l’Amérique latine. Le Japon lui, a développé d’intenses relations économiques et financières en Asie orientale avec comme partenaires essentiels la Chine et la Corée du sud. L’Union Européenne s’est élargie à 25 états par l’intégration de l’Europe centrale et orientale et entretient aussi des relations privilégiées avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

 

                                  2.2 : Mondialisation et métropolisation

La mondialisation modifie l’organisation de l’espace mondial. Elle augmente le poids et le rôle des villes et en particulier les très grandes villes de plusieurs millions d’habitants. C’est ce qui donne le phénomène de métropolisation c’est à dire la concentration des activités et des populations dans quelques villes qui exercent les fonctions de commandement à l’échelle d’une région ou d’un pays.

  • En 2003, 350 agglomérations dépassent 1 million d’habitants et 55 dépassent les 5 millions d’habitants. Près de la moitié de la population mondiale est donc constituée de citadins.
  • La multiplication des échanges et des réseaux de transport ont permis aux villes qui sont des nœuds de communication, de regrouper les fonctions économiques et de devenir les villes métropoles.
  • Les villes mondiales sont donc des agglomérations qui détiennent les principaux pouvoirs politiques, économiques et financiers : les sièges des grandes sociaux ; la bourse ; les grandes banques ; les centres de recherche ; la création culturelle ; les sièges des grands journaux… C’est là aussi que les emplois sont les plus productifs.

 

Les métropoles , avec la mondialisation, ont fini par fonctionner en réseaux entre elles. Les flux internationaux et intercontinentaux s’effectuent entre les mégalopoles et organisent un système de villes hiérarchisé qui dirige le monde : l’archipel métropolitain mondial.

  • les flux existent entre les métropoles ; d’autres se dirigent vers des espaces commandés par les métropoles et créés en dehors d’elles. En plus une multitude de flux animent l’intérieur des mégalopoles.
  • Les trois principales mégalopoles sont localisées dans les espaces de la Triade avec , à l’intérieur les 4 villes mondiales (New-York, Londres, Paris, Tokyo) : la Mégalopolis du Nord-Est des Etats-Unis est le principal foyer de la mondialisation. La mégalopole européenne qui va de Manchester jusqu’à Gênes est un ensemble transfrontalier qui manque d’unité. La mégalopole japonaise ne dispose pas de pouvoir de décision politique majeur.
  • De nouvelles mégalopoles se forment : Buenos Aires à Sao Paulo en Amérique latine, de Séoul à Canton en Asie.

 

Les métropoles des pays riches ont évolué dans leur structure et se sont tertiarisées car les usines des secteurs traditionnels ont fermé ou se sont délocalisées au profit d’activités tertiaires de haut niveau.

  • Les activités tertiaires se sont concentrées dans les centres villes d’où l’architecture verticale des CBD (Central Business District). Les CBD des villes et les centres historiques en Europe étant souvent saturés , de nouveaux centres situés sur les axes de communication, si possible près d’un aéroport se créent à la périphérie des villes. Ce polycentrisme va de pair avec la périurbanisation.
  • Dans les métropoles des pays en développement , on retrouve la concentration des activités tertiaires mais aussi une industrialisation importante et de forts contrastes entre les classes moyennes ou supérieures et la majorité des habitants pauvres affrontant les problèmes de logement, d’emplois de ravitaillement en eau et en électricité. C’est une ségrégation spatiale qui reflète ces contrastes.

 

3: UN MONDE INEGALEMENT DEVELOPPE:

 

                                     3.1 : Les écarts Nord – Sud

L’opposition Nord-Sud est classique et évidente et est symbolisée par cette ligne qui englobe au sud, l’Australie dans le groupe des pays du Nord dits riches et donc PID (Pays industrialisés et développés). Au sud de cette limite on trouve les PED (pays en développement) , pays pauvres et les PMA (pays les moins avancés) qui sont les plus pauvres de tous.

  • les pays riches du Nord forment un club très fermé dans lequel vivent 20% de la population mondiale et qui regroupent 80% des richesses mondiales.
  • on remarque que les pays les plus pauvres correspondent au continent africain et plus particulièrement à l’Afrique subsaharienne. Tous ces PMA se caractérisent par les mêmes structures économiques traditionnelles : un secteur agricole important voire prépondérant et générateur d’inégalités sociales ; un secteur manufacturier peu développé et générateur de faible valeur ajoutée.

Les contrastes de développement entre pays riches et pays pauvres s’observent facilement dans des conditions de vie très différentes où les inégalités existent devant l’alimentation, la mort, et le savoir .

  • Pour beaucoup d’observateurs, la production alimentaire mondiale est suffisante et toujours croissante ; le problème est surtout celui de sa répartition. La révolution verte a permis d’importants progrès dans les années 60-70 puisque les rendements ont triplé. On doit maintenant distinguer sous-alimentation ( pas assez) et malnutrition (mauvais équilibre). Les famines ont presque disparu, elles sont liées à des situations politiques exceptionnelles comme les guerres ou guerres civiles. Les plus grandes famines du 20ème siècle sont la famine russe de 1920 et la famine chinoise de 1962, toutes les deux liées à des problèmes politiques. La sous-alimentation est souvent liée à des structures économiques et sociales inégalitaires.
    Ex : l’Inde exporte du blé alors qu’une grande partie de sa population souffre de sous-alimentation.
    La malnutrition par contre concerne 800 millions de personnes qui mangent trop de céréales et pas assez de protéines. Là encore il existe des blocages culturels : l’Inde a le plus grand cheptel bovin du monde et la majorité de sa population est végétarienne.
  • Il y a une inégalité devant la mort car les conditions d’hygiène sont insuffisantes dans certains pays pauvres notamment, par manque d’accès à l’eau potable. L’encadrement médical est absent ce qui donne un taux de mortalité infantile de 85%o pour le Nigéria, de 93%o pour Madagascar alors qu’il est de 5%o en France.
  • Il y a une inégalité devant le savoir car l’encadrement scolaire des pays pauvres est insuffisant par manque de moyens et parce que les enfants travaillent. Et pourtant l’éducation apparaît comme l’un des facteurs essentiels du développement. L’analphabétisme recoupe les pays les moins développés avec quelques nuances car les civilisations africaines ne sont pas des civilisations de l’écrit contrairement aux civilisations asiatiques. D’autre part il n’y a pas de tradition d’éducation des filles dans les pays islamiques. Par exemple lors de la prise de pouvoir de Kaboul par les Talibans en septembre 1996, les écoles de filles ont été fermées.
    A un niveau plus élevé, les pays industrialisés s’impliquant dans la recherche scientifique, sont les moteurs de la révolution industrielle du 21ème siècle. La puissance économique permet d’acheter des scientifiques (brain train) et le rôle des politiques est important puisque certains pays comme l’ex-URSS communiste avaient mis la priorité sur la recherche scientifique.

L’un des enjeux du développement tient aussi à l’évolution de la population mondiale et au fait que les pays riches ont globalement terminé leur transition démographique alors que les pays pauvres sont toujours dans la phase intermédiaire. Dans les années 50 l’explosion démographique était mondiale , puis deux blocs se sont opposés : les PID dont la croissance démographique disparaissait et les PED dont la croissance continuait à être très forte. Désormais cette opposition n’existe plus car les situations intermédiaires dominent largement.

  • La durée moyenne de vie s’échelonne de 65 ans en Russie à 79 ans au Japon donc avec de vraies variantes dans les pays riches. C’est la fourchette que l’on retrouve dans les pays en voie de développement en Amérique latine, en Asie orientale et au Moyen-Orient. Elle va être inférieure à 60 ans dans les PMA comme le Bangladesh et l’Afrique subsaharienne qui descend encore fréquemment en dessous de 50 ans. En Guinée par exemple la durée de vie est de 44 ans.
  • La fécondité des pays développés est très faible (1,6 enfant en moyenne par femme) et n’assure plus le renouvellement des générations. Quelques PVD comme la Chine, Cuba ou la Corée du sud sont dans le même cas. Mais la plupart des autres pays ont une fécondité comprise entre 2 et 4 enfants par enfant. Dès que l’on est en Afrique subsaharienne la fécondité reste proche du maximum avec plus de 7 enfants comme en Ethiopie, au Bénin ou en Côte d’Ivoire.

                                        3.2 : Des Nords et des Suds

Le Nord se caractérise par une domination économique et de hauts niveaux de vie. Ce sont des économies post-industrielles, des économies high-tech avec un tertiaire supérieur qui occupe 70% des actifs. Ces pays dominent les organismes financiers internationaux , les grandes bourses, le FMI et le G8. Mais en réalité les espaces ne sont pas tous aussi développés.

  • Les espaces les plus développés sont ceux de la triade , ce qui correspond à 15% de la population mondiale . Avec eux il faut ajouter les états-relais de la Triade comme le Canada, l’Australie et la Nelle Zélande .
  • Les pays de l’ex bloc soviétique ont un nouveau statut et font leur transition économique vers une économie de marché. Les industries et les services se sont privatisées comme l’agriculture. L’industrie est donc en restructuration. En Pologne, en ex-RDA, en Hongrie, en Tchéquie, en Slovénie dans les états baltes, les transitions démographique et économique sont largement amorcées. Par contre dans l’ex URSS, la Roumanie, la Bulgarie et l’ex-Yougoslavie, les difficultés sont grandes avec des conflits armés, des problèmes démographiques et sociaux, une appropriation et une dérive mafieuse.
  • Les NPIA ont connu un développement très rapide et sont parfois baptisés les « dragons » ou les « bébés tigres » mais ils ont de vrais problèmes de fragilité en raison des crises financières.
  • A toutes ces diversités il faut ajouter les inégalités internes des PID : de plus en plus certaines personnes sont exclues ; des minorités sont marginalisées comme les jeunes qui manquent de qualification. C’est tout le problème des chômeurs de longue durée qui choque dans ces pays riches et c’est souvent l’impact socio-économique du chômage qui joue. Aux USA , dans la première puissance mondiale,19% de la population sont considérés comme pauvres.

Le Sud pauvre n’est plus la réalité. Le sud est de plus en plus divers car la situation économique des pays pauvres bouge, et les diversités ethnique, religieuse, politique, idéologique empêchent cette homogénéité. Depuis 40 ans, ces pays ont connu des progrès économiques plus ou moins rapides, une intégration plus ou moins poussée au système mondial. Mais l’évolution est différente selon les pays.

 

  • Les PMA sont les plus pauvres car ils cumulent tous les critères du sous-développement et de nombreux handicaps.
  • Les pays en situation intermédiaire qui ont des capacités et des potentialités mal exploitées. Le décollage est possible.
  • La Chine et l’Inde qui sont des pays continents, avec une grande faiblesse du PIB/ Hab mais qui sont des puissances en devenir.
  • Les pays rentiers et exportateurs de pétrole à haut niveau de revenus mais au développement médiocre.
  • Les pays émergents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique du sud qui ont un développement extraverti.

Les pays en voie de développement ont eux aussi des inégalités internes, et elles constituent même une caractéristique essentielle du mal ou du sous-développement. Ces inégalités internes se retrouvent dans les PMA comme dans les pays émergents.

  • Les inégalités sont par exemple sociales quand une petite minorité possède toute la richesse du pays. Au Brésil par exemple, 20% des plus riches possèdent 67% de la richesse et 20% des plus pauvres possèdent 1% de la richesse. Autre exemple : en Indonésie, toute la puissance économique et le pouvoir politique sont entre les mains de la famille Suharto, ce général qui a pris le pouvoir en 1968 renversant le président Sukarno.
  • Les inégalités internes peuvent prendre d’autres formes : les discriminations ethniques ou religieuses ; le statut des femmes et des enfants ; la non-garantie des droits pour les plus opprimés ; les institutions qui sont plus ou moins démocratiques. Les inégalités spatiales reflètent dans le tissu urbain les disparités sociales avec des îlots de luxe qui côtoient des océans de pauvreté. Les minorités se retrouvent toujours dans les quartiers défavorisés quelque que soit la richesse du pays.